19/10/2014

« THE BLACKLIST » (Saison 1) : le retour raté de James Spader à la télé

Blacklist

Photo : © NBC Studios - Universal Television  

Série policière et d’espionnage de Jon Bokenkamp. 

Saison 1 : 22 épisodes diffusés d’août à octobre 2014 sur RTL TVi (chaîne privée luxembourgeoise en Belgique) et sur TF1 en France. Saison 2 en cours aux USA (prochainement diffusée à la télévision).

Sortie annoncée de la saison 1 en dvd et Blu-Ray à partir du 19 novembre 2014. 

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 1

PITCH : Raymond Reddington, dit « Red », est un des dix criminels les plus recherchés par le FBI. Un jour, il décide de se rendre aux autorités, à condition de travailler avec la jeune et inexpérimentée Elizabeth Keen. En échange, il promet de livrer au FBI des criminels bien pires que lui, sa « liste noire ». Pourquoi ce souhait de travailler avec Keene et que cherche Red ? Mystère.

MON AVIS : au risque de passer pour un grincheux, ce n’est pas parce qu’une série remporte un large succès qu’elle est forcément de qualité. Horatio Caine des « Experts Miami » me flinguera pour cet affront à ses lunettes de soleil royales mais j’en assume le risque. Certes, « The Blacklist » cartonne en Europe, diffusée en primetime sur les grandes chaînes mais franchement, qu’est-ce que c’est que ce truc ? On nous prend pour des quiches ou quoi ?

« Blacklist » veut nous vendre l’idée qu’un criminel qui aide la police, c’est original. Pourtant, la figure du criminel ou du consultant « spécial » qui aide les flics est omniprésente à la télé ces dernières années (White Collar, Le Mentaliste, Castle, …) et traitée avec autrement plus de brio qu’ici. En plus, c’est oublier un peu vite « Le silence des agneaux » dont ce show reprend également la dynamique de la relation Hannibal / Clarice, soit le vieux manipulateur face à la jeune flic impressionnable. C’est aussi à un pénible mélange entre « Damages » (la jeune inexpérimentée) et « The Americans » (la figure de Tom Keen qui rappelle le duo de Russes infiltrés au cœur de la société américaine) dont « Blacklist » pompe sans vergogne les bonnes idées.

De fait, on se fout bien de savoir quel sombre secret cache Tom, sorte d’ersatz du Philip de « The Americans », mollement incarné par Ryan Eggold. De même, la relation entre Red et Elizabeth est cousue de fil blanc : très vite, on comprend qu’il est son père et qu’il cherche à la protéger. L’intérêt aurait pu résider dans la traque aux terroristes et autres monstres présentés dans chaque épisode. Eh bien non, on les voit tracés en quelques grosses esquisses, réduits à l’état de fantômes qui ne font que passer, malgré la présence de quelques guest stars de poids vues dans d’autres séries (T-Bag de « Prison Break », Dr. Wilson de « Dr. House », Job de « Banshee », …).  

Il a fallu une bonne huitaine d’épisodes avant d’arriver à accrocher. Vers le milieu de saison et le double épisode où un commando cherche à choper Red dans la base ultra-secrète du FBI, on se dit « ça y est, cela devient de mieux en mieux… ». Et bien, non, le soufflé retombe. Un pétard mouillé. Les seuls épisodes potables sont ceux écrits par le scénariste et réalisateur Joe Carnahan (l’excellent polar « Narc » et l’adaptation réussie au cinéma de « L’Agence tous risques » avec Liam Neeson et Bradley Cooper) mais ce ne sont qu’une poignée d’épisodes.

Tout cela est amené avec de gros sabots, sans réel suspense ni tension. Le côté peu attachant de la plupart des personnages n’invite pas à regarder cette série formatée pour le plus grand nombre. Pis, les seconds rôles sont écrits avec les pieds, sans réelle profondeur ni personnalité (hormis peut-être Diego Klattenhoff dans le rôle de l’agent Ressler mais pauvre Parminder Nagra, la Dr. Neela Rasgotra d’ « Urgences » qui a l’air d’une femme en dépression post-partum, tout comme Harry Lenix, le chef black Harry Cooper, mou au possible).

Le choix le plus incompréhensible de casting est sans conteste Megan Boone, absolument pas crédible en agent du FBI, manquant de charisme et de peps. On la verrait mieux en « desperate housewife » qui sort de chez son coiffeur de Beverly Hills qu’en flic de choc. L’actrice nous « offre » une palette d’émotions des plus limitées (je souris, je grimace, je pleurniche). Il y a quand même plein d’actrices à Hollywood autrement plus douées. Pourquoi elle ? Au secours !

Sans doute les seconds rôles sont-ils fades pour permettre à James Spader d’occuper tout l’écran, ce qu’il fait de toute façon sans difficultés. Allez comprendre… Si on le retrouve avec plaisir, succulent en trafiquant en tous genres (enfin, si vous aimez les arrogants imbus de leur personne et franchement crapuleux, ce qui n’est pas mon cas) ; on se dit quand même qu’il aurait mieux faire de revenir dans une série du câble (ce qui était son premier choix) plutôt que dans cette chose indigeste.

Pour le coup, on se dit qu’on ferait mieux de revoir « Boston Justice » où il était impérial en avocat aux joutes mémorables plutôt que de perdre son temps ici. Bref, une bonne idée mal exploitée et au final, un ratage. Et dire qu’il y a une saison 2 en cours… Sans moi.

16:41 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2014

« CHICAGO FIRE » (Saison 1) : les pompiers au cœur de l’amour et des flammes

Série dramatique et d’action de Dick Wolf contant le quotidien des pompiers de Chicago.

Chicago Fire season 1

Photo : © NBC Studios - Universal Television – Dick Wolf Productions

Saison 1 : 24 épisodes disponible à la vente en dvd depuis le 10 décembre 2013. Diffusée fin 2013 sur RTL TVi (chaîne privée luxembourgeoise en Belgique) et diffusée en ce moment (octobre 2014) sur 13ème Rue. Saison 2 : 22 épisodes (diffusée à la télévision sur RTL-TVI depuis le 17/10/14 : 2 épisodes par semaine).

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 1 

Depuis l’arrêt de sa franchise « Law & Order » (New York Police Judiciaire, NY Section criminelle, NY Cour de justice, …) dont ne subsiste plus que « New York Unité spéciale » ; le créateur et producteur Dick Wolf semblait lassé de la télévision puisqu’il s’est tourné vers la carrière d’écrivain de thrillers policiers : après « Interception », son 2ème opus « Rédemption », tout récemment sorti en librairie, vaut vraiment la peine d’être lu et a été salué par des pointures comme Harlan Coben et Michaël Connelly. Mais l’homme a plus d’une corde à son arc et adore mener de front – et avec quelle intelligence – plusieurs activités.

On pensait que la sombre et déprimante « Rescue Me », contrebalancée par un humour noir bienvenu, avait tout dit sur le quotidien des pompiers avec ses héros du feu alcooliques et hantés par les fantômes du 11 septembre 2001. Mais comparer celle-ci à « Chicago Fire », ce serait comme comparer les séries carcérales « Prison Break » et « Oz ». Aucun intérêt tant les univers et le traitement de ton diffèrent.

Se démarquant totalement de « Rescue Me », Wolf prend le parti de montrer le travail dur et pénible des hommes du feu de Chicago. En ce sens, il a retenu les leçons de la série médicale « Urgences ». Au lieu de multiplier les scènes de bravoure durant les missions de sauvetages (ce qu’on craignait avant d’avoir vu la série…), le producteur - scénariste privilégie plutôt la romance en attisant le feu dans les cœurs des pompiers de cette caserne de Chicago. Les actes de courage - même s’il y en a - passent alors au second plan.

Rassurez-vous, pas de bluette sentimentale ni de soap opera façon « Les feux de l’amour ». Non, à la place, on retrouve une équipe d’hommes et de femmes, parfois clichés (le brave gars, le rigolo, le naïf, le beau gosse viril et sensible, …) mais somme toutes attachants. Des liens se font, d’autres se défont, comme dans la vie.

Leur quotidien est aussi marqué par la cohabitation avec des gangs très violents. Plus étonnant et intéressant : le phénomène de harcèlement est traité de manière frontale et illustre combien une situation a priori anodine peut méchamment déraper, peu importe la vérité, seule importe la victoire au tribunal. Sans oublier la menace de flics corrompus qui exercent une pression psychologique constante au travers du glaçant et brutal Voight (héros du spin-off « Chicago Police » : lire plus loin). Certes, par moments, la série n’arrive pas à se départir d’effets patriotiques typiquement américains et souvent lourds (cf. « Hawaï 5-0 »). Mais tout cela est amené sans trop de gros sabots, alors on lui pardonnera.

Une nouveauté dans l’univers de Dick Wolf et cela doit être souligné : cette série propose une structure feuilletonesque. Il n’y a donc plus une histoire bouclée en un épisode comme dans sa franchise « Law & Order ». Le résumé en début d’épisode permet de prendre le récit en cours de route sans être trop largué.

Outre la surprise de revoir le sympathique Jesse Spencer (Dr. Chase dans « Dr. House ») qui incarne Casey, jeune pompier intrépide et fougueux ; on a surtout l’énorme plaisir de retrouver Eamonn Walker, charismatique chef d’équipe qui incarna l’inquiétant leader musulman Kareem Saïd dans « Oz ». Parmi les seconds rôles, on retrouve aussi Lauren German, starlette de films d’horreur (Massacre à la tronçonneuse, Hostel 2), aperçue en flic de choc dans la saison 2 d’ « Hawaï 5-0 ».

Voici donc une bonne série, non exempte de défauts mais dont les personnages sont bien écrits et intelligents. Certains diront que c’est une série mineure de Dick Wolf. Pas faux mais pourquoi bouder son plaisir ?

Bref, on a envie de les revoir la semaine qui suit, contrairement à son spin-off « Chicago Police » (Chicago PD en VO) qui semble avoir été écrite à la sauvette tant les personnages ne sont ni attachants, ni étoffés. « CPD » se contente de rester dans les clichés et ne fait que peu évoluer ses personnages. Au final, un pâle ersatz de « The Shield », série policière autrement mieux construite dans sa peinture de l’univers des équipes de flics d’élite qui luttent contre la drogue, les gangs, la bureaucratie et la corruption.

Spin-off oblige, on retrouve certains personnages de « Chicago Fire » (Kelly, Peter, Gabriela, …) qui viennent faire un petit bonjour, sous forme de crossover, histoire d’appuyer la crédibilité de leur petite sœur télévisée. Aux USA, « Chicago Fire » rencontre un certain succès puisqu’une une seconde saison est déjà terminée, en attendant une troisième salve d’épisodes en cours de tournage. Espérons que la suite sera à l’avenant.

CHICAGO FIRE 2 (drame - 22 épisodes) : subtilement attachant Cool

Chicago Fire

Photo : © www.nbc.com - www.rentcafe.com

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis novembre 2014

Après une honorable 1ère saison qui rappelait par moments les débuts d’ « Urgences », cette seconde salve fait encore mieux en développant les personnages et leur vie privée.

Evidemment, il y a les inévitables séquences de sauvetage, par ailleurs très réalistes, mais elles n’occupent pas l’avant-plan pour masquer un manque d’épaisseur des personnages.

Au contraire, chaque protagoniste, du plus important au plus secondaire, a droit à son histoire. Les scénaristes réussissent le tour de force de faire mieux que la saison 1 tout en greffant intelligemment des menaces que chacun connaît dans la vie quotidienne (fermeture d’entreprise pour raisons économiques, échec de relations amoureuses, morts injustes, …). Plusieurs crossovers avec la série dérivée « Chicago Police » parsèment la saison mais sans occulter ce qui se passe dans « Chicago Fire ».

 

Les scénaristes aiment leurs personnages et parviennent à les rendre réellement attachants, le Chef Boden en tête (magnifique Eamonn Walker, déjà vu dans la série carcérale « Oz »). Attention au dernier épisode qui comporte un cliffhanger frustrant. Qu’importe, on sera aux premières loges pour la 3ème saison.

13:46 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |