31/12/2016

LES SERIES TV INCONTOURNABLES DE 2016

Top 10 des séries qu’il fallait absolument voir durant l’année écoulée

Classement très subjectif, par ordre de qualité et sans mauvaise foi...

S’il ne fallait en emmener que 3 avec vous sur une île déserte, les 3 premières feront amplement l’affaire…

 

1. RECTIFY

Rectify

Sundance Channel - 4 saisons pour 30 épisodes au total. Saisons 1 et 2 disponibles en dvd et Blu-Ray. Saisons 3 et 4 visibles sur Sundance Channel et Arte. Photo : © Sundance Channel

A ceux qui lui reprocheraient sa lenteur irritante et son antihéros autiste, ils ont tout faux. A travers l’histoire de Daniel Holden, un condamné à mort qui tente de retrouver un sens à sa vie, c’est d’abord un touchant récit de vie humain que décrit son créateur Ray McKinnon. Très juste et fine dans sa façon d’aborder émotions et sentiments, « Rectify » constitue un chef-d’œuvre d’écriture et d’interprétation. Mention spéciale à Aden Young (Daniel), formidable dans le rôle. A voir et revoir sans modération.

 

2. THE NIGHT OF

The Night ofHBO minisérie dramatique d’une saison, visible sur BE TV en Belgique et OCS City en France. Sortie en dvd en mars 2017. Photo : © HBO

Encore une histoire de faux coupable, un jeune américain d’origine indoue se retrouve accusé du meurtre d’une jeune femme. Oui mais la différence est dans le traitement. Sous ses airs cracra rappelant Colombo (l’imper pas net…), John Turturro incarne avec brio un avocat idéaliste et intelligent face à un système judiciaire implacable. L’intérêt réside surtout dans le parcours humain de l’avocat et de son client. Et pour ceux qui aiment les chats, la fin se révèle parfaite et très touchante.

 

3. MR. ROBOT

Mr Robot

USA Network - Saisons 1 : 10 épisodes, disponibles en dvd, saison 2 : 12 épisodes, visibles sur La Deux en Belgique et France 2. Sortie de la saison 2 en 2017. Photo : © USA Network

Un jeune hacker décide d’aider un groupe à mener la grande révolution numérique en mettant à terre le système financier. Parfaitement en osmose avec nos temps sombres et incertains, cette critique acerbe du danger pour nos libertés individuelles, de l’avidité et du pouvoir baigne dans un climat déprimant, paranoïaque et éprouvant où rêve et réalité se mélangent pour mieux nous troubler. Excellent !

 

4. LE BUREAU DES LEGENDES

Le bureau des légendesCanal + France : 2 saisons de 10 épisodes chacune. Disponible en dvd et Blu-Ray. Sortie de la saison 3 en 2017. Photo : © Canal +

Enfin une série française qui n’a rien à envier aux productions anglo-saxonnes et yankees. Peinture clinique et froide du monde de l’espionnage (la DGSE), cette création originale d’Eric Rochant suit le parcours de plusieurs espions, certains aguerris (Matthieu Kassovitz, bluffant), d’autres débutants (Sara Giraudeau, la fille du regretté Bernard, excellente). Maîtrisée de bout en bout, la série traite manipulations, raison d’état, dictatures et terrorisme sur un ton très noir et particulièrement flippant.

 

5. THE AFFAIR

The AffairShowtime - 2 saisons de 12 épisodes chacune visible sur Canal + et Canal + Séries en France. Saisons 1 et 2 disponibles en dvd. Photo : © Showtime

Cette histoire d’adultère sur fond de couples à la dérive avait de quoi laisser perplexe à son démarrage : comment renouveler un thème aussi vieux que le monde ? Tout d’abord par une qualité d’écriture indéniable, saisissant au plus près la passion qui dévore les corps et ses conséquences sur les conjoints trompés. Ensuite, par un casting d’enfer (Dominic West de « The Wire » et Ruth Wilson de « Luther »), enfin par des rebondissements sur fond de manipulation (trop sans doute, surtout en fin de 2ème saison). Une curiosité mais une bonne surprise à l’arrivée.

 

6. GAME OF THRONES

Game of thrones season 6

HBO - Saison 6 : 10 épisodes, visible sur Canal + en France et Be TV en Belgique. Disponible en dvd et Blu-Ray. Photo : © HBO

Qu’on aime ou qu’on déteste cette épopée basée sur les romans de George R.R. Martin, rappelant vaguement « Le Seigneur des Anneaux » de Tolkien, cette saga autour du pouvoir reste extrêmement bien faite et captivante. D’aucuns lui reprochent sa violence et ses scènes de sexe sur fond d’inceste, on peut débattre de la question éternellement pour finalement arriver à un simple constat : on n’est pas au pays des bisounours. Une série puissante, aux moyens impressionnants et qui, malgré son immense succès, saura s’arrêter à temps : encore 13 épisodes et basta. HBO prépare déjà le terrain de l’audimat en misant beaucoup sur « Westworld » : lire 10.

 

7. THE AMERICANS

The americansFX - Saison 4 : 13 épisodes par saison, visible sur Canal Plus Séries et Paris Première en France et Netflix. Saisons 1 à 3 disponibles en dvd et Blu-Ray. Saison 4 en 2017. Photo : © FX Television

Baignant dans le contexte particulièrement parano de la guerre froide du début des années 80, cette série d’espionnage ne faiblit pas de saison en saison. Au contraire, elle se bonifie avec l’âge et nous dérange par sa description particulièrement sombre de la vie d’espions russes infiltrés au cœur de la société américaine. Trahisons, manipulations, mensonges et révélations sur l’oreiller s’offrent une nouvelle jeunesse grâce à la qualité d’écriture du créateur Joe Weisberg, ancien espion américain dans la vraie vie.

 

8. RAY DONOVAN

Ray Donovan

Showtime - Saison 4 : 12 épisodes par saison, visible sur Canal Plus France. Saisons 1 à 3 disponibles en dvd et Blu-Ray. Sortie de la saison 4 en 2017. Photo : © Showtime

Vous croyez que vous aviez une famille difficile ? Allez demander à Ray Donovan ce qu’il en pense. Après un petit coup de mou durant la 3ème saison, cette 4ème fournée repart de plus belle avec l’impayable Mickey (Jon Voight, cabotin), patriarche gaffeur et franchement pathétique, toujours en quête d’argent et de vie faciles. Son fils Ray essaye tant bien que mal de recoller les morceaux d’une famille en perdition. Si le récit parallèle tournant autour du boxeur incestueux montre un manque évident d’inspiration des scénaristes, les pérégrinations de la famille Donovan offrent encore quelques bons moments dramatiques teintés d’humour noir. Si ce n’est certes pas l’équivalent californien des « Soprano » (largement surestimée à mon sens, les saisons 4 et 5 étant à ch...), « Ray Donovan » mérite quand même sa place parmi les meilleures séries de ces dernières années.

 

9. BATES MOTEL

Bates motelA&E - Saison 5 : 10 épisodes par saison, visible sur 13ème Saisons 1 à 4 disponibles en dvd et Blu-Ray. Sortie de la saison 5 en 2017. Photo : © A & E

Cette préquelle du film « Psychose » d’Hitchcock remonte aux sources de la naissance du tueur en série Norman Bates. Toujours plus sombre et dérangeante, la série propose une galerie de personnages inquiétants mais également très attachants (le shérif, le frère de Norman, la copine atteinte de mucoviscidose). La 6ème saison sera la dernière.

 

10. WESTWORLD

WestworldHBO – Une saison de 10 épisodes, visible sur OCS City en France et BeTV en Belgique. Sortie en dvd et Blu-Ray en 2017. Photo : © HBO

Malgré son côté narcissique agaçant, cette nouvelle série de science-fiction revisite le vieux film de Michael Crichton (1973) où des robots devenaient hors de contrôle et tuaient leurs hôtes humains dans un parc d’attractions western. Réflexion métaphysique autour du pouvoir et de l’humanité fantasmée par des humanoïdes, elle est visuellement bluffante et rassemble un casting 4 étoiles avec Anthony Hopkins et Ed Harris dans des rôles de salauds presque fascinants. On reste dubitatifs quant à la suite car l’ensemble souffre de lenteurs et laisse un peu sur sa faim.

17:54 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/10/2016

« RAY DONOVAN » (Saison 3) : toujours plus loin mais pas tant que ça

RAY DONOVAN 3 - uploads-1475060327-ray5.jpgSérie dramatique créée par Ann Biderman.

Avec Liev Schreiber (Ray Donovan), Jon Voight (Mickey Donovan), ...

Saisons 1 à 4 (12 épisodes par saison de 45’ à 65’). Saisons 1 à 3, disponibles en dvd et Blu-Ray (sortie en France de la saison 3 le 4 octobre 2016 chez Showtime).

Saison 4 terminée aux USA (12 épisodes). Saison 5 en cours de production.

Diffusé en France sur CANAL +. Diffusion aux USA sur Showtime. 
© Photo : Showtime

VOIR UN TRAILER DE LA 3ème SAISON

AVIS : Pas facile la vie de « nettoyeur » pour riches et puissants d’Hollywood… Imaginez : pendant que vous devez faire disparaître un cadavre pour le compte d’un riche et odieux homme d’affaires (Ian McShane) et que vous vous amourachez de sa fille (Katie Holmes, ex-Mme Tom Cruise), un de vos trois frères (Terry) croupit en prison tandis que l’autre (Bunchy) va se marier avec une catcheuse mexicaine. Votre mariage bat méchamment de l’aile, vous ne comprenez plus votre femme Abby et elle aussi. Votre fille Bridget sort avec son prof plus âgé d’une quinzaine d’années et votre fils Connor cherche à se faire dépuceler à tout prix. Pour aggraver la situation, votre père Mickey monte sa petite entreprise de prostituées avec votre dernier frère Daryl et se retrouvent avec la mafia arménienne, la famille Minassian, sur le dos. Enfin, car ce n’est pas tout, les flics sont à vos trousses pour des meurtres non élucidés ainsi qu’un vieil ennemi sur le retour et un prêtre qui vous pousse à la rédemption.

Chargé le programme de Ray Donovan, dont on voit le visage passer de fatigué à franchement burnouté. Et en même temps, pas tant que cela car on a l’impression que qu’il ne se passe pas grand-chose. Le début met du temps à démarrer, les situations s’enchaînent de manière plutôt plate, sans enjeux réellement intéressants, les personnages de Ray et Mickey se montrent presque trop calmes et sages. A ce stade, on comprend que la série a dit l’essentiel durant ses deux premières saisons et que cette troisième fournée peine à rebondir. Le défaut le plus visible dans le travail des scénaristes (déjà perceptible dans la 2ème saison) réside dans le personnage de Mickey, le patriarche machiavélique (Jon Voight en roue libre et limite cabotin), à qui il faut absolument trouver un nouveau sale coup à réaliser.

Le monde dans lequel vivent les Donovan, pas si éloigné que cela du nôtre, reste sans illusions : les stars d’Hollywood, les riches et puissants (quel univers glauque !) et autres flics, sont tous aussi répugnants les uns que les autres, hormis la détective Muncie, seule exception notable. Les scénaristes chargent la barque à un point tel que cela en devient un peu lourd à avaler. Comme s’il fallait à tout prix trouver un ressort choquant pour relancer l’intrigue.

Alors, « Ray Donovan » serait-elle devenue une série à grosses ficelles, recyclant sans talent les ressorts du soap (la femme et la fille de Ray ne feraient pas tache dans les « Feux de l’amour ») ?

La réponse est bien évidemment non car la série a pour elle deux grandes qualités, celle d’arriver à maintenir notre intérêt tout au long de ses 12 nouveaux épisodes. Ensuite, qu’on le veuille ou non, la famille Donovan, malgré ses dysfonctionnements abyssaux, reste une famille sacrément attachante, même Abby qui rappelle furieusement le côté prise de tête de Carmela Soprano. Chacun nous est montré dans ses forces et ses faiblesses, capable du meilleur comme du pire. Chaque personnage bénéficie d’un travail d’écriture qui lui confère une réelle épaisseur, une personne qu’on pourrait être amené à rencontrer dans la vraie vie (quoiqu’on ne préfère pas tant ils attirent les ennuis).

Malgré des premiers signes d’essoufflement, cette troisième fournée reste tout de même agréable à suivre et se conclut de manière relativement spectaculaire, émotionnellement parlant, pour Ray Donovan. Si elle reste moins réussie que les saisons précédentes, elle a le mérite de faire évoluer ses personnages de façon un peu intéressante que pour avoir envie de continuer à la suivre. Cela tombe bien, la 4ème saison vient de s’achever aux USA. Rendez-vous est pris.

12:05 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/08/2016

« MR. ROBOT » (saison 1) : claustrophobie et parano à l’heure de la mondialisation…

Mr. RobotSérie créée par Sam Esmail.

Avec Rami Malek (Elliot Alderson), Portia Doubleday (Angela Moss) Carly Chaikin (Darlene), Christian Slater (Mr. Robot), Martin Wallström (Tyrell Wellick), Michel Gill (Gideon Goddard), …

Diffusion prochaine sur RTBF2 « La Deux » en Belgique francophone (dès le 31/08/2016) et Antenne 2 en France. Disponible à l’achat en version originale sous-titrée en français sur Google Play. Saison 1 (10 épisodes) disponible en dvd et Blu-Ray à partir du 4 octobre 2016.

© USA Network

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE « MR. ROBOT »

AVIS : A l’heure de la crise économique mondiale, « Mr. Robot » résonne étonnamment juste. On aurait pu se dire « encore une histoire de hacker qui se prend pour un justicier du web ». Sur le même thème, Michael Mann n’a pas réussi à convaincre avec son « Hacker / Black Hat », échec retentissant lors de sa sortie en 2014.

Aux Etats-Unis, la chaîne câblée USA propose depuis quelques années des séries originales en affichant le slogan : « Characters welcome » (personnages bienvenus). Ce dernier s’applique parfaitement à « Mr. Robot ». USA a donné leur chance à de jeunes et talentueux scénaristes comme Matt Nix et Jeff Eastin, à l’origine de « Burn Notice », « White collar » et « Graceland ». Des séries rafraîchissantes et pleines d’inventivité, nettement plus originales que celles proposées par les grands réseaux ABC, CBS, FOX, ... Créateur et réalisateur de « Mr. Robot », Sam Esmail vient désormais rejoindre le duo cité.

Dès le départ, tout (ou presque) dans « Mr. Robot » dégage un sentiment d’étrangeté : Elliot Alderson, son personnage de hacker solitaire qui ne supporte pas d'être touché, son univers, ses décors, ses personnages secondaires, ses relations « humaines », … Un peu comme si tout était irréel. Si l’utilisation de la voix-off (procédé utilisé ad nauseam, notamment dans « Dexter ») n’est guère originale, elle fonctionne parfaitement pour nous plonger au cœur des pensées et des sensations d’Elliot, incarné par un formidable Rami Malek (vu dans des épisodes de « 24 heures chrono » et le film « Need for Speed »). Accro à la morphine, sorte de dérivatif à un quotidien insupportable, le jeune homme n’envisage pas du tout un avenir classique du genre « mariage, bébé, carrière professionnelle au top ». Sa vie tourne essentiellement autour du web, ses codes binaires, ses algorithmes, … et sa morphine. Pas de réelle petite amie, il baisouille ici et là, sans attaches quoique…

Approché par « FSociety », un groupe de justiciers du web emmenés par l’agaçant Christian Slater (qui fait son grand retour après une carrière en berne), bien décidé à faire tomber un conglomérat de multinationales dont celle surnommée « Evil Corp » ; Elliot veut croire à une société plus juste, où les riches ne s'en mettent pas encore plus dans les poches et où les pauvres et les démunis ont droit de cité. Dès lors, pourquoi ne pas utiliser ses extraordinaires capacités de hacker pour éliminer toutes les données de la multinationale et ses sbires ? Avec cette idée magnifique d’effacer toutes les dettes des gens ordinaires et vivant à crédit, tel une sorte de « Robin des Bois » des temps technologiques.

« Mr. Robot » étonne constamment dans le sens où nous sommes plongés dans un univers cohérent et terriblement proche de la réalité. Ce qui dérange et fascine le plus dans la série, c’est cette manière de tordre cette « réalité » jusqu’à nous interroger sur ce qu’est le réel et sa perception. Une sorte de message philosophique sans trop de prise de tête qu’incarne idéalement le personnage d’Elliot : ne serait-il pas un parano voyant « des choses » inexistantes ? Est-ce que l’histoire qui nous est racontée est vraie ou est-ce un délire cauchemardesque d’un paumé marginal ?

A cet égard, sa relation avec Tyrell Wellick, odieux et ultra-ambitieux yuppie d’Evil Corp, nous interroge sur le sens profond des actions d’Elliot. Tel un double négatif, son antagoniste lui offre un effet miroir de ce qu’il ne veut pas devenir : fric, maison, enfant, femme (perfide), goût du pouvoir totalement pathologique. Cette relation n’en est qu’à ses débuts, la première saison n’ayant pas encore décidé de tout révéler sur le « lien » qui les unit.

Pas à pas, le récit offre quelques réponses et dans le même temps, nous embrouille pour mieux nous manipuler. Il est totalement impossible de prédire ce qui va arriver. A cet égard, la fin nous interpelle sur notre condition d’être humain dans un monde ultra-numérique, baignant dans une noirceur bien représentative des temps actuels, tout en nous renvoyant à ce qui nous fait le plus peur : notre solitude, nos angoisses et la mort. Malgré son climat claustrophobique et déprimant, « Mr. Robot » délivre en filigrane un beau message sur la famille et l’amour, loin des clichés sirupeux typiquement américains. Tout n’est pas foutu…

Si cette première saison laisse encore de nombreuses questions en suspens, elle a l’énorme qualité de se suffire à elle-même et pourrait s’arrêter là tant les 10 épisodes forment un tout cohérent, bien écrit et captivant. Dans la presse, le créateur Sam Esmail a déclaré que cette première saison ne constitue que l’introduction du récit global. De fait, une 2ème saison de 12 épisodes est déjà en cours diffusion aux Etats-Unis. L'avenir nous dira si la seconde salve sera à la hauteur de cette première fournée d'excellente facture.

18:41 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |