10/03/2013

"PERSON OF INTEREST" : parano et espionnage au service de la Justice

PERSON OF INTEREST 

USA – 2011/en cours : 39 épisodes, 2 saisons.

 Série créée par Jonathan Nolan et produite par JJ Abrams. Toujours en production.

Person of interest

Avec Jim Caviezel (John Reese), Michael Emerson (Harold Finch), Taraji P. Henson (Detective Joss Carter), Kevin Chapman (Detective Lionel Fusco), Michael Kelly (Mark Snow), Robert John Burke (Officier Patrick Simmons), Elizabeth Marvel (Alicia Corwin), Mark Margolis (Gianni Moretti), …

Diffusé sur RTBF1 (Belgique) en 2012 et sur TF1 depuis le 6 mars 2013.

VOIR UN TRAILER « PREVIEW » sur « YOU TUBE » avec des explications de Jonathan Nolan sur les personnages (non sous-titrés en français)

Photo : © CBS Television - fullstream.net

SUJET (résumé issu du dossier de presse) : Après une bagarre dans le métro avec une bande de jeunes délinquants, John Reese, un ancien agent secret devenu SDF, se voit offrir un travail par le mystérieux Monsieur Finch. Après les attentats du 11 septembre, Finch a mis au point la « machine », un programme informatique visant à recouper d’énormes quantités d’informations pour détecter des schémas de comportement ou d’activité trahissant des intentions terroristes. Ce logiciel peut identifier des personnes reliées à un crime n’ayant pas encore été commis. Mais ce programme ne peut toutefois pas déterminer l’implication exacte de l’individu identifié, ni le lieu du méfait. Finch et Reese font désormais équipe afin de venir en aide aux victimes, tout en étant épaulés par les forces de l’ordre, souvent malgré elles…

AVIS : au risque de passer pour un grincheux (meuh non !), je n’étais pas franchement enthousiaste à l’idée de voir une nouvelle série produite par JJ Abrams, le nouveau génie d’Hollywood et réalisateur de « Mission impossible 3 » (bof), « Star Trek » (passable), « Super 8 » (bof bof…). Ses séries « Lost » et « Alias » m’avaient passablement déçu, surtout dans leur conclusion. La seule série potable que je retiendrais parmi ses créations est « Fringe », sorte de sous-« X-Files », de qualité inégale mais qui bonifie avec le temps. Bref, pour moi, « Bébé Spielberg » est largement surfait et n’arrive pas à la cheville de son mentor.

Mais comme les premiers échos étaient plutôt positifs et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… Et surtout une bonne surprise avec la présence au générique du créateur de « Person of interest » : Jonathan Nolan, frère de Christopher, avec qui il a écrit les scénarios de ses films : « Memento », « Le Prestige » et les Batman « The Dark Knight ».

Heureusement, c’est plutôt Nolan frère qui se trouve aux commandes de la série ; Abrams se contentant de produire, tout accaparé qu’il est par la sortie de « Star Trek II » et surtout la préparation du nouveau « Star Wars », prévu pour 2015, nouvel épisode qui marquera le retour des acteurs de la trilogie originale (Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford).

Tout comme Matt Nix, créateur de « Burn notice » (lire aussi la critique sur ce blog), Jonathan Nolan connaît ses classiques de la télé : « Person of interest » reprend le concept de la série « The Equalizer » (1985-89, où un ex-agent de la CIA, Robert McCall, venait en aide à des victimes de racket, de kidnapping, …) en le « mélangeant » au roman « 1984 » de George Orwell et aux grands films d’espionnage des années 70 (on pense surtout aux « Trois jours du Condor » avec Robert Redford en 75 et à « Conversation secrète » de Coppola avec Gene Hackman en 74).

Person of interest

Photo : copyright : extreme-down.com

« Person of interest », c’est une expression bien réelle qu’utilisent les services secrets afin de déterminer s’il s’agit d’une personne à surveiller, suspecte d’agissements visant à déstabiliser le Gouvernement. Dans la série, si des individus particulièrement dangereux sont repérés par la machine de Finch ; il en est d’autres qui n’ont rien à voir avec une quelconque activité criminelle et se retrouvent malheureusement au mauvais endroit au mauvais moment. Reese entre alors en action pour rétablir la justice…

Cette « machine » créée par Harold Finch, énigmatique petit bonhomme à l’allure de comptable, représente en quelque sorte le symbole de l’Amérique paranoïaque et sécuritaire post-attentats du 11 septembre. Les traumatismes sont toujours bien là : la plaie béante des USA, frappés sur leur territoire lors de cette horrible journée du « 9/11 », saigne encore…

A cet égard, l’ambiance de la série, parano et sombre à souhait, pourra en refroidir plus d’un. Jonathan Nolan a visiblement été traumatisé par le « Big Brother » d’Orwell. Cela se remarque surtout dans les plans où un petit carré « cible » des voitures et surtout des personnes. Nous sommes surveillés. A la différence près qu’ici, c’est pour la justice et pas le totalitarisme. Quoique tout soit plus ambigu et complexe que cela… Rien n’est blanc ou noir.

Même si sa critique du système bancaire et de l’effondrement de l’économie mondiale ne va pas bien loin (on est avant tout dans une série d’action avec un peu d’espionnage et des personnages énigmatiques), Nolan laisse entrevoir la noirceur qui a envahi les Etats-Unis et le monde suite à l’effondrement de Wall Street en 2008, rappelant par moments l’univers désespéré des Batman.

Cela se remarque notamment lors des flashbacks sur la ligne du temps qui remonte sur la gauche, passant année après année, où, dans des scènes marquée par une lumière bleue glaciale, on a l’occasion d’en apprendre plus sur Finch et la création de la machine. Très travaillée sur le plan visuel, « POI » est souvent un régal pour qui aime les ambiances créées par les jeux de lumières.

A la première vision, il semble donc difficile de « rentrer dedans » avec cette atmosphère et ces personnages assez froids de prime abord. Le style « bande dessinée » de la série, marqué par une violence plus graphique que réelle (pas de sang, juste des trous noirs au lieu d’impact des balles ; normal, on est sur CBS, une grande chaîne nationale, pas sur le câble), pourra aussi étonner, à l’heure des sanglants « Breaking Bad » et autres « Dexter ». Cela dit, les « bastons » de Reese laissent des traces sur les visages, éraflés et contusionnés, voire sanguinolents mais sans excès.

Pourtant, passés les premiers épisodes, « Person of interest » prend peu à peu sa vitesse de croisière et on se surprend à trouver attachants Finch, Reese et Carter. A sa manière, chacun a sa conception de la justice : si Finch utilise la ruse et surtout l’intelligence couplées aux capacités phénoménales des nouvelles technologies (la machine toujours), Reese préfère se fier à son instinct et est plus prompt à passer à l’action quoiqu’il entrevoie très vite le profil des crapules auxquelles il a affaire. Quant à Carter, c’est un peu une flic « old school », qui se fie aussi à son instinct et à qui on ne la fait pas. Ce trio improbable se révèle pourtant diablement efficace, surtout dans les derniers épisodes de la première saison quand, réunis par les circonstances, ils n’ont d’autres choix que de s’épauler.

Trio - ou plutôt quatuor devrait-on dire - si on compte  encore Lionel Fusco, le flic ripou, que Reese adore manipuler et surtout taquiner : « Tu te fais du souci pour moi, Lionel ? Je suis touché. » Un autre épisode montre le même Lionel arriver sur une scène de crime et un des protagonistes lui demande : « Ah c’est vous Fiasco » et Lionel, visiblement agacé, de répondre : « Non, Fusco ». Un personnage horrible et qui pourtant, possède des qualités. Rien n’est tout blanc ou tout noir, en effet.

Au-delà du message sécuritaire et parano, « Person of interest » a le mérite de ne pas se prendre trop au sérieux, en distillant un humour bienvenu qui vient détendre l’atmosphère souvent glaciale, voire oppressante. Exemple : un autre épisode montre Reese et Finch recueillant un bébé, dans un récit rappelant par moments « Trois hommes et un couffin ». Très amusant, surtout quand Finch s’énerve sur Reese en lui reprochant de ne pas s’avoir s’occuper d’un nourrisson !

Au final, si vous en avez assez des séries conventionnelles et prévisibles, alors « Person of interest » vous est vivement conseillée car elle se révèle intelligente, très divertissante et bien fichue. Mêlant habilement les genres policiers, espionnage et action avec une bonne dose d’humour ; elle préserve aussi l’aura de mystère de ses principaux protagonistes tout en distillant, ici et là, quelques éléments bien amenés.

Person of interest

Ayant déjà eu l’occasion de voir toute la 1ère saison (23 épisodes) en Belgique, diffusée sur la chaîne nationale fin 2012 mais en version française uniquement (VF réussie cela dit), je la revois avec grand plaisir à présent sur TF1 en version originale sous-titrée, via le canal multi-diffusion. La série marche actuellement très fort aux USA et pour une fois, les Américains plébiscitent une bonne série (cela change de « Numbers » ou « Bones » que je trouve épouvantables), ce qui est en soi plutôt rassurant.

Photo : © CBS Television - www.amazon.com - CBSopy

 

Série disponible en dvd ? CD de la musique disponible aussi ?

Fin mars 2013, le site français d’Amazon annonce la sortie de la saison 1 (VF + VO avec sous-titres) pour le 5 juin 2013. En 2012, la saison 1 est parue aux USA en zone 1 mais il faut disposer d'un lecteur multizone et se passer de sous-titres français et de version doublée (notons que c'est Jean-Pierre Michael qui double Reese tandis que l'excellent Jean-Luc Kayser prête sa voix à Michael Emerson qu'il avait déjà doublé sur "Lost" dans le rôle de Benjamin Linus). Enfin, pour les fans de musique, on peut se procurer le cd de l’excellente partition de « Person of interest », du compositeur Ramin Djawadi.

 

NOTE SUR LES ACTEURS :

Person of interest

 

 

Harold Finch (Michael Emerson) - Photo : copyright www.imdb.com - CBS

 

 

Avec ses yeux globuleux inquiétants, Michael Emerson est excellent dans le rôle de l’énigmatique Harold Finch. Déjà bien flippant en Benjamin Linus dans « Lost », il trouve sans doute ici le meilleur rôle de sa carrière. Un comédien qui a essentiellement joué dans des séries tv : « FBI Portés disparus », « The Practice », « The X-Files », « New York Unité spéciale », … avant de connaître la consécration avec « Lost »

 

Person of interest

John Reese (Jim Caviezel) - Photo : copyright www.imdb.com - CBS

Acteur de cinéma révélé par « La ligne rouge » de Terence Malick en 1998, Jim Caviezel aura encore marqué les esprits en incarnant Jésus dans le très controversé « La Passion du Christ », réalisé par Mel Gibson en 2004. On retiendra encore deux films d’action de bonne facture : « Fréquence interdite » en 2000 sur les paradoxes temporels aux côtés de Dennis Quaid et « Transit » en 2012. Depuis, l’acteur semble avoir orienté sa carrière vers la télévision puisqu’on l’a vu en 2009 dans le rôle du N°6 dans le remake télé pas trop mémorable de la mythique série « Le Prisonnier » de et avec Patrick McGoohan. « Person of interest » semble avoir relancé sa carrière jusque là en déclin. On le reverra prochainement dans « The Tomb », film d’action carcéral aux côtés de Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger.

 

Person of interest

Joss Carter (Taraji P. Henson) - Photo : copyright www.imdb.com - CBS

Epatante comédienne, très crédible dans son rôle de flic ; l’actrice Taraji P. Henson réalise une belle carrière télé (« Urgences », « Dr. House », « Les experts », « Boston Justice », …). On a pu la voir au cinéma dans « La légende de Benjamin Button » en 2008 et plus récemment dans « Larry Crowne » (2011) de Tom Hanks avec Julia Roberts ainsi que « Karate Kid » (2010), remake dispensable avec le rejeton de Will Smith. Sa carrière se concentre actuellement sur « Person of interest », même si la comédienne ne renie pas les apparitions au cinéma, lors des breaks de la série.

 

PERSON OF INTEREST - Saison 2 : la machine a des ratés…

Série d’action et d’espionnage de Jonathan Nolan. Diffusée sur la RTBF1 (chaîne publique francophone belge) de janvier à mars 2014 ainsi que sur TF1 en France.

Disponible à la vente en dvd dès le 14 mai 2014. 3ème saison en cours aux USA.

Person of Interest season 2

Photo : © Person of Interest season 2 - Warner Bros Television - CBS - Bad Robot Productions

VOIR UNE BANDE-ANNONCE DU FINAL DE LA SAISON 2

Alors que TF1 s’apprête à diffuser les derniers épisodes de la 2ème saison de « Person of Interest », les téléspectateurs belges (dont je suis) ont déjà eu la chance de tout voir voici quelques semaines. A la vision des premiers épisodes de cette 2ème fournée, l’impression qui se dégageait était « Eh m…, ils ont tout donné dans la saison 1. C’est plat, il n’y a plus cette étincelle. »

Pas si vite ! Après 8 épisodes plutôt banals, la suite surprend puisqu’elle réintroduit les malfaisants du RH et entraîne Reese dans une course contre la mort plutôt haletante, marquée par la réapparition d’un personnage que l’on croyait mort dans la saison 1.

L’autre bonne idée du créateur de la série, Jonathan Nolan (frère de Christopher, réalisateur des « Dark Knight »), a été de faire « dérailler » la machine. Conçue à l’origine par Finch pour traquer les terroristes, voilà qu’elle tire au sort des criminels… qui n’en sont pas ! Avec cette surprise que Reese et Finch, les chasseurs, se transforment soudain en proies pour leurs ennemis. Retournement de situation aussi étonnant que bien amené. La machine n’est plus fiable et à l’image du monstre de Frankenstein, la créature se retourne contre son créateur.

Outre Reese et Finch, les flics Carter et Fusco se retrouvent aussi en danger, ayant de plus en plus de mal à cacher leurs liens avec le duo de justiciers. On sent qu’un des personnages-clé de la série va bientôt disparaître mais n’ayez crainte en lisant ces lignes, cela aura lieu dans la 3ème saison, a confirmé Jonathan Nolan dans une interview récente.

Pour pimenter ces aventures qui deviennent de plus en plus complexes, les scénaristes introduisent l’agent secret Shaw, un nouveau personnage incarné avec punch par la pétillante Sarah Shahi (vue dans « Life » aux côtés de Damian Lewis et « Facing Kate », sympathique série d’avocats et de médiateurs). Petite nana au caractère bien trempé et à la gâchette aussi efficace que précise, Shaw représente en quelque sorte un double féminin de Reese. A diverses reprises, ce dernier ne manque d’ailleurs pas de lui faire remarquer.

Comme la série a une tonalité plutôt sombre, quelques traits d’humour bienvenus parsèment les épisodes, notamment par l’introduction de Bear, nouveau coéquipier canin et redoutable berger malinois (qui ne répond qu’à des ordres en Néerlandais !). Enfin, les derniers épisodes, où plusieurs ennemis cherchent à mettre la main sur la machine, ont un tempo digne d’un bon film d’action sans cliffhanger trop insupportable du genre « Viiite la suite, cette attente est énervante ».

Seul bémol : Jim Caviezel (Reese) joue toujours de manière aussi figée, sorte de Terminator féru de « one liners » humoristiques, ces brèves répliques d’une phrase qu’un certain Arnold Schwarzenegger a introduit dans ses films dans les années 80, suivi par les Bruce Willis, Stallone, Seagal, Norris, … Heureusement, Michael Emerson (Finch) contrebalance ce défaut par une interprétation plus nuancée et sensible. Et on se régale de l’arrivée de Sarah Shahi, toujours très agréable à regarder et bonne comédienne qui plus est.

En conclusion, on dira que cette 2ème salve de 22 épisodes reste dans la continuité de la première, malgré quelques moments faibles dans son début. « POI » se révèle être une série de qualité qui a l’intelligence de se renouveler et de continuer à nous surprendre.

 

PERSON OF INTEREST (Saison 3) : la parano à son paroxysme...

Person of Interest season 3Photo : © Person of Interest season 3  - CBS Television

Série d’action et d’espionnage créée par Jonathan Nolan. Avec Michael Emerson (Harold Finch), Jim Caviezel (John Finch), Taraji P. Henson (Joss Carter), Kevin Chapman (Lionel Fusco), Sarah Shahi (Sameen Shaw), Amy Acker (Root), Boris McGiver (Hersh), Robert John Burke (Officier Patrick Simmons), …

Diffusé sur la RTBF1 (chaîne publique belge francophone) d’octobre à décembre 2014 et sur TF1 dès 2015. Saison 3 disponible à la vente en dvd. 4ème saison en cours de diffusion aux USA.

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 3 DE "PERSON OF INTEREST"

! Pas de spoiler, lisez ce qui suit sans crainte.

La fin de la 2ème saison se terminait sur une interrogation : comment Finch et Reese vont-ils continuer à sauver des vies si la « machine » a des ratés ? La question subsiste à une époque où, malgré une technologie hyper développée, les médias nous assomment avec le black-out énergétique, les crises des centrales nucléaires, les pénuries d’électricité, …  

Plutôt que de se focaliser sur un schéma répétitif du type bons contre méchants / tension / résolution, Jonathan Nolan, créateur de la série et frère de Christopher (réalisateur des « Dark Knight »), nous propose de nouvelles directions, déjà perceptibles en milieu de saison 2.  Quant à l’intrigue qui mettait nos héros aux prises avec le RH et ses flics corrompus, elle commençait sérieusement à lasser. Et pourtant, elle trouve assez vite une conclusion même si le conflit est loin d’être totalement résolu.

Non seulement les héros sont mis à mal par leur création qui n’est plus aussi fiable (on retrouve l’éternel mythe de la créature qui se retourne contre son géniteur, cher à Mary Shelley et son « Frankenstein ») mais en plus, ils doivent affronter de nouveaux ennemis, insaisissables et invisibles. Heureusement, parmi ces ennemis, il en existe qui vont se révéler d’une nature plutôt inattendue.

A cet égard, le personnage de Root (Amy Acker), jeune femme plutôt cinglée parce que « branchée » sur la machine, surprend autant qu’elle désarçonne. Premier étonné, Finch doit se résoudre à ne plus contrôler grand-chose. Il subit plus qu’il n’agit. A plusieurs reprises, le trio Finch / Reese / Shaw est séparé et doit se résoudre à se débrouiller tout seul. Une figure-clé de la série va disparaître, ce qui se pressentait déjà durant la saison 2. Si vous l’avez regardé attentivement, vous aurez rapidement trouvé qui. Nous n’en dirons volontairement pas plus ici afin de ne pas gâcher l’intrigue, originale et souvent imprévisible.

Ensuite et cela mérite d’être souligné, la série nous en apprend plus sur le passé de chaque personnage. Ce qu’on pouvait lui reprocher par le passé (privilégier l’action au détriment de la psychologie des protagonistes) n’a plus cours dans la saison 3. On découvre l’enfance de Finch, surdoué qui effraye quelque peu son père ainsi que celui de Shaw, traumatisée par un événement dramatique survenu dès son plus jeune âge.

Un autre épisode nous montre encore Finch en compagnie d’un précurseur de Reese, en l’occurrence un blondinet antipathique plus motivé par l’argent que par le désir de sauver son prochain. Dans cet épisode, son prédécesseur rencontre même Reese, agent toujours actif à la CIA. La boucle est bouclée avec les rencontres évoquées dans la saison 1 (Finch en béquilles qui croise Reese en fauteuil roulant). Subtilement amenés, ces moments nous rendent les personnages plus attachants et se révèlent même touchants.

Enfin, on retrouve toujours ce climat de paranoïa qui enveloppe chaque histoire et cette ambiance très sombre, marque de fabrique de la série depuis ses débuts. Avec une froideur glaçante, « Person of Interest » nous montre à quoi ressemble le monde de l’Amérique post-11 septembre (déjà perceptible dans le thriller « Ennemi d’état » en 1998 avec Will Smith) : caméras qui montrent tout et n’importe quoi, se trompent de cible en faisant accuser des innocents, font courir des dangers aux plus faibles, peuvent être détournées par des hackers, … La légitimité de la surveillance en continu a toute sa raison d’être pour certains. Mais qui prend la responsabilité quand des dommages collatéraux surviennent ? La série interroge notre rapport à notre société de surveillance et elle le fait plutôt intelligemment.

Evidemment, cette 3ème salve comporte son lot d’épisodes plus faibles, voire dispensables mais qui ne représentent qu’une petite part des 23 histoires proposées. Alors, on lui pardonnera. Car pour une série de « network » (diffusée sur CBS outre-Atlantique), « Person of Interest » continue à nous surprendre, dans le bon sens du terme. Depuis ses débuts, elle reste très suivie (16 millions de téléspectateurs par semaine aux USA). Un succès mérité puisqu’elle arrive à ne pas tomber dans la répétition. Du coup, on aime continuer à la suivre.

11:50 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |