17/04/2010

EPISODE 3/3 : ILS ETAIENT BIEN A LA TELE ET Y SONT RESTES…

Années 1980

 

Parmi les figures marquantes du petit écran de ces dernières années, ils sont plusieurs à avoir essayé de passer du petit au grand écran. Certains avec un résultat dépassant toutes leurs espérances, d'autres avec un succès mitigé, d’autres encore se sont totalement plantés. 

Alors pourquoi ne pas rester à la télé ? Pourquoi vouloir plus quand finalement, on ne s’est pas rendus compte qu’on avait déjà beaucoup ?

 

Petit regard tendre et amusé sur les 50 dernières années de la télé américaine et remontée dans le temps en compagnie de figures marquantes pour les enfants de l’après mai 68, comme votre hôte. La liste qui suit ne se veut pas exhaustive et se concentre sur les personnages télé les plus célèbres  depuis 1950.

 

1980 - 1990 :

 

Tom Selleck / Don Johnson / Ken Wahl / George Peppard

 

Tom SELLECK :

 

né le 29 janvier 1945

Tom Selleck - imdb
(photo : © www.imdb.com)

 

 

« JESSE STONE » : 5 téléfilms dont 4 sont sortis en dvd :

 

1)     STONE COLD (2005)

2)     UNE PETITE VILLE TROP TRANQUILLE (NIGHT PASSAGE) (2006)

3)     MEURTRE A PARADISE (DEATH IN PARADISE) (2006)

4)     L’EMPREINTE DU PASSE (SEA CHANGE) (2007)

 

« LAS VEGAS » : 106 épisodes (2003 - 2008) – 5 saisons disponibles en dvd

 

« MAGNUM » : 162 épisodes (1980 – 1988) – 8 saisons disponibles en dvd  

 

Ah, il est sympa le Tom ! Avec sa moustache et son sourire, il donne envie d’être toujours optimiste. Pourtant, la vie d’acteur a plutôt été galère à ses débuts. Les années 70 auront été les années d’apprentissage et de multiples apparitions dans diverses séries connues comme « Mannix », « The FBI », « Les Rues de San Francisco » (avec moustache) et « Drôles de dames » (sans moustache et où il était le petit ami des Kelly incarnée par Jaclyn Smith). Il a même joué dans plusieurs épisodes des « Feux de l’Amour » (The young & the restless) vers 1974 / 75. Quelques films aussi où il fait des apparitions mineures comme « Morts suspectes » (Coma, 1978) avec Geneviève Bujold et Michael Douglas.

 

D’audition en audition, il décroche des rôles, notamment dans des pilotes de séries qui n’iront jamais plus loin comme « Gipsy warriors » (1978) avec James Whitmore, Jr. Après 6 pilotes qui ne débouchent sur rien, le beau Tom comptait jeter l’éponge : « J’en fais encore un et si ça ne marche pas, bye bye Hollywood », avait-il déclaré en 1980. Pendant ces auditions, il a d’ailleurs croisé Don Johnson, le futur Sonny Crockett de « Miami Vice » que Johnson appelait son « copain de galère ».

 

Et puis voilà que Donald P. Bellisario, scénariste et producteur des « Têtes brûlées » lui propose le rôle d’un détective privé à Hawaï : « Magnum ». La suite, on la connaît : 8 saisons de bonheur et de célébrité mondiale avec ce personnage cool et drôle, qui mène ses enquêtes en roulant en Ferrari, vit chez un riche écrivain mais n’a jamais un dollar en poche !

 

Deuxième coup de chance, Steven Spielberg et George Lucas lui proposent le rôle de l’archéologue aventurier Indiana Jones dans « Les aventuriers de l’arche perdue ». Mais les producteurs de « Magnum » ne veulent pas le libérer car les agendas de tournage ne coïncident pas. Conclusion, Tom Selleck retourne enfiler sa chemise à fleurs et loupe sans doute le rôle de sa vie sur grand écran au profit d’Harrison Ford (sur les bonus des dvd d’Indiana Jones, on peut voir l’audition de Tom Selleck qui répète une scène avec Karen Allen et porte le chapeau d’Indy, amusant…).

 

Qu’à cela ne tienne, l’acteur à la moustache se console en tournant « Les aventuriers du bout du monde » (High road to China, 1983), une sorte d’Indiana Jones à lui. Pas terrible. Tout en continuant à tourner « Magnum », on le voit encore dans « Signé Lassiter » (1984) en gentleman cambrioleur, « Runaway » (1984), un thriller de science-fiction et dans « Trois hommes et un bébé », remake US de « Trois hommes et un couffin ».

 

En 1988, épuisé par les longues journées de tournage de « Magnum » dont il était devenu producteur exécutif, il arrête en plein succès et prend un peu de repos. On le revoit dans « Her alibi » (1989), une comédie sans grand intérêt et « Délit d’innocence » (An innocent man, 1989), un honnête drame policier, ainsi que dans la suite de « Trois hommes et un bébé » : « Three man and a little lady ». Bof bof. Il tourne aussi « Quigley down under », un western de bonne facture qui se passe en Australie.

 

Durant les années 90, il se consacre à la production et relance la carrière de son ami Burt Reynoçlds avec la série de téléfilms policiers « B.L. Stryker ». Encore quelques films ici et là comme « Christophe Colomb » (1992) avec Marlon Brando et la comédie sympa « Mr. Baseball » (1992).

 

En 1997, pour se moquer de lui-même, il apparaît sans moustache dans « In & Out », comédie marrante sur les gays dans le rôle d’un journaliste homo et décomplexé. Si sa carrière cinéma n’a pas été un flop, il reste qu’aucun des films de Tom Selleck n’a cartonné, « rentrant simplement dans leurs frais de départ » d’après les dires de l’acteur. Il faut reconnaître qu’il a eu énormément de mal à se dégager du personnage de « Magnum » tant le personnage et l’acteur fonctionnaient en totale symbiose. Pas facile de se dégager d’une telle emprise.

 

En 1998, il décide de faire une nouvelle série télé, une sitcom intitulée « The Closer » mais qui ne marche pas (seulement 10 épisodes). Heureusement pour lui, Tom Selleck a de la suite dans les idées et sait flairer les bonnes séries du moment. C’est ainsi qu’il débarque dans la sitcom « Friends » durant plusieurs épisodes où il joue le rôle du petit ami de Courteney Cox. Toujours friand de westerns, on le voit encore dans le téléfilm « Monte Walsh » en 2003 en cowboy fatigué et triste.

 

Visiblement lassé des films de cinéma, il se consacre essentiellement aux téléfilms et on a pu le voir dans « Ike – Countdown to D –Day » où il interprète de manière épatante le Général Dwight dit « Ike » Eisenhower avant le débarquement en Normandie, crâne rasé et sans moustache. Un caméléon car il fait totalement oublier Magnum.

 

En 2005, il a aussi l’excellente idée d’adapter les romans de Robert B. Parker qui content les aventures de Jesse Stone, ex-flic de Los Angeles qui devient shérif dans une petite ville du Massachusetts, Paradise. Alcoolique, désabusé, seul avec son chien, dépressif ; il livre une excellente prestation dans ces téléfilms qui ont rencontré beaucoup de succès. A ce jour, il en a tourné 6 et 4 sont sortis en dvd. A voir !

 

En parallèle, il continue aussi à travailler sur d’autres séries télé où il apparaît en « guest star » (vedette invitée) comme dans « Boston Justice » dans le rôle d’Ivan, un personnage aux antipodes de tout ce qu’il a joué et dans « Las Vegas » où il a remplacé James Caan au pied levé suite au départ de ce dernier. Un rôle de milliardaire taciturne dans lequel il ne semblait pas trop à son aise. La série n’a pas survécu au départ de Caan et Selleck n’y sera apparu que le temps de 19 épisodes. Il vient de refuser de faire une apparition dans le film tiré de « Magnum » qui devrait sortir en 2011.

 

Côté privé, l’acteur partage la vie de Jillie Mack, jolie actrice rencontrée sur le tournage d’un épisode de Magnum et avec qui il a eu une fille, Hannah. Enfin, c’est un républicain convaincu qui a soutenu les campagnes de réélection de Ronald Reagan en 1984 et de George Bush fils en 2004. Il a aussi soutenu John McCain en 2008 contre Obama. Enfin, après la mort de son ami Charlton Heston, il est devenu le Président de la NRA (National Rifle Association) qui défend notamment le droit de porter une arme à feu.

Pour ma part, je préfère l’acteur à l’homme et me délecte de revoir « Magnum » et « Jesse Stone ». C’est déjà ça.

Côté version française, soulignons l'excellent travail de Francis Lax sur la voix de Tom Selleck dans "Magnum", apportant humour et dérision. Un doublage en français de qualité. Lax avait déjà doublé David Soul, le blond sur "Starsky & Hutch" et Dwight Schultz, Looping le dingue sur "Agence tous risques".

 

Voir le générique de « MAGNUM » (1980) sur « You Tube » :

 

 

Don JOHNSON :

né le 15 décembre 1949

 

 

Don Johnson - contactmusic
(photo : © contactmusic.com)

 

 

« NASH BRIDGES » : 122 épisodes (1996 – 2001).

Saisons 1 à 3 disponibles en dvd à la vente aux USA, pas de date de sortie annoncée en Europe.

 

« MIAMI VICE » (DEUX FLICS A MIAMI) :

111 épisodes (1984 – 1990). Saisons 1 à 5 disponibles en dvd à la vente.

 

Avant de devenir le superflic Sonny Crockett qui chassait les dealers et autres trafiquants dans « Miami Vice », Don Johnson avait déjà une carrière bien remplie dans diverses séries et téléfilms comme « Kung Fu » (tout jeune en indien à la voix douce), « Les rues de San Francisco », « Matt Houston », « Police Story », « Huit ça suffit », … En 1980, il joue aussi dans « Tant qu’il y aura des hommes » (From here to eternity), une adaptation en série du film et où il reprend le rôle de Montgomery Clift, aux côtés de Kim Basinger et Roy Thinnes.

 

Et pourtant, sa carrière ne décolle pas, rien qui en fasse vraiment une star même s’il défraye la chronique « people » de l’époque avec Mélanie Griffith, sa femme, actrice et fille de Tippi Hedren (« Les oiseaux » d’Alfred Hitchcock). Alcool, drogues dures, soirées festives jusqu’à l’aube ; l’acteur s’enfonce dans les vices d’Hollywood. Un divorce avec Mélanie et puis, il rencontre Patti d’Arbanville, jolie blonde à fort tempérament avec qui il a un fils, Jesse, né en 1982. La paternité lui fait prendre conscience qu’il vaut mieux arrêter de faire l’imbécile et il se reprend en main.

 

Autant dire que l’équipe de « Miami Vice » n’était pas vraiment ravie de le voir arriver sur le tournage de la série qui allait devenir le symbole des années 80 : il avait déjà fait 6 pilotes qui n’avaient débouché sur rien et Michael Mann, producteur de la série, n’en voulait pas. Mann préférait Gary Cole, futur « Jack Killian, l’homme au micro » mais cet acteur ne voulait pas se coincer dans une série aux horaires de travail exigeants (pour l’anecdote, on voit Gary Cole dans un épisode de la 2ème saison de « Miami Vice »).

 

Soupçonné par l’équipe technique d’apporter la poisse à « Miami Vice » qui va faire un flop au vu du passé de l'acteur, Johnson se lance à cœur perdu dans la peau de ce flic ancien du Vietnam qui traque les trafiquants de drogue dans le Miami superficiel des années 80. Un rôle plutôt sombre et désabusé qui lui vaudra, à l’époque, de gagner le Golden Globe du meilleur acteur. Comme quoi, les malédictions ne se réalisent pas nécessairement...

 

L'acteur chante aussi puisqu'en 1987, il rencontre un succès international avec son album de rock « Heartbeat », bien classé dans les charts. Un deuxième album, « Tell it like it is », sortira en 1989 mais ne rencontrera pas le même succès.

 

Après 5 ans et 111 épisodes de « Miami Vice », Don Johnson souhaite se consacrer au cinéma, pensant que les portes lui sont grandes ouvertes. Hélâs pour lui, le public américain et international ne le suit pas dans les salles obscures. Dommage car il avait plutôt bien commencé avec « Dead bang » (1989), excellent polar, brutal et nerveux. Même chose avec « Hot spot » (1990), son film suivant réalisé par Dennis Hopper. Chaleur moite, femme fatale et polar bien emballé font de ce film un bon moment de cinéma.

 

Malheureusement pour lui, le rôle de Sonny Crockett lui colle à la peau et il peine à faire oublier le flic bellâtre qui porte une Rolex et roule en Ferrari. Il commet ensuite l’erreur de tourner dans « Harley Davidson & the Marlboro Man » avec un Mickey Rourke bouffi et lifté. Un très mauvais film d’action à l’humour lourdaud mais qui passe si on le regarde au 36ème degré. Premier gros flop ciné pour Don Johnson.

 

La suite ne sera pas à la hauteur de ses attentes. Après un remariage très médiatisé avec Mélanie Griffith, il tourne avec elle dans « Paradise » (1993), remake américain du « Grand chemin » avec Anémone et Richard Bohringer. Bide. Ensuite, c’est « Born Yesterday », toujours en 1993 et avec sa chère et tendre. Là aussi, reflop. Idem pour « Guilty as sin » du pourtant bon Sydney Lumet, réalisateur de « Douze hommes en colère ».

 

Déçu et aigri, l’acteur retombe dans ses vieux démons et doit aller se faire soigner au Betty Ford Center, centre de désintoxication réservé aux accros à l’alcool et aux drogues dures. En 1996, on le voit dans « Tin cup », comédie sympa mais lourdingue sur les compétitions de golf face à Kevin Costner. Don Johnson y apparaît en forme dans le rôle d’un salaud, Costner se réservant le beau rôle.

 

Constatant que sa carrière cinéma ne sera jamais ce qu’il espère, Don Johnson revient à la recette qui a fait son succès, à savoir un rôle de flic. Durant 5 ans, il sera le Capitaine Nash Bridges de la Police de San Francisco dans la série policière « Nash Bridges » (créée par Carlton Cuse, producteur de « Lost »). Une série où humour et action se mélangent pour le plaisir du spectateur qui y trouve son compte de détente et de fusillades.

 

Nash Bridges est une sorte de décalque de Sonny Crockett, l’humour en plus ici, aspect qui faisait cruellement défaut à « Miami Vice ». En 2006, Michael Mann a réalisé le film « Miami Vice », adapté d’après la série et dans lequel Don Johnson n’apparaît pas. Pas terrible.

 

Après l'arrêt de la série, Don Johnson a tourné dans plusieurs téléfilms comme « Word of honor » en 2003 où il campait avec beaucoup de conviction un ancien soldat du Vietnam, injustement accusé d’un massacre de villageois vietnamiens. Il a aussi joué dans une série judiciaire « Just legal » en 2005 qui n’a pas marché. Depuis, il enchaîne films mineurs et téléfilms. Rien de marquant. Côté "politic meet people", il est passé en Belgique dire coucou en 2004, posant aux côtés de Daniel Ducarme, alors Ministre-Président du Gouvernement régional de Bruxelles.

Dans la version française de "Miami Vice" et "Nash Bridges", rendons hommage au formidable travail de Patrick Poivey qui apporte beaucoup d'humour au jeu de Don Johnson. Un acteur de doublage très talentueux qui a aussi doublé Bruce Willis sur "Clair de Lune" et dans la plupart de ses films ainsi que Joe Penny sur la série "La loi est la loi" (Jake & the Fatman).

 

Un acteur quelque peu frustré de ne pas avoir vu ses aspirations cinématographiques réalisées. Qu’à cela ne tienne, Sonny Crockett et Nash Bridges lui vont très bien et on ne se lasse pas de les revoir.

 

Voir le générique de « MIAMI VICE » (1984) sur « You Tube » :

 

Voir le début d’un épisode de « NASH BRIDGES »
(Saison 1 (1996) "Skirt Chasers", en VO NON sous-titrée) sur « You Tube » :

 

Ken WAHL :

né le 31 octobre 1954

Ken Wahl - sell
(photo : sell.com)

 Vrai nom : Anthony Calzaretta. Surnom dans la vie : « Tony »

 

Vous rêvez de devenir une star de séries télé ? La gloire, l’argent, le succès ? Vous allez plutôt déchanter à la lecture de ce qui suit. Belle gueule, beau gosse, talentueux, charismatique, possédant un magnétisme certain ; Ken Wahl avait plutôt bien commencé sa carrière. Lassé par l’école, il plaque tout et part tenter sa chance à Hollywood. Très vite, après des petits boulots, il est remarqué par le réalisateur Philip Kaufman (« L’étoffe des héros », « Soleil levant ») qui lui offre son premier grand rôle au cinéma dans « Les seigneurs » (The wanderers, 1979), un bon film dramatique sur des bandes de jeunes dans les années 50.

 

Les rôles s’enchaînent avec une belle régularité. En 1981, il joue le coéquipier flic de Paul Newman dans « Fort apache – The Bronx », un film policier âpre et bien foutu. On le voit ensuite dans « Le soldat » où il incarne un assassin professionnel à la recherche d’armes nucléaires volées et dans « The gladiator », un téléfilm de bonne facture, réalisé par Abel Ferrara, où il joue un brave gars animé par la vengeance. Il apparaît aussi dans quelques téléfilms inspirés du film « Les 12 salopards ».

 

La reconnaissance internationale et la gloire arrivent en 1987. C’est au personnage de Vinnie Terranova, flic infiltré au sein de réseaux criminels, que Ken Wahl doit sa renommée. Pendant 3 ans (1987 – 1990, dates USA) et 63 épisodes, il incarnera ce flic tiraillé entre son devoir de justice et le fait de devoir trahir les criminels qui lui ont accordé sa confiance (à cet égard, le premier segment avec Sonny Steelgrave - brillamment interprété par le regretté Ray Sharkey - reste à ce jour un des meilleurs moment de la série. Le second avec la saga de Mel Proffit, incarné par un tout jeune Kevin Spacey, demeure également de grande qualité).

 

Vinnie, un homme tourmenté qui annonce les grandes séries des années 2000 comme « Les Soprano » ou « Dexter » où les héros apparaissent rempli de failles et ne sont ni tout blancs ni tout noirs. Un personnage réellement attachant auquel l’acteur apporte beaucoup de nuances et même de l’humour malgré la gravité des situations vécues. La série bénéficie aussi d’une qualité d’écriture qui nous montre l’évolution du personnage et de ses proches, comme dans la vie, avec ses hauts, ses bas, ses doutes, ses réussites, ses échecs, …

 

Malheureusement, après 3 ans d’aventures, l’acteur se lasse du personnage (c’est vrai que ce rôle assez sombre a de quoi déprimer) et rentre en conflit avec les producteurs de la série (Stephen J. Cannell, rappelez-vous le type qui tape sur sa machine à écrire à la fin d’une série et qui en tire la feuille qui va s’ajouter à un paquet d’autres, feuille qui se plie pour former le « C » de Cannell productions. C’est aussi lui le « papa » de séries grand public comme « 21 Jump street », « Agence tous risques », « Le rebelle », « Stingray », « Le juge et le pilote », « Riptide », « Les têtes brûlées » pour ne citer que les plus célèbres en Europe).

Malgré le fait qu’il ait gagné un « Gloden Globe » en 1990 comme meilleur acteur dans une série dramatique (prix accordé par la presse étrangère à Hollywood et indice de la popularité d’un acteur aux USA et dans le monde), le comédien claque la porte, visiblement tenté par l’aventure du grand écran.

 

Dès 1991, Ken Wahl se lance dans une série de films plutôt lourdauds comme « La prise de Beverly Hills », sorte de « Piège de cristal » du pauvre ou « The favor », comédie pataude  aux côtés de Brad Pitt et Elizabeth Mc Govern. Pas de quoi « booster » sa carrière au cinéma. Pour ne rien arranger, il a un terrible accident de moto en 1992. Blessé au dos et au cou, il doit subir plusieurs interventions chirurgicales. Rongé par la douleur, l’acteur s’enfonce également dans l’alcoolisme.

En 1996, six ans après l’arrêt d’ « Un flic dans la Mafia », les producteurs lui proposent de reprendre le rôle de Vinnie Terranova dans un téléfilm. Malgré de bonnes critiques, l’audience et le public ne suivent pas et Vinnie retourne dans l’oubli. Retour des ennuis côté privé en étant inculpé par la justice américaine pour avoir violemment rudoyé un barman dans un hôtel à Beverly Hills. L’acteur doit présenter des excuses, payer les dégâts et se désintoxiquer. Pas rose la vie en coulisses.

 

Depuis, l’acteur vit avec sa femme et ses 4 enfants et semble avoir retrouvé la forme. Son retour à l’écran semble plus qu’improbable étant donné qu’il n’a plus rien tourné depuis 1996. Dommage car c’est un gaillard que j’aime bien, une des figures marquantes de la télé des années 90 et il me manque. Pour l’anecdote, il a pris le nom de Ken Wahlis, transformé en Ken Wahl pour que cela sonne plus sec, en hommage à la mémoire de l’homme qui a sauvé son père durant la guerre de Corée. Enfin, dans la version française de la série "Un flic dans la Mafia", c'est Michel Vigné qui apporte tout son talent à la version doublée en français. Je préfère les VO mais là, le doublage est bon.

 

Voir le générique de « UN FLIC DANS LA MAFIA » (WISEGUY, 1987, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

George PEPPARD :

né le 1er octobre 1928  - décédé le 8 mai 1994

George Peppard - tvsquad
(photo : © tvsquad.com)

 

Nom véritable : George William Peppard Jr.

 

Avant de devenir acteur, George Peppard a commencé comme présentateur de nouvelles à la radio. C’est en 1956 qu’il démarre sa carrière au cinéma dans plusieurs films qui connurent un beau succès. Citons « Celui par qui le scandale arrive » (Home from the hill, 1960) où il incarne le fils de Robert Mitchum. Il marque également les esprits dans « Diamants sur canapé » (Breakfast at Tiffany’s, 1961), comédie de Blake Edwards aux côtés d’Audrey Hepburn.

D’autres films grand public se succèdèrent avec le western « La conquête de l’Ouest » en 1962, les films de guerre « Opération Crossbow » (1965) avec Sophia Loren ou encore « Le crépuscule des aigles » (The blue max, 1966) où il est un jeune pilote de chasse allemand durant la guerre 14 -18.

 

Hélâs, la suite de sa carrière au cinéma décline : il tourne des films peu mémorables et devient tout doucement « has been ». Heureusement, la télévision lui fait les yeux doux et il retrouve le succès avec la série policière « Banacek » où, de 1972 à 1974 (17 épisodes), il incarne un enquêteur pour assurances très fier de ses origines polonaises et très doué pour résoudre les affaires les plus mystérieuses. Une série encore très appréciée aujourd’hui par les fans de l’époque : voir générique ci-dessous.

 

A l’arrêt de la série, George Peppard tourne encore plusieurs téléfilms et films, la plupart inconnus en Europe. Côté privé, l’acteur enchaîne aussi les mariages (5 au total, de 1954 à 1994, date de son décès). En 1978, il traverse de sérieux problèmes d’alcoolisme. Pour l’anecdote, c’est lui qui avait d’abord été choisi pour incarner le rôle, finalement dévolu à Steve McQueen, dans le western « Les sept mercenaires ». C’est encore lui qui, en 1981, fut choisi pour incarner Blake Carrington dans la série « Dynastie » mais suite à de profonds désaccords avec la production, fut remplacé par le très classe John Forsythe.

 

En 1982, grâce à son ami Stephen J Cannell, célèbre producteur et scénariste de séries tv qui avait pensé à lui pour le rôle, c’est le grand retour sur le devant de la scène internationale avec « Agence tous risques » (The A-Team, 1983 - 1987). Durant 5 ans et 97 épisodes, il incarnera avec bagout le Colonel John « Hannibal » Smith, ex-vétéran du Vietnam et spécialiste des tactiques militaires (d’où son surnom « Hannibal » en référence au célèbre Général carthaginois, né en 247 avant J.-C. et décédé en 183 de la même ère). Rappelez-vous, à la fin de l’épisode, la phrase préférée de John Smith dit « Hannibal » quand tout s’est déroulé selon ses désirs, était : « J’adore quand un plan se déroule sans accrocs » - « I love when a plan comes together » en version originale).

 

A la tête d’une équipe de justiciers volant au secours de la veuve et de l’orphelin, il partageait la vedette avec l’impressionnant Mr. T (Barracuda), costaud à tête d’iroquois et musclé, encore tout auréolé du succès de « Rocky III – L’œil du tigre » où il cassait la tronche à Stallone.

Si les deux hommes étaient complices à l’écran, il n’en était rien du côté des coulisses, chacun se battant pour avoir le premier rôle. Des heures durant, Peppard et Mr. T se faisaient la gueule, restant dans leur caravane pour des problèmes d’ego et retardant considérablement le tournage. Ce qui avait fait dire, à l’époque, à Dirk Benedict (Fûté) et Dwight Schultz (Looping) : « C’est ça, le showbiz, il faut souvent attendre avant de pouvoir tourner », masquant difficilement leur agacement face aux querelles sans fin de leurs partenaires.

 

A noter qu’une adaptation cinéma a été faite de la série, avec Liam Neeson dans le rôle de Peppard, film dont la sortie est prévue durant l’été 2010 (pour les fans de la camionnette noire à bandes rouge de Barracuda, rassurez-vous, elle tient une place importante dans le film ;-) ) : voir le trailer ci-dessous.

 

A la fin d’ « Agence tous risques », George Peppard consacra la suite de sa vie à aider des personnes souffrant d’alcoolisme comme lui et à apporter son soutien à des organisations de charité. Il fut aussi un membre actif du Parti démocrate et a lutté pour l’abolition des armes à feu. Ironique quand on voit l’usage immodéré fait des armes à feu dans « Agence tous risques ». Comme quoi, faut pas confondre le rôle et l’homme dans la vie.

 

On le vit encore dans « Man against the mob », des téléfilms se passant dans les années 40 où il incarnait un flic pugnace qui affrontait des gangsters. Deux téléfilms ont été tournés et diffusés. Un troisième était prévu mais l’acteur décéda avant de pouvoir le tourner.

En effet, dès 1992, ses médecins détectèrent un cancer du poumon. Après avoir subi une ablation, l’acteur mourut d’une pneumonie, à 66 ans, des suites de complications postopératoires. Souvent cantonné à des rôles d’action, George Peppard laissera le souvenir d’un homme élégant et charismatique, à l’écran comme à la ville.

Dans la version française, c'est le grand comédien de théâtre Dominique Paturel qui prête sa voix à George Peppard avec beaucoup d'humour et de gouaille. Paturel a aussi doublé Lee Majors sur "L'homme qui valait 3 milliards", Larry Hagman (J.R.) dans "Dallas" ou encore Robert Wagner dans "Pour l'amour du risque" (Hart to hart).

Voir le générique de « A-TEAM » (Agence Tous risques, 1983, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

Voir le générique de « BANACEK » (1972) sur « You Tube » :

Voir la bande-annonce de « THE A-TEAM – THE MOVIE » (Agence Tous risques – Le film, 2010, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

 

17:24 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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