17/02/2013

"BURN NOTICE", quand la série d'espionnage se recycle avec bonheur

USA - 2007 à 2012 : 98 épisodes, 6 saisons.

Série d’espionnage et d’action créée et produite par Matt Nix.

Avec Jeffrey Donovan (Michael Westen), Gabrielle Anwar (Fiona), Bruce Campbell (Sam), Sharon Gless (Madeline Westen), Coby Bell (Jesse), …. Diffusé sur 13ème Rue et sur RTL-TVi (Luxembourg Belgique).

Burn notice

Photo : copyright : USA network – 20th Century Fox – www.imdb.com

VOIR UNE BANDE-ANNONCE DE LA SAISON 4 DE « BURN NOTICE » SUR « YOU TUBE » (source : promo de la chaîne française « 13ème RUE »)

SUJET : Michael Westen était un espion pour la CIA jusqu'à ce qu'il apprenne, en pleine mission à l'étranger, qu'il a reçu une "burn notice", soit un avis comme quoi il est « grillé » auprès de l’Agence de renseignements qui l’employait. Dès lors, il n’est plus considéré comme un agent actif. Bloqué à Miami par son ancien employeur sous peine de poursuites par la justice, Michael cherche à savoir qui lui a fait ça et surtout pourquoi. Au cours de sa quête, il utilise ses compétences pour venir en aide à diverses personnes victimes de racket, de stalking ou encore de chantage. Durant ses missions, il peut compter sur l'aide de Sam, occasionnel informateur du FBI et grand buveur devant l’éternel et de Fiona, surnommé "Fi", ex-membre de l'IRA, experte en explosifs et en armes à feu...

AVIS : Voilà une série tout à fait recommandée pour se détendre et que l’on peut se procurer facilement en dvd (les 3 premières saisons sont disponibles sur les 6 déjà diffusées aux Etats-Unis). Prenez une pincée de "Miami Vice" (pour le cadre enchanteur de Miami et les trafiquants en pagaille), beaucoup de "MacGyver" (pour le côté bricoleur et gadgets en tous genres), un peu d’"Agence tous risques" (pour le côté redresseur de torts au grand cœur), encore un peu d’"Equalizer" (pour l’espionnage). Saupoudrez encore de « Mission : impossible » (pour les missions dangereuses) et de « Magnum » (pour l’humour) ; mélangez le tout et vous obtenez "Burn notice".

Matt Nix, jeune quadragénaire et créateur, scénariste et producteur de la série, connaît ses classiques. Avec talent, Nix nous propose son savant mélange de ces grandes séries marquantes des années 60, 70 et 80. Mais - et c’est là sa grande qualité - au contraire de ses modèles, "Burn notice" a l’intelligence de distiller beaucoup d’humour et de ne pas trop se prendre au sérieux, en enchaînant moments amusants et dramatiques avec un égal bonheur. Et ce malgré son côté tape-à-l’œil rebutant de prime abord, rappelant l’épouvantable et médiocre « Les experts : Miami » : montage rapide, images ensoleillées, filles en bikini, farniente et tout ce que cela suppose de superficiel.

Comme dans « Agence tous risques », les fans d'action en auront pour leur argent puisque poursuites, fusillades, explosions et cascades figurent au menu de chaque épisode, parfois même jusqu’à l’excès. Cela flingue et explose en tous sens et il n’y a quasiment jamais de blessés, ni de morts. Indigeste diront certains, outrancier diront d’autres. Pour moi, c’est déjanté et gentiment farfelu, voire parodique.

Avec moins de nuances que "Magnum" au niveau de l’humour, "Burn notice" nous amuse aussi beaucoup, notamment par la façon dont sont présentés les personnages, surtout les vilains : un sous-titre apparaît à l’écran avec un bref gel de l’image et la mention, par exemple, « Mario, diplomate pourri » ou encore « Scott, ancien client revanchard ». Parfois, on a même droit au « double sous-titre » comme « Tyler Brennen, espion à mi-temps et… sociopathe à plein temps » Vraiment poilant et amené à un moment où on ne s’y attend pas du tout.

On s’amuse aussi beaucoup avec le personnage de la mère de Michael, Madeline Westen (Sharon Gless de « Cagney et Lacey », les fliquettes en jupons des années 80) : il n’y a qu’à voir le super espion Michael, tout docile face à sa maman pas contente qui le harcèle au téléphone parce qu’il a fait exploser sa cuisine ! En plus, cela change des séries actuelles (Esprits criminels, Hawaii 5-0, Les experts, …) où toutes les actrices sont jeunes, belles, voire liftées à 23 ans et surtout superficielles. « Burn notice » ose aussi montrer des femmes d’âge mûr qui s’assument et ne s’en laissent pas compter, aussi dominants soient les mâles !

Avec Fiona Glenanne et Sam Axe, Michael forme un sacré trio qui monte des « arnaques » louables puisqu’elles visent des crapules en tous genres (trafiquants de drogue, gangsters qui rackettent, flics ripoux, …). La série rappelle par moments le film « L’arnaque » (1973) avec Robert Redford et Paul Newman. Tout se joue au niveau des apparences et Michael nous le raconte en détail dans ses commentaires en voix-off, toujours instructifs sur la manière d’opérer afin de réussir les missions.

Les relations entre Michael, Fiona et Sam sont succulentes, teintées de respect mutuel et de franche camaraderie. Fiona, personnage féminin très dominant, peut se la jouer minette en pamoison face à Michael dont elle semble toujours secrètement amoureuse. Quant à Sam, il représente vraiment le prototype du « beauf américain » (chemise à fleurs, surcharge pondérale, amateur de breuvages mauvais pour la santé, humour au ras des pâquerettes) mais attention aux apparences…

Ce personnage, loufoque et haut en couleurs, est incarné avec gouaille par Bruce Campbell, grand pote de Sam Raimi. Le même Campbell qu’on a découvert dans le cinéma d’horreur avec les « Evil Dead » et la série « Les aventures de Brisco County, Jr. » (1993), mélange réussi de western et de fantastique, rappelant par moments la mythique « Les Mystères de l’Ouest » (1965-69). Dans « Hercule » et « Xéna la guerrière », il campait aussi Autolycos, le roi des voleurs, un personnage succulent, portant une fine moustache et vêtu d’un costume vert et de collants ; le clin d’œil à Errol Flynn et son « Robin des Bois » est évident.

La série a aussi le grand mérite de rendre attachant le personnage de Michael Westen, joué avec panache par Jeffrey Donovan (qui a été Kyle, le frère caché de Jarod dans « Le caméléon »). Pas vraiment paumé mais pas heureux de ce qui lui arrive. Mike se sent comme dans une toile d’araignée : plus il cherche à se dégager, plus il se retrouve coincé.

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce personnage, c’est avant tout son côté très malin et le fait qu’il ne cherche jamais à se venger ou à faire du mal pour le mal. Seuls comptent l’objectif (réussir sa mission) et essayer de récupérer son job. A cet égard, Michael ne nourrit pas de sentiment de haine particulier à l’égard de ses ennemis pourtant nombreux. Violent quand il le faut, toujours noble et digne malgré les circonstances.

Au fil des épisodes, on a l'occasion d'en apprendre un peu plus sur Michael et son passé : chaque pièce du puzzle se met en place pour découvrir le pourquoi de sa "Burn notice". Le mystère est savamment entretenu et à ce jour (j’ai pu voir les 4 premières saisons), toutes les questions n’ont pas encore trouvé les réponses mais au contraire de « Lost », on ne se lasse pas trop. La fin de la saison 4 laisse supposer une issue heureuse pour Michael, tout en conservant savamment le mystère.

Ensuite, on relèvera une bonne idée de scénario pour renouveler la série qui commençait à tomber dans un schéma quelque peu répétitif : dans la 4ème saison, les scénaristes ont introduit le personnage de Jesse Porter (Coby Bell, vu dans « New York 911 »), sorte de version « black » de Michael, soit un autre espion qui a également reçu sa « burn notice ». Jesse vient renforcer l’équipe et en échange de quoi, Michael va l’aider à être réintégré au sein des services d’espionnage américains mais cela s’avère tout aussi compliqué que pour lui…

Autre qualité : le respect de la paternité. Entendez par là que « Burn notice » multiplie les clins d’œil et ne renie pas sa filiation avec la série des « Jason Bourne » de Robert Ludlum et les bandes dessinées « XIII » de Jean Van Hamme : dans la 2ème saison, un des barbouzes qui mène la vie dure à Michael Westen s’appelle Jason Fly !

Parmi les assassins, tueurs professionnels et autres taupes ; Michael  rencontre également une fameuse collection d’agents secrets au passé trouble et aux motivations souvent peu avouables. Une galerie de personnages souvent inquiétants mais, la plupart du temps, désopilants. Point commun : tous partagent la culture du secret. Mais en même temps, on est loin de l’atmosphère des séries d’espionnage récentes, souvent réalistes, sombres et parano à souhait, comme « Homeland » et « Rubicon ».

Enfin et c’est la cerise sur le gâteau, au fil des épisodes, on croise une fameuse brochette de stars, bien connues des téléspectateurs pour leur succès dans d’autres séries : Lucy Lawless (Xéna la guerrière, en redoutable tueuse à gages), Michael Shanks (Daniel Jackson dans « Stargate SG-1 »), Richard Burgi (The Sentinel, Desperate Housewives) et plusieurs acteurs de « The Shield » avec Jay Karnes (Dutch), Benito Martinez (Aceveda), Kenny Johnson (Lem) et Michael Jace (Julien).

Parmi les « anciens », on croise encore avec plaisir John Doman (Les Borgia, The Wire, Oz) et Tim Matheson (The West Wing, Sur la Piste des Cheyennes) qui réalise aussi plusieurs épisodes ; Callie Thorne (Rescue Me, La diva du divan), Richard Schiff (Toby dans West Wing), Garret Dillahunt (la série Terminator : les chroniques de Sarah Connor) et Robert Patrick (The X-Files, The Unit). On retrouve même le toujours fringant Burt Reynolds, pêtant de forme à 75 ans passés. Bref, on avoue avoir un certain plaisir à retrouver tous ces acteurs dans des rôles à l’opposé de ceux qui les ont rendus célèbres.

Aux USA, "Burn notice" a été un succès-surprise dès 2007 alors qu’elle avait été créée à l’origine comme « bouche trou ». Au contraire des « Dexter », « Homeland » et autres « Breaking Bad », c’est une série qui ne retient pas l’attention des critiques et passe assez inaperçue dans le flot des séries actuelles. Voici 30 ans, on aurait cru la même chose  d’ « Agence tous risques », reléguée au second plan face aux « Miami Vice » et autres « Magnum » de l’époque. Or, « The A-Team » fait aujourd’hui l’objet d’un culte des fans nostalgiques des années 80 et d’une adaptation réussie au cinéma avec Liam Neeson, sortie en 2010. Sera-ce le cas de « Burn notice » dans 30 ans ? L’avenir nous le dira.

En attendant, le mot d’ordre de « Burn notice » est – et on ne s’en plaindra pas : « Asseyez-vous, on va tout faire péter et on va bien s’amuser. » Un plaisir coupable qui, s’il n’est pas vraiment finaud, se regarde toujours avec régal.

BURN NOTICE 7 : Michael Westen sort par la petite porte

BURN NOTICE 7

Photo : ©  USA Network 20th Century Fox

Action (13 épisodes de 40’) disponible en dvd depuis novembre 2014

C’était avec une certaine fébrilité qu’on attendait cette ultime saison en se disant : « Chouette, on va enfin savoir pourquoi Michael a été grillé par la CIA voici déjà 6 ans ». Et cela démarre plutôt bien : pour échapper à la prison à vie, l’espion reprend du service pour le compte de la CIA et doit rendre des comptes à Strong, un crétin congénital (Jack Coleman, le papa à lunettes de la cheerleeder dans « Heroes »).

Voilà donc Michael lancé dans une dangereuse mission d’infiltration au sein du groupe de soldats du mystérieux James que Strong veut coffrer coûte que coûte. Ex-espion lui aussi, le barbu teste Michael jusque dans ses derniers retranchements et finit par en faire son homme de confiance. Jusque là, c’est plutôt bien amené et le show reste sympa à regarder.

Par contre, on sent que l’humour a disparu au profit d’une intrigue très « black & white » (bon contre méchant). Finis les sous-titres à l’image pour définir les méchants et le côté décalé. Tout prend un air très, trop sérieux. Surtout Michael. Plus « burn-outé » que « burn noticé », le personnage se retrouve complètement coupé de ses émotions. Normal après tout ce qu’il a vécu. Mais l’espion a perdu son humanité et n’a plus ce côté attachant. On se retrouve face à un robot froid et quasi antipathique.

Là où ça commence à coincer, c’est quand on suit ses relations avec James : non seulement, on ne sait pas grand-chose de ce méchant, ni de ses intentions et encore moins du pourquoi il doit être arrêté. A la place, les coups de feu et explosions masquent, tel un écran de fumée, un scénario qui a atteint ses limites.

De fait, les 3 derniers épisodes (pour une saison écourtée de 13 au lieu des 18 habituels) font dans le grand n’importe quoi et pire ( ! SPOILER) ne révèlent pas le pourquoi du « burn notice » dont a été victime l’espion. Comme si Matt Nix, son créateur, n’avait pas su comment conclure. A la place, il bâcle son récit et l’ultime épisode, dans son final, est totalement grotesque. Cela dit, il laisse croire à un possible retour de Michael Westen et ses compères.

Alors, c’est vrai que « Burn notice » n’a jamais été une grande série, tout au plus un honnête divertissement avec quelques personnages attachants. Dans ses bons côtés, elle rappelait « MacGyver » et ses astuces pour se sortir de toutes les situations. Dans ses pires, elle soûlait avec son obsession de la gâchette (trigger happy comme Fiona) et ses mitraillades insensées rappelant la stupide « Agence tous risques ».

 

Mais là, franchement, quelle déception ! La série n’avait plus rien à dire sur son personnage et la fin le faisait clairement sentir. Michael Westen méritait mieux. Dommage.

15:14 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |