10/05/2014

BATES MOTEL – Saison 1 : une bonne surprise en hommage à Hitchcock

BATES MOTEL

© A&E - Universal Television

1 saison de 10 épisodes (8 épisodes de 40’ et 2 de 46’).

Saison 2 en cours de diffusion aux USA. Diffusée fin 2013 sur 13ème Rue.

Disponible à la vente en dvd depuis le 4 février 2014.

REGARDER LE TRAILER DE LA SAISON 1 DE "BATES MOTEL"

 

MON AVIS :

Cela fait un moment que la télé recycle ses vieilles séries et films : policier (« Hawaï Five-0 »), conte (« Once Upon a Time ») ou encore littéraire avec « Psychose », roman de Robert Bloch dont le grand cinéaste Alfred Hitchcock s’était inspiré pour réaliser une très angoissante adaptation cinéma en 1960. Un classique et un chef d’œuvre, précurseur des films de tueurs en série qui hantent nos écrans depuis plus de 20 ans (Seven, Le silence des agneaux, Le collectionneur, …).

Dans le film de « Hitch », pour rappel, Norman Bates (Anthony Perkins) était un jeune homme coincé qui tenait un motel miteux dans un bled de campagne, le long d’une route déserte. Taxidermiste à ses heures, il matait ses clientes à travers un trou discrètement creusé dans un mur, avant de les tuer au couteau quand elles prenaient leur douche. Il se débarrassait ensuite de leurs corps, en les noyant dans un marais tout proche.

Durant les meurtres, Norman commettait ses crimes en étant déguisé en vieille femme. A la fin du film, un psychologue nous expliquait cette dualité qui hantait le jeune homme : il souffrait de dédoublement de la personnalité et incarnait en fait sa mère, morte depuis un moment et conservée dans une cave de la maison familiale, sous forme de cadavre momifié, que le spectateur découvrait avec horreur à la fin du film.

Pour les puristes d’Hitchcock, on pourrait crier au scandale avec ce « Bates Motel » qui propose de remonter aux origines du serial killer (tout comme « Hannibal » avec Madds Mikkelsen). Mais la bonne idée du producteur et scénariste Carlton Cuse (Lost, aïe, pas une référence en soi) est d’avoir rajeuni et modernisé le concept.

Dès les premières images, on retrouve le fameux motel et la veille maison des Bates mais Norman possède un smartphone et surfe sur son portable. Plutôt que de placer le contexte dans les années 50, la série se passe de nos jours et utilise intelligemment les codes actuels pour dérouler son propos, centré autour de la relation malsaine entre une mère et son fils.

Ce dernier, interprété avec classe par Freddie Highmore (la ressemblance avec Anthony Perkins est frappante), connaît ses premières amours, découvre son frère aîné et développe une personnalité de plus en plus inquiétante. La série nous plonge très bien dans la tête de celui qui deviendra un monstre, en multipliant les références au film du maître du suspense (frustration amoureuse, voyeurisme, taxidermie, environnement isolé, goût pour les armes blanches, …).

L’autre bonne idée, c’est d’avoir imaginé ce qu’aurait pu être plus jeune la mère de Norman Bates. A cet égard, Vera Farmiga est parfaite dans le rôle de Norma, mère abusive et ultra-protectrice. Flippante et crispante à souhait, l’actrice incarne une femme frustrée, hystérique et névrosée, rongée par ses angoisses. Malade dans sa tête. Une interprétation impeccable qui lui a valu un prix aux USA.

Ensuite, « Bates Motel » sort du carcan mère / fils, donnée déjà largement exploitée dans le film pour préférer – et c’est original – développer, autour de Norma et Norman, un monde fait d’intrigues et de trafics (cannabis, flics corrompus, dealers inquiétants et menaçants, …) qui renforcent l’atmosphère inquiétante et mystérieuse, digne d’un vrai suspense à la Hitchcock. Sir Alfred, reposez en paix. Votre univers a été respecté.

 

BATES MOTEL 2 : mystères en série

BATES MOTEL 2

Photo : ©  A&E - Universal Television - www.allocine.fr_072302

Thriller (10 épisodes de 40’) diffusé sur 13ème Rue entre octobre et décembre 2014.

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 15 décembre 2014.

La saison 1 de « Bates Motel » était vraiment étonnante. Prequel du film « Psychose » d’Alfred Hitchcock, la série a su rapidement se démarquer de son illustre modèle tout en respectant son univers. Plutôt que de se focaliser sur le seul Norman Bates, ce thriller ose imaginer ce qu’aurait été Norma, sa mère, si elle avait été vivante (dans le film, c’était un cadavre momifié découvert tout à la fin).

La saison 2 poursuit donc les mystères de la 1ère saison et en développe d’autres, notamment autour du shérif Romero, pas si net que ça. Les luttes de pouvoir autour du trafic d’herbe servent de toile de fond pour introduire de nouveaux personnages, le plus souvent inquiétants : le gangster Nick Ford, l’infâme Zane Carpenter (très caricatural) et sa sœur Jodi Wilson (Kathleen Robertson, vue dans « Boss »).

Au lieu de se concentrer sur Norman et sa mère, cette deuxième fournée d’épisodes suit les déboires de Dylan, le frère aîné de Norman. Homme de main du patron qui règne sur le trafic, le frangin échappe de peu à la mort et se retrouve pris dans une spirale de violence qui le dépasse (dans le rôle, Max Thieriot, est impeccable tout comme Vera Farmiga en Norma).

En parallèle, l’évolution du jeune Norman prend un tour effrayant : sa psyché déraille de plus en plus et sa paranoïa atteint des sommets. Un effet de mise en scène le surligne par l’abus, parfois lourd, de flashes mentaux. Il faut dire que sa mère ne l’aide pas vraiment, toujours prête à le culpabiliser. Sans compter les divers traumatismes qu’il subit à cause des relations dangereuses de son frère.

Par contre, on s’étonne de l’évolution de Norma. Par rapport à la 1ère saison, le personnage donne l’impression d’avoir été édulcoré : rares sont les crises d’hystérie et de rage. On sent que l’écriture du personnage a été délaissée au profit de ses deux fils. Au contraire, elle se révèle même douce. Inquiétant. Si toute relation amoureuse stable semble lui être interdite, notamment avec George (Michael Vartan d’ « Alias », sous-employé) ; Norma multiplie les intrigues et les manipulations, notamment pour sauver son motel.

En outre, le doute quant à la culpabilité de Norman dans le meurtre de sa prof de lycée - s’il n’est pas entièrement levé - offre de nouvelles perspectives de développement dans la saison 3.Au final, cette 2ème salve laisse un goût de trop peu et se révèle dans l’ensemble inférieure à la précédente. Mais « Bates Motel » se regarde avec intérêt parce que c’est d’abord un bon thriller d’atmosphère et parce qu’elle n’a pas encore livré toutes les clés des mystères. A suivre.

10:54 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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