16/06/2010

SHARK : QUAND LE REQUIN SE TRANSFORME EN JUSTICIER…

USA – 2006/2007 (2 saisons – 38 épisodes). Série dramatique et policière créée par Ian Biederman. Avec James Wods (Sebastian Stark), Danielle Panabaker (Julie Stark), Sophina Brown (Raina Troy),  Sarah Carter (Madeleine Poe), Jeri Ryan (Jessica Devlin), Henry Simmons (Isaac Wright), Sam Page (Casey Woodland), Kevin Alejandro (Danny Reyes). Existe en dvd (saison 1) et diffusé sur la RTBF1 depuis 2008 et chaque jour, du lundi au vendredi, en juin 2010.
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 SHARK - imdb

SCENARIO : Sebastian Stark, surnommé « Shark » (le requin), est un redoutable avocat spécialisé dans les affaires pénales qui vend ses talents à toutes sortes de criminels et trafiquants. Ne s’embarrassant ni d’éthique ni de scrupules, il gagne quasiment tous les procès qui débouchent sur la remise en liberté de ses clients. Un jour, sa vie bascule et il décide de changer de camp, écoeuré par les méthodes des crapules pour lesquelles il travaillait jadis. Désormais, il combat le crime au bureau du Procureur de Los Angeles, entouré d’une équipe de brillants avocats et d’un policier. Tous veillent à rétablir la justice et à faire la lumière sur diverses affaires criminelles, souvent sordides et brutales…

COMMENTAIRE : Ian Biederman, le créateur de « Shark » avait là un beau sujet de départ avec cette histoire d’avocat un peu louche qui fricote avec les plus grosses crapules. En plus, sa série marquait le retour à la télé de James Woods, plus connu pour ses rôles de méchant au cinéma (« Il était une fois en Amérique » avec Robert De Niro, « Contre toute attente » avec Jeff Bridges, « Videodrome » de David Cronenberg, …).

Malheureusement, la sauce ne prend pas trop. En cause, des scénarios relativement plats et prévisibles, qui ne sortent pas de l’ordinaire. Un défaut majeur à l’époque des « Mentalist », « Lie to me » et autres « Experts » où les scénarios sont généralement bien développés. Pourtant, les premiers épisodes avaient plutôt bien démarré mais comme dans beaucoup de séries actuelles (Lost, Prison Break, Heroes, …), la suite déçoit. Cela dit, la série est bien rythmée, les événements s’enchaînent bien et pour ça, « Shark » vaut le détour et mérite un coup d’œil.

Pour se consoler de ces carences scénaristiques, il reste justement James Woods, impeccable dans le rôle de cet avocat cupide et sans scrupules qui se découvre finalement une conscience. Un homme détestable qui devient peu à peu attachant, surtout quand on voit combien il tient à sa fille qu’il surprotège. Derrière ses traits burinés et pas franchement sympathiques, Woods apporte beaucoup d’intensité à son rôle et nous prouve, pour ceux qui en douteraient encore, qu’il est un très bon acteur.

Pour ma part, rien que le personnage de « Shark », sans la série, mérite de figurer au panthéon des grands héros télé : il a sa place à côté de Columbo, Magnum, MacGyver, Mulder, Scully, Dexter, … Les affaires où son passé resurgit (en particulier les derniers épisodes de la saison 2) nous montrent un homme vraiment pas fier de ce qu’il a accompli, essayant vraiment de se racheter une conduite. Mais comme dans la vie, les choses ne tournent pas nécessairement comment on le souhaiterait…

Autour de lui, les seconds rôles sont assez bien campés, on retiendra surtout l’impressionnant Henry Simmons (Isaac), grand flic black très humain et l’impétueuse Sophina Brown (Raina), souvent en désaccord avec Stark mais qui, dans son désir de justice, finit par rejoindre les méthodes de son patron. Au fil des épisodes, c’est aussi l’occasion de revoir quelques gueules bien connues des fans de séries comme Jonathan Banks (Frank McPike dans « Un flic dans la Mafia »), Michael Rooker (le copain montagnard de Stallone dans « Cliffhanger » mais aussi « Henry, portrait d’un tueur en série »), Kevin Pollak (éternel second rôle vu aux côtés de Tom Cruise dans « Des hommes d’honneur » et de Schwarzy dans « La fin des temps » ainsi que dans l’excellent « Usual suspects ») et même le créateur de « Playboy » dans son propre rôle : Hugh Heffner.

Enfin, « Shark » a le mérite de nous montrer le quotidien des cours de justices où souvent, le bluff et le coup de poker permettent de faire pencher la balance de la justice, pas nécessairement dans le bon sens. Nous voilà plongés au cœur de la Californie, dans son monde ensoleillé, superficiel : tout se joue sur les apparences et surtout, tous les coups sont permis pour gagner la bataille.

Après 38 épisodes et à peine 2 saisons, « Shark » n’est pas renouvelée, faute d’audience suffisante. Dommage car la série commençait à prendre son envol et devenait plus captivante depuis que Stark rencontrait des problèmes personnels et professionnels majeurs. La faute aux scénarios plutôt « bof » et à une qualité inégale d’un épisode à l’autre. Une série qui aurait pu faire partie des grandes. Dommage.

12:23 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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