23/06/2013

« THE WALKING DEAD » : étonnante épopée humaine parmi les morts-vivants

USA - 2010 à nos jours (toujours en production). Série créée par Frank Darabont et Robert Kirkman, inspirée de la bande dessinée de ce dernier, comprenant 4 saisons à ce jour (42 épisodes à la date de mi-juin 2013). Saison 1 : 6 épisodes – Saison 2 : 13 épisodes – Saison 3 : 16 épisodes – Saison 4 : 16 épisodes actuellement et à venir.

Avec Andrew Lincoln (Rick Grimes), Steven Yeun (Glenn Rhee), Chandler Riggs (Carl Grimes), Sarah Wayne Callies (Lori Grimes), Norman Reedus (Daryl Dixon), Michael Rooker (Merle Dixon), Laurie Holden (Andrea), Lauren Cohan (Maggie Greene), Scott Wilson (Hershel Greene), Melissa McBride (Carol Peletier), Jon Bernthal (Shane Walsh), Jeffrey DeMunn (Dale Horvath), David Morrissey (le Gouverneur), Emily Kinney (Beth Greene), Dallas Roberts (Milton Mamet), …

Diffusé en mai et juin 2011, 2012 et 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique). Saisons 1 et 2 disponibles en dvd à la vente.

The walking dead

Photo : Copyright : AMC TELEVISION – www.imdb.com

Voir ici un trailer de la saison 1 de « THE WALKING DEAD » sur « You Tube »

PITCH : Rick Grimes, shérif d’un patelin du côté d’Atlanta, est blessé au cours d’une opération et se retrouve dans le coma. A son réveil, il découvre que le monde tel que nous le connaissions a disparu suite à une mystérieuse épidémie qui a tout ravagé, transformant les humains en morts-vivants. Désormais à la recherche de chair fraîche, les zombies rôdent. Les survivants humains non contaminés les appellent les « rôdeurs » ou les « marcheurs ». Rick s’organise pour récupérer un maximum de matériel et de munitions. En chemin, il est sauvé de justesse par Glenn. Ensemble, ils vont apprendre à survivre avec un groupe dans un monde hostile et sombre…

AVIS : inspiré d’une bande dessinée qui marche très fort aux USA et en Europe, « The walking dead » se révèle une bonne surprise télé. Ni fan du genre horreur, ni connaisseur du comic américain qui compte 17 volumes à ce jour ; la série n’avait a priori rien d’attirant pour moi. Les films de zombies de George Romero, je n’en ai jamais été fan non plus, trouvant plutôt crétin et grossier de voir des acteurs déambuler lentement en faisant « aaarghh » ou « yeurk ».

L’élément intéressant de la série, c’est la présence au générique des noms de Frank Darabont, cinéaste des excellents « The shawshank redemption » et « La ligne verte », tous deux adaptés d’après Stephen King et de Gale Anne Hurd, productrice des « Alien » et « Terminator ». Des spécialistes du fantastique et de l’horreur qui n’ont plus rien à prouver. Darabont a même fait plusieurs incursions mémorables à la télé, en réalisant certains épisodes de « The shield », la meilleure série policière de tous les temps selon moi. Parmi les comédiens, on retrouve aussi Sarah Wayne Callies, l’actrice qui incarnait le Dr. Sarah Tancredi dans « Prison break » et le flippant Michael Rooker, une « gueule » et un solide second rôle croisé dans de nombreux films et séries (Cliffhanger, Henry portrait of a serial killer, les Experts : Miami).

Au départ, en suivant les péripéties du shérif Rick Grimes, on se dit que c’est un western moderne à la sauce « zombie » : Rick à cheval avec son fier chapeau et un sac à dos rempli de fusils, parti à l’aventure dans un monde inconnu et hostile ; les plans rappellent John Wayne, Henry Fonda et James Stewart dans leurs meilleurs westerns.

Et puis progressivement, l’intrigue bascule plus subtilement vers le questionnement quasi philosophique : quel est le monde dans lequel nous vivons ? Comment survivre quand tout est désespérant ? Que faire pour assurer l’avenir de sa descendance ? Quelles décisions prendre pour ne pas mettre en péril l’avenir d’une communauté dont on a la responsabilité ? Et comment vivre avec cette responsabilité, surtout quand les choix qui ont été faits mènent à la catastrophe ?

Plutôt schématiques, voire même basiques au départ ; les personnages prennent plus d’épaisseur au fil des épisodes, y compris les plus improbables comme Daryl, le redneck plutôt rascard et le très ambigu et inquiétant Shane, l’adjoint du shérif. A mesure que progresse le récit, les scénaristes ont eu la bonne idée de donner le rôle principal aux personnages secondaires, le temps de quelques épisodes, comme Glenn, jeune asiatique qui a du mal à gérer ses émotions et se révèle très attachant.

Evidemment, tout le poids de la responsabilité repose sur les épaules de Rick, incarné par l’excellent acteur britannique Andrew Lincoln, vu notamment dans la comédie « Love actually » avec Liam Neeson. Le comédien possède une large palette d’émotions et alterne aussi bien la joie, la peur que l’angoisse. Surtout dans les scènes où il est confronté à Shane, un personnage particulièrement vicieux et hypocrite, totalement imprévisible. Dans la 3ème saison, Rick va se sentir de plus en plus déstabilisé par les événements traumatisants qu’il va devoir traverser. Mais chuuut, on vous laisse la surprise.

Ce qu’il y a de bien dans « The walking dead », c’est qu’au-delà de l’épopée humaine, on ne sait pas du tout prévoir comment vont tourner les choses. Comme la bd, paraît-il, dont la série ne suit pas la trame narrative. Vous voilà prévenus, il ne faut pas trop s’attacher aux protagonistes car ils disparaissent en un éclair de seconde, souvent « croqués » par les zombies au moment où on s’y attend le moins.

A la fin de la saison 2, on reste d’ailleurs plutôt perplexe : comment vont-ils évoluer puisque des personnages majeurs de la série ont disparu pour de bon ? Comment rebondir ? Et là, miracle, la saison 3 est sans doute la meilleure à ce jour, notamment par l’introduction du personnage particulièrement sadique du Gouverneur, à côté duquel Shane passerait presque pour un enfant de choeur. Survie, dissolution du groupe, recréation d’une nouvelle communauté, questionnement autour du fait de pouvoir faire confiance, trahison, … ; la série poursuit son introspection des personnages qui sont tous malmenés par les événements et pas que par les zombies.

Attention, la quête de nos héros n’est pas à mettre sous tous les yeux : s’il y a zombies, il y a forcément des scènes « trash » et carrément gore. Chairs arrachées à coups de dents, hémoglobine à profusion, têtes éclatées et décapitées au sabre, crânes fendus au marteau, … Je ne vais pas faire ma cote catholique mais avis aux âmes sensibles, passez votre chemin. Cela dit, quand on voit « Spartacus », sa complaisance envers la violence et le sang sont beaucoup plus dérangeants, je trouve.

Malgré le départ de Frank Darabont durant la saison 2 en raison de divergences artistiques avec la chaîne AMC, « The walking dead » parvient très bien à se renouveler et à éviter la répétition et l’essoufflement. Une série qui pourrait devenir un classique si elle parvient à garder le cap et éviter l’écueil du grand guignol grotesque, souvent propre au genre.

Enfin, accordons une mention spéciale aux maquilleurs qui font de l’excellent boulot dans la représentation des zombies (la série a d’ailleurs été nominée pour le meilleur maquillage et a gagné plusieurs prix, allant du Saturn award aux Primetime Emmy awards). On aurait pu craindre un côté « cheap » dans les maquillages et effets spéciaux, étant donné que la production a des moyens limités. Mais elle parvient à tirer un maximum d’efficacité dans sa représentation graphique des morts-vivants. Pour notre plus grand bonheur, oserait-on dire.

14:05 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/06/2013

« REVENGE » : quand "Le Comte de Monte-Christo" rencontre "Dallas"

USA - 2011 à nos jours (toujours en production).

Série créée par Mike Kelley, comprenant 2 saisons à ce jour (45 épisodes à la date de mi-juin 2013).

Avec Emily VanCamp (Emily Thorne / Amanda Clarke), Madeleine Stowe (Victoria Grayson), Henry Czerny (Conrad Grayson), Joshua Bowman (Daniel Grayson), Christa B. Allen (Charlotte Grayson), Gabriel Mann (Nolan Ross), Nick Wechsler (Jack Porter), Connor Paolo (Declan Porter), Margarita Levieva (la fausse Amanda Clarke), Ashley Madekwe (Ashley Davenport), James Tupper (David Clarke), …

Diffusé en mai et juin 2013 en Belgique sur RTL-TVI (Télé Luxembourg Belgique) et sur TF1.

Saison 1 disponible en dvd à la vente dès fin août 2013. 

Photo : Copyright : ABC Television- www.amazon.fr

Revenge

Voir ici un trailer de la saison 1 de « REVENGE » » sur « You Tube »

SCENARIO : Dans les années 90, David Clarke, le père d’Amanda Clarke a été injustement condamné pour terrorisme et enfermé en prison où il s’est fait tuer. La riche famille Grayson n’y est pas étrangère, pratiquant intrigues et trahison pour conserver le pouvoir à tout prix. Revenant 15 ans plus tard sur les lieux du crime sous l’identité d’Emily Thorne, Amanda est bien décidée à se venger de cette famille sans foi ni loi…

AVIS : voilà une série qui ne paye pas de mine a priori. Vous prenez un peu du « Comte de Monte Christo » d’Alexandre Dumas pour l’histoire de vengeance, beaucoup de « Dallas » et de « Desperate housewives » (l’humour en moins) pour les intrigues familiales et les luttes de pouvoir et enfin, vous saupoudrez de beaux et jeunes acteurs, de décors luxueux, de belles bagnoles et le tour est joué. Bref, cela semble ressembler à une des ces innombrables séries pour jeunes, oscillant entre « Les frères Scott » et « Gossip girl ».

Certes, le concept de vengeance n’est pas neuf, on y a droit dans pas mal de films d’action ces dernières années et nombre de séries proposent aussi le sujet ad nauseam. Et on craignait très vite de se lasser au vu des premiers épisodes où la redoutable Emily « liquide » l’affreux de l’épisode. Heureusement, « Revenge » bifurque rapidement dans une autre direction et propose des sous-intrigues plutôt futées et suffisamment captivantes que pour maintenir l’intérêt, un peu à la manière de pièces de puzzle où les scénaristes lancent une piste pour en donner la réponse… 15 épisodes plus loin (le meurtre sur la plage). En tous cas, plus la série avance et plus elle devient addictive. Etonnant.

Cela dit, les personnages sont assez manichéens, allant de très méchants (Conrad Grayson) à tout mignons (Declan). Le seul personnage « normal » est Jack : bosseur, pas riche, gentil, qui a un chouette chien et s’occupe bien de son petit frère. Là aussi, au fil des épisodes, la série développe plus les caractères des personnages et leur apporte une profondeur qui leur faisait défaut au départ. Tout en insistant parfois lourdement sur le côté bling bling de leur univers : regardez ma superbe maison, regardez mon costard, regardez ma super caisse, … Sans doute une manière de montrer la vacuité de cet univers fait de paillettes et de faux semblants.

Le personnage le plus intéressant et le mieux écrit est évidemment l’héroïne de la série, Emily Thorne, campée par une charismatique Emily VanCamp (vue dans les séries « Brothers & Sisters » et « Everwood »). Au vu de sa belle plastique qui laissait présager un jeu dramatique plutôt fade et inconsistant, on pouvait craindre le pire. Mais il n’en est rien puisque la comédienne tire plutôt bien son épingle du jeu et se révèle aussi lumineuse que sombre, selon les rebondissements de l’intrigue. Notamment dans les moments où sa fausse identité risque d’être dévoilée.

On retiendra encore le personnage de Nolan, richissime jeune homme, plutôt mal dans sa peau et à la sexualité trouble. Confident d’Emily, c’est aussi un redoutable manipulateur, souvent arrogant et imbu de lui-même. Et pourtant, il souffre de solitude et achète presque l’amitié des autres, dans l’espoir d’avoir au moins quelqu’un qui s’inquiète pour lui car il est effrayé à l’idée de finir sa vie tout seul. S’il se montre souvent peureux, Nolan n’en devient pas moins attachant au fil du récit.

Si les dialogues font souvent penser à ceux des soaps du genre « Les feux de l’amour », on se surprend à aimer jouer au jeu du chat et de la souris avec Emily et prédire comment elle va réussir à coincer les salauds. Et c’est vrai qu’ils sont infâmes ces rupins, surtout Victoria qui fait parfois penser à Glenn Close dans « Damages » tant elle n’a rien à lui envier par son côté froid, sans cœur et machiavélique. L’occasion de retrouver l’excellente Madeleine Stowe (les films « L’armée des 12 singes », « Blink »), plutôt rare sur les écrans ces dernières années.

Au final, si la première saison ne connaît pas trop de temps morts et parvient à se renouveler de manière pas trop invraisemblable, on se demande si les producteurs pourront tenir la distance. Surtout lorsqu’on a appris que le créateur de « Revenge », Mike Kelley, a quitté le navire au terme de la saison 2 dont la diffusion vient de s’achever aux USA. « Revenge » n’est certainement pas une série indispensable à votre dvdthèque mais elle a tout de même ce petit je ne sais quoi qui vous scotchera ou vous rebutera, selon votre sensibilité.

16:59 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |