09/09/2012

« TOUCH » : un chouette voyage à la découverte de l’humain

USA - 2012. Série créée par Tim Kring. Saison 1 (12 épisodes en couleurs). Toujours en production.

Avec Kiefer Sutherland (Martin Bohm), David Mazouz (Jake Bohm), Gugu Mbatha-Raw (Clea Hopkins), Danny Glover (Professeur Arthur Teller), Roxanna Brusso (Sheri Strepling), Catherine Dent (Abigail Kelsey), Maria Bello (Lucy Robbins), Titus Welliver (Randall Meade), …

Diffusé en 2012 sur Fox TV aux Etats-Unis et sur BE TV de juin à août 2012. Diffusion prévue sur RTL-TVI (Luxembourg en Belgique) d’ici fin 2012. 

Touch - Copyright imdbcom.jpg

Photo : Copyright : www.imdb.com – Fox TV – 20th Century Fox

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SCENARIO : Ancien reporter, Martin Bohm travaille aujourd’hui comme bagagiste dans un aéroport. Veuf, il a perdu sa femme dans les attentats du 11 septembre 2001 à New York qui lui a laissé un fils, Jake, âgé de 11 ans et qui n’a jamais prononcé un mot. Jake souffre d’autisme et ne supporte pas d’être touché par quiconque. L’enfant possède le don, à travers la découverte d’une série de chiffres, de pouvoir prédire des événements à venir, de faire se rencontrer des personnes que rien ne prédestinait à se croiser, des vies humaines qui se touchent. Martin suit les chiffres de Jake et répare des destins qui semblaient destinés à finir misérablement…

AVIS : autant dire que je n’étais pas franchement enthousiaste quand j’ai appris que Tim Kring, créateur de « Heroes », série de science-fiction qui avait très bien démarré pour ensuite se planter lamentablement, lançait son nouveau bébé : « Touch ». Mais le titre était intrigant plus le fait de retrouver Kiefer Sutherland, le Jack Bauer de « 24 heures chrono », dans un rôle à contre-emploi… Enfin, pour étrange que soit le postulat de la série, on ne pouvait pas se départir du sentiment que cela sentait le « Rain man » recyclé pour la tv. Bref, rien de bien ébouriffant.

Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je me laisse tenter. A la vision de cette première saison, courte avec seulement 12 épisodes (pour 22 à 24 en général), quoi en penser ? Eh bien… que du bien. En effet, « Touch » est suffisamment réfléchi que pour nous donner envie de se laisser embarquer, comme des gamins, dans un conte au final très humain. Un conte où Tim Kring fait appel à l’enfant qui – on se le souhaite – vit encore en nous, à sa capacité à imaginer, à s’émerveiller, à sa curiosité, à son goût de la découverte.

Au fil des histoires, les récits de vie qui nous sont (ra)contés montrent la beauté du genre humain tout comme sa fragilité. On y croise toutes les nationalités (Arabes, Palestiniens, Africains, Juifs, Brésiliens, Russes, … présentés au fil des épisodes, parlant dans leur langue originale et dans leur contexte culturel) et ce qu’on en retient au bout, c’est que les étiquettes et les nationalités tombent pour nous révéler cette belle vérité : l’Amour avec un grand « A » pour son prochain nous fait traverser bien des épreuves et au final, nous grandit.

Cela dit, « Touch » a les défauts de ses qualités : certains personnages sont assez stéréotypés comme la belle-sœur qui veut récupérer le gamin et certaines histoires tombent parfois dans la mièvrerie sentimentalo-romantique typiquement américaine, passablement « cucul la praline » (la jeune américaine « fleur bleue » qui veut, via son blog, faire se retrouver deux amoureux égarés). Mais bon, on pardonnera ce côté « too much » car ce qui émeut avant tout dans « Touch », c’est justement son regard positif sur l’humanité dans ce qu’elle possède de plus universel. Pas de races, pas de frontières, pas de limites, … ; « Touch » prêche le grand tout qui nous rassemble avec sa chaîne de l’amour et de l’amitié qui transcende les cultures et les langues.

Autre aspect intéressant : l’idée que chaque vie est reliée aux autres par un fil rouge qui ne doit pas être cassé. Jake, le gamin autiste, est en quelque sorte l’ambassadeur de ces vies amenées à se rencontrer, à se toucher (d’où le titre de la série qui fait référence à ce double sens : Jake ne supporte pas d’être touché mais fait se toucher des vies entre elles), grâce aux chiffres, alibi puissant et intrigant, qui permettent la rencontre de personnes très différentes, de destins qui se croisent et dans le meilleur des cas, s’aiment et s’aident.

Si on n’apprend pas grand-chose sur l’enfant qui reste une énigme au terme de cette première saison, on suppose, via la voix d’Abraham, le voisin juif qui partageait le bureau du Professeur Teller (formidable Danny Glover), qu’il pourrait faire partie des « 36 Justes », selon la théorie de la Kabbale qui affirme que 36 personnes seraient là dans notre monde pour le sauver. Avant de découvrir Jake, Teller avait déjà travaillé avec une jeune fille qui possédait d’extraordinaires capacités. On soupçonne d’ailleurs que celle-ci a été tuée par un puissant organisme occulte qui cherche ensuite à enlever Jake afin de servir des intérêts visiblement peu louables.

Dans le rôle de Martin Bohm, le papa inquiet du jeune prodige, Kiefer Sutherland – également coproducteur sur la série – n’était peut-être pas le meilleur choix de casting. Quand il parle de manière essoufflée au téléphone ou porte secours à des personnes blessées, on sent qu’il a parfois du mal à se débarrasser de certains tics qui rappellent fort le super agent Jack Bauer. L’acteur s’offrirait-il une forme de rédemption ? En effet, fort critiquée pour son recours un peu trop systématique à la torture, la série « 24 heures chono » n’a pas laissé que des bons souvenirs depuis son arrêt en 2010. Dans « 24 h », Kiefer/Jack torturait et tuait ; dans « Touch », Kiefer/Martin sauve et répare des vies.

Mais bon, l’acteur a le mérite de se remettre en question et d’essayer tout à fait autre chose, quitte à parfois manquer de conviction mais jamais de panache. Et puis, l’enfant, à travers les chiffres et leur symbolique, pose aussi la question du sens, notamment le sens de la vie et celui de la descendance quand rien ne se passe comme prévu : comment un père peut-il s’occuper d’un fils avec qui il n’arrive pas à communiquer ? Ici, c’est le fils qui guide le père et lui apprend en partie le sens du monde via une série de chiffres déterminants pour l’avenir de vies humaines qui ont besoin d’aide.

Au terme de cette première saison, difficile de donner un avis définitif. Fort agréable à regarder, « Touch » contient suffisamment de bons épisodes, souvent peu prévisibles, que pour donner envie de vouloir suivre la suite. Tous les enjeux ne sont pas encore révélés et plusieurs questions n’ont pas encore trouvé les réponses qu’on attend. Les deux derniers épisodes laissent un peu sur sa faim car on sent que les scénaristes tirent quelque peu en longueur pour ne pas dévoiler toutes les cartes.

On a aussi un peu peur que la suite déçoive quand on se rappelle le fiasco « Heroes » qui avait tout donné au début pour ne pas tenir ses promesses ensuite. Ne faisons pas un procès d’intentions à Tim Kring. Il évolue et nous aussi. Sa série est originale, belle, sympathique en diable, vraiment rafraîchissante et surtout, porteuse d’espoir en un avenir meilleur. Non à la peur et à la haine, oui à l’Amour et à la vie. Rien que pour ce message, on dit merci à Tim Kring car cela nous change des sempiternels crimes sexuels, meurtres atroces et autres psychopathes dont nous abreuvent ad nauseam les « Experts », « Esprits criminels » et autres « NCIS ».

Au final, « Touch » se révèle une série vraiment…touchante.

« TOUCH » (Saison 2) : la magie a disparu…

TOUCH season 2

© Touch-Season-2-Promotional-Cast-Photo-Beach-Symbol. - Copyright Fox Television - www.24spoilers.comjpg

2ème saison de 14 épisodes et fin de la série.

Diffusée début 2014 sur BE TV (ex-Canal + Belgique).

Pas de date annoncée pour la sortie à la vente en dvd.

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 2 DE « TOUCH »

Pauvre Tim Kring ! Le créateur et papa de « Touch » semble condamné à revivre l’expérience malheureuse de « Heroes », sa série de super-héros qui était rapidement partie en sucette. Après une première saison magique et réellement attachante (lire aussi la critique sur ce blog), nous voilà partis dans une autre direction qui lorgne méchamment vers « 24 heures chrono » (normal, il y a Kiefer Sutherland) et ses conspirations.

En gros, le papa et son gamin doivent échapper aux griffes d’Aster Corps, une vilaine multinationale avide de fric et soucieuse de capturer le petit génie pour éviter la faillite. Capable de prédire les événements à venir par une suite de chiffres, le petit Jake n’en a que plus de valeur aux yeux des affreux requins parmi lesquels une rousse glaciale incarnée par Frances Fisher (ex-Mme Clint Eastwood, vue dans le western « Impitoyable » et la série « Urgences »).

Curieusement et c’est son principal défaut, cette 2ème saison devrait être palpitante. Que du contraire. L’ensemble est uniformément plat, mal ficelé, parsemé d’invraisemblances et on se fout assez bien de ce qui va arriver tant les rebondissements sont grotesques. Pis, Kiefer Sutherland répète déjà pour le rôle de Jack Bauer (qu’il vient de reprendre dans une minisérie) en menaçant de son revolver, sans compter les scènes de torture qui n’ont rien à faire dans une série qui se voulait familiale. Cela vous rappelle quelqu’un ?

Au final, au vu des faibles audiences de la 1ère saison (pourtant sympathique), Tim Kring s’est vu obligé de remodeler le concept de « Touch » (notamment son générique) sur injonction de la FOX qui diffuse la série aux USA. On a la méchante impression de ne plus du tout voir la même série, d’ailleurs annulée depuis lors. Triste. Adieu Martin et Jake, on se souviendra de la saison 1 en oubliant vite cette suite calamiteuse et parfaitement dispensable. 

14:57 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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