06/02/2010

DEXTER - Le tueur en série qui tue…des tueurs en série et autres affreux

USA / 2006 - 2013 (terminée) : 13 épisodes (saison 1) – 12 épisodes (saison 2) – 12 épisodes (saison 3) - Saison 4 (13 épisodes) - Saison 5 (12 épisodes) - Saison 6 (12 épisodes) - Saison 7 (12 épisodes) - Saison 8 (12 épisodes)

Série développé pour la télévision par James Manos, Jr. et basée sur le roman "Darkly Dreaming Dexter" de Jeff Lindsay. Producteurs exécutifs : Clyde Phillips, John Goldwyn et Sarah Colleton.

Photo : copyright : SHOWTIME entertainment / CBS DVD - Intégrale des saisons 1 à 8 disponibles en dvd.

Avec Michael C. Hall (Dexter Morgan), Julie Benz (Rita Bennett), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), Davi Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), Lauren Vélez (Lt. Maria Laguerta), C.S. Lee (Vince Masuka), Erik King (Sgt. James Doakes – Saisons 1 et 2), Keith Carradine (Special Agent Frank Lundy – saison 2).

Dexter - paperblog.fr

SCENARIO : Dexter Morgan, la trentaine dynamique et introvertie, travaille comme expert en tâches de sang sur les scènes de crime pour la police de Miami. S’il se révèle un enquêteur méticuleux et consciencieux le jour, dès la tombée de la nuit, il change de visage : c’est un redoutable tueur en séries qui a la particularité de…ne tuer que des criminels et tueurs en série. Il ne fait pas de mal aux innocents. D’enquête en enquête, Dexter se retrouve confronté à ses problèmes quotidiens : sa sœur, sa petite amie, son boulot, ses collègues et l’irrésistible besoin de tuer, tout en respectant le « code de Harry », sorte de serment qu’il a appris de son père adoptif, qui lui sert à faire la différence entre le bien et le mal, à assouvir ses pulsions meurtrières tout en faisant en sorte de ne jamais se faire arrêter…

COMMENTAIRE : Inspirée des romans « Dexter » de Jeff Lindsay, cette série possède quelque chose d’à la fois fascinant et dérangeant. Fascinant car c’est la première fois qu’une fiction télévisée nous propose de plonger au cœur des pensées d’un tueur en série. Dérangeant parce que nous nous surprenons, en tant que spectateurs, à éprouver de la compassion et de l’attachement, voire même à approuver les actes, pourtant répréhensibles que commet Dexter.

En cela, la série a été fort bien conçue, comme une sorte de toile à tisser psychologique qui nous emprisonne lentement mais sûrement. La manière de construire le récit, particulièrement subtile, nous amène à comprendre les motivations, les doutes, les aspirations de Dexter. Comme beaucoup de tueurs en série, il a connu une enfance traumatisante mais à la différence de ceux qui tuent des innocents, Dexter a appris à ne faire que le bien, enfin si l’on peut dire. Il se cache sous une série d’émotions factices, se trouvant complètement coupé de ses émotions et se considérant comme inhumain. Mais bien malgré lui, il devient, au fil de ses aventures, de plus en plus humain et voit sa carapace souvent mise à rude épreuve. Nous suivons ce cheminement avec étonnement et fascination.

Sous la plume notamment de Clyde Philips et de James Manos, Jr. (plusieurs scénarios ont été aussi supervisés par Jeff Lindsay, l’auteur des livres), les personnages de « Dexter » prennent vie sous nos yeux d’une façon particulièrement subtile et surtout imprévisible, impossible de dire ce qu’il va leur arriver à la fin et vers quoi va se conclure l’histoire. A cet égard, les mots qui me viennent à l’esprit pour résumer « Dexter » sont : « art consommé de la manipulation ». Il faut voir comment, en plongeant au tréfond de son mental, on se laisse porter par ses armes psychologiques redoutables : avec son sens inné de l’observation et son détachement, il parvient à orienter les autres pour les amener à faire ce qu’il désire tout en arrivant à tirer son épingle du jeu.

A plusieurs reprises, les scénaristes mettent Dexter en danger, à un point tel que cela en devient palpitant et on en ressort complètement accro : vite la suite et alors là, chapeau ! On s’est fait manipuler mais avec quel délice ! Lorsqu’il revoit en pensées Harry, son père qui a fait de lui ce qu’il est devenu, Dexter se retrouve à la fois tiraillé entre le désir de respecter ce code (tu contrôles tes pulsions meurtrières et tu ne les diriges que vers ceux qui les méritent) et son attirance vers le mal. Dans le rôle de Harry, James Remar, routier des séries (« Jericho », « Miami Vice », …) distille un mélange de perversité et de bienveillance, oscillant sans cesse entre le désir de faire le bien et la nécessité de faire justice soi-même, au-dessus de la justice des hommes. Quelle curieuse alchimie.

Plus troublant encore, au fil des épisodes, on se sent proche de ce « héros » très particulier, ni vraiment bon, ni foncièrement mauvais. Il faut voir le sens paternel avec lequel il s’occupe des enfants de Rita, sa petite amie. En cela, on nous le montre sous un tout autre visage, totalement inattendu. Et il y a aussi beaucoup d’humour, souvent décalé mais toujours bien amené. Sans doute pour compenser la gravité du sujet. Comme quoi, les gens ne sont jamais faits d’une pièce, c’est là sans doute une des leçons à tirer de cette série qui figure parmi les meilleures de ces dernières années, tant sur le plan de la narration que de l’interprétation (Michael C. Hall, déjà vu et déjà prodigieux dans la sublime série dramatique « Six Feet Under », a été récompensé début 2010 par un « Golden Globe » de meilleur acteur dans une série dramatique et il l’a bien mérité).

Tous les personnages secondaires sont aussi bien écrits, à la fois drôle, touchants, énervants, irritants, … ; à l’image de la vraie vie quoi. Derrière la caméra, on retrouve notamment, parmi les réalisateurs, le nom de John Dahl, maître du film noir qui nous avait livré quelques perles dans les années 90 avec des films comme « The last seduction » et « Red Rock West ». Côté musique, Rolfe Kent (qui a récemment fait la musique du film "Up in the air" avec George CLooney) livre des partitions magistrales, notamment dans la saison 2 avec ses accords de guitare acoustique qui appuyent avec subtilité les émotions ressenties par les personnages, voire leurs états d'âme.

Bref, je ne saurais que trop vous recommander cette série que j’ai eu le privilège, pour la saison 3, de voir en avant-première. Celle-ci réussit le tour de force de faire encore mieux que la 2, c’est vous dire le niveau de qualité. A se demander comment les producteurs vont faire pour la saison 4, attendue avec impatience.

Voir le générique de la série sur "you tube" (un générique particulièrement savoureux, utilisant de belles métaphores alimentaires en remplacement des actes « gore » que commet Dexter) :

DEXTER - Saisons 3 et 4 : à la fois inégal et de qualité 

 DEXTER - Saison 3 (2008 - 2009)

 

Dexter 3 - ebay.jpg

Photo : © www.ebay.com

Sortie fin juin 2010 en dvd à la vente, c’est un bon cru même si globalement, la surprise et l’inventivité des scénarios sont plus faibles que dans les deux premières saisons. La bonne idée de cette saison 3 : confronter Dexter à Miguel Prado, procureur de Miami qui découvre les secrets du tueur en série et se révèle un double plus qu’inquiétant. Le formidable Jimmy Smits (« NYPD Blue », « L.A. Law », « West Wing ») incarne à la perfection ce personnage extrêmement manipulateur.

A nouveau, Dexter excelle dans le jeu du chat et de la souris, plus manipulateur encore que ceux qui croient le manipuler. Par contre, sa confrontation avec l’écorcheur, le tueur de cette saison 3, semble avoir peu inspiré les scénaristes qui le relèguent au second plan et le font intervenir en bouche-trou pour clôturer la saison.

Les autres personnages secondaires souffrent aussi d’un manque d’attention et évoluent peu : Angel, La Guerta, Masuka jouent les utilités au profit de Debra, la sœur de Dexter, qui profite d’un traitement plus fouillé. Rita, la chère et tendre de notre tueur en série, n’évolue pas des masses non plus, coincée dans son rôle de gentille femme au foyer, limite pleurnicharde.

Heureusement, la fin de saison révèle une surprise de taille quant à l’avenir de Dexter avec Rita. Bref, c’est sans doute la saison la plus faible des quatre mais elle se laisse toujours regarder avec un certain plaisir. Une baisse de régime.

DEXTER - Saison 4 (2009 - 2010)

Cette fois-ci, les scénaristes se sont un peu plus foulés en inventant le « Trinity killer », personnage particulièrement sordide et pervers qui tue toujours ses victimes par trois. Bravo à John Lithgow qui incarne à la perfection ce nouveau vilain, un grand acteur spécialisé dans ce type de rôles (« Blow out » avec Travolta et « Cliffhanger » avec Stallone) mais aussi, plus étonnant, dans le registre comique (la sitcom « Third rock from the sun » où il joue un père de famille extraterrestre assez pété).

Dans cette 4ème saison, face à ce nouvel adversaire, Dexter aura fort à faire. La bonne idée du scénario, c’est de placer d’emblée Dexter dans une relation père – fils avec le « Trinity killer ». Le fait qu’il soit attiré par ce père de famille visiblement bien sous tous rapports, qui va à la messe et travaille sur des chantiers de construction pour SDF, nous étonne, nous inquiète et surtout nous questionne sur les apparences. Les gens ne sont jamais ce qu’ils laissent croire, ils cachent de vilains petits secrets… Voilà sans doute la principale « leçon » à tirer de cette saison.

Lentement mais sûrement, ils nous distillent les informations sur ce nouveau tueur et nous découvrons progressivement la vraie nature de ce tueur actif depuis plus de 30 ans et jamais arrêté par la police. C’est l’occasion de retrouver le détective Lundy, spécialiste des tueurs en série découvert lors de la saison 2 et incarné par l’excellent Keith Carradine (dans la vie, c’est aussi le frère de David « Kung Fu » Carradine).

Fait étonnant de cette 4ème saison, Dexter nous accompagne et découvre la vérité peu après nous. A ce niveau, c’est du grand art de la part des scénaristes puisque nous avons toujours une longueur d’avance sur Dexter quant à savoir qui est réellement le « Trinity killer ». Ce dernier manipule Dexter qui a sans doute sous-estimé son ennemi. Contrairement aux saisons précédentes, Dexter est en retard sur nous au fil de la progression du récit. Alors qu’avant, nous étions manipulés. Machiavélique !

Et la fin de saison, particulièrement haletante, nous balade complètement : impossible de prévoir ce qui va arriver. A la vision du tout dernier épisode, c’est l’angoisse qui pointe avec un « cliffhanger » insoutenable. A l’annonce du cancer de Michael C. Hall, interprète de Dexter, la crainte était grande de ne jamais avoir de conclusion. Heureusement, l’acteur va mieux et a repris le chemin des studios de tournage.

DEXTER - Saison 5 (2010 - 2011)

Sans doute une des plus faibles saisons même si le personnage de Lumen, jeune femme traumatisée par un viol collectif, peut se révéler attachant. Grosso modo, on s'ennuie plutôt ferme et la qualité est nettement en-dessous de la phénoménale saison 4 avec le "Trinity killer", magistralement joué par John Lithgow.

Heureusement qu'il reste le personnage d'Angel et les quelques apparitions du papa de Dexter, Harry Morgan, pour sauver l'ensemble qui est plutôt terne. Reste une image assez léchée, oscillant toujours entre le côté chaud des scènes de jour et une ambiance des plus sombres lors des scènes de nuit. Un très beau travail de direction de la photographie. Si la fin est émouvante, notamment les réactions de Dexter face à Lumen, le reste n'est pas inoubliable, loin de là. Dommage.

DEXTER - Saison 6 (2010  - 2011)

Ici aussi, bof. On a du mal à se passionner pour ce "Doomsday killer" parfois limite ridicule, même si l'interprétation de Colin Hanks (le film de Tom Hanks, déjà vu dans "Mad Men") est convenable. A ses côtés, on retrouve avec plaisir le formidable Edward James Olmos (Commander Adama dans "Galactica" et surtout, le Lieutenant Castillo dans "Miami Vice" dans les années 80). Et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire.

Les relations entre Dexter et sa soeur évoluent peu, de même qu'entre les autres personnages de la police (Angel, Masuka and co). Bref, rien de vraiment décoiffant, ni d'extraordinaire. Blasé ? Non, on demande un scénario un peu plus abouti, messieurs les scénaristes. Heureusement, il reste un final (cliffhanger) assez soufflant qui, à lui seul, donne envie de voir la suite. Mais chuuuut !

DEXTER – Saison 7 (2012) : mieux que 5 et 6 mais à quand le chant du cygne...

Dexter season 7 - Dexter saison 7

Photo : © Showtime - www.imdb.com

Avec Michael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), Davi Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), Lauren Vélez (Lt. Maria Laguerta), C.S. Lee (Vince Masuka), Erik King (Sgt. James Doakes – Saisons 1 et 2 et 7), Yvonne Strahovski (Hannah McKay), Ray Stevenson (Isaak Sirko), ...

Voir un trailer, en vo sous-titres-français, de la saison 7 sur « YOU TUBE »

AVIS : Après les saisons 5 et 6 plutôt mitigées, pas franchement médiocres mais pas ébouriffantes non plus, on se dit : « Allez zou ! Voyons ce que nous réserve la saison 7 ». Il faut dire que le final de la saison 6 était plutôt scotchant, quand un personnage-clé de la série découvre le secret de notre tueur en série préféré.

La réponse à ce final trouve sa continuité logique et inattendue même s’il nous faut un peu de temps pour s’y habituer. Mais la grande qualité de cette 7ème fournée de 12 épisodes, c’est l’introduction de deux nouveaux et sombres personnages : Hannah McKay (campé par Yvonne Strahovsky, la super espionne de « Chuck ») et du mafieux Isaak Sirko (incarné par Ray Stevenson, l’excellent Titus Pullo de « Rome »).

Comme d’habitude, on retrouve les flics de l’unité qui gravitent autour de Dexter : la chef Maria LaGuerta, Angel Batista, Masuka, Joey Quinn, Debra Morgan, la frangine et bien sûr le fantôme du papa flic qui apparaît dans les pensées de Dexter : Harry Morgan.

Côté scénario, on est – dans un premier temps – agréablement surpris par un rebond créatif des scénaristes durant les 8 premiers épisodes qui nous offrent un intéressant jeu du chat et de la souris entre Dexter et Sirko, avec certains épisodes où la tension est palpable et le suspense assez haletant. Enfin un méchant d’envergure, presque digne d’Arthur Mitchell, le « Tritinity killer de la saison 4.

Malheureusement, ce passionnant face à face entre Sirko et Dexter s’effiloche et dès le 9ème épisode, le scénario part en sucette. On se dit : « Bah, les scénaristes veulent éviter de tirer sur la ficelle et ne pas nous révéler l’issue de l’affrontement dans le dernier épisode puisqu’ils l’ont déjà fait dans des saisons précédentes avec d’autres méchants. Cela pourrait devenir lassant et surtout, prévisible. »

Oui mais non. On a vraiment l’impression que quelqu’un d’autre a repris l’écriture des histoires tant la rupture de ton est brutale et surtout mal amenée. Je ne vais pas vous en dire trop pour vous laisser la surprise si vous n’avez pas encore vu cette 7ème saison mais c’est plutôt grotesque et même carrément ridicule. Comme me le disait ma femme, cela devient « Desperate Housewives chez les serial killers ». En tant que spectateur – et pardon d’être grossier – on se dit qu’on se fout de notre gueule. Pire, on nous prend pour des quiches ! Surtout avec ce final crétin avec une suite dont on se demande ce qu’elle amènera et dont pour ma part, je me fous carrément. Mais que se passe-t-il ?

Heureusement, tout n’est pas négatif puisque dans ses deux premiers tiers ; le récit développe aussi, en parallèle de l’arc narratif « Sirko », un autre arc autour du personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombe éperdument amoureux. Une jolie blonde, finaude, intelligente, sexy et…machiavélique. La série distille avec parcimonie des infos sur son passé obscur et on se rend compte qu’elle partage pas mal de points communs avec « Dex », une sorte de double du serial killer quoique ses motivations soient nettement moins claires. A deux, ils illustrent bien le côté amoureux « j’ai trouvé ma tendre moitié » bien que la façon assez perverse dont est amenée l’issue en rebutera sans doute plus d’un. Hannah, un personnage charmant et surtout, vénéneux et inquiétant. Surprise surprise.

Ensuite, si Michael C. Hall joue toujours aussi bien son rôle de « gentil » serial killer, on regrettera que les personnages secondaires, en particulier Angel et Masuka, ne servent plus que de faire-valoir, n’ont pas un rôle vraiment intéressant à jouer et apparaissent comme ça en bouche-trou pour combler les lacunes du scénario. A cet égard, l’histoire du flic Quinn qui sauve une prostituée face aux vilains mafieux n’apporte pas grand-chose à l’image de ce personnage froid et antipathique dont on se demande ce qu’il fait dans cette série.

Enfin et ce n’est pas négligeable, la série souffre d’un vilain défaut, palpable depuis ses débuts : on aurait grandement apprécié que les producteurs nous épargnent les crises émotionnelles de Debra, la sœur de Dexter. Ses excès de « pleurnichette hystéro-agressive » étaient déjà pénibles dans les saisons précédentes ; ici, ils deviennent carrément insupportables.

Chaque épisode nous livre sa scène avec Debra qui fait son cinéma pendant au moins 5 minutes. Pénible au risque de passer pour un sans cœur. Et puis bon voilà, j’avoue : je n’aime pas ce personnage et encore moins l’actrice qui l’incarne. Pas crédible et pour tout dire, pas mature. Voilà, c’est dit et écrit.

Bref, si les 8 premiers épisodes méritent un 7/10, en dehors des prestations pénibles de la frangine ; les 3 derniers ne valent pas plus que 3/10 en raison du foirage du scénario. Bilan mitigé donc même si cette saison 7 se révèle globalement de meilleure facture que les saisons 5 et 6.

Aux USA, la saison 8, annoncée comme l’ultime saison, verra apparaître Charlotte Rampling et Sean Patrick Flanery (Le jeune Indiana Jones et Greg Stillson dans « Dead zone »). Le chant du cygne pour Dexter ? Ou plutôt le chant du corbeau (clin d’œil au générique de « Six Feet under » dans laquelle jouait déjà Michael C. Hall).  Il serait très sérieusement temps de l’envisager car la qualité n’y est plus trop, ça ronronne trop. Dommage. Vraiment dommage.

On aurait aimé que « Dexter » soit comme « The Shield », une série maîtrisée de bout en bout. On devra se résigner à se dire que cela décline inexorablement même s’il faut laisser sa chance à la saison 8 qui, espérons-le, saura encore nous surprendre.

DEXTER – Saison 8 : le "gentil" tueur en série nous manquera... 

Dexter season 8© Showtime Television

N.B. : La note qui suit ne contient pas de spoilers susceptibles de vous gâcher la vision de la dernière saison de « DEXTER » au cas où vous ne l’auriez pas encore vue

Saison 8 et dernière (12 épisodes) disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 11/06/2014.

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 8 DE « DEXTER » SUR « YOU TUBE »

Le final de la 8ème et dernière saison de « Dexter » avait déçu les fans aux USA.  Voici déjà 16 mois que la série s’est terminée outre-Atlantique (septembre 2013). La fin de la 7ème saison nous laissait en plein cliffhanger insoutenable et on avait hâte de connaître la suite. Malheureusement, les éditeurs de dvd auront mis près d’un an à sortir cette ultime salve d’épisodes.

Contrairement à « Breaking Bad », « Dexter » a connu des saisons inégales (3, 5, 6 et un peu la 7) et a perdu, au fil du temps, son noyau dur d’admirateurs. La faute à des scénaristes pas toujours inspirés, qui ont parfois cédé à la facilité tout en étant capable du meilleur : la saison 4 avec le « Trinity Killer » (glaçant John Lithgow) reste la meilleure à ce jour.

C’est dire si l’on abordait cette ultime saison avec une certaine méfiance. Après avoir soigneusement évité les spoilers, on remarque d’emblée que les scénaristes reprennent les choses en main. La première bonne idée a été d’introduire le personnage d’une psychiatre spécialiste en serial killers, campé par une Charlotte Rampling totalement crédible dans le rôle. De fait, on pensait que la saison allait tourner à l’affrontement entre celle-ci et Dexter, ce dernier essayant de cacher sa sombre nature. Eh bien, pas du tout.

L’autre bonne idée fut d’introduire un nouveau méchant, particulièrement sournois et malin. Et qui partage un lien avec un des personnages principaux mais nous n’en dirons pas plus. Disons que les scénaristes ont amené cela sans laisser deviner trop vite de qui il s’agissait.

Enfin et c’est vraiment une bonne nouvelle, le personnage de Debra Morgan, la sœur de Dexter, gagne en profondeur psychologique. Elle essaye de se rapprocher de son frère depuis qu’elle connaît son secret, ce qui est tout sauf facile. Le scénario la fait évoluer intelligemment, laissant derrière elle ses oripeaux de gamine par moments hystérique pour la révéler enfin en femme douce et sensible.

Par contre, on se demande bien pourquoi les scénaristes ont largué le personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombait éperdument amoureux dans la saison 7. Manipulatrice et machiavélique, cette jolie blonde refait surface d’une manière assez maladroite. Pire, elle lui pardonne tout et se transforme en parfaite petite femme au foyer, s’occupant de son gamin Harrison. On se surprend même à se dire : ils vont pas nous faire « Desperate Housewives » chez les serial killers quand même ? Ce lissage du personnage est d’autant plus incompréhensible que rien ne le laissait présupposer. En somme, c’est « Ah c’est beau l’amour, ils sont complémentaires et c’est bon quoi. » Mouais…

Evidemment, la belle se retrouve avec un détective privé aux trousses, bien décidé à la capturer et à empocher la prime (Sean Patrick Flanery qui fut le jeune Indiana Jones voici déjà 20 ans). Faut bien un peu pimenter l’intrigue. Dommage aussi que les personnages secondaires comme Angel Batista, Masuka et bien sûr le fantôme Harry Morgan soient relégués au rang d’apparitions et de simples faire-valoir. Mais cela faisait déjà un moment que les scénaristes n’avaient plus grand-chose à leur faire vivre. Un peu plus développé, le personnage de Joey Quinn, amoureux de Debra Morgan, connaît une nette amélioration et devient finalement plus attachant.

Mais comme dans la vie, rien ne se passe comme prévu et notre tueur en série verra les événements échapper à son contrôle. A cet égard, cette dernière saison se révèle bien rythmée tant les épisodes deviennent vite addictifs. On se surprend à s’enfiler les 12 épisodes assez rapidement. Jusqu’au final, angoissant, qui révèle de beaux moments poétiques avec ces images de lui filant au large à la barre de son bateau « Slice of Life » (tranche de vie). La fin aurait pu laisser supposer qu’il allait partir vers une petite vie rangée. On vous laisse la surprise.

Sans débattre sur le bien-fondé de cette fin, pour ma part, je l’ai trouvée crédible et totalement en phase avec l’essence même de ce qu’est Dexter. N’en déplaise aux fans de  « La Petite Maison dans la Prairie » et autres séries familiales. Ceux qui ont rejeté la fin se sont trompés de genre. Ce n’est pas parce que Dexter a une sœur et un père qu’on est dans une série familiale, les amis. Grincheux, passez votre chemin.

Bref, cette ultime saison reste un bon cru à défaut d’être excellente. Si « Dexter » n’a pas été une série totalement maîtrisée, elle a su encore nous surprendre et nous réserver de belles surprises. Tout en évitant le piège du prévisible. Ah, il nous manquera ce tueur en série « gentil » car il avait quelque chose de profondément humain malgré son « dark passenger ». Dex cherchait à s’ouvrir aux émotions qu’il ressentait et y parvenait parfois. En cela, l’interprétation de Michael C. Hall était bouleversante.

19:26 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.