31/03/2012

JESSE STONE : Tom Selleck vieillit bien et fait oublier « Magnum »…

Série de 8 téléfilms de 90’, partiellement disponibles en DVD (USA, 2005 à 2012, toujours en production : voir liste des téléfilms ci-dessous).

Produit par et avec Tom Selleck (Jesse Stone).

SCENARIO : ex-flic de la Brigade criminelle de Los Angeles, Jesse Stone a des problèmes avec la bouteille et une vie sentimentale compliquée.

Quittant la Cité des Anges et son stress, il décide de postuler comme chef de la police locale de Paradise, une petite bourgade complètement isolée et située à l’autre bout des Etats-Unis.

Une deuxième chance pour se reconstruire et oublier le passé, côtoyer une petite communauté où tout le monde se connaît.

L’occasion aussi d’enquêter sur plusieurs crimes qui touchent la localité. Mais pour Jesse, le chemin vers une nouvelle vie ne se montre pas aussi aisé qu’espéré…

Jesse Stone - Thin ice - imdb.jpg




Copyright : www.imdb.com

 

VOIR LE TRAILER DE « STONE COLD » (1er téléfilm) SUR « YOU TUBE » ICI


4 TELEFILMS DISPONIBLES EN DVD EN EUROPE EN 2012 (VOSTFR et VF) :

STONE COLD (2005)

UNE PETITE VILLE TROP TRANQUILLE (2006, Titre original : JESSE STONE : NIGHT PASSAGE)

MEURTRE A PARADISE (2006, Titre original : JESSE STONE : DEATH IN PARADISE)

* L’EMPREINTE DU PASSE (2008, Titre original : JESSE STONE : SEA CHANGE)

 

4 TELEFILMS INEDITS EN ZONE 2 (EUROPE) et indisponibles en VF actuellement :

THIN ICE (2009)

NO REMORSE (2010)

INNOCENTS LOST (2011)

BENEFIT OF THE DOUBT (en cours de tournage au moment d’écrire ces lignes à la fin janvier 2012)


COMMENTAIRE : Tom Selleck ? Ah oui, Magnum, sympa, j’aime ! Pour beaucoup d’entre nous, le célèbre acteur à la moustache restera à tout jamais associé au privé à la chemise à fleurs et au volant de « sa » ferrari rouge (en fait, celle de Robin Masters, le richissime écrivain milliardaire pour lequel il travaille et chez qui il vit). C’est cataloguer un peu trop vite Tom Selleck et lui coller une étiquette qui ne lui correspond pas vraiment.

Si Magnum lui colle à la peau comme MacGyver ou Sonny Crockett pour d’autres acteurs très célèbres des années 80, le grand moustachu a pu se démarquer de ses collègues télévisés en nous proposant, dès les années « Magnum », des rôles intéressants et diversifiés. Que ce soit « Runaway » (1983), thriller de science-fiction de Michael Crichton (« Jurassic Park », « Urgences ») ou le remake de « Trois hommes et un couffin » en 1987, certains diront que ce sont des œuvres de divertissement faciles qui n’auront pas marqué les mémoires. C’est partiellement vrai mais c’est aussi oublier d’autres films intéressants comme « Délit d’innocence » (1989) sur un homme injustement accusé par la police et confronté à l’inhumanité du système carcéral américain ou encore « M. Quigley l’australien » (1990), intéressant western tournant autour de la communauté aborigène d’Australie.

Retenons encore « Mr. Baseball » (1992) qui traite avec humour des difficultés d’adaptation d’un joueur « has been » américain au sein de la communauté japonaise ou « In & out » (1997) sur le « coming out » d’un prof homosexuel ; autant de rôles éclectiques et où Selleck, sans honte, a assumé ses choix, que les films aient marché ou pas. Lors d’une interview, il a d’ailleurs insisté sur le fait que « tous mes films sont toujours rentrés dans leurs frais et même s’ils n’ont pas crevé le plafond du box-office, ils ont marché et m’ont permis de me démarquer de l’ombre de Magnum, d’essayer autre chose ».

Certes, Selleck s’est ensuite fait plus rare au cinéma, préférant le rôle de producteur sur des séries de téléfilms comme « B.L. Stryker » (1989) pour son ami Burt Reynolds ou des téléfilms western de qualité comme « Last Stand at saber river » (1997) ou « Monte Walsh » (2003). On se souviendra encore de sa participation dans un rôle secondaire régulier dans des séries très populaires comme « Friends » ou encore « Boston Justice ».

Mais les grands fans de l’acteur dont je suis se sont toujours demandé : quand va-t-il revenir dans un rôle qui lui correspond aussi bien que Magnum ? On aurait pu le croire en le voyant remplacer James Caan dans la divertissante mais dispensable « Las Vegas » (2004-2009) ou dans la très républicaine « Blue bloods » (2011) où il joue les patriarches dans une famille de flics à New York. Des rôles de second plan où l’acteur ne semble pas toujours à son aise. Par contre, si vous aimez les films de guerre, voyez absolument « Ike : Opération Overlord » (2004) où Tom Selleck, méconnaissable avec le crâne rasé et sans moustache, campe, avec beaucoup de profondeur et d’humanité, le général Eisenhower à la veille du débarquement en Normandie. Sa prestation y est vraiment épatante. Ensuite, Jesse Stone est arrivé !

C’est après avoir lu les romans policiers de Robert B. Parker, célèbre écrivain américain (1932-2010, détails sur l’auteur : lire plus bas) centrés sur le personnage de Jesse Stone, que Tom Selleck s’est dit : « Et si on lui donnait vie ? Il y a là du potentiel ». Bien vu. Un peu à la manière de « Columbo » et suivant en cela son aîné Peter Falk, Selleck a préféré le choix des téléfilms plutôt que le format de la série policière hebdomadaire (l’acteur a tout de même 66 ans et affiche une bonne santé quoiqu’un peu fatigué…). D’une part, histoire de ne pas s’épuiser dans un rythme de tournage harassant et d’autre part, pour que la qualité soit au rendez-vous. Excellent choix.

Pour ceux à qui cette « série » ne dit rien, insistons de suite sur le fait qu’elle vaut vraiment le détour ! De prime abord, le côté taciturne et dépressif du personnage aurait de quoi rebuter les spectateurs avides de divertissements ensoleillés et rythmés, style « Les experts : Miami » et « Hawaï 5-0 ». Non, si vous faites partie de ceux-là, passez votre chemin. Ici, lentement mais sûrement, Tom Selleck prend le temps de raconter l’histoire, d’installer les personnages, de nous offrir des moments contemplatifs curieux (sa relation avec son chien à qui il lance : « Qu’est-ce que tu regardes ? », tirade qui revient dans quasiment chaque téléfilm) et des histoires de crime, au rythme certes pépère mais intéressantes. Ici, contrairement à beaucoup de séries actuelles, on ne prend pas le spectateur pour un crétin qui consomme à tout va et on le fait réfléchir intelligemment.

Autre grande qualité de cette série de téléfilms : les personnages secondaires, particulièrement attachants et dotés d’une réelle épaisseur psychologique. On pense surtout à Luther Simpson, son adjoint policier surnommé « Suitcase » (valoche dans la version française), jeune homme qui a l’air un peu à la masse mais qui se révèle meilleur enquêteur que son apparence ne pourrait le laisser croire et à Molly Crane (épatante Viola Davis, nommée aux Oscars 2012 pour « La couleur des sentiments » / The Help), policière noire au fort tempérament et qu’une grande complicité unit à Jesse. Citons encore le Capitaine Healy campé par Stephen McHattie, acteur à la gueule taillée à la serpe.

Autre temps fort de « Jesse Stone », le fait que le personnage soit rempli de défauts mais ne se contente pas de dire : « Je suis comme ça et ça ne changera pas ». Au contraire, le personnage accepte ses failles et fait des efforts pour s’améliorer quitte à ce que cela l’emmène dans des territoires de lui-même qu’il n’a pas spécialement envie d’explorer. A cet égard, sa relation avec le Dr. Dix, son psy, joué par l’étonnant William Devane est assez bluffante et amusante, surtout quand ce dernier lui confie avoir été, comme Jesse, un flic, un alcoolo et un divorcé. Rien que cela. Même Hasty Hathaway (Saul Rubinek), l’ancien directeur de la banque locale de Paradise à qui Jesse a eu maille à partir, se révèle un allié d’aujourd’hui après avoir été un ennemi d’hier. Belle leçon de philosophie que ne renierait pas le dalaï lama.

Sur le premier téléfilm « Stone Cold », disponible en dvd, dans les bonus ; Robert Harmon, réalisateur, en donne une assez bonne définition : « Jesse Stone est un personnage assez désenchanté. Son ex-femme, son rapport à la boisson. C’est sa vision du monde, il en a trop vu. Il y a encore cette lueur d’optimisme et de moralité qu’il ne pourrait pas éteindre, même s’il le voulait. Malgré le fait qu’il boit, malgré son attitude assez cynique parfois, il a un cœur en or. » Et Tom Selleck de poursuivre : « C’est un personnage complexe, voilà tout. Je n’avais pas vu sa façon de voir les choses. Il semble être, bien que… Il est tourmenté à l’intérieur, on s’en rend compte. Mais il est toujours très calme. Il est très réfléchi. Et impitoyable quand il faut. (…) Il va toujours un peu à l’encontre de la loi pour tenter de rendre justice. »

Au début de « Innocents lost » (le 7ème des 8 téléfilms), on voit Jesse faire un jogging dans un paysage pluvieux et gris. Approchant à sa hauteur, le Capitaine Healy lui lance : « Mais qu’est-ce que tu fais ? » et Jesse répond : « Je travaille à mon nouveau moi ». Quand son adjoint lui demande pourquoi il le surnomme « Valoche », Jesse lui répond : « Pourquoi pas ? » Des traits d’humour qui montrent les faiblesses et en même temps la profonde humanité du personnage. Avec beaucoup de subtilité et de talent, Tom Selleck joue très bien avec toute une palette d’émotions qui renforcent l’atmosphère de tristesse, de mélancolie, de nostalgie, d’énergie aussi quand le rythme s’accélère pour coincer le coupable…

Bref, autant de traits qui rendent le personnage de Jesse Stone particulièrement attachant, tout comme celui des acteurs réguliers qui reviennent dans chaque téléfilm. Le plus émouvant restant son chien Reggie, interprété par Joe the Dog, un labrador au regard tire-larmes. Facile me direz-vous. Oui mais efficace et original.

Mention spéciale aussi à la musique de Jeff Beal qui avec son thème musical obsédant, interprété notamment au piano et à la clarinette, colle parfaitement au personnage de Jesse Stone et à l’atmosphère des téléfilms. Ecouter le thème musical de Jeff Beal ici sur « You tube » : http://www.youtube.com/watch?v=FfQv0KtIVSo

Pour toutes ces raisons, Jesse Stone vaut absolument le détour et mérite quelques heures de votre temps. Un univers particulier qu’on retrouve chaque année avec plaisir et pour ma part, une certaine impatience.


EN COULISSES :

 * LA PRODUCTION : « Stone Cold », le premier téléfilm, produit et tourné en 2005, a rencontré un immense succès et a été parmi les 10 programmes les plus vus alors par les Américains. Au départ prévu pour un unique téléfilm, Tom Selleck a accepté d’en poursuivre la production et de reprendre le rôle de Jesse Stone pour une série de téléfilms d’égale longueur (90 minutes) et qui sont au nombre de 8 à ce jour. A chaque fois, le succès a été au rendez-vous et le dernier téléfilm, toujours en production, devrait être diffusé aux USA dans le courant de l’année 2012.

*  LA DISTRIBUTION ET L’EDITION DVD EN EUROPE : à ce jour, Sony Pictures Home qui édite les sorties dvd de nombreuses séries dont les téléfilms « Jesse Stone », a sorti les 4 premiers téléfilms. Curieusement, depuis la mi-2009 et la sortie du 4ème téléfilm : « L’empreinte du passé », plus aucun autre téléfilm n’a été édité. Sans doute faut-il y voir d’âpres négociations entre les éditeurs de dvd et les sociétés de doublage en langue française qui exigent des royalties pour le travail réalisé sur les voix des comédiens. Sans dénigrer le talent des doubleurs, préférez toutefois la version originale où la voix de Tom Selleck apporte plus de nuances au personnage que sa voix française. Espérons que les autres téléfilms sortiront prochainement, après bientôt 3 ans d’attente. Pour les impatients, il est possible de se rabattre sur les dvd américains en zone 1 (« Thin ice » et « No remorse », soit les téléfilms 5 et 6) mais il faut disposer d’un lecteur dézoné et il n’y a que des sous-titres anglais.

* ROBERT B. PARKER : les téléfilms de Jesse Stone sont adaptés des romans « best-seller de Robert B. Parker. D’après le site Wikipédia, c’est un célèbre écrivain américain, né en 1932 et décédé en janvier 2010. Auteur reconnu de romans policiers, il doit son succès à deux personnages : le détective Spenser et Jesse Stone, qui a été adapté en série télévisée. Ses travaux explorent les aspects de la nature humaine et font preuve d'une grande connaissance de Boston et ses environs. Appaloosa, le premier tome d'une nouvelle série se déroulant pendant la Conquête de l'Ouest a été adapté sous le même nom en 2008 par Ed Harris qui tient également le rôle principal de Virgil Cole mais aussi avec Viggo Mortensen (Everett Hitch), Renée Zellweger et Jeremy Irons. Après la mort de Robert B. Parker, l'écrivain Ace Atkins a été mandaté par les héritiers pour publier de nouvelles aventures de Spenser. Plusieurs de ses romans ont été édités en langue française. Pour l'anecdote, Tom Selleck explique, dans les bonus du 1er téléfilm "Stone Cold", que plusieurs modifications ont été apportées aux romans de Parker pour l'adaptation en téléfilms des aventures de jesse Stone mais que Parker n'y voyait aucun inconvénient. preuve du respect de l'oeuvre de l'écrivain par le comédien.

* ROBERT HARMON : sympathique et discret, Harmon est le metteur en scène des 6 premiers téléfilms de Jesse Stone, de « Stone Cold » jusqu’à « No remorse », cédant sa place à Dick Lowry pour le 7ème téléfilm : « Innocents lost ». Réalisateur surtout connu pour son thriller routier et angoissant de 1986, « HITCHER », avec Rutger Hauer qui avait fait sensation en autostoppeur fou. Délaissant le cinéma pour la télévision, Harmon a consacré la suite de sa carrière à la réalisation de plusieurs épisodes de séries comme « Homicide ». En 2004, il accepte de réaliser le téléfilm « Ike : Opération overlord » avec Tom Selleck. Une collaboration qui s’avèrera fructueuse puisqu’Harmon poursuivra son travail avec Selleck sur les 6 premiers téléfilms de Jesse Stone. En 2011 – 2012, il retrouve Tom Selleck qu’il dirige dans sa nouvelle série policière : « Blue bloods » qui raconte le quotidien d’une famille de flics new-yorkais à la tête de laquelle Selleck joue le patriarche.


FICHE TECHNIQUE DE 4 DES 8 TELEFILMS REALISES JUSQU’EN 2012 (dans l'attente de la sortie des 4 derniers en DVD) :


TELEFILM 1 : "STONE COLD" (USA, 2005) 

Jesse Stone - Stone cold - imdb.jpg

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Scénario de John Fasano et Michael Brandman, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 83 minutes. Disponible en dvd zone 2 chez Sony Pictures Home. Photo : copyright www.imdb.com

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Jane Adams (Brianna Lincoln), Reg Rogers (Andrew Lincoln), Viola Davis (Molly Crane), Alexis Dziena (Candace Pennington), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Polly Shannon (Abby Taylor), Stephen McHattie (Capitaine Healy), Shawn Roberts (Bo Marino), Alex House (Kevin Feeney), Mimi Rogers (Rita Fiore). Durée : 83 minutes. Disponible en dvd zone 2 chez Sony Pictures Home.

Scénario (d’après la jaquette du dvd sorti dans le commerce chez Sony Pictures Home) : Jesse Stone, un ancien inspecteur de la Brigade criminelle de Los Angeles, a fui le stress de la métropole pour devenir chef de la police dans un petit village de pêcheurs de la Nouvelle Angleterre. Mais Stone ne parvient pas à vaincre ses mauvais penchants : l’alcool et les femmes. Suite à une série de meurtres et au viol d’une adolescente qui bouleversent la petite communauté, Stone est contraint d’affronter ses propres démons afin de mener l’enquête à bien…

AVIS : lorgnant par certains aspects du côté des codes du film noir (ambiance sombre, personnages ambigus, enquêtes à rebondissement, …), ce premier téléfilm nous permet de découvrir le personnage de Jesse Stone. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une mise en place des personnages et de leur univers puisque cela sera clairement abordé dans le 2ème téléfilm : « Une petite ville trop tranquille ».

On regrettera le casting du couple de tueurs, peu crédible et la progression de l’intrigue quelque peu lente. Par contre, on retiendra l’interprétation de Tom Selleck, parfait dans le rôle et surtout aux antipodes de Magnum. Un premier contact correct, sans plus.

 

TELEFILM 2 : "UNE PETITE VILLE TROP TRANQUILLE

(2006, Titre original : JESSE STONE : NIGHT PASSAGE)

Jesse Stone - Night passage - imdb.jpg

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Scénario de Tom Epperson, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 85 minutes. Disponible en dvd zone 2 chez Sony Pictures Home. Photo : copyright www.imdb.com

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Saul Rubinek (Hastings Hathaway), Stephanie March (Cissy Hathaway), Viola Davis (Molly Crane), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Polly Shannon (Abby Taylor), Stephen McHattie (Capitaine Healy), Mike Starr (Lou Carson), Britt Robertson (Michelle Genest), Stephen Baldwin (Joe Genest), …

Scénario (d’après la jaquette du dvd sorti dans le commerce chez Sony Pictures Home) : Jesse Stone vient d’emménager dans la paisible petite bourgade de Paradise et d’y être nommé chef de la police. Mais les apparences sont trompeuses car dès le premier jour, Stone doit intervenir dans le cadre d’une affaire de violence domestique. Son enquête lui fera découvrir un vaste réseau de blanchiment d’argent auquel Hasty, le directeur de la banque locale, semble lié. Ce dernier, membre du conseil municipal, va inciter les autres à discréditer Stone afin de protéger son sombre secret…

AVIS : il s’agit d’un « prequel », soit comment Jesse Stone est arrivé à Paradise, avant le premier téléfilm « Stone cold ». « Une petite ville trop tranquille » apparaît d’ailleurs beaucoup plus maîtrisé que le premier téléfilm qui souffrait de problèmes de scénario et de rythme. Si vous préférez la chronologie et souhaitez d’emblée remonter aux origines du personnage, commencez par ce téléfilm-ci.

A mon sens, le meilleur téléfilm de la série à ce jour, sans préjuger de la suite : atmosphère, personnages, scénario ; tout concourt à nous offrir un excellent moment de télévision. A partir du 3ème téléfilm, il est impératif de les regarder dans l’ordre car la structure devient feuilletonnante et plusieurs événements sont rappelés dans les téléfilms suivants (ce qui arrive à Suitcase, la situation de Jesse comme chef de la police locale, …) et s’ils ne sont pas vus dans le bon ordre, risquent d’en altérer la compréhension.


TELEFILM 3 : MEURTRE A PARADISE

(2006, Titre original : JESSE STONE : DEATH IN PARADISE)

Jesse Stone - Paradise - imdb.jpg

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Scénario J.T. Allen, Tom Selleck & Michael Brandman, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 83 minutes. Disponible en dvd zone 2 chez Sony Pictures Home. Photo : copyright www.imdb.com

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Viola Davis (Molly Crane), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Stephen McHattie (Capitaine Healy), Orla Brady (Lilly Summers), Gary Basaraba (Norman Shaw), John Diehl (Jerry Snyder), Mae Whitman (Emily Bishop), William Devane (Dr. Dix), … et Joe le chien (Reggie).

Scénario (d’après la jaquette du dvd sorti dans le commerce chez Sony Pictures Home) : Jesse Stone s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie en tant que chef de la police de la bourgade de Paradise, Massachussetts. Alors qu’il enquête sur l’assassinat sanglant d’une jeune fille des environs, il découvre que cette dernière était une étudiante modèle qui soudain s’est métamorphosée en une adolescente rebelle et suicidaire. Bien décidé à identifier le coupable, Stone enquête sans relâche…

AVIS : sans doute le moins mémorable et le moins bien écrit de la série de téléfilms. Progression bof, méchants fades et conclusion sans véritable surprise. Comme dans le 1er téléfilm, « Stone Cold », on retiendra Tom Selleck et sa prestation, le reste étant secondaire. Pour le plaisir de retrouver le personnage de Jesse Stone, une fois encore. On pardonnera cet écart puisque la suite sera plus à l’avenant. 

 

TELEFILM 4 : L'EMPREINTE DU PASSE

(2008, Titre original : JESSE STONE : SEA CHANGE)

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Scénario de Ronni Kern, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 85 minutes. Disponible en dvd zone 2 chez Sony Pictures Home.

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Viola Davis (Molly Crane), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Stephen McHattie (Capitaine Healy), William Devane (Dr. Dix), Kathy Baker (Rose Gammon), Rebecca Pidgeon (Leeann Lewis), Sean Young (Sybill Martin), William Sadler (Gino Fish), James Gammon (Bob), Saul Rubinek (Hasty Hathaway), … et Joe le chien (Reggie).

Scénario (d’après la jaquette du dvd sorti dans le commerce chez Sony Pictures Home) : Le chef de police Jesse Stone s’ennuie : les crimes les plus importants dans sa petite ville du Massachussetts sont des infractions de stationnement. Il décide alors de rouvrir l’enquête sur un meurtre vieux de 15 ans et va rapidement découvrir que la mafia est impliquée dans l’histoire…

AVIS : plus que l’intrigue, on retiendra les grands moments de « méditation » de ce 4ème téléfilm : Jesse à la pêche, avec son psy, en train de regarder la mer, … De beaux moments d’atmosphère et des seconds rôles savoureux, dont se dégagent très nettement William Devane (Dr. Dix, le psy) et William Sadler (le truand Gino Fish). Et toujours Reggie, le chien craquant qui regarde Jesse dans ses moments de déprime. Et Jesse de lui répondre invariablement : « Qu’est-ce que tu regardes ? » (un gimmick, élément récurrent de la série de téléfilms).

 

TELEFILMS INEDITS EN ZONE 2 (EUROPE) :

  

TELEFILM 5 : THIN ICE (2009)

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Adapté pour la télévision par Ronni Kern. Histoire de Ronni Kern & Tom Selleck & Michael Brandman, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Produit par Steven Brandman. Durée : 88 minutes. En 2012 : disponible en dvd zone 1 (USA) uniquement chez Sony Pictures Home.

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Stephen McHattie (Capitaine Healy), William Devane (Dr. Dix), Kathy Baker (Rose Gammon), William Sadler (Gino Fish), Leslie Hope (Sidney Greenstreet), Jessica Hecht (Stephanie Morton), Joanna Miles (Mrs. Steinberg), Camryn Mannheim (Elisabeth Blue), Kerri Smith (Soeur Mary John), Todd Hoffley (Alan Garner), … et Joe le chien (Reggie).

Scénario : Venu tenir compagnie à son copain, le Capitaine Healy, lors d’une surveillance nocturne ; le chef de police Jesse Stone et son ami policier sont violemment agressés par un homme qui leur tire dessus à plusieurs reprises. Grièvement blessé, le Capitaine est transporté à l’hôpital tandis que Jesse réussit à blesser l’agresseur en fuite. Bien décidé à  mener son enquête afin de retrouver le coupable, Jesse Stone est interrogé par Sidney Greenstreet de la Police des Polices avec qui il noue rapidement une liaison intime.

Peu après, Jesse se voit menacé de suspension par le conseil municipal de Paradise, ce dernier étant plus soucieux de l’image de la ville et des rentrées d’argent générées par le tourisme que de la mauvaise publicité que lui font les affaires criminelles du chef de la Police de Paradise.

En parallèle, Elisabeth Blue, mère éplorée, vient voir Jesse pour lui faire part de son désarroi suite au kidnapping de son fils 7 ans plus tôt. Elisabeth a reçu une lettre lui écrivant que son enfant est toujours en vie. Jesse demande à Rose Gammon, sa collègue policière, de suivre l’affaire et de tenter de retrouver l’enfant qui serait dans les environs de Paradise. L’étau se resserre autour des circonstances entourant la disparition de l’enfant jusqu’à ce que la vérité éclate…

AVIS : dans « Thin ice », téléfilm toujours inédit en Europe, les codes empruntés au film noir sont évidents dès le début de l’intrigue : ambiance poisseuse, fausses pistes, alliances contre nature, … La référence est évidente dans le personnage de la « bœuf carotte » (police des polices), Sydney Greenstreet, joué par l’actrice Leslie Hope : c’était le nom d’un acteur obèse qui est apparu dans plusieurs films de John Huston avec Humphrey Bogart, dont l’inoubliable « Faucon maltais » et « Casablanca » de Michael Curtiz.

Seul défaut majeur : les scénaristes ont voulu rajouter des intrigues secondaires et cela alourdit le propos. On ne comprend pas toujours clairement où ils veulent en venir. A part cela, c’est certainement un des téléfilms les plus beaux au niveau de la direction de la photographie avec des ambiances bleutées, claires obscures et des personnages ambigus à souhait. Enfin, c’est l’occasion en fin de retrouver deux actrices bien connues des téléspectateurs : Leslie Hope (Mme Jack Bauer de « 24h chrono ») et Camryn Manheim (Ellenor Frutt de la série judiciaire « The Practice »).


TELEFILM 6 : NO REMORSE (2010)

Jesse Stone 6 - imdb com - No remorse.jpg

Image : copyright : www.imdb.com

Téléfilm américain réalisé par Robert Harmon. Ecrit par Tom Selleck & Michael Brandman, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Steven Brandman. Durée : 87 minutes. En 2012 : disponible en dvd zone 1 (USA) uniquement chez Sony Pictures Home.

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Kathy Baker (Rose Gammon), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Stephen McHattie (Capitaine Healy), William Devane (Dr. Dix), William Sadler (Gino Fish), Saul Rubinek (Hasty Hathaway), Kerri Smith (Soeur Mary John), Todd Hoffley (Alan Garner), Krista Allen (Cissy Hathaway), Mae Whitman (Emily Bishop), … et Joe le chien (Reggie).

Scénario : Toujours suspendu de ses fonctions par le conseil municipal de Paradise, le chef de police Jesse Stone va très mal. Sombrant dans l’alcool et la dépression, il a besoin d’aide. Le Capitaine Healy vient lui rendre visite, suivi peu après par Rose, sa collègue policière, venue lui demander conseil afin de tenter d’arrêter un très violent braqueur d’épiceries qui sévit dans la région. L’ex-Chef Stone retourne voir le Dr. Dix, son psychiatre, qui lui révèle des informations surprenantes sur son propre passé, Dix ayant été policier comme Jesse.

A Boston, un tueur en série assassine plusieurs personnes d’une balle derrière l’oreille. Le Capitaine Healy fait appel aux services de Jesse à titre de consultant provisoire affecté à l’affaire. Jesse a sa petite idée sur l’identité du tueur et va glaner quelques informations  chez Gino Fish, promoteur de boxe qu’il a déjà rencontré lors de précédentes enquêtes. Tandis que Rose et Suitcase mènent l’enquête afin de coincer le braqueur d’épiceries, Jesse découvre qui est le tueur en série et s’apprête à le mettre hors d’état de nuire…

AVIS : malgré sa tentative de se reconstruire, Jesse se retrouve à nouveau dans les ennuis et ne cherche visiblement pas à les éviter. Plus centré sur le profilage du mode opératoire des criminels, ce téléfilm développe aussi plus le personnage de Gino Fish, promoteur de boxe véreux et son homme de main, l’obscur Alan. Un bon cru qui donne envie de voir la suite.

  

TELEFILM 7 : INNOCENTS LOST (2011)


Jesse Stone tv 8 - Innocents lost.jpg

Image : copyright : www.imdb.com

Téléfilm américain réalisé par Dick Lowry. Scénario de Tom Selleck et Michael Brandman, d’après le roman de Robert B. Parker. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 91 minutes. En 2012 : disponible en dvd zone 1 (USA) uniquement chez Sony Pictures Home.

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), Stephen McHattie (Capitaine Healy), Mark Blum (Dr. Parkinson), Kathy Baker (Rose Gammon), Gloria Reuben (Thelma Gleffey), William Sadler (Gino Fish), Saul Rubinek (Hasty Hathaway), Kerri Smith (Sister Mary John), Eileen April Boylan (Cindy Van Aldan), … et Joe le chien (Reggie).

Scénario : Jesse Stone, désormais officiellement démis de ses fonctions de chef de la police de Paradise, est choqué lorsqu’il apprend la mort brutale de Cindy Van Aldan, une adolescente qu’il a bien connu et aidé. A Paradise, il fait la connaissance du nouveau chef de la police locale, un homme arrogant qui s’avère être le beau-fils d’un des conseillers municipaux. Afin de faire toute la lumière sur la mort de Cindy, il peut néanmoins compter sur le soutien de Rose et Suitcase et plus curieusement sur l’aide d’Hasty Hathaway, le banquier véreux que Jesse avait fait mettre à l’ombre et devenu vendeur de voitures. Durant ses recherches, Jesse croise à nouveau le chemin de Gino Fish, le promoteur de boxe véreux qui le met sur la piste d’un certain Valery Siminov…

AVIS : si l’intrigue semble assez similaire au 3ème téléfilm (« Meurtre à Paradise ») avec la mort inexpliquée d’une jeune fille, « Innocents lost » jette un regard nostalgique sur la jeunesse subitement foudroyée, qui n’aura jamais de futur, à travers le personnage attachant de Cindy.

A travers les flashes back, on sent bien tout le côté paternel et bienveillant de Jesse pour cette ado qui aurait pu être sa fille (dans la « vraie » vie, Tom Selleck est d’ailleurs père d’une adolescente prénommée Hannah).

Le téléfilm s’interroge aussi sur l’arrivée de cette nouvelle mafia venue de l’Est et prête à tout, à travers le personnage inquiétant de Valery Siminov. Qu’importe, justice sera faite, Jesse veille. Une bonne fournée malgré le manque d’originalité scénaristique.

Enfin, notons que c’est le 1er téléfilm qui n’est plus réalisé par Robert Harmon qui avait mis en scène tous les téléfilms jusqu’ici. Pour lui succéder, un honorable artisan télévisuel, Dick Lowry, qui avait déjà dirigé Tom Selleck dans le téléfilm western « Last stand at saber river » en 1997 (disponible en dvd en français).

Lowry a retenu la bible « Jesse Stone » et on le sent à l’aise dans cet univers, reproduisant sans peine la « patte » Robert Harmon. Tom Selleck, véritable patron dans l’ombre puisqu’il produit, doit sans doute y être pour beaucoup.


TELEFILM 8 : BENEFIT OF THE DOUBT

En cours de tournage au moment d’écrire ces lignes à la fin mars 2012



17:05 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

Un excellent travail passionnant à lire de bout en bout ! Bravo !

Écrit par : Dordain | 22/07/2012

Répondre à ce commentaire

J'ai vu et revu la plus part des épisodes toujours avec autant de plaisir et suis attendri par la relation homme chien pleine de sous entendu et de compassion l'un pour l'autre . De grands moments à regarder la télé !

Écrit par : fattelay | 05/10/2012

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Merci ! Très juste !

Écrit par : Emmanuel FRANCQ | 06/10/2012

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Tom es toujours aussi attendrissant, je regarde à chaque transmission et je me lasse pas, le personnage est immense riche en émotion, la relation avec son chien est forte, que du bonheur de suivre ses enquêtes. Un grand merci à vous tous

Écrit par : sylvie | 12/03/2014

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hier j'ai d'abord regardé le TVfilm pour Tom Selleck , ensuite j'ai apprécié Jesse Stone !!
hier j'ai vu le 2ème TVfilm , Jesse Stone perd son chien ,
comme le dit Sylvie toujours aussi attendrissant ce cher Tom
merci de tous ces renseignements

Écrit par : annie | 03/04/2014

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j'aime tout de ces JESSE STONE , la tranquillité et la nonchalance , la musique exceptionnelle , les prises de vues d'une grande qualité , la lumière , les acteurs si vrais, si simples . Les répliques a la fois surprenantes , tendres et drôles , remplies d'interrogation , d'un humour décalé
Et puis les yeux de Selleck et de son chien , moment inoubliable . Les 2 fauteuils accolés quand ils dorment l'un a côté de l'autre , l'homme blessé et son seul ami . Bref a chaque fois la même émotion et le même plaisir , J'en veux encore de ce cinema là . Merci Selleck

Écrit par : eva meyer | 04/04/2014

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Tom Selleck est toujours aussi plein de surprise, chaque épisode est riche en émotion, et que dire de la relation avec son chien... la musique est à la hauteur et le cadre également. Que du bonheur de suivre ses enquêtes. merci merci merci

Écrit par : aaksmk | 07/04/2014

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Rien que du bonheur de voir Tom Selleck,et son adorable chien ! Quel dommage que l'on ne le voit pas plus souvent en France !

Écrit par : maddy | 23/04/2014

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