09/04/2013

« WHITE COLLAR » / FBI DUO TRES SPECIAL : arnaques à tous les étages

USA - 2009 à nos jours (toujours en production).

Série créée et écrite par Jeff Eastin : 4 saisons (62 épisodes à la date d’avril 2013).

Avec Matt Bomer (Neal Caffrey), Tim DeKay (Peter Burke), Willie Garson (Mozzie), Thiffani Thiessen (Elizabeth Burke), Hilarie Burton (Sara Ellis), Marsha Thomason (Diana Barrigan), Sharif Atkins (Clinton Jones), Diahann Carroll (June), James Rebhorn (Reese Hugues), Ross McCall (Mattthew Keller), Natalie Morales (Lauren Cruz), Gloria Votsis (Alex Hunter), …

Diffusé depuis 2010 en Belgique sur BE TV (Canal + Belgique) et RTL-TVI (Télé Luxembourg Belgique). Saisons 1 et 2 disponibles en dvd à la vente. Sortie prochaine de la saison 3 (date non connue en avril 2013).

White collar

Photos : Copyright : www.amazon.fr / 20th Century Fox – USA Network

Voir une bande-annonce de la série sur « You Tube »

SCENARIO (d’après la jaquette des dvd vendus dans le commerce – Copyright 20th Century Fox / USA Network) : Neal Caffrey, faussaire et voleur de renom, se retrouve derrière les barreaux. Le jour où Peter Burke, l’agent du FBI qui l’a mis en prison, lui propose un marché, Caffrey accepte de collaborer avec lui. En échange de sa liberté, Neal devra désormais mettre sa dextérité et ses talents de manipulateur au service du FBI. Les deux rivaux de toujours constituent alors une équipe improbable : un voyou impulsif et séducteur supervisé par un agent droit et persévérant.

AVIS : malgré son titre français vraiment crétin - « FBI duo très spécial » (on dirait un titre de film X) - on préférera de loin le titre anglais « White collar » c’est-à-dire col blanc qui renvoie à la criminalité de ce type. Si le pitch de départ semble particulièrement original, c’est oublier un peu vite la série US « It takes a thief » (Opération vol : 1968 - 70, 3 saisons pour 65 épisodes) où Robert Wagner campait Alexander Mundy, un voleur repenti qui se rachetait en aidant le Gouvernement américain dans des missions d’espionnage souvent dangereuses.

Plus proche de nous, en 2002, Steven Spielberg avait centré le thème de son film « Catch me if you can » (Arrête-moi si tu peux) autour d’un arnaqueur authentique, Frank Abagnale, Jr., qui avait réussi à être avocat, médecin et pilote avant ses 21 ans. Leonardo DiCaprio campait le rôle avec beaucoup de justesse face à un Tom Hanks toujours impérial en flic pugnace, déterminé à le choper. Un Spielberg mineur pour certains critiques ; en tous cas, un bon moment de cinéma.

« White collar » n’est donc pas si original que ça mais la série a le mérite de recycler avec beaucoup d’humour et d’intelligence le thème de l’arnaqueur en série, forcé de former un duo improbable avec un flic dur à cuire, respectueux de la loi à la lettre. Car ce qui séduit surtout dans cette série, c’est le traitement intéressant que propose Jeff Eastin, son créateur et scénariste.

Tout d’abord, on a droit à un faussaire spécialisé dans la contrefaçon des tableaux de grands maîtres mais aussi expert en arnaques (assurances, fausse monnaie, identité, grands vins et j’en passe) qui fascine par sa capacité à réussir ses « coups », à la fois par son culot et son indéfectible confiance en lui. C’est également un redoutable manipulateur, aussi rusé que malin qui rappelle par moments Patrick Jane, le « Mentaliste ».

Faire l’apologie d’un arnaqueur, ne serait-ce pas immoral, me direz-vous ? Non, en ce sens où le crime ne paie pas comme on dit : dès le premier épisode, l’escroc est en taule où il croupit depuis un moment. De plus, Caffrey a au moins le mérite de ne s’attaquer qu’aux riches et aux puissants. Pas question de « se faire » des gens de condition modeste. Et quand il le peut, Caffrey rétablit l’équilibre de ceux qui ont été volés par des riches pas nets.

Ensuite, l’ambiance de la série, avec sa musique électro usant de synthés qui rappelle certains des meilleurs thèmes funky des années 70, dégage une certaine sophistication qui vous envoûte comme par hypnose. A la fois chic et choc.

Enfin, le décorum de la série avec Manhattan et ses quartiers huppés, ses appartements top luxe, ses beaux costumes, sa « Jet set », ses vins fins, ses beautés fatales, … ; tout tourne autour du fric et du tape-à-l’œil et montre en même temps, de manière très légère il est vrai (la critique ne va pas bien loin), la superficialité et la vacuité de ces hautes sphères. C’est un peu le « Miami Vice » des années 2010 mais sans la drogue, sans la vision désespérée de la société américaine et sans le flingue tonitruant de Crockett. La violence est ici nettement plus « light ».

White collar 1

Si les personnages de Caffrey et Burke sont plutôt lisses dans les saisons 1 et 2 (l’essentiel des intrigues se concentrant sur la résolution des affaires), les personnages gagnent peu à peu en profondeur et en originalité au fil des saisons. Ainsi, on en apprend plus sur les origines de Neal Caffrey et de Mozzie dans la saison 3.

Le personnage de Burke évolue également : d’abord présenté comme un flic obsédé par ses missions, même si c’est  un mari aimant et attentionné, la série souligne avec amusement le côté « coincé » (là où Caffrey dégage assurance et liberté par son côté « I fought the law and I won » même s’il se fait prendre…).

Progressivement, il devient un « apprenti escroc », susceptible de discernement très fin et devenant même une sorte de double de Caffrey, surtout dans les épisodes où il doit jouer un autre personnage afin de capturer le vilain du jour. Ainsi, durant la saison 3, on s’amuse beaucoup quand Peter doit séduire une « veuve noire » qui n’a d’yeux que pour la fortune de ses maris, évidemment décédés les uns après les autres. Tango et séduction, le flic incorruptible ne s’en sort pas trop mal et y prend même du plaisir !

Etrange retournement de situation où les personnages agissent comme par mimétisme puisque Neal joue aussi à l’occasion les flics de pacotille, avec beaucoup de conviction. A la vision des épisodes, on pense également à Jarod de la série « Le caméléon » où le personnage arrivait à capter l’essence d’un personnage et à l’incarner parfaitement, juste par sa faculté d’observation et ses extraordinaires capacités d’adaptation.

Le personnage de Mozzie est également succulent, quoique parfois rebutant par son côté individualiste et très imbu de lui-même. Une sorte de sidekick/faire-valoir de Neal Caffrey, campé avec beaucoup de malice par Willie Garson (Stanford, le copain homo de Carrie Bradshaw dans « Sex and the city »). Ce qui séduit dans le personnage, c’est le fait qu’il soit tout sauf ce que les apparences laissent paraître. Avec sa petite taille, ses grosses lunettes et son air de comptable à la petite semaine ; il vous retourne comme une chaussette sans que vous ayez eu le temps de vous en rendre compte !

Si on retrouve avec beaucoup de plaisir Thiffani Thiessen (Sauvés par le Gong, Fastlane) dans le rôle d’Elizabeth, la femme de Peter Burke, en épouse bienveillante et empathique ; on regrettera son rôle sous-développé dans les 2 premières saisons. Heureusement, le tir est corrigé par la suite avec une présence plus importante à l’écran et au cœur des intrigues, notamment avec l’infâme Keller. Cet ennemi « double négatif » de Caffrey revient un peu trop à mon goût (panne d’inspiration des scénaristes ?) mais on soulignera sa formidable intelligence et son machiavélisme particulièrement répugnant.

Tant mieux car si « White collar » a le mérite de proposer des histoires assez diversifiées et peu répétitives (on ne se lasse pas), elle a aussi le défaut de proposer des résolutions d’intrigues assez décevantes qui finissent en pétard mouillé. C’est là sa grande faiblesse tout en ayant le grand mérite de se renouveler de façon assez étonnante, jamais totalement prévisible.

White collar 2

De fait, les 4 saisons me semblent d’égale qualité, pas de baisse de régime en dehors des conclusions d’intrigues souvent plates. Les deux premières saisons jouent habilement avec les nerfs des spectateurs quant au secret que Neal cherche à percer. Une fois le secret levé, les scénaristes repartent sur d’autres questions, notamment centrées autour des origines de Neal.

Bref, une série tout à fait correcte, assez plaisante et sympathique, qui fascine plus par son esthétique chic que par la conclusion de ses intrigues. On retiendra surtout la sophistication qu’elle dégage et son ambiance « trendy », parfois agaçante avec cet étalage « m’as-tu-vu », cependant nécessaire pour souligner le propos.

A cet égard, le petit chapeau que porte Neal Caffrey évoque immanquablement Don Draper dans « Mad Men », série qui a lancé la mode vintage. A défaut d’être une grande série, « White collar » ne laisse au final pas indifférent. A voir à l’occasion.


DU COTE DES COULISSES :

Matt Bomer : né en 1977, ce comédien à la « belle gueule » s’est fait connaître dans les séries « Chuck » et « Tru Calling » (il retrouvera d’ailleurs la superbe Eliza Dushku à l’occasion d’un épisode de « White collar »). Au cinéma, l’acteur a également joué les seconds couteaux dans « Time Out » (2011), honnête film de science-fiction aux côtés de Justin Timberlake et « Magic Mike », comédie tournant autour du strip-tease masculin, réalisée par Steven Soderbergh et avec Channing Tatum. Bomer devait incarner Superman/Clark Kent dans « Man of Steel » dans le nouveau film de Zack Snyder qui sortira en juillet 2013 mais c’est Henry Cavill (Les Tudors, Les Immortels) qui lui a ravi le rôle.

Tim De Kay, bientôt 50 ans au compteur, était un visage connu des fans de séries, notamment en incarnant Clayton « Jonesy » Jones dans « Carnivale » (La caravane l’étrange) en 2002. Habitué des séries (Numbers, Les experts : Miami, NCIS, Chuck, Les 4400, …), il trouve le rôle qui lui assure une notoriété durable dans « White collar ».

Sharif Atkins est surtout connu pour avoir joué le rôle du Dr. Michael Gallant dans « Urgences ». Depuis, on a pu le voir dans « Dr. House », « The Good wife », « Numbers », « Les experts : Miami », …

Marsha Thomason : cette jolie actrice britannique née en 1976, s’est surtout fait connaître dans les séries « Las Vegas » et « Lost ».

Enfin, à voir, les amusants bonus sur la saison 2 de « White collar » où, sur un ton vachard, Matt Nix, créateur de « Burn notice » (lire aussi la critique sur ce blog) et Jeff Eastin se jettent des vannes sur leurs séries respectives, évoquant  notamment le fait que Michael Westen (Burn notice) tuerait Neal Caffrey (White collar) s’il le rencontrait ! Des bonus réalisés du fait que les 2 séries passent aux Etats-Unis sur la même chaîne du câble (USA Network) mais n’ont jamais réalisé de crossover. Avis aux producteurs : allez-y, ce pourrait être sympa et décoiffant !

20:02 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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