20/05/2013

« NCIS : LOS ANGELES » : action et humour au service d’un spin off réussi

USA - 2009 à nos jours (toujours en production). Série créée et coproduite par Shane Brennan, comprenant 5 saisons à ce jour (96 épisodes à la date de fin mai 2013).

Avec Chris O’Donnell (Agent G. Callen), LL Cool J (Agent Sam Hannah), Daniela Ruah (Kensi Blye), Linda Hunt (Henrietta Lange dit “Hetty”), Eric Christian Olsen (Detective Marty Deeks), Barrett Foa (Eric Beale), Renée Felice Smith (Nell Jones), …

Diffusé depuis 2010 en Belgique sur RTL-TVI (Télé Luxembourg Belgique). Saisons 1 à 5 disponibles en dvd.

NCIS : Los Angeles

Photo : Copyright : CBS Television – www.imdb.com

SCENARIO : NCIS, Naval Criminal Investigation Services, est un service militaire qui regroupe des agents d’élite chargés d’élucider les affaires criminelles les plus dangereuses, allant des meurtres de soldats en passant par les menaces terroristes et autres trafics d’armes en tous genres. Sous le commandement de la très autoritaire Hetty, Sam Hannah et G. Callen enquêtent, épaulés par leurs homologues Kensi Blye et Marty Deeks et les as de l’informatique, Eric Beale et Nell Jones.

AVIS : il existe des séries qui ne font pas vraiment le « buzz » sur internet et qui réalisent cependant de confortables taux d’audience. C’est le cas de « NCIS : Los Angeles », spin off (ou série dérivée pour les non initiés) de sa grande sœur « NCIS » qui cartonne depuis des années aux USA et a détrôné « Les Experts ». Peu s’en souviennent mais « NCIS » est aussi un spin off de « JAG », la série militaire de Donald P. Bellisario (Magnum, Code Quantum, Supercopter, Tequila & Bonetti).

De fait, au départ, on ne peut pas dire que « NCIS : L.A. » ait grand-chose pour elle : une copie de la copie, un duo blanc/noir qui a l’air bourrin, des intrigues basiques, des explosions et fusillades en pagaille et puis c’est tout. Une sorte de « Fast and furious » du pauvre, un divertissement bas de gamme pour spectateurs bas de plafond. Mon attention ne fut vaguement attirée par la présence de Chris O’Donnell au générique, sympathique acteur découvert au cinéma dans les années 90 avec les honorables « Le temps d’un weekend » en 1992, aux côtés d’Al Pacino et « Vertical limit » en 2000, sans oublier les plutôt médiocres « Batman » avec Val Kilmer et George Clooney où il campait Robin, le fidèle « boy wonder » du justicier masqué.

J’étais aussi intrigué par le retour de l’excellente Linda Hunt, actrice de taille modeste (1m45) qui avait gagné l’oscar du meilleur second rôle en 1982 dans « L’année de tous les dangers », aux côtés de Mel Gibson et où elle incarnait…un homme ! Une comédienne qui s’est faite plus rare par la suite, enchaînant comédies lourdingues (« Un flic à la maternelle » avec Schwarzie) et navets navrants (« Espion junior » avec Richard Grieco, le Booker de « 21 Jump street »). Les années qui suivirent, elle a prêté sa voix à de nombreux films d’animation avant de faire un retour remarqué en juge dans l’excellente série d’avocats « The Practice ».

Mais bon, à part Chris O’Donnell et Linda Hunt, mon intérêt pour cette série était quasi nul pour les raisons évoquées plus haut. D’autant que je n’avais vu qu’un épisode de « NCIS », la série-mère et qui ne m’avait pas plu. Le mot d’ordre était donc : « Passons. » Et pourtant…

Les scénarios, il est vrai, ne sont pas toujours très finauds ni très étoffés mais la mécanique d’ensemble fonctionne plutôt bien, surtout au niveau des personnages qui prennent de l’épaisseur au fil des épisodes et se révèlent assez vite attachants.

Surtout Hetty (Linda Hunt), la chef de l’équipe, à la fois autoritaire et maternelle. Intransigeante et limite dictatoriale, elle sait ce qu’endurent ses hommes sur le terrain. Pourtant, elle n’hésite pas à mettre sa propre vie en jeu pour leur porter secours, surtout quand il s’agit de partir à la recherche de l’identité de Callen ou de se porter au chevet de Deeks. On ne sait pas grand chose de son passé, elle est assez énigmatique et derrière cette façade de dureté se cache pourtant un cœur gros comme ça. Hunt apporte une profonde humanité au personnage d’Hetty, la dotant d’une grande sagesse et d’une empathie peu communes pour un personnage de série télé.

L’autre force de « NCIS : Los Angeles », ce sont les trois duos Callen / Hannah + Kensi / Deeks + Eric Beale / Nell Jones. Dans le cas de Callen et Hannah, la paire fonctionne bien, aussi à l’aise dans les moments dramatiques que pendant les pauses humoristiques où ils interagissent avec Hetty. De fait, la série a la grande qualité de ne pas se prendre au sérieux et d’offrir un humour bienvenu, taquin et bien amené, complice du téléspectateur.

Chris O’Donnell exprime très bien son désarroi face aux secrets qui entourent son passé et les raisons obscures qui rendent « top secret » l’accès aux informations le concernant. La série distille habilement les éléments, sans trop tirer sur la corde et ce, de façon plutôt crédible. Quant à Sam Hannah, LL Cool J le campe avec une certaine prestance. On sent que ce n’est pas un grand acteur mais il arrive quand même à exprimer des émotions derrière la montagne de muscles et le roi du revolver. Ses talents pour les langues étrangères, en particulier l’arabe et le japonais, sont étonnants.

En termes d’humour, la palme revient au personnage de Marty Deeks, le flic du LAPD qui rejoint le NCIS comme agent de liaison dès la 2ème saison. Très amusant, déjà pour son look (sorte de croisement improbable entre un bobtel, un surfeur californien et Björn, le chanteur glabre d’ABBA) ; ce jeune flic apporte un réel vent de fraîcheur à la série au niveau de l’humour. Très jouette, il adore se déguiser et a le chic pour se fourrer dans des situations dangereuses. Une sorte de Gaston Lagaffe américain, mais en réalité un flic intègre, loyal, très pro et parfois ridicule (ses gaffes au bureau justement).

Son badinage amoureux avec Kensi Blye, sa partenaire, est évident et c’est aussi une des réussites du show. Oscillant entre tension sexuelle et indifférence, les deux partenaires se lancent des piques et pourtant, au fond, s’aiment certainement plus qu’ils ne le laissent transparaître. On pense aux meilleurs épisodes de « Clair de Lune » et de « X-Files » où la tension sexuelle était bien menée avant de faire flop. Souhaitons à « NCIS : Los Angeles » d’éviter cet écueil.

Le personnage de Kensi est aussi plutôt réussi : intelligente, belle, grande, athlétique ; elle se dévoue corps et âme à son boulot, quitte à avoir une vie sentimentale proche du zéro absolu (Deeks qui la raille par rapport à son profil créé sur un site de rencontre sur internet).

Soulignons le fait qu’elle a plus de crédibilité que la plupart de ses homologues féminins du paysage télé actuel, quand on la compare par exemple, avec la Kono de « Hawaii 5-0 ». Quand Kensi est face à un malabar, elle n’a pas toujours le dessus alors qu’elle pèse plus que 40 kilos, contrairement à sa collègue hawaïenne et aux autres micro-poupées d’ « Esprits criminels » et des « Experts ». Autre trait à souligner : son œil droit est marqué par une tache noire qui lui donne un regard étrange, par moments inhumain. Et pourtant, au bout d’un moment, on n’y prête plus attention ; c’est un défaut qui devient une qualité, ajoutant à son charme.

Enfin, le duo de « geeks », les as de l’informatique, Eric Beale et Nell Jones, participe aussi au côté plutôt décontracté que dégage la série. Leurs connaissances et habiletés permettent aux agents de s’en sortir et on rigole bien quand Hetty décide d’envoyer Eric sur le terrain. Pourtant, très vite, Eric se prend au jeu et se révèle tout à fait crédible, incarnant tour à tour un agent de sécurité d’aéroport ou un expert en accident, sur le mode plutôt loufoque. Comme Kensi et Deeks, Nell et Eric développent des sentiments et dragouillent doucement. Priorité au boulot d’abord.

De même que dans les films « Mission : impossible » et les séries « Les experts » et « Hawaii 5-0 », « NCIS : Los Angeles » nous balance une technologie high tech plutôt tape-à-l’œil, vide et creuse de prime abord. Mais pas du tout puisque cette sophistication sert les intrigues et est au service des personnages, ai lieu de servir d’écran de fumée.

On regrettera que les fusillades et les plans où on voit débouler les agents l’arme au poing soient trop présents mais bon, c’est une série qui se regarde pour ce qu’elle est : un agréable show d’action, plutôt rafraîchissant, avec un suspense assez bien maîtrisé ; en dehors de quelques retournements de situations invraisemblables et d’explosions souvent excessives, elles aussi.

En fin de saison 3, « NCIS Los Angeles » nous offre le plaisir d’un crossover avec les personnages de « Hawaii 5-0 » (lire aussi critique sur ce blog) dans une intrigue correcte autour d’un danger bactériologique. On regrettera l’absence de McGarrett et on savourera les piques verbales que se lancent Danny Williams et Deeks quant à leurs apparences respectives.

Notons que les éditeurs dvd ont eu la bonne idée de mettre les deux épisodes des deux séries dans chaque coffret. Que vous soyez fan ou non de l’une ou l’autre série, vous pourrez regarder l’histoire dans son entièreté puisque cela commence à Los Angeles pour se finir à Hawaï. 

Au final, « NCIS : Los Angeles » s’apprécie par son côté divertissant et drôle, qui ne se prend vraiment pas au sérieux. On retiendra le bon travail d’écriture quant à l’évolution des personnages et la qualité de la direction de la photographie (images baignées de soleil, portées sur le jaune et le brun). Bref, de la bonne série d’action à savourer.

17:29 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Psychologue social mckee dit le désir pour la subsistance de puissance qui motive le comportement vindicatif comme un moyen de gestion de l'impression. Les gens qui sont plus vindicatifs ont tendance à être ceux qui sont motivés par le pouvoir, par l'autorité et par le désir de statut.

Écrit par : how to write a thesis statement for a research paper | 13/08/2014

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Bon film, vaut vraiment la peine de le voir le soir après le travail! Réalisé ici fait de leur mieux, et il lui a valu le box-office!

Écrit par : writing a letter of recommendation | 03/09/2014

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Un bon mélange de suspense avec la comédie, n'avait pas vu quelque chose comme ça! Mais inconnu jetez-moi assez confus!

Écrit par : affordable resume writing services | 15/09/2014

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NCIS-Los Angeles est considérée dans le monde entier sur l'une des chaînes préférées comme AXN, Fox, etc. Vraiment ... une série palpitante.

Écrit par : help with dissertation | 22/09/2014

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