24/05/2014

« TUNNEL » : la traque au serial killer se renouvelle habilement

TUNNEL

© Canal + - www.allocine.fr

Diffusée fin 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique).

Disponible à la vente en dvd depuis le 20 décembre 2013.

VOIR UN TRAILER DE « TUNNEL »

MON AVIS :

Y en a marre des séries formatées de grand papa comme « Navarro », « Julie Lescaut » et autres « Joséphine ange gardien » qui squattent nos écrans depuis bien trop longtemps, même si plusieurs sont terminées. Heureusement, un autre style de narration et de langage cinématographique s’imposent depuis quelques années avec quelques bonnes surprises comme la très sombre série policière « Braquo » ou « Les revenants » à la réputation quelque peu surfaite cependant. En coulisses et c’est une bonne nouvelle : « Tunnel » réunit à nouveau les auteurs de « Broadchurch », très bonne série policière britannique (également disponible en dvd et diffusée voici quelques mois sur France 2).

Remake franco-anglais de la série suédoise « Bron » (The Bridge, 2011-2013 : 2 saisons pour 20 épisodes au total), « Tunnel » est une création originale de la chaîne cryptée Canal +, capable du meilleur (Les Borgia) comme du pire (XIII, Maison close). Le cadre : le tunnel sous la Manche. Une nuit, un technicien découvre un cadavre de femme placé à la frontière entre la France et l’Angleterre. Aussitôt un policier britannique est amené à collaborer avec une flic française. Objectif : stopper le tueur.

La bonne idée de base est d’avoir inversé les rôles : plutôt que de proposer le sempiternel enquêteur british et glacial et la flic française sympa ; le schéma s’inverse. Stephen Dillane campe un policier et père de famille dépassé, infidèle à ses heures mais profondément attachant. Clémence Poesy est parfaite dans le rôle de la jeune policière glaciale, parfaitement antipathique (cela pourra vous rebuter) mais à la sexualité pourtant débridée.

Autre atout : le tueur, énigmatique et inquiétant. Impossible de prévoir ce qu’il va advenir par la suite. Personne n’est épargné, que ce soient les anciens combattants, les enfants, les passants innocents, … Etonnant et révoltant. Ecrite avec justesse, baignant dans une ambiance réaliste et bénéficiant de scènes d’action très réussies ; « Tunnel » se révèle vite addictive.

Au travers d’un suspense souvent insoutenable, la série policière ne ménage pas nos nerfs tout en multipliant les fausses pistes. Dès que l’identité du tueur est révélée, la série s’essouffle quelque peu mais propose une fin en dehors des clichés inhérents au genre. Une vraie bonne surprise pour 10 épisodes à découvrir absolument.

13:37 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/05/2014

BATES MOTEL – Saison 1 : une bonne surprise en hommage à Hitchcock

BATES MOTEL

© A&E - Universal Television

1 saison de 10 épisodes (8 épisodes de 40’ et 2 de 46’).

Saison 2 en cours de diffusion aux USA. Diffusée fin 2013 sur 13ème Rue.

Disponible à la vente en dvd depuis le 4 février 2014.

REGARDER LE TRAILER DE LA SAISON 1 DE "BATES MOTEL"

 

MON AVIS :

Cela fait un moment que la télé recycle ses vieilles séries et films : policier (« Hawaï Five-0 »), conte (« Once Upon a Time ») ou encore littéraire avec « Psychose », roman de Robert Bloch dont le grand cinéaste Alfred Hitchcock s’était inspiré pour réaliser une très angoissante adaptation cinéma en 1960. Un classique et un chef d’œuvre, précurseur des films de tueurs en série qui hantent nos écrans depuis plus de 20 ans (Seven, Le silence des agneaux, Le collectionneur, …).

Dans le film de « Hitch », pour rappel, Norman Bates (Anthony Perkins) était un jeune homme coincé qui tenait un motel miteux dans un bled de campagne, le long d’une route déserte. Taxidermiste à ses heures, il matait ses clientes à travers un trou discrètement creusé dans un mur, avant de les tuer au couteau quand elles prenaient leur douche. Il se débarrassait ensuite de leurs corps, en les noyant dans un marais tout proche.

Durant les meurtres, Norman commettait ses crimes en étant déguisé en vieille femme. A la fin du film, un psychologue nous expliquait cette dualité qui hantait le jeune homme : il souffrait de dédoublement de la personnalité et incarnait en fait sa mère, morte depuis un moment et conservée dans une cave de la maison familiale, sous forme de cadavre momifié, que le spectateur découvrait avec horreur à la fin du film.

Pour les puristes d’Hitchcock, on pourrait crier au scandale avec ce « Bates Motel » qui propose de remonter aux origines du serial killer (tout comme « Hannibal » avec Madds Mikkelsen). Mais la bonne idée du producteur et scénariste Carlton Cuse (Lost, aïe, pas une référence en soi) est d’avoir rajeuni et modernisé le concept.

Dès les premières images, on retrouve le fameux motel et la veille maison des Bates mais Norman possède un smartphone et surfe sur son portable. Plutôt que de placer le contexte dans les années 50, la série se passe de nos jours et utilise intelligemment les codes actuels pour dérouler son propos, centré autour de la relation malsaine entre une mère et son fils.

Ce dernier, interprété avec classe par Freddie Highmore (la ressemblance avec Anthony Perkins est frappante), connaît ses premières amours, découvre son frère aîné et développe une personnalité de plus en plus inquiétante. La série nous plonge très bien dans la tête de celui qui deviendra un monstre, en multipliant les références au film du maître du suspense (frustration amoureuse, voyeurisme, taxidermie, environnement isolé, goût pour les armes blanches, …).

L’autre bonne idée, c’est d’avoir imaginé ce qu’aurait pu être plus jeune la mère de Norman Bates. A cet égard, Vera Farmiga est parfaite dans le rôle de Norma, mère abusive et ultra-protectrice. Flippante et crispante à souhait, l’actrice incarne une femme frustrée, hystérique et névrosée, rongée par ses angoisses. Malade dans sa tête. Une interprétation impeccable qui lui a valu un prix aux USA.

Ensuite, « Bates Motel » sort du carcan mère / fils, donnée déjà largement exploitée dans le film pour préférer – et c’est original – développer, autour de Norma et Norman, un monde fait d’intrigues et de trafics (cannabis, flics corrompus, dealers inquiétants et menaçants, …) qui renforcent l’atmosphère inquiétante et mystérieuse, digne d’un vrai suspense à la Hitchcock. Sir Alfred, reposez en paix. Votre univers a été respecté.

 

BATES MOTEL 2 : mystères en série

BATES MOTEL 2

Photo : ©  A&E - Universal Television - www.allocine.fr_072302

Thriller (10 épisodes de 40’) diffusé sur 13ème Rue entre octobre et décembre 2014.

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 15 décembre 2014.

La saison 1 de « Bates Motel » était vraiment étonnante. Prequel du film « Psychose » d’Alfred Hitchcock, la série a su rapidement se démarquer de son illustre modèle tout en respectant son univers. Plutôt que de se focaliser sur le seul Norman Bates, ce thriller ose imaginer ce qu’aurait été Norma, sa mère, si elle avait été vivante (dans le film, c’était un cadavre momifié découvert tout à la fin).

La saison 2 poursuit donc les mystères de la 1ère saison et en développe d’autres, notamment autour du shérif Romero, pas si net que ça. Les luttes de pouvoir autour du trafic d’herbe servent de toile de fond pour introduire de nouveaux personnages, le plus souvent inquiétants : le gangster Nick Ford, l’infâme Zane Carpenter (très caricatural) et sa sœur Jodi Wilson (Kathleen Robertson, vue dans « Boss »).

Au lieu de se concentrer sur Norman et sa mère, cette deuxième fournée d’épisodes suit les déboires de Dylan, le frère aîné de Norman. Homme de main du patron qui règne sur le trafic, le frangin échappe de peu à la mort et se retrouve pris dans une spirale de violence qui le dépasse (dans le rôle, Max Thieriot, est impeccable tout comme Vera Farmiga en Norma).

En parallèle, l’évolution du jeune Norman prend un tour effrayant : sa psyché déraille de plus en plus et sa paranoïa atteint des sommets. Un effet de mise en scène le surligne par l’abus, parfois lourd, de flashes mentaux. Il faut dire que sa mère ne l’aide pas vraiment, toujours prête à le culpabiliser. Sans compter les divers traumatismes qu’il subit à cause des relations dangereuses de son frère.

Par contre, on s’étonne de l’évolution de Norma. Par rapport à la 1ère saison, le personnage donne l’impression d’avoir été édulcoré : rares sont les crises d’hystérie et de rage. On sent que l’écriture du personnage a été délaissée au profit de ses deux fils. Au contraire, elle se révèle même douce. Inquiétant. Si toute relation amoureuse stable semble lui être interdite, notamment avec George (Michael Vartan d’ « Alias », sous-employé) ; Norma multiplie les intrigues et les manipulations, notamment pour sauver son motel.

En outre, le doute quant à la culpabilité de Norman dans le meurtre de sa prof de lycée - s’il n’est pas entièrement levé - offre de nouvelles perspectives de développement dans la saison 3.Au final, cette 2ème salve laisse un goût de trop peu et se révèle dans l’ensemble inférieure à la précédente. Mais « Bates Motel » se regarde avec intérêt parce que c’est d’abord un bon thriller d’atmosphère et parce qu’elle n’a pas encore livré toutes les clés des mystères. A suivre.

10:54 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/05/2014

UNDER THE DOME - SAISON 1 : la parano signée Stephen King

Under the dome© CBS Television - Paramount

1 saison de 13 épisodes de 40’. Diffusée fin 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique).

 

Disponible à la vente en dvd et Blu-Ray depuis le 09 avril 2014.

VOIR LE TRAILER DE LA SAISON 1 D'"UNDER THE DOME"

Adapté du roman « Dôme » de Stephen King, cette nouvelle série avait de quoi faire grincer des dents. En effet, rares sont les adaptations du maître de l’horreur et du fantastique qui soient réussies une fois passées à la moulinette hollywoodienne. Ajoutez à la production le nom de Steven Spielberg dont les séries télé ne sont pas franchement inoubliables (Terra Nova, Seaquest DSV, Amazing stories, …) et on se dit qu’on court à la cata.

Curieusement, ce n’est pas le cas. Tant mieux ! Le récit possède suffisamment de mystères et d’intrigues pour vous scotcher de bout en bout même si les épisodes du début sont un peu laborieux. Que vont devenir ces gens prisonniers de ce dôme étrange ? Quels sombres desseins cache le chef de la ville « Big Jim » Rennie ? Et bien d’autres questions.

La série remplit son cahier des charges avec son lot d’explosions, d’action, de romance, de meurtres, … tout en arrivant à maintenir le suspense durant ces 13 premiers épisodes. Les acteurs Mike Vogel (vu dans « Pan Am » et « Bates Motel ») et Dean Norris (Hank, le beauf de « Breaking bad ») sont d’excellentes surprises.

Signe des temps, voici encore une série où des personnages ordinaires se retrouvent dans un monde qui les met à l’épreuve et ne leur offre aucune garantie de survie, à l’image des zombies de « The Walking Dead » ou l’absence d’électricité dans « Revolution ». Comme les fans du livre n’avaient pas aimé la fin, Stephen King a donné son accord pour proposer une fin différente dans la série.

A l’origine, « Under the dome » était destinée à n’être qu’une minisérie mais vu le succès énorme lors de sa diffusion américaine sur CBS, les producteurs ont décidé de lancer une 2ème saison avec, évidemment, un cliffhanger insoutenable à la fin de cette 1ère saison, vous voilà prévenus. Espérons qu’ils sauront s’arrêter à temps au vu des nombreuses séries qui avaient un bon pitch de départ puis sont tombées dans le grand n’importe quoi (Prison Break, Jericho, Lost, …).

UNDER THE DOME 2 (fantastique - 13 épisodes) : le syndrome « Prison break » ? Incertain

Under the dome saison 2

Photo : © Under the dome - CBS Television - www.allocine.fr - 21015162_20130625155252014

Disponible en dvd et Blu-Ray dès le 4 mars 2015 (vu sur BE TV Belgique)

Adapté du roman de Stephen King (ce dernier signe d’ailleurs le scénario du premier épisode), « UTD II » n’a pas retenu les leçons de « Prison Break » et de « Lost ». A force de tirer sur la corde des mystères, elle finit par casser. Non seulement, on voit débarquer des personnages « out of the blue » (le beau-frère de Big Jim, un prof de science) mais on a droit à un nouveau mystère toutes les cinq minutes. Alors, un peu, ça va mais ensuite, ça dépasse les bornes.

 

Au point qu’on commence vraiment à se foutre de ce qui arrive aux personnages. Les scénaristes auraient mieux fait d’en faire une minisérie de 6 épisodes de 90’. Cela aurait évité les temps morts et les crises d’adolescents. Ici, l’essoufflement se fait nettement sentir. Preuve en sont les audiences en chute libre aux USA. Et pourtant il y aura une saison 3 ! Sans moi…

17:02 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |