17/04/2010

EPISODE 3/3 : ILS ETAIENT BIEN A LA TELE ET Y SONT RESTES…

Années 1980

 

Parmi les figures marquantes du petit écran de ces dernières années, ils sont plusieurs à avoir essayé de passer du petit au grand écran. Certains avec un résultat dépassant toutes leurs espérances, d'autres avec un succès mitigé, d’autres encore se sont totalement plantés. 

Alors pourquoi ne pas rester à la télé ? Pourquoi vouloir plus quand finalement, on ne s’est pas rendus compte qu’on avait déjà beaucoup ?

 

Petit regard tendre et amusé sur les 50 dernières années de la télé américaine et remontée dans le temps en compagnie de figures marquantes pour les enfants de l’après mai 68, comme votre hôte. La liste qui suit ne se veut pas exhaustive et se concentre sur les personnages télé les plus célèbres  depuis 1950.

 

1980 - 1990 :

 

Tom Selleck / Don Johnson / Ken Wahl / George Peppard

 

Tom SELLECK :

 

né le 29 janvier 1945

Tom Selleck - imdb
(photo : © www.imdb.com)

 

 

« JESSE STONE » : 5 téléfilms dont 4 sont sortis en dvd :

 

1)     STONE COLD (2005)

2)     UNE PETITE VILLE TROP TRANQUILLE (NIGHT PASSAGE) (2006)

3)     MEURTRE A PARADISE (DEATH IN PARADISE) (2006)

4)     L’EMPREINTE DU PASSE (SEA CHANGE) (2007)

 

« LAS VEGAS » : 106 épisodes (2003 - 2008) – 5 saisons disponibles en dvd

 

« MAGNUM » : 162 épisodes (1980 – 1988) – 8 saisons disponibles en dvd  

 

Ah, il est sympa le Tom ! Avec sa moustache et son sourire, il donne envie d’être toujours optimiste. Pourtant, la vie d’acteur a plutôt été galère à ses débuts. Les années 70 auront été les années d’apprentissage et de multiples apparitions dans diverses séries connues comme « Mannix », « The FBI », « Les Rues de San Francisco » (avec moustache) et « Drôles de dames » (sans moustache et où il était le petit ami des Kelly incarnée par Jaclyn Smith). Il a même joué dans plusieurs épisodes des « Feux de l’Amour » (The young & the restless) vers 1974 / 75. Quelques films aussi où il fait des apparitions mineures comme « Morts suspectes » (Coma, 1978) avec Geneviève Bujold et Michael Douglas.

 

D’audition en audition, il décroche des rôles, notamment dans des pilotes de séries qui n’iront jamais plus loin comme « Gipsy warriors » (1978) avec James Whitmore, Jr. Après 6 pilotes qui ne débouchent sur rien, le beau Tom comptait jeter l’éponge : « J’en fais encore un et si ça ne marche pas, bye bye Hollywood », avait-il déclaré en 1980. Pendant ces auditions, il a d’ailleurs croisé Don Johnson, le futur Sonny Crockett de « Miami Vice » que Johnson appelait son « copain de galère ».

 

Et puis voilà que Donald P. Bellisario, scénariste et producteur des « Têtes brûlées » lui propose le rôle d’un détective privé à Hawaï : « Magnum ». La suite, on la connaît : 8 saisons de bonheur et de célébrité mondiale avec ce personnage cool et drôle, qui mène ses enquêtes en roulant en Ferrari, vit chez un riche écrivain mais n’a jamais un dollar en poche !

 

Deuxième coup de chance, Steven Spielberg et George Lucas lui proposent le rôle de l’archéologue aventurier Indiana Jones dans « Les aventuriers de l’arche perdue ». Mais les producteurs de « Magnum » ne veulent pas le libérer car les agendas de tournage ne coïncident pas. Conclusion, Tom Selleck retourne enfiler sa chemise à fleurs et loupe sans doute le rôle de sa vie sur grand écran au profit d’Harrison Ford (sur les bonus des dvd d’Indiana Jones, on peut voir l’audition de Tom Selleck qui répète une scène avec Karen Allen et porte le chapeau d’Indy, amusant…).

 

Qu’à cela ne tienne, l’acteur à la moustache se console en tournant « Les aventuriers du bout du monde » (High road to China, 1983), une sorte d’Indiana Jones à lui. Pas terrible. Tout en continuant à tourner « Magnum », on le voit encore dans « Signé Lassiter » (1984) en gentleman cambrioleur, « Runaway » (1984), un thriller de science-fiction et dans « Trois hommes et un bébé », remake US de « Trois hommes et un couffin ».

 

En 1988, épuisé par les longues journées de tournage de « Magnum » dont il était devenu producteur exécutif, il arrête en plein succès et prend un peu de repos. On le revoit dans « Her alibi » (1989), une comédie sans grand intérêt et « Délit d’innocence » (An innocent man, 1989), un honnête drame policier, ainsi que dans la suite de « Trois hommes et un bébé » : « Three man and a little lady ». Bof bof. Il tourne aussi « Quigley down under », un western de bonne facture qui se passe en Australie.

 

Durant les années 90, il se consacre à la production et relance la carrière de son ami Burt Reynoçlds avec la série de téléfilms policiers « B.L. Stryker ». Encore quelques films ici et là comme « Christophe Colomb » (1992) avec Marlon Brando et la comédie sympa « Mr. Baseball » (1992).

 

En 1997, pour se moquer de lui-même, il apparaît sans moustache dans « In & Out », comédie marrante sur les gays dans le rôle d’un journaliste homo et décomplexé. Si sa carrière cinéma n’a pas été un flop, il reste qu’aucun des films de Tom Selleck n’a cartonné, « rentrant simplement dans leurs frais de départ » d’après les dires de l’acteur. Il faut reconnaître qu’il a eu énormément de mal à se dégager du personnage de « Magnum » tant le personnage et l’acteur fonctionnaient en totale symbiose. Pas facile de se dégager d’une telle emprise.

 

En 1998, il décide de faire une nouvelle série télé, une sitcom intitulée « The Closer » mais qui ne marche pas (seulement 10 épisodes). Heureusement pour lui, Tom Selleck a de la suite dans les idées et sait flairer les bonnes séries du moment. C’est ainsi qu’il débarque dans la sitcom « Friends » durant plusieurs épisodes où il joue le rôle du petit ami de Courteney Cox. Toujours friand de westerns, on le voit encore dans le téléfilm « Monte Walsh » en 2003 en cowboy fatigué et triste.

 

Visiblement lassé des films de cinéma, il se consacre essentiellement aux téléfilms et on a pu le voir dans « Ike – Countdown to D –Day » où il interprète de manière épatante le Général Dwight dit « Ike » Eisenhower avant le débarquement en Normandie, crâne rasé et sans moustache. Un caméléon car il fait totalement oublier Magnum.

 

En 2005, il a aussi l’excellente idée d’adapter les romans de Robert B. Parker qui content les aventures de Jesse Stone, ex-flic de Los Angeles qui devient shérif dans une petite ville du Massachusetts, Paradise. Alcoolique, désabusé, seul avec son chien, dépressif ; il livre une excellente prestation dans ces téléfilms qui ont rencontré beaucoup de succès. A ce jour, il en a tourné 6 et 4 sont sortis en dvd. A voir !

 

En parallèle, il continue aussi à travailler sur d’autres séries télé où il apparaît en « guest star » (vedette invitée) comme dans « Boston Justice » dans le rôle d’Ivan, un personnage aux antipodes de tout ce qu’il a joué et dans « Las Vegas » où il a remplacé James Caan au pied levé suite au départ de ce dernier. Un rôle de milliardaire taciturne dans lequel il ne semblait pas trop à son aise. La série n’a pas survécu au départ de Caan et Selleck n’y sera apparu que le temps de 19 épisodes. Il vient de refuser de faire une apparition dans le film tiré de « Magnum » qui devrait sortir en 2011.

 

Côté privé, l’acteur partage la vie de Jillie Mack, jolie actrice rencontrée sur le tournage d’un épisode de Magnum et avec qui il a eu une fille, Hannah. Enfin, c’est un républicain convaincu qui a soutenu les campagnes de réélection de Ronald Reagan en 1984 et de George Bush fils en 2004. Il a aussi soutenu John McCain en 2008 contre Obama. Enfin, après la mort de son ami Charlton Heston, il est devenu le Président de la NRA (National Rifle Association) qui défend notamment le droit de porter une arme à feu.

Pour ma part, je préfère l’acteur à l’homme et me délecte de revoir « Magnum » et « Jesse Stone ». C’est déjà ça.

Côté version française, soulignons l'excellent travail de Francis Lax sur la voix de Tom Selleck dans "Magnum", apportant humour et dérision. Un doublage en français de qualité. Lax avait déjà doublé David Soul, le blond sur "Starsky & Hutch" et Dwight Schultz, Looping le dingue sur "Agence tous risques".

 

Voir le générique de « MAGNUM » (1980) sur « You Tube » :

 

 

Don JOHNSON :

né le 15 décembre 1949

 

 

Don Johnson - contactmusic
(photo : © contactmusic.com)

 

 

« NASH BRIDGES » : 122 épisodes (1996 – 2001).

Saisons 1 à 3 disponibles en dvd à la vente aux USA, pas de date de sortie annoncée en Europe.

 

« MIAMI VICE » (DEUX FLICS A MIAMI) :

111 épisodes (1984 – 1990). Saisons 1 à 5 disponibles en dvd à la vente.

 

Avant de devenir le superflic Sonny Crockett qui chassait les dealers et autres trafiquants dans « Miami Vice », Don Johnson avait déjà une carrière bien remplie dans diverses séries et téléfilms comme « Kung Fu » (tout jeune en indien à la voix douce), « Les rues de San Francisco », « Matt Houston », « Police Story », « Huit ça suffit », … En 1980, il joue aussi dans « Tant qu’il y aura des hommes » (From here to eternity), une adaptation en série du film et où il reprend le rôle de Montgomery Clift, aux côtés de Kim Basinger et Roy Thinnes.

 

Et pourtant, sa carrière ne décolle pas, rien qui en fasse vraiment une star même s’il défraye la chronique « people » de l’époque avec Mélanie Griffith, sa femme, actrice et fille de Tippi Hedren (« Les oiseaux » d’Alfred Hitchcock). Alcool, drogues dures, soirées festives jusqu’à l’aube ; l’acteur s’enfonce dans les vices d’Hollywood. Un divorce avec Mélanie et puis, il rencontre Patti d’Arbanville, jolie blonde à fort tempérament avec qui il a un fils, Jesse, né en 1982. La paternité lui fait prendre conscience qu’il vaut mieux arrêter de faire l’imbécile et il se reprend en main.

 

Autant dire que l’équipe de « Miami Vice » n’était pas vraiment ravie de le voir arriver sur le tournage de la série qui allait devenir le symbole des années 80 : il avait déjà fait 6 pilotes qui n’avaient débouché sur rien et Michael Mann, producteur de la série, n’en voulait pas. Mann préférait Gary Cole, futur « Jack Killian, l’homme au micro » mais cet acteur ne voulait pas se coincer dans une série aux horaires de travail exigeants (pour l’anecdote, on voit Gary Cole dans un épisode de la 2ème saison de « Miami Vice »).

 

Soupçonné par l’équipe technique d’apporter la poisse à « Miami Vice » qui va faire un flop au vu du passé de l'acteur, Johnson se lance à cœur perdu dans la peau de ce flic ancien du Vietnam qui traque les trafiquants de drogue dans le Miami superficiel des années 80. Un rôle plutôt sombre et désabusé qui lui vaudra, à l’époque, de gagner le Golden Globe du meilleur acteur. Comme quoi, les malédictions ne se réalisent pas nécessairement...

 

L'acteur chante aussi puisqu'en 1987, il rencontre un succès international avec son album de rock « Heartbeat », bien classé dans les charts. Un deuxième album, « Tell it like it is », sortira en 1989 mais ne rencontrera pas le même succès.

 

Après 5 ans et 111 épisodes de « Miami Vice », Don Johnson souhaite se consacrer au cinéma, pensant que les portes lui sont grandes ouvertes. Hélâs pour lui, le public américain et international ne le suit pas dans les salles obscures. Dommage car il avait plutôt bien commencé avec « Dead bang » (1989), excellent polar, brutal et nerveux. Même chose avec « Hot spot » (1990), son film suivant réalisé par Dennis Hopper. Chaleur moite, femme fatale et polar bien emballé font de ce film un bon moment de cinéma.

 

Malheureusement pour lui, le rôle de Sonny Crockett lui colle à la peau et il peine à faire oublier le flic bellâtre qui porte une Rolex et roule en Ferrari. Il commet ensuite l’erreur de tourner dans « Harley Davidson & the Marlboro Man » avec un Mickey Rourke bouffi et lifté. Un très mauvais film d’action à l’humour lourdaud mais qui passe si on le regarde au 36ème degré. Premier gros flop ciné pour Don Johnson.

 

La suite ne sera pas à la hauteur de ses attentes. Après un remariage très médiatisé avec Mélanie Griffith, il tourne avec elle dans « Paradise » (1993), remake américain du « Grand chemin » avec Anémone et Richard Bohringer. Bide. Ensuite, c’est « Born Yesterday », toujours en 1993 et avec sa chère et tendre. Là aussi, reflop. Idem pour « Guilty as sin » du pourtant bon Sydney Lumet, réalisateur de « Douze hommes en colère ».

 

Déçu et aigri, l’acteur retombe dans ses vieux démons et doit aller se faire soigner au Betty Ford Center, centre de désintoxication réservé aux accros à l’alcool et aux drogues dures. En 1996, on le voit dans « Tin cup », comédie sympa mais lourdingue sur les compétitions de golf face à Kevin Costner. Don Johnson y apparaît en forme dans le rôle d’un salaud, Costner se réservant le beau rôle.

 

Constatant que sa carrière cinéma ne sera jamais ce qu’il espère, Don Johnson revient à la recette qui a fait son succès, à savoir un rôle de flic. Durant 5 ans, il sera le Capitaine Nash Bridges de la Police de San Francisco dans la série policière « Nash Bridges » (créée par Carlton Cuse, producteur de « Lost »). Une série où humour et action se mélangent pour le plaisir du spectateur qui y trouve son compte de détente et de fusillades.

 

Nash Bridges est une sorte de décalque de Sonny Crockett, l’humour en plus ici, aspect qui faisait cruellement défaut à « Miami Vice ». En 2006, Michael Mann a réalisé le film « Miami Vice », adapté d’après la série et dans lequel Don Johnson n’apparaît pas. Pas terrible.

 

Après l'arrêt de la série, Don Johnson a tourné dans plusieurs téléfilms comme « Word of honor » en 2003 où il campait avec beaucoup de conviction un ancien soldat du Vietnam, injustement accusé d’un massacre de villageois vietnamiens. Il a aussi joué dans une série judiciaire « Just legal » en 2005 qui n’a pas marché. Depuis, il enchaîne films mineurs et téléfilms. Rien de marquant. Côté "politic meet people", il est passé en Belgique dire coucou en 2004, posant aux côtés de Daniel Ducarme, alors Ministre-Président du Gouvernement régional de Bruxelles.

Dans la version française de "Miami Vice" et "Nash Bridges", rendons hommage au formidable travail de Patrick Poivey qui apporte beaucoup d'humour au jeu de Don Johnson. Un acteur de doublage très talentueux qui a aussi doublé Bruce Willis sur "Clair de Lune" et dans la plupart de ses films ainsi que Joe Penny sur la série "La loi est la loi" (Jake & the Fatman).

 

Un acteur quelque peu frustré de ne pas avoir vu ses aspirations cinématographiques réalisées. Qu’à cela ne tienne, Sonny Crockett et Nash Bridges lui vont très bien et on ne se lasse pas de les revoir.

 

Voir le générique de « MIAMI VICE » (1984) sur « You Tube » :

 

Voir le début d’un épisode de « NASH BRIDGES »
(Saison 1 (1996) "Skirt Chasers", en VO NON sous-titrée) sur « You Tube » :

 

Ken WAHL :

né le 31 octobre 1954

Ken Wahl - sell
(photo : sell.com)

 Vrai nom : Anthony Calzaretta. Surnom dans la vie : « Tony »

 

Vous rêvez de devenir une star de séries télé ? La gloire, l’argent, le succès ? Vous allez plutôt déchanter à la lecture de ce qui suit. Belle gueule, beau gosse, talentueux, charismatique, possédant un magnétisme certain ; Ken Wahl avait plutôt bien commencé sa carrière. Lassé par l’école, il plaque tout et part tenter sa chance à Hollywood. Très vite, après des petits boulots, il est remarqué par le réalisateur Philip Kaufman (« L’étoffe des héros », « Soleil levant ») qui lui offre son premier grand rôle au cinéma dans « Les seigneurs » (The wanderers, 1979), un bon film dramatique sur des bandes de jeunes dans les années 50.

 

Les rôles s’enchaînent avec une belle régularité. En 1981, il joue le coéquipier flic de Paul Newman dans « Fort apache – The Bronx », un film policier âpre et bien foutu. On le voit ensuite dans « Le soldat » où il incarne un assassin professionnel à la recherche d’armes nucléaires volées et dans « The gladiator », un téléfilm de bonne facture, réalisé par Abel Ferrara, où il joue un brave gars animé par la vengeance. Il apparaît aussi dans quelques téléfilms inspirés du film « Les 12 salopards ».

 

La reconnaissance internationale et la gloire arrivent en 1987. C’est au personnage de Vinnie Terranova, flic infiltré au sein de réseaux criminels, que Ken Wahl doit sa renommée. Pendant 3 ans (1987 – 1990, dates USA) et 63 épisodes, il incarnera ce flic tiraillé entre son devoir de justice et le fait de devoir trahir les criminels qui lui ont accordé sa confiance (à cet égard, le premier segment avec Sonny Steelgrave - brillamment interprété par le regretté Ray Sharkey - reste à ce jour un des meilleurs moment de la série. Le second avec la saga de Mel Proffit, incarné par un tout jeune Kevin Spacey, demeure également de grande qualité).

 

Vinnie, un homme tourmenté qui annonce les grandes séries des années 2000 comme « Les Soprano » ou « Dexter » où les héros apparaissent rempli de failles et ne sont ni tout blancs ni tout noirs. Un personnage réellement attachant auquel l’acteur apporte beaucoup de nuances et même de l’humour malgré la gravité des situations vécues. La série bénéficie aussi d’une qualité d’écriture qui nous montre l’évolution du personnage et de ses proches, comme dans la vie, avec ses hauts, ses bas, ses doutes, ses réussites, ses échecs, …

 

Malheureusement, après 3 ans d’aventures, l’acteur se lasse du personnage (c’est vrai que ce rôle assez sombre a de quoi déprimer) et rentre en conflit avec les producteurs de la série (Stephen J. Cannell, rappelez-vous le type qui tape sur sa machine à écrire à la fin d’une série et qui en tire la feuille qui va s’ajouter à un paquet d’autres, feuille qui se plie pour former le « C » de Cannell productions. C’est aussi lui le « papa » de séries grand public comme « 21 Jump street », « Agence tous risques », « Le rebelle », « Stingray », « Le juge et le pilote », « Riptide », « Les têtes brûlées » pour ne citer que les plus célèbres en Europe).

Malgré le fait qu’il ait gagné un « Gloden Globe » en 1990 comme meilleur acteur dans une série dramatique (prix accordé par la presse étrangère à Hollywood et indice de la popularité d’un acteur aux USA et dans le monde), le comédien claque la porte, visiblement tenté par l’aventure du grand écran.

 

Dès 1991, Ken Wahl se lance dans une série de films plutôt lourdauds comme « La prise de Beverly Hills », sorte de « Piège de cristal » du pauvre ou « The favor », comédie pataude  aux côtés de Brad Pitt et Elizabeth Mc Govern. Pas de quoi « booster » sa carrière au cinéma. Pour ne rien arranger, il a un terrible accident de moto en 1992. Blessé au dos et au cou, il doit subir plusieurs interventions chirurgicales. Rongé par la douleur, l’acteur s’enfonce également dans l’alcoolisme.

En 1996, six ans après l’arrêt d’ « Un flic dans la Mafia », les producteurs lui proposent de reprendre le rôle de Vinnie Terranova dans un téléfilm. Malgré de bonnes critiques, l’audience et le public ne suivent pas et Vinnie retourne dans l’oubli. Retour des ennuis côté privé en étant inculpé par la justice américaine pour avoir violemment rudoyé un barman dans un hôtel à Beverly Hills. L’acteur doit présenter des excuses, payer les dégâts et se désintoxiquer. Pas rose la vie en coulisses.

 

Depuis, l’acteur vit avec sa femme et ses 4 enfants et semble avoir retrouvé la forme. Son retour à l’écran semble plus qu’improbable étant donné qu’il n’a plus rien tourné depuis 1996. Dommage car c’est un gaillard que j’aime bien, une des figures marquantes de la télé des années 90 et il me manque. Pour l’anecdote, il a pris le nom de Ken Wahlis, transformé en Ken Wahl pour que cela sonne plus sec, en hommage à la mémoire de l’homme qui a sauvé son père durant la guerre de Corée. Enfin, dans la version française de la série "Un flic dans la Mafia", c'est Michel Vigné qui apporte tout son talent à la version doublée en français. Je préfère les VO mais là, le doublage est bon.

 

Voir le générique de « UN FLIC DANS LA MAFIA » (WISEGUY, 1987, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

George PEPPARD :

né le 1er octobre 1928  - décédé le 8 mai 1994

George Peppard - tvsquad
(photo : © tvsquad.com)

 

Nom véritable : George William Peppard Jr.

 

Avant de devenir acteur, George Peppard a commencé comme présentateur de nouvelles à la radio. C’est en 1956 qu’il démarre sa carrière au cinéma dans plusieurs films qui connurent un beau succès. Citons « Celui par qui le scandale arrive » (Home from the hill, 1960) où il incarne le fils de Robert Mitchum. Il marque également les esprits dans « Diamants sur canapé » (Breakfast at Tiffany’s, 1961), comédie de Blake Edwards aux côtés d’Audrey Hepburn.

D’autres films grand public se succèdèrent avec le western « La conquête de l’Ouest » en 1962, les films de guerre « Opération Crossbow » (1965) avec Sophia Loren ou encore « Le crépuscule des aigles » (The blue max, 1966) où il est un jeune pilote de chasse allemand durant la guerre 14 -18.

 

Hélâs, la suite de sa carrière au cinéma décline : il tourne des films peu mémorables et devient tout doucement « has been ». Heureusement, la télévision lui fait les yeux doux et il retrouve le succès avec la série policière « Banacek » où, de 1972 à 1974 (17 épisodes), il incarne un enquêteur pour assurances très fier de ses origines polonaises et très doué pour résoudre les affaires les plus mystérieuses. Une série encore très appréciée aujourd’hui par les fans de l’époque : voir générique ci-dessous.

 

A l’arrêt de la série, George Peppard tourne encore plusieurs téléfilms et films, la plupart inconnus en Europe. Côté privé, l’acteur enchaîne aussi les mariages (5 au total, de 1954 à 1994, date de son décès). En 1978, il traverse de sérieux problèmes d’alcoolisme. Pour l’anecdote, c’est lui qui avait d’abord été choisi pour incarner le rôle, finalement dévolu à Steve McQueen, dans le western « Les sept mercenaires ». C’est encore lui qui, en 1981, fut choisi pour incarner Blake Carrington dans la série « Dynastie » mais suite à de profonds désaccords avec la production, fut remplacé par le très classe John Forsythe.

 

En 1982, grâce à son ami Stephen J Cannell, célèbre producteur et scénariste de séries tv qui avait pensé à lui pour le rôle, c’est le grand retour sur le devant de la scène internationale avec « Agence tous risques » (The A-Team, 1983 - 1987). Durant 5 ans et 97 épisodes, il incarnera avec bagout le Colonel John « Hannibal » Smith, ex-vétéran du Vietnam et spécialiste des tactiques militaires (d’où son surnom « Hannibal » en référence au célèbre Général carthaginois, né en 247 avant J.-C. et décédé en 183 de la même ère). Rappelez-vous, à la fin de l’épisode, la phrase préférée de John Smith dit « Hannibal » quand tout s’est déroulé selon ses désirs, était : « J’adore quand un plan se déroule sans accrocs » - « I love when a plan comes together » en version originale).

 

A la tête d’une équipe de justiciers volant au secours de la veuve et de l’orphelin, il partageait la vedette avec l’impressionnant Mr. T (Barracuda), costaud à tête d’iroquois et musclé, encore tout auréolé du succès de « Rocky III – L’œil du tigre » où il cassait la tronche à Stallone.

Si les deux hommes étaient complices à l’écran, il n’en était rien du côté des coulisses, chacun se battant pour avoir le premier rôle. Des heures durant, Peppard et Mr. T se faisaient la gueule, restant dans leur caravane pour des problèmes d’ego et retardant considérablement le tournage. Ce qui avait fait dire, à l’époque, à Dirk Benedict (Fûté) et Dwight Schultz (Looping) : « C’est ça, le showbiz, il faut souvent attendre avant de pouvoir tourner », masquant difficilement leur agacement face aux querelles sans fin de leurs partenaires.

 

A noter qu’une adaptation cinéma a été faite de la série, avec Liam Neeson dans le rôle de Peppard, film dont la sortie est prévue durant l’été 2010 (pour les fans de la camionnette noire à bandes rouge de Barracuda, rassurez-vous, elle tient une place importante dans le film ;-) ) : voir le trailer ci-dessous.

 

A la fin d’ « Agence tous risques », George Peppard consacra la suite de sa vie à aider des personnes souffrant d’alcoolisme comme lui et à apporter son soutien à des organisations de charité. Il fut aussi un membre actif du Parti démocrate et a lutté pour l’abolition des armes à feu. Ironique quand on voit l’usage immodéré fait des armes à feu dans « Agence tous risques ». Comme quoi, faut pas confondre le rôle et l’homme dans la vie.

 

On le vit encore dans « Man against the mob », des téléfilms se passant dans les années 40 où il incarnait un flic pugnace qui affrontait des gangsters. Deux téléfilms ont été tournés et diffusés. Un troisième était prévu mais l’acteur décéda avant de pouvoir le tourner.

En effet, dès 1992, ses médecins détectèrent un cancer du poumon. Après avoir subi une ablation, l’acteur mourut d’une pneumonie, à 66 ans, des suites de complications postopératoires. Souvent cantonné à des rôles d’action, George Peppard laissera le souvenir d’un homme élégant et charismatique, à l’écran comme à la ville.

Dans la version française, c'est le grand comédien de théâtre Dominique Paturel qui prête sa voix à George Peppard avec beaucoup d'humour et de gouaille. Paturel a aussi doublé Lee Majors sur "L'homme qui valait 3 milliards", Larry Hagman (J.R.) dans "Dallas" ou encore Robert Wagner dans "Pour l'amour du risque" (Hart to hart).

Voir le générique de « A-TEAM » (Agence Tous risques, 1983, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

Voir le générique de « BANACEK » (1972) sur « You Tube » :

Voir la bande-annonce de « THE A-TEAM – THE MOVIE » (Agence Tous risques – Le film, 2010, en VO non sous-titrée) sur « You Tube » :

 

17:24 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/04/2010

EPISODE 2/3 : ILS ETAIENT BIEN A LA TELE ET Y SONT RESTES…

Années 1970

Parmi les figures marquantes du petit écran de ces dernières années, ils sont plusieurs à avoir essayé de passer du petit au grand écran. Certains avec un résultat mitigé, d’autres se sont plantés. Alors, finalement pourquoi ne pas rester à la télé ? Pourquoi vouloir plus quand on ne s’est pas rendus compte qu’on avait déjà beaucoup ?

Petit regard tendre et amusé sur les 50 dernières années de la télé américaine et remontée dans le temps en compagnie de figures marquantes pour les enfants de l’après mai 68, comme votre hôte. La liste qui suit ne se veut pas exhaustive et se concentre sur les personnages télé les plus célèbres des 50 dernières années. S’il y a un oubli, il serait bien involontaire.

 

1970 - 1980 :

  1. Lee Majors (Steve Austin / Colt Seavers)
  2. Farrah Fawcett (Jill Munroe)
  3. Paul Michael Glaser (Starsky)
  4. David Soul (Hutch)
  5. Peter Falk (Columbo)
  6. Telly Savalas (Kokak)
  7. William Conrad (Cannon / J.L. « Fatman » McCabe)

 

Lee MAJORS :

né le 23 avril 1935 (d’autres sources affirment 1939…) 

Lee Majors - imdb

(photo : © www.imdb.com)

« L’HOMME QUI TOMBE A PIC » (THE FALL GUY) : 112 épisodes (1981 - 1986). Pas disponible en dvd en Europe.

« L’HOMME QUI VALAIT 3 MILLIARDS » (THE SIX MILLION DOLLAR MAN) : 3 téléfilms de 90 minutes et 98 épisodes (1973 - 1978). Disponible en dvd à la vente.

De son vrai nom Harvey Lee Yeary – le pseudonyme « Majors » évoquant la puissance des majors, les fameuses compagnies cinématographiques hollywoodiennes comme la MGM, la Warner, … –, Lee Majors, c’est vraiment le routier des séries par excellence, ayant connu la gloire avec plusieurs « shows » très populaires dans le monde entier. D’abord avec « La grande vallée » (1965 - 1969, 112 épisodes), série western familiale où il apprit le métier aux côtés de Linda Evans (« Dynastie »). A l’arrêt de cette série, il galère un peu dans divers téléfilms et séries peu mémorables.

En 1973, c’est la consécration avec « L’homme qui valait 3 milliards » dans le rôle du Colonel Steve Austin, astronaute victime d’un accident et qui est reconstitué grâce aux miracles technologiques de la bionique. « Plus fort, plus rapide, plus résistant que les autres » comme le disait le générique, le super agent secret affrontera espions et monstres en tous genres durant 5 saisons. A l’écran, il rencontrera l’amour en la personne de « Super Jaimie », femme bionique comme lui et personnage créé pour relancer sa série, menacée d’annulation après 2 saisons.

A la même époque, Lee Majors fait aussi beaucoup parler de lui dans la vie « people » des années 70 avec Farrah Fawcett, sa femme, autre vedette de la télé dans la série « Drôles de dames ». Le couple divorça en 1982, celle-ci le quittant pour Ryan O’Neal.

Repos bien mérité de 1978 à 1980 et puis à nouveau jackpot, en 1981, avec le rôle de Colt Seavers, cascadeur d’Hollywood et chasseur de primes à l’humour caustique durant 5 saisons. En 1986, il se fait plus discret. Il faut attendre 1990 pour le revoir, aux côtés de son fils Lee Jr., dans l’excellente série « Tour of Duty » (L’enfer du devoir / Commando Vietnam) où il campe avec brio un vieux vétéran désabusé.

Traversant une crise personnelle marquée par des déboires conjugaux, l’acteur s’enfonce dans l’alcool et revient, bouffi, dans « Raven », série d’arts martiaux et d’espionnage qui n’aura duré que 2 saisons et où il incarnait, avec beaucoup d’auto-dérision, Herman « Ski » Jablonski, vieux privé bavard et adepte de la boisson. Les héros sont fatigués, Steve Austin est bien loin…

Côté cinéma, rien de vraiment marquant, hormis le western « Will Penny le solitaire » (1968) aux côtés de Charlton Heston et « Des nerfs d’acier » (1978) avec Jennifer O’Neill. Est-ce que Lee Majors voulait vraiment percer au cinéma ? Pas sûr. Il gagnait très bien sa vie (50.000 $ par semaine pour 1 épisode de Steve Austin) et jouissait d’une renommée fabuleuse sur petit écran qu’il confirma par la suite.

Ces dernières années, on peut encore le voir, ici et là, dans des séries très regardées comme « Walker Texas Ranger », « Cold case » ou « Weeds ». Il joua même Dieu dans la sitcom « According to Jim » aux côtés du comique Jim Belushi. Une preuve de plus que Lee Majors est sans doute plus subtil que son image ne pourrait le laisser croire : il aime se moquer de lui-même et jouer avec son image, riant de son côté quelque peu « has been ».

Cela dit, côté privé, les quelques fois où il daigne se montrer en public, il apparaît méchamment lifté (voyez la pub pour un 4X4 qu’il a faite voici 5 ans en parodiant « L’homme qui tombe à pic »). Dommage mais à Hollywood, seule compte l’apparence… Et les divergences sur l’année de sa naissance abondent, comme pour Robert Conrad (1929 ou 1935 ?). Ah quand il faut paraître toujours jeune !

Plus que tout autre acteur des années 70, Lee Majors incarne une certaine image de l’Amérique avec des valeurs fortes distillées au fil de ses séries : honneur, courage, bravoure et amitié. Autant de valeurs qui auront marqué pas mal d’enfants des années 70, se souvenant avec nostalgie du fameux bruit bionique que faisait Steve lorsqu’il utilisait sa super force et de la musique du générique, inoubliable, composée par Oliver Nelson. Un héros qui aura marqué nos jeunes années.

1) Voir le générique de « THE FALL GUY » (L’homme qui tombe à pic), chanté – en VO – par LEE MAJORS lui-même (1980) sur « You Tube » : cliquez ici

 

2) Voir le générique de « THE SIX MILLION DOLLAR MAN » (L’homme qui valait 3 milliards - 1975 - VO NON sous-titrée) sur « You Tube » :

 

 

3) Voir le générique de « THE BIG VALLEY » (1965) sur « You Tube » :

 

 

Farrah FAWCETT :

 

née le 2 février 1947 - décédée le 25 juin 2009 (cancer)

Farrah Fawcett - imdb

(photo : © www.imdb.com)

 

« DROLES DE DAMES » (CHARLIE’S ANGELS) : 29 épisodes sur les 110 épisodes (1976 – 1981) : 5 saisons. Disponible en dvd à la vente (saisons 1 à 3).

Surtout connue pour avoir été la femme dans la vie de Lee Majors avec qui elle joua dans plusieurs épisodes de « L’homme qui valait 3 milliards » et pour son rôle de détective privée dans « Drôles de dames », Farrah Fawcett ne connut jamais la carrière cinéma qu’elle espérait. Révélée par Claude Lelouch en 1969 dans le film « Un homme qui me plaît », l’actrice rencontra Lee Majors en 1971 et leur union dura jusqu’en 1983.

Très influent en coulisses, les observateurs de l’époque prétendent que son mari imposa sa femme au producteur Aaron Spelling dans « Drôles de dames ». Qu’importe, la série fit d’elle une star mondiale et affolait la gent masculine de l’époque parce qu’aucune des actrices ne portait de soutien-gorge ! Des cols roulés et des maillots serrés laissant apparaître des têtons pointus, il ne faut pas grand-chose pour exciter un homme…

Pourtant, lassée par le rythme infernal de tournage des épisodes et ayant sans doute attrapé la grosse tête, Farrah claqua la porte de la série au bout de seulement une saison. Pensant que le cinéma l’attendait, elle tenta le passage du petit au grand écran mais échoua, accumulant bides et côté privé, galères sentimentales (rupture et remise ensemble à répétition avec Ryan O’Neal, l’homme de sa vie mais qu’elle n’épousa jamais).

Peu de films intéressants à son actif : « Le prédicateur » (1997) de et avec Robert Duvall et un gros succès commercial avec « L’équipée du Cannonball » (1978), surtout dû à la présence de Burt Reynolds, superstar du moment au cinéma. On l’a encore vue dans le très moyen « Docteur T et les femmes » (2000) de Robert Altman, aux côtés de Richard Gere.

Ces dernières années, la belle blonde est revenue sur les plateaux télé dans « Ally McBeal » et « Spin City ». Luttant contre un cancer déclaré, l’actrice a perdu sa bataille le 25 juin 2009, le même jour que Michael Jackson. Face à la mort ultra-médiatisée de ce dernier, la presse a, sans doute inconsciemment, éclipsé celle de l’ex-« Drôle de dame », également oubliée dans le palmarès de ceux qui nous ont quitté lors de la dernière cérémonie des Oscars, au grand dam de Ryan O’Neal. Pas de chance jusqu’au bout.

Voir le générique de « CHARLIE’S ANGELS » (Drôles de dames – 1976) sur « You Tube »

 

Paul Michael GLASER :

né le 25 mars 1943

PM Glaser - netglimse

(photo : © netglimse.com)


« STARSKY & HUTCH » : 89 épisodes (1975 à 1979) – Disponible en dvd à la vente

Révélé par le réalisateur Norman Jewison (« L’Affaire Thomas Crown » avec Steve McQueen, « FIST » avec Stallone, ...) qui lui offre un petit rôle dans « Un violon sur le toit » (Fiddler on the Roof, 1971), Paul Michael Glaser perce assez rapidement à Hollywood, à 32 ans. Pendant 3 ans, de 1972 à 1975, il apparaît dans plusieurs séries très cotées comme « Les Rues de San Francisco », « Cannon », « Kojak », …

En 1975, les producteurs de télévision Aaron Spelling et Leonard Goldberg (« La croisière s’amuse », « Drôles de dames », « Beverly Hills », …) lui proposent le rôle du détective David Starsky, coéquipier de Ken Hutchinson dans la police de Los Angeles. Le duo deviendra mondialement célèbre avec « Starsky & Hutch », série qualifiée par les critiques de l’époque comme une des « plus violentes du petit écran ». Ce qui explique pourquoi les saisons 3 et 4 font la part belle à l’exotisme et sont de moindre qualité alors que les saisons 1 et 2 possédaient un côté polar très dur, plus proche de « L’Inspecteur Harry » que de « L’île fantastique ».

Fatigué par les cadences infernales de tournage des épisodes, Glaser, comme son partenaire à l’écran David Soul, ont des prétentions cinématographiques et veulent percer sur grand écran. Las ! Tellement marqués par leurs personnages de flics, le miracle n’eut pas lieu. Glaser apparut dans quelques rares films, peu marquants comme Phobia » (1980) et plus récemment « Tout peut arriver » (Something’s Gotta Give, 2003), comédie avec Jack Nicholson et Keanu Reeves.

Pour compenser, il s’est reconverti dans la réalisation, surtout télé, en se faisant la main sur plusieurs épisodes de « Starsky & Hutch ». On lui doit, en 1985, quelques bons épisodes de « Miami Vice » avec Don Johnson et le film « The Running Man » avec Arnold Schwarzenegger, remake à la sauce science-fiction du « Prix du Danger » (1983) avec Gérard Lanvin.

Plus récemment, il a réalisé d’autres épisodes de séries comme « Las Vegas » (dont un, hilarant, avec Sly Stallone). On le revoit de nouveau plus comme acteur dans plusieurs séries populaires du moment comme « Esprits criminels », « The Closer », « The Mentalist », « Numbers », … Notons qu’il a fait un clin d’œil, dans son propre rôle, dans « Starsky & Hutch – Le film », comédie  lamentable avec Ben Stiller.

Côté vie privée, l’acteur n’a pas vraiment eu une vie heureuse. Sa femme Elisabeth a connu des difficultés lors de l’accouchement de leur premier enfant en 1981. Durant l’opération, elle a reçu du sang infecté par le SIDA et est décédée 14 ans plus tard, ainsi qu’un de leurs deux enfants. Paul Michael Glaser s'est ensuite remarié et a divorcé. Une personnalité discrète et digne.

Voir le générique de « STARSKY & HUTCH » sur « You Tube »

 

David SOUL :

né le 28 août 1943

David Soul - movie-gazette

(photo : © movie-gazette.com)

 

« STARSKY & HUTCH » : 89 épisodes (1975 à 1979). Disponible en dvd à la vente

Tout comme Paul Michael Glaser, son comparse à l’écran et ami de toujours, David Soul (de son vrai nom David Solberg) a démarré dans plusieurs séries célèbres des années 60 et 70 comme « Flipper », « Gunsmoke », « Les Rues de San Francisco », « Cannon », « The FBI », … En 1973, il décroche un second rôle aux côtés de Clint Eastwood dans « Magnum Force », le 2ème film de la série des Inspecteur Harry. Un rôle de flic justicier plutôt salaud. Et puis c’est la révélation en 1975 avec « Starsky & Hutch », série policière ultra-populaire dans le monde entier jusqu’en 1979, date de son arrêt.

Très attiré par le cinéma, David Soul devra se rendre rapidement à l’évidence : l’ombre de Hutch, son personnage de flic blond lui colle irrémédiablement à la peau. Difficile de s’en détacher. La suite de sa carrière confirma qu’il avait sa place à la télévision avec quelques téléfilms de bonne facture comme les « Les vampires de Salem » (1979), « La 3ème guerre mondiale » (1985) avec Rock Hudson, « Le 5ème missile » (1986) avec Robert Conrad, … On le voit encore, ici et là, dans quelques bonnes séries de ces vingt dernières années comme « Arabesque », « La loi est la loi », … Il a même joué dans un épisode de « Le juge est une femme », série policière française.

Comme Paul Michael Glaser, Soul est aussi passé derrière la caméra et a réalisé quelques épisodes de bonnes séries policières : « Rick Hunter, Inspecteur choc », « Miami Vice », « Crime story », … Une carrière jalonnée par des rôles de flics ou d’infâmes salopard,s rôles dans lesquels il apporte une ambiguïté et une présence plutôt inquiétantes (rappelons-nous de son rôle dans « Nom de code : Rebecca », téléfilm de 1985, où il était vraiment flippant dans le rôle d'Alex Wolfe, espion nazi qui égorgeait ses victimes plus vite que son ombre).

Ces dernières années, il a joué dans des productions télé plutôt mineures et toujours fidèle à la série qu’il l’a rendu célèbre, a accepté de faire une apparition clin d’œil dans le film adapté de « Starsky & Hutch ».

Enfin, c’est aussi un musicien et un chanteur reconnu qui a rencontré plusieurs succès au début des années 80 avec  plusieurs albums et des hits comme "Silver Lady" et "Don't Give Up on Us Baby".

Côté cœur, c’est plutôt dur dur, avec pas moins de 4 divorces mais le bonheur d’être le père de 6 enfants. Soul s’implique aussi activement dans plusieurs causes à caractère social comme la faim dans le monde, l’éducation aux dangers du SIDA, le bien-être animal, … pour lesquelles il récolte encore régulièrement des fonds. Un homme au parcours chaotique mais un homme sympa et ouvert.

Voir le générique en français de « STARSKY & HUTCH » sur « You Tube »

Peter FALK :

né le 16septembre 1927

Peter Falk - imdb

(photo : © www.imdb.com)

 

« COLUMBO » : 68 épisodes de 90 minutes tournés de  1968 à 1978 (7 saisons) et de 1989 à 1995 (7 saisons). Intégrale disponible en dvd.

Etonnant parcours que celui de Peter Falk qui était diplômé en sciences politiques et licencié en administration publique avant de se lancer comme acteur. Durant sa jeunesse, il a même travaillé comme expert en finances pour l’administration du Connecticut. Et puis, révélation ! Le virus de la comédie l’a atteint et ne l’a plus quitté. Engagé dans une troupe de théâtre, il fait ses débuts au cinéma en 1958 dans « La forêt interdite » de Nicholas Ray (réalisateur de « La fureur de vivre » avec James Dean en 1955).

Aux débuts des années 60, il joue un méchant dans la série « Les incorruptibles » et enchaîne films et séries avec une belle régularité. Parmi les films marquants de sa carrière, citons notamment : « Un monde fou fou fou fou » (1963) de Stanley Kramer, « La grande course autour du monde » (1965) de Blake Edwards avec Jack Lemmon et Tony Curtis, « Un château en enfer » (1969) de Sydney Pollack, étrange film de guerre avec Burt Lancaster et aussi « La bataille pour Anzio » avec Robert Mitchum en 1968.

C’est également en 1968 qu’il tourne le premier téléfilm de « Columbo » où il incarne un lieutenant de police criminelle très perspicace qui démasque les assassins en jouant avec eux au jeu du chat et de la souris. Son imperméable crasseux, sa vieille Peugeot 403 pourrie, ses cheveux mal coiffés, ses cigares, sa femme dont il parle souvent mais qu’on ne voit jamais, son chien, ... ; autant d’éléments essentiels qui auront permis à Peter Falk de rendre le Lieutenant Columbo particulièrement sympathique et inoubliable.

Parmi les « méchants » rencontrés au cours de ses enquêtes, il y aura une palette de talents de la télé de l’époque : Patrick McGoohan (« Le prisonnier »), William Shatner (« Star Trek »), Martin Landau (« Mission impossible »), Robert Conrad (« Les Mystères de l’Ouest »), …

Rendons hommage à Serge Sauvion, sa voix française très caractéristique qui a aussi doublé Stacy Keach dans « Mike Hammer », décédé au début 2010.

Immortalisé par le rôle de Columbo, Peter Falk n’en reste pas moins un excellent acteur de cinéma et aura été fidèle à son ami John Cassavetes pour qui il tournera plusieurs films mis en scène par ce dernier : « Husbands » (1970), « Une femme sous influence » (1974), « Opening night » (1977) et joua même pour Wim Wenders dans « Les ailes du désir » (1987). Depuis lors, hormis les téléfilms de Columbo qu’il avait recommencé à tourner dès la fin des années 80, rien de véritablement marquant ou épatant sur grand écran. Aux dernières nouvelles, l’acteur ne serait pas en forme, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Triste.

 

Telly SAVALAS :

 

né le 21 janvier 1922 – mort le 22 janvier 1994 d’un cancer

Telly Savalas - imdb

(photo : © www.imdb.com)

 

« KOJAK » : 118 épisodes de 1973 à 1978 (5 saisons). Saison 1 disponible en dvd.

 

Emigré grec, de son vrai nom Aristotélès Savalas, « Telly » aura marqué les années 60 et 70 de par sa « gueule » reconnaissable entre toutes, aussi à l’aise sur petit que grand écran. Parmi ses films les plus marquants, soulignons « Les nerfs à vif » (1962) avec Gregory Peck et Robert Mitchum, « Le prisonnier d’Alcatraz » (1962) avec Burt Lancaster et surtout, un brillant rôle de psychopathe assassin dans « Les douze salopards » (1967) aux côtés de Lee Marvin.

On se souvient aussi de lui en méchant Blofeld dans « Au service secret de sa majesté » en 1969, le seul James Bond tourné par George Lazenby. Citons encore « L’or de McKenna » (1969), western avec Gregory Peck et Omar Sharif et « De l’or pour les braves » (1970), film de guerre déjanté avec Clint Eastwood et Donald Sutherland.

En parallèle, dès le début des années 60, il tourne pas mal pour la télévision et on le voit incarner des personnages troubles ou aux motivations peu louables dans des épisodes mémorables de séries comme « La quatrième dimension » (The Twilight zone), « Alfred Hitchcok présente », « Les Incorruptibles », « Le Fugitif », ...

Et puis, c’est la consécration mondiale comme star de la série télé « Kojak ». Qui ne se souvient pas du célèbre inspecteur de New York chauve et friand de sucettes ? Et pourquoi ? Parce qu’il voulait arrêter de fumer. Deuxième chauve le plus célèbre d’Hollywood, après Yul Brynner (« Le roi et moi », « Les 7 mercenaires »), Telly Savalas a d’abord été soldat combattant durant la guerre 40 - 45 et puis journaliste / directeur de l’information pour la chaîne de télé ABC avant de se lancer dans une carrière d’acteur.

Anecdote : il fut d’abord choisi pour incarner Harry Orwell dans la série policière « Harry O » de 1973 mais déclina l’offre car il était retenu sur des tournages en Europe. David Janssen reprit le rôle (voir partie 1/5 de ILS ETAIENT BIEN A LA TELE ET Y SONT RESTES…). Par contre, il n’était pas le premier choisi pour incarner « Kojak », rôle qui a d’abord été proposé à Marlon Brando. Comme quoi, la vie…

Après 6 ans passés à tourner « Kojak » entre 1973 et 79 (il en réalisa même 5 épisodes), Telly Savalas joua encore, entre 1980 et 1990, ce rôle de flic dans plusieurs téléfilms et apparut dans plusieurs séries populaires comme « La croisière s’amuse », « The Equalizer » et les téléfilms basés sur le film « Les 12 salopards ».

A 72 ans, juste un jour après son anniversaire, il mourut après une vie bien remplie. Dans la vie, il était aussi le parrain de Jennifer Aniston, ex-Mme Brad Pitt et star de la sitcom « Friends ».

Voir le générique de « KOJAK » (1973 - Saison 1) sur « You Tube »


William CONRAD :

né le 27 septembre 1920 – mort le 11 février 1994 

William Conrad - imdb

(photo : © www.imdb.com)

 

« LA LOI EST LA LOI » (JAKE & THE FATMAN) : 104 épisodes de 1987 à 1992 (5 saisons). Disponible en dvd aux USA.

 

« CANNON » : 121 épisodes de 1971 à 1976 (5 saisons). Disponible en dvd aux USA.

De son vrai nom William Cann, William Conrad aura d’abord marqué les esprits par sa voix grave, très reconnaissable en version originale puisqu’il fut la voix de Matt Dillon à la radio, personnage de shérif à l'époque western qui connut ensuite son heure de gloire pendant de longues années dans la série « Gunsmoke » sous les traits de James Arness.

En raison de son physique ingrat (il était obèse), William Conrad a été abonné aux seconds rôles au cinéma. Parmi quelques films qui auront marqué l’histoire du cinéma, citons « Les tueurs » (The Killers, 1947) de Robert Siodmak, avec Burt Lancaster et Ava Gardner, « Jeanne d’Arc » (1948) avec Ingrid Bergman ou encore « The Naked Jungle » (1954) avec Charlton Heston.

Il tourne aussi dans pas mal de westerns au cinéma, notamment dans « Le conquérant » (1956) avec John Wayne et dans « Johnny Concho » (1956) avec Frank Sinatra ainsi que dans plusieurs séries western à succès des années 60 et 70 comme « Have gun will travel », « Le grand Chaparral », « Gunsmoke » (dont il réalise 2 épisodes), ...

Il prêtera ensuite sa voix à la très populaire série « Le Fugitif » (1963 - 67) où, durant 120 épisodes, il nous accompagnait pour souligner les moments difficiles que traversait le Dr. Richard Kimble (David Janssen), médecin injustement accusé du meurtre de sa femme. Conrad retrouva Janssen quelques années plus tard dans le téléfilm « O’Hara, US Treasury » (1971) et dans un épisode de la série policière « Cannon ».

C’est précisément cette dernière qui le rendit célèbre. Due à Quinn Martin, producteur des « Incorruptibles », du « Fugitif » et des « Rues de San Francisco », cette série policière de facture assez classique nous contait les aventures d’un détective privé chargé de plusieurs affaires délicates, une dizaine d’années avant qu’un autre privé ne reprenne la relève en la personne de « Magnum ».

Après plus d’une centaine d’épisodes durant lesquels il croisera plusieurs futures autres vedettes de séries télé et cinéma (David « Hutch » Soul, Martin Sheen, Tom Skerritt, …), il prit un repos bien mérité tout en continuant à prêter sa voix, notamment pour le générique de la série de science-fiction « Buck Rogers au 25ème siècle » (dans la version française, c’est Dominique Paturel, celui qui double JR dans « Dallas », Steve Austin dans « L’homme qui valait 3 milliards », Gil Gerard dans « Buck Rogers au 25ème siècle » et George Peppard dans « Agence tous risques »).

En 1981, il retourne dans une nouvelle série : « L’homme à l’orchidée » (Nero Wolfe) où il incarnait un enquêteur cultivant des orchidées et qui résolvait des affaires de meurtres sans quitter son appartement, aidé par son fidèle assistant Archie Goodwin (incarné par Lee Horsley, le futur héros de la série « Matt Houston »). Malheureusement, la sauce ne prend pas et le public boude cette série pourtant originale après seulement 14 épisodes. Dans les années 80, il jouera encore dans plusieurs séries populaires comme « Manimal », « Hôtel », « Matlock », « Arabesque », …

En 1987, c’est à nouveau le succès avec la série « La loi est la loi » ("Jake & the Fatman," en VO) dont il partage la vedette avec Joe Penny (« Riptide »). Ne manquant pas d’humour sur lui-même, Conrad incarne J.L. Mc Cabe dit « Fatman » (le gros), procureur de Los Angeles, à la fois grincheux et attachant, bien décidé à faire coffrer les criminels sur lesquels il enquête avec Jake Styles (Penny).

Après 5 ans de bons et loyaux services, William Conrad arrêta la série en 1992 et mourut peu de temps après, au début de 1994, d’un infarctus à l’âge honorable de 74 ans. Un personnage à l'allure débonnaire et à l'humour certain qui manquera à de nombreux téléspectateurs dans les années qui suivirent sa disparition.

Voir le générique de « CANNON »  (1973) sur « You Tube » :

 

Voir le générique de « JAKE & THE FATMAN » en VO NON ST (LA LOI EST LA LOI, 1987) sur « You Tube »

20:00 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/04/2010

EPISODE 1/3 : ILS ETAIENT BIEN A LA TELE ET Y SONT RESTES…

Années 1960

Parmi les figures marquantes du petit écran de ces dernières années, ils sont plusieurs à avoir essayé de passer du petit au grand écran. Certains avec un résultat dépassant toutes leurs espérances, d'autres avec un succès mitigé, d’autres encore se sont totalement plantés. Alors pourquoi ne pas rester à la télé ? Pourquoi vouloir plus quand finalement, on ne s’est pas rendus compte qu’on avait déjà beaucoup ?

Petit regard tendre et amusé sur les 50 dernières années de la télé américaine et remontée dans le temps en compagnie de figures marquantes pour les enfants de l’après mai 68, comme votre hôte. La liste qui suit ne se veut pas exhaustive et se concentre sur les personnages télé les plus célèbres des 50 dernières années.

 

1960 – 1970 :

  1. Robert Conrad
  2. David Janssen
  3. James Garner
  4. Peter Graves
  5. Roy Thinnes


Robert CONRAD :

 Robert Conrad - qpicture

né le 1er mars 1929
(photo : © qpicture.com)

 

« LES MYSTERES DE l’OUEST » (THE WILD WILD WEST) : 104 épisodes (1965 – 1969 / 4 saisons) – Disponible en dvd à la vente

« LES TETES BRULEES » (BAA BAA BLACK SHEEP ou BLACK SHEEP SQUADRON) : 36 épisodes (1976 - 78 / 2 saisons) – Disponible en dvd à la vente

« L'HOMME DE VIENNE » (ASSIGNMENT VIENNA) : 10 épisodes (1973 / 1 saison) : pas en dvd

« SLOANE AGENT SPECIAL » (A MAN CALLED SLOANE)13 épisodes (1979 / 1 saison) : pas en dvd

 

De son vrai nom Conrad Robert Falkowski, cet ancien enfant des rues de Chicago s’est construit tout seul à Hollywood. D’abord avec la série de détectives privés « Hawaiian eye » (91 épisodes de 1959 à 1963, inédite en Europe). Pas très grand en taille (1 m 65, voire 1 m 73 selon d’autres sources), Robert Conrad devint ensuite mondialement connu dans le rôle de James West, super agent secret à l’époque western et clone télé de James Bond dans « Les Mystères de l’Ouest ».

Savants fous, machines infernales, ambiances à la Jules Verne, gadgets annonçant ceux de « MacGyver », bagarres et acrobaties, … ; un rôle qui lui permis de montrer ses talents athlétiques (dans la vie, c'est un très bon boxeur) dans une série qui vieillit bien et se regarde toujours avec des yeux émerveillés.

Prototype du macho par excellence, Robert Conrad marquera encore l’univers télé des années 70 dans les « Têtes brûlées » avec le rôle de Greg « Pépé » Boyington, pilote de chasse durant la guerre du Pacifique en 1942 contre les Japonais. "Les têtes brûlées" s'inspirait de faits réels et pour laquelle le vrai « Pépé » Boyington servit de consultant technique et fit même une apparition dans un des épisodes.

Comme le bon vin, Conrad se bonifiera avec le temps et montrera des réels talents d’acteur, notamment en incarnant Pasquinel, le trappeur de la série « Colorado » (Centennial, 1978 - 79). En Europe, nous le connaissons surtout dans ces 3 rôles marquants mais aux Etats-Unis, il aura joué dans une foule d’autres séries qui n’auront toutes ou presque pas dépassé la première saison (« L’homme de Vienne », « Sloane, agent spécial », « The D.A. », « The Duke », …).

Avant tout homme de télévision, Conrad n’aura pas fait de grande carrière au cinéma, jouant les seconds rôles au cinéma, notamment aux côtés de Sean Connery dans « Meurtres en direct » (1982) et d’Arnold Schwarzenegger dans « La course au jouet » (1996). Rien de mémorable. Qu’à cela ne tienne, nous on l’aime en James West et en Pépé Boyington, les rôles de sa vie. Homme d’affaires avisé, il a investi une grande partie de ses cachets d’acteur dans l’immobilier, ce qui le rendra très riche. Un malin.

Voir le générique des « MYSTERES DE L’OUEST » ("THE WILD WILD WEST" - 1965 – Noir & blanc – Saison 1) sur « You Tube » :

Voir le générique des « TETES BRULEES » (« THE BLACK SHEEP SQUADRON / BAA BAA BLACK SHEEP » - 1976 - Couleurs) sur « You Tube »

Voir le générique de « L'HOMME DE VIENNE » (ASSIGNMENT VIENNA) : 10 épisodes (1973 / 1 saison)

Voir le générique de 

« SLOANE AGENT SPECIAL » (A MAN CALLED SLOANE) : 12 épisodes (1979 / 1 saison)

 

David JANSSEN :

David Janssen - lessignets

né le 27 mars 1931 - décédé le 13 février 1980

(photo : © lessignets.com)

« LE FUGITIF » (THE FUGITIVE) : 120 épisodes (1963 - 1967 / 4 saisons). Disponible en dvd à la vente : saison 1.

« HARRY O » : 45 épisodes (1973 - 1976 / 2 saisons). Pas disponible en dvd

A 28 ans, comme Steve McQueen, David Janssen connaît la gloire aux USA avec « Richard Diamond, Private detective », une série de détective privé aux allures high tech pour les standards de l’époque (77 épisodes de 25’ en noir et blanc, tournée de 1957 à 1960 et inédite en Europe). Mais sa célébrité internationale, il la doit au personnage de Richard Kimble, le célèbre médecin du « Fugitif ».

Pendant 4 ans, ce docteur injustement accusé du meurtre de sa femme n’aura de cesse de retrouver le vrai coupable, un manchot brutal et mystérieux. Janssen aura apporté beaucoup de lui dans ce personnage, un homme à la fois attachant et courageux dans une série aux accents parfois très sombres et qui, à ce jour, reste une des plus belles critiques sociales de l’Amérique des années 60.

Malheureusement pour lui, le rôle sera tellement marquant qu’il lui collera à la peau et toutes ses tentatives pour tenter de percer au cinéma par la suite se révéleront assez désastreuses : le pourtant bon « Warning shot » (L’assassin est-il coupable ?) ne marquera pas les mémoires, sans doute parce que son personnage de flic était une resucée du « Fugitif », le brave type coupable malgré lui et forcé de prouver son innocence.

Bide aussi avec le très mauvais « Les bérets verts » (John Wayne), film hué à l’époque par les manifestants anti-guerre du Vietnam. Citons encore le thriller « Un tueur dans la foule » aux côtés de Charlton Heston en 1976. Le reste de sa carrière fut jalonné d’autres téléfilms et films peu mémorables, hormis la série « Colorado » (Centennial).

Face à l’échec de sa carrière cinématographique, David Janssen retourna à ses premières amours à la télé et connut à nouveau la gloire avec « Harry O », une série policière inédite en Europe où il campait Harry Orwell, un détective privé plutôt cool mais tellement fauché qu’il en était contraint de faire ses filatures en transport public. Des traits qui ne sont pas sans rappeler un autre privé qui partageait l’écran à la même époque : Jim Rockford (lire James Garner ci-dessous). Autre point commun avec Garner, il était dans la vie un copain de Clint Eastwood qu’il avait connu à l’armée dans les années 50.

Mais « Harry O » s’arrêta après seulement deux ans et 45 épisodes. Amer et aigri, l’acteur noya ses frustrations dans l’alcool et c’est un homme prématurément usé et vieilli qui mourut d’un infarctus, à 49 ans seulement, au début de l’année 1980. Dommage car c’était un acteur talentueux et un homme très attachant, de l’aveu de tous ceux qui l’ont connu.

Voir le générique de la série "LE FUGITIF" - « THE FUGITIVE » (1963 – Noir & blanc – VO non st) sur « You Tube » :

 

Voir le générique de « HARRY O » (1974) sur « You Tube » :

 

James GARNER :

James GARNER - imdb

né le 7 avril 1928 (photo : © www.imdb.com)

« THE ROCKFORD FILES » (200 $ PLUS LES FRAIS) : 122 épisodes (1974 - 1980 / 6 saisons). Disponible en dvd à la vente aux USA

« MAVERICK » : 124 épisodes (1957 - 1962 / 5 saisons). Inédit en Europe. Disponible en dvd à la vente aux USA.

Relativement connu en Europe mais une immense star, surtout télé, aux Etats-Unis, James Garner aura marqué nos esprits dans le rôle du copain de Steve McQueen dans « La grande évasion ». C’était lui le grand type sympa, décontracté et bienveillant qui s’échappait avec Donald Pleasance, devenu aveugle, en avion. Une attitude de grand gaillard qu’il trimballera avec succès dans les séries « Maverick » et « The Rockford Files », deux séries qui auront fait toute sa gloire et sa fortune.

Dans « Maverick, c’était un cowboy dandy, sorte de pied tendre plus doué aux cartes et pour la palabre que pour la bagarre. Une série plutôt axée comédie qui connaîtra un immense succès aux USA et verra défiler de nombreuses stars dont un tout jeune Clint Eastwood (on peut d’ailleurs voir cet épisode sur le dvd du western « Impitoyable » en édition 2 disques).

Dans « The Rockford Files », également très populaire outre-Atlantique, il était Jim Rockford, détective privé fauché et ultra cool qui enquêtait sur toutes sortes d’affaires et qui se retrouvait souvent le dindon de la farce. Les derniers épisodes virent arriver Tom Selleck, avant « Magnum », dans le rôle d’un privé concurrent. Tiens, tiens…

Rien d’étonnant quand on sait que parmi les scénaristes de cette série officiait Donald P. Bellisario, futur créateur de « Magnum » et autres « Code Quantum », « Jag », « NCIS », … On a pu voir quelques épisodes sur la défunte chaîne « la 5 » à la fin des années 80. Dommage qu’on ait eu droit qu’à une diffusion erratique et incomplète car c’est vraiment une série sympa et bien faite.

Côté cinéma, quelques bons films et des gros succès mais plutôt dûs à la présence des grosses stars avec lesquelles il partageait la vedette : « La grande évasion » donc avec McQueen, « Victor Victoria » (le duo Blake Edwards / Julie Andrews), « Maverick – Le film » (avec Mel Gibson et Jodie Foster) et plus récemment, « Space Cowboys » avec son vieux pote Clint Eastwood. Alors, pour compenser, Garner a continué à la télé en reprenant son rôle de Maverick et de Jim Rockford dans divers téléfilms, réalisés de nombreuses années après la fin de ces deux séries. Un type cool.

Voir le générique de « MAVERICK » sur « You Tube » :

Voir un générique monté par un fan de « THE ROCKFORD FILES » (200 $ PLUS LES FRAIS) sur « You Tube » :

 

Peter GRAVES :

né le 18 mars 1926 – mort le 14 mars 2010 (photo : © www.imdb.com)

Peter Graves - imdb

« MISSION : IMPOSSIBLE » : 171 épisodes (1966 - 1973 / 7 saisons) – Disponible en dvd à la vente

« MISSION : IMPOSSIBLE, 20 ANS APRES » : 35 épisodes (1988 - 90 / 2 saisons)

Né sous le nom de Peter Duesler Aurness, Peter Graves est en fait, à la ville, le petit frère de James Arness, le célèbre shérif de la série western « Gunsmoke » (1955 – 1975). A 22 ans, il débarque à Hollywood et décroche rapidement quelques petits rôles dans des films, notamment grâce à l’aide de son frère. Parmi ses films remarquables, on retiendra « Stalag 17 » (1953) de Billy Wilder ou encore « La Nuit du chasseur » (1955) avec Robert Mitchum.

Ses traits caractéristiques et ses cheveux prématurément grisonnants marquent le public et le voilà lancé dans une belle carrière, surtout télé, tout en en alternant films et séries (Alfred Hitchcock, Route 66, Le Virginien, Laredo, …).

En 1966, il deviendra mondialement célèbre grâce au rôle de Jim Phelps, le chef de l’équipe de « Mission : impossible », brillante série créée par les mêmes producteurs de « Mannix ». A ce jour, cela reste une série de qualité exceptionnelle qui vieillit bien malgré son look sixties.

Dès la saison 2, il remplacera Steven Hill, chef durant la saison 1, de religion juive et qui refusait de tourner les weekends. Jusqu’en 1973, Peter Graves déjouera avec son équipe les complots, dictateurs, terroristes et autres assassins. Notons que Tom Cruise a joué dans 3 films tirés de la série et adaptés sur grand écran (1996, 1999 et 2006), plus ou moins fidèles à l’esprit du show original.

Durant les années 80, il fait preuve de beaucoup d’auto-dérision en jouant le pilote d’avion farfelu de la série des films « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? » (Airplane en VO). Parallèlement, il apparaît encore dans plusieurs séries célèbres de l’époque comme « Buck Rogers au 25ème siècle », « Simon & Simon », « L’île fantastique », « Arabesque », « La croisière s’amuse » et joue dans des mini-séries prestigieuses comme « War and remembrance » (1988). Cette même année, il reprend le rôle de Jim Phelps dans une nouvelle version de « Mission : impossible » et avec une nouvelle équipe plutôt fade mais la sauce ne prend pas, le remake étant de loin inférieur à l’original. Clap de fin après 35 épisodes pas terribles.

Dans les années 90 et 2000, il se fait plus rare sur les écrans et on le voit encore dans quelques séries populaires comme « Cold case », « Dr. House » et « 7 à la maison ». Le 14 mars 2010, Peter Graves est décédé à 84 ans dans la plus grande discrétion. Une figure charismatique du petit écran qui aura marqué les mémoires des sériephiles comme vous et moi.

Voir un montage du générique de « MISSION IMPOSSIBLE » réalisé par un fan (USA - 1966 - Couleurs) sur « You Tube » :

Voir la bande annonce du premier film de « MISSION IMPOSSIBLE » avec Tom Cruise et réalisé par Brian De Palma (USA - 1996 - Couleurs) sur « You Tube » :

 

Roy THINNES :

né le 6 avril 1938 (photo : © stanleypean.com)

Roy Thinnes - stanleypean

« LES ENVAHISSEURS » (THE INVADERS) : 43 épisodes (1966-68 / 2 saisons) – Intégrale disponible en dvd à la vente

David Vincent les a vus, nous aussi ! C’est surtout avec ce rôle d’architecte qui a vu « Les Envahisseurs », méchants extraterrestres venus coloniser notre terre, que Roy Thinnes aura marqué les mémoires. Auparavant, il était apparu dans plusieurs séries très célèbres dans les années 60 comme « Les Incorruptibles », « Gunsmoke », « Le Fugitif », « The FBI », … et le soap « General Hospital ».

Après les « Envahisseurs » qui n’aura connu qu’un succès relatif aux USA (seulement 2 saisons pour une petite quarantaine d’épisodes), Roy Thinnes continue sa carrière télé. Dans les années 70, il enchaîne les séries comme « Galactica » ou « The return of Mod Squad » et on le voit dans quelques films catastrophe comme « Airport 75 » et « Hindenburg ». Dans les années 80, il joue dans plusieurs séries très regardées comme « Hôtel », « La croisière s’amuse », « Les Routes du paradis », « Falcon Crest » et continue dans les années 90 avec « Arabesque », « Walker Texas Ranger », …

En 1995, il reprend le rôle de David Vincent dans un téléfilm basé sur la trame des « Envahisseurs », aux côtés de Scott Bakula (« Code Quantum ») et Terence Knox (« L’enfer du Devoir ») mais qui ne connaîtra pas le succès puisqu’il n’y aura qu’un pilote et pas de série. Mais la très populaire série « X-Files » lui offrira le rôle de Jeremiah Smith, extraterrestre à la fois inquiétant et mystérieux. Une sorte de clin d’œil aux « Envahisseurs » qui a visiblement marqué Chris Carter, créateur, producteur et réalisateur de nombreux épisodes d’ « X-Files ».

Discrètement, sans trop se faire remarquer, Roy Thinnes joue encore dans quelques très bonnes séries de ces dernières années comme « Les Soprano » et « Oz », la série carcérale où il campe un chef nazi particulièrement effrayant et retors. On l’a aussi vu dans les 3 séries de la franchise « Law & Order » (titre original), à savoir « New York Police judiciaire », « New York Unité spéciale » et « New York Section criminelle ». Ces dernières années, il s’est fait plutôt rare sur les écrans. Pas une grande star mais un acteur qui continue son bonhomme de chemin à la télé américaine. C’est déjà pas mal.

Voir le générique de « LES ENVAHISSEURS » (THE INVADERS, USA - 1966 - Couleurs - VO NON sous-titrée) sur « You Tube » :

19:35 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |