30/11/2014

« RAY DONOVAN » (Saison 1) : micmacs chez les riches d’Hollywood…

Ray Donovan© Showtime 

Série dramatique créée par Ann Biderman. Avec Liev Schreiber (Ray Donovan), Jon Voight (Mickey Donovan), Steven Bauer (Avi), Paula Malcomson (Abby Donovan), Eddie Marsan (Terry Donovan), Dash Mihok (Brendan “Bunchy” Donovan), Elliott Gould (Ezra Goodman), Pooch Hall (Darryl Donovan), …

Saison 1 : 12 épisodes d’environ 52’ chacun, disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 19 novembre 2014.

Saison 2, 3 et 4 terminées aux USA (12 épisodes). 

Diffusé en France sur Jimmy et CANAL +. Diffusion aux USA sur Showtime.

VOIR UN TRAILER DE LA 1ère SAISON DE « RAY DONOVAN »

Depuis l’arrêt des séries qui ont fait sa renommée (Dexter, Weeds, Californication, …), la chaîne câblée SHOWTIME peinait à trouver un second souffle. Certes, il y avait « Homeland » mais après la première saison, l’intérêt est retombé : la série a déçu et se poursuit encore actuellement avec une 4ème saison quelque peu dispensable.

A priori, « Ray Donovan » n’avait rien de vraiment original : un père de famille qui trempe dans des affaires louches, avec une femme chiante, des gosses qu’il n’arrive pas à gérer et des associés qui comptent sur lui. Cela vous rappelle quelqu’un ? La comparaison s’arrête là avec Tony Soprano.

En effet, la créatrice de cette série dramatique, Ann Biderman – connue pour son travail de scénariste et productrice sur les films « Peur primale » (1995) et « Public enemies » (2009) – a le bon goût de se démarquer de la saga mafieuse de David Chase à divers niveaux.

Tout d’abord, elle arrive à donner une réelle épaisseur au personnage de Ray Donovan. Derrière ce qui n’aurait pu être qu’une brute épaisse et impitoyable se cache un cœur d’or. Pour le situer, Ray sait gérer les crises comme personne. Jamais à court de sang froid, il parvient à sortir ses riches clients (des stars du sport ou du cinéma) de situations souvent embarrassantes, voire catastrophiques. Il est l’homme de la situation et sait comment cacher, en toute discrétion, de potentiels scandales.

Evidemment, cela suppose des méthodes aux limites de la loi, pour ne pas dire criminelles. A ses côtés, son homme de main Avi se révèle un précieux « effaceur » (Steven Bauer, le beau gosse de « Scarface », avec 30 ans et 30 kilos de plus dans un rôle amusant et parfois caricatural quand il parle avec un faux accent hébreu).

Ensuite, l’autre bonne idée a été d’avoir donné à Ray une certaine sensibilité et des failles. Malgré sa grande intelligence quand il joue le « consultant-réparateur », ce père de famille n’arrive pas – ou difficilement – à gérer les siens comme ses clients.

Ray nous devient attachant et humain par le fait qu’il veille constamment sur ses deux frères : tout d’abord avec Terry, un petit gars qui tient une salle de sport dans les bas-fonds de Los Angeles. Méchamment esquinté durant un combat de boxe, il vit seul et se considère comme un raté. Ensuite avec Brendan dit « Bunchy » va encore plus mal : violé par un prêtre durant son enfance, c’est un alcoolique de 40 ans qui va à des réunions d’alcooliques anonymes sans réelle volonté de changer. Sorte de grand gamin de 12 ans, il ne sait vraiment plus où il en est. Et ce n’est pas le retour de Mickey, leur père, qui va arranger les choses.

Mis derrière les barreaux durant 20 ans pour un crime qu’il n’a pas commis, Mickey compte bien récupérer sa famille et reprendre sa place de patriarche. Seulement voilà, Ray le hait tellement qu’il n’est pas question d’incruste. Et les ennuis commencent…

Dans le rôle du patriarche Mickey, Jon Voight est absolument génial. D’une vulgarité assumée, ce personnage au langage fleuri aime les femmes noires, regarde des films porno et adore les fellations, tout en se révélant fin manipulateur. Egocentrique, il balance des paroles sans nuances à la face des siens sans réfléchir et quand il s’excuse, c’est sans y croire. Oreilles sensibles s’abstenir.

Malgré son look de vieux mac (veste de cuir des années 70, chaînette au cou et bagues aux doigts), Mickey arrive à se faire passer pour la victime quand tous les éléments l’accusent. Par son baratin sans failles, il parvient à se sortir de situations critiques tout en n’hésitant pas à liquider froidement toute personne qui contrecarre ses plans.

Enfin, comme dans « Sons of Anarchy » (lire aussi critiques sur ce blog), les scénaristes se sont inspirés d’« Hamlet », la tragédie de William Shakespeare, en adaptant au goût du jour l’éternel affrontement entre père et fils. Bonne nouvelle, « Ray Donovan » arrive à innover en alternant drame et comédie de façon assez subtile, sans tomber dans le poussif malgré la  vulgarité a priori repoussante qui parsème les épisodes.

Liés par un sombre secret, tous les Donovan sont évidemment fracassés par la vie. Chaque épisode nous dévoile un peu plus le passé et les motivations de cette famille curieusement déjantée. Par petites touches, cette série feuilleton arrive à maintenir l’intérêt par la qualité de son écriture, de son interprétation et par son humour souvent noir et grinçant.

Dans des rôles secondaires, on retrouve avec étonnement de grands acteurs de films et de séries des années 70 comme Elliott Gould (MASH, Le privé), Paul Michael Glaser (Starsky et Hutch) et surtout, James Woods, parfaitement horrible dans le rôle de Sully. Ce tueur à gages, activement recherché par le FBI, n’a rien à envier à Mickey (voyez comment il traite sa femme dans une chambre d’hôtel ou Rosanna Arquette qui fait un passage remarqué dans quelques épisodes).

Au terme de cette première saison, la série n’a bien sûr pas livré tous ses secrets, proposant une fin calme et digne. Bref, « Ray Donovan » se révèle une bonne surprise. Une autre vision de la « Cité des Anges », d’une Los Angeles bling bling le jour mais autrement plus glauque la nuit. A quand la saison 2 ?

 

RAY DONOVAN (SAISON 2) : QUAND LA FAMILLE DEVIENT UN PROBLEME...

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© Showtime

Série dramatique créée par Ann Biderman. Avec Liev Schreiber (Ray Donovan), Jon Voight (Mickey Donovan), Steven Bauer (Avi), Paula Malcomson (Abby Donovan), Eddie Marsan (Terry Donovan), Dash Mihok (Brendan “Bunchy” Donovan), Elliott Gould (Ezra Goodman), Pooch Hall (Darryl Donovan), Kerris Dorsey (Bridget Donovan), …

Saison 2 : 12 épisodes d’environ 52’ chacun, disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 16 septembre 2015 chez Showtime. Saison 3 terminée aux USA (12 épisodes).

Diffusé aux USA sur Showtime et en France sur Jimmy et CANAL +.  

VOIR UN TRAILER DE LA 2ème SAISON DE « RAY DONOVAN »

Dire que « Ray Donovan » est une grande série serait sans doute exagéré. Reprenant les éléments de base des « Soprano » (un chef de famille quelque peu déprimé qui doit protéger les siens, quitte à commettre des meurtres), elle n’a sans doute pas le même souffle épique que le chef-d’oeuvre de David Chase. Cependant, elle a quelque chose d’attachant avec sa galerie de personnages frappadingues et particulièrement attachants.

On pense évidemment à Terry et Bunchy, les frères de Ray, fracassés par la vie. Le secret qui les lie à leur grand frère remonte à leur enfance et les hante à tout jamais. Ray Donovan souffre d’un burn-out aggravé mais refuse de tomber dans la dépression. A la différence de Tony Soprano, il ne va pas avoir une psy et se réfugie dans le whisky et le sexe (on le voit boire et forniquer à profusion). La comparaison avec les « Soprano » s’arrête là.

Mais le principal intérêt de la série, c’est le père Mickey, incarné par un Jon Voight particulièrement inspiré. Surveillé par un agent de probation quelque peu chelou (Wendell Pierce, le Bunk de « Sur écoute »), cet ex-taulard cherche à se faire un maximum de fric en un minimum de temps. Et les combines repartent de plus belle, quitte à impliquer la famille….

Retors à souhait, Voight arrive à nous surprendre, à nous amuser et à nous dégoûter avec ses airs de brave vieux qui cache bien son esprit tordu et sournois. Avec sa peau humide, il fait penser à un serpent. Cela tombe bien, il jouait déjà un méchant succulent dans « Anaconda », film d’horreur amusant et quelque peu oublié. Comme « Sons of Anarchy », la série reprend et exploite intelligemment le thème du conflit avec le père.

Evidemment, les magouilles de Mickey rejaillissent sur ses fils et rajoutent aux problèmes de Ray qui n’avait pas besoin de ça en plus. Traversant une crise conjugale particulièrement intense, l’homme de main des riches de Los Angeles doit encore composer avec une journaliste un peu trop curieuse. Celle-ci s’intéresse aux petites affaires d’Ezra Goodman, mentor et protecteur de Ray Donovan.

Les tensions familiales atteignent leur paroxysme lors d’une soirée d’anniversaire mémorable, durant laquelle Darryl, le frère noir, pète les plombs ! En fin de soirée, Ray danse avec son fils sur « Walk this way » de Run DMC. Une scène touchante qui exprime mieux qu’avec des mots le désarroi du personnage.

Bien menée, cette seconde fournée d’épisodes se dévore sans problème. Ici et là, on trouve quelques faiblesses et ruptures de rythme mais on lui pardonnera car les personnages sont tous excellemment campés. Chacun bénéficie d’une réelle profondeur et d’un solide travail d’écriture de la part des scénaristes. Curiosité : on retrouve à nouveau Paul Michael Glaser, l’ex-Starsky, dans le rôle d’un riche crétin à qui Mickey va faire passer un sale quart d’heure.

Enfin, la série ne ménage pas les forces de police, montrées comme corrompues et inefficaces, plus intéressées par leur petit profit que par faire régner la loi. Les puissants ont le dernier mot et l’argent achète tout. Effrayant. 

« RAY DONOVAN » (Saison 3) : toujours plus loin mais pas tant que ça

Série dramatique créée par Ann Biderman. Avec Liev Schreiber (Ray Donovan), Jon Voight (Mickey Donovan), Steven Bauer (Avi), Paula Malcomson (Abby Donovan), Eddie Marsan (Terry Donovan), Dash Mihok (Brendan “Bunchy” Donovan), Elliott Gould (Ezra Goodman), Pooch Hall (Darryl Donovan), Kerris Dorsey (Bridget Donovan), …

Saisons 1 à 4 (12 épisodes par saison de 45’ à 65’). Saisons 1 à 3, disponibles en dvd et Blu-Ray (sortie en France de la saison 3 le 4 octobre 2016 chez Showtime). Saison 4 terminée aux USA (12 épisodes). Saison 5 en cours de production. Diffusé en France sur Jimmy et CANAL +. Diffusion aux USA sur Showtime.

RAY DONOVAN 3 - uploads-1475060327-ray5.jpgSérie dramatique créée par Ann Biderman. Avec Liev Schreiber (Ray Donovan), Jon Voight (Mickey Donovan), Steven Bauer (Avi), Paula Malcomson (Abby Donovan), Eddie Marsan (Terry Donovan), Dash Mihok (Brendan “Bunchy” Donovan), Elliott Gould (Ezra Goodman), Kerris Dorsey (Bridget Donovan), …

Saisons 1 à 4 (12 épisodes par saison de 45’ à 65’). Saisons 1 à 3, disponibles en dvd et Blu-Ray (sortie en France de la saison 3 le 4 octobre 2016 chez Showtime). Saison 4 terminée aux USA (12 épisodes). Saison 5 en cours de production.

Diffusé en France sur Jimmy et CANAL +. Diffusion aux USA sur Showtime.

© Showtime

VOIR UN TRAILER DE LA 3ème SAISON DE « RAY DONOVAN »

AVIS : Pas facile la vie de « nettoyeur » pour riches et puissants d’Hollywood… Imaginez : pendant que vous devez faire disparaître un cadavre pour le compte d’un riche et odieux homme d’affaires (Ian McShane) et que vous vous amourachez de sa fille (Katie Holmes, ex-Mme Tom Cruise), un de vos trois frères (Terry) croupit en prison tandis que l’autre (Bunchy) va se marier avec une catcheuse mexicaine. Votre mariage bat méchamment de l’aile, vous ne comprenez plus votre femme Abby et elle aussi. Votre fille Bridget sort avec son prof plus âgé d’une quinzaine d’années et votre fils Connor cherche à se faire dépuceler à tout prix. Pour aggraver la situation, votre père Mickey monte sa petite entreprise de prostituées avec votre dernier frère Daryl et se retrouvent avec la mafia arménienne, la famille Minassian, sur le dos. Enfin, car ce n’est pas tout, les flics sont à vos trousses pour des meurtres non élucidés ainsi qu’un vieil ennemi sur le retour et un prêtre qui vous pousse à la rédemption.

Chargé le programme de Ray Donovan, dont on voit le visage passer de fatigué à franchement burnouté. Et en même temps, pas tant que cela car on a l’impression que qu’il ne se passe pas grand-chose. Le début met du temps à démarrer, les situations s’enchaînent de manière plutôt plate, sans enjeux réellement intéressants, les personnages de Ray et Mickey se montrent presque trop calmes et sages. A ce stade, on comprend que la série a dit l’essentiel durant ses deux premières saisons et que cette troisième fournée peine à rebondir. Le défaut le plus visible dans le travail des scénaristes (déjà perceptible dans la 2ème saison) réside dans le personnage de Mickey, le patriarche machiavélique (Jon Voight en roue libre et limite cabotin), à qui il faut absolument trouver un nouveau sale coup à réaliser.

Le monde dans lequel vivent les Donovan, pas si éloigné que cela du nôtre, reste sans illusions : les stars d’Hollywood, les riches et puissants (quel univers glauque !) et autres flics, sont tous aussi répugnants les uns que les autres, hormis la détective Muncie, seule exception notable. Les scénaristes chargent la barque à un point tel que cela en devient un peu lourd à avaler. Comme s’il fallait à tout prix trouver un ressort choquant pour relancer l’intrigue.

Alors, « Ray Donovan » serait-elle devenue une série à grosses ficelles, recyclant sans talent les ressorts du soap (la femme et la fille de Ray ne feraient pas tache dans les « Feux de l’amour ») ?

La réponse est bien évidemment non car la série a pour elle deux grandes qualités, celle d’arriver à maintenir notre intérêt tout au long de ses 12 nouveaux épisodes. Ensuite, qu’on le veuille ou non, la famille Donovan, malgré ses dysfonctionnements abyssaux, reste une famille sacrément attachante, même Abby qui rappelle furieusement le côté prise de tête de Carmela Soprano. Chacun nous est montré dans ses forces et ses faiblesses, capable du meilleur comme du pire. Chaque personnage bénéficie d’un travail d’écriture qui lui confère une réelle épaisseur, une personne qu’on pourrait être amené à rencontrer dans la vraie vie (quoiqu’on ne préfère pas tant ils attirent les ennuis).

Malgré des premiers signes d’essoufflement, cette troisième fournée reste tout de même agréable à suivre et se conclut de manière relativement spectaculaire, émotionnellement parlant, pour Ray Donovan. Si elle reste moins réussie que les saisons précédentes, elle a le mérite de faire évoluer ses personnages de façon un peu intéressante que pour avoir envie de continuer à la suivre. Cela tombe bien, la 4ème saison vient de s’achever aux USA. Rendez-vous est pris.

19:09 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2014

« 24 HEURES CHRONO » (Saison 9) et « TOUCH » (Saison 2) : la magie a disparu…

24 live another day© 24-live-another-day - Copyright Fox Television

9ème saison de 12 épisodes de 40’. Avec Kiefer Sutherland (Jack Bauer), Mary Lynn Rajskub (Chloé O’Brian), William Devane (Président James Heller), Kim Raver (Audrey Raines), Yvonne Strahovski (Kate Morgan), …

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 17 octobre 2014.

Diffusé en France sur CANAL + et en Belgique francophone sur BE TV.

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 9 DE « 24 HEURES CHRONO »

Curieuse idée de la chaîne FOX d’avoir exhumé son héros Jack Bauer. Devant l’insuccès de « Touch », sa nouvelle série (lire ci-dessous), Kiefer Sutherland s’est dit : « Bon, ben, on y va. Histoire de briller encore une fois devant les projecteurs d’Hollywood… »

Était-ce une bonne idée ? Oui et non. Oui car on se demandait ce qu’était devenu Jack, ex-agent devenu renégat et traqué par les services secrets. La réponse est donnée dès le début. Et oui parce que cette nouvelle fournée d’épisodes (12 au lieu des 24 habituels) arrive à maintenir l’intérêt tout au long du récit et évite les baisses de rythme que connaissait la série sous son format originel.

Pourquoi cela s’appelle toujours « 24 heures chrono » si cela ne dure que 12 épisodes me direz-vous ? Par une pirouette temporelle, les producteurs ramassent le temps, condensé en 24 heures sur 12 épisodes.

Non parce que ce retour n’était pas franchement nécessaire. En effet, les écrans partagés, le compte à rebours et le jeu essoufflé de Kiefer Sutherland appartiennent à la décennie précédente. Même si les producteurs et réalisateurs (Jon Cassar en tête) ont réussi à recréer l’atmosphère de l’ « ancienne » série en déplaçant l’action à Londres avec une histoire de drones, « 24 heures chrono » a un côté quelque peu désuet.

Quand on voit les avancées technologiques de films comme les derniers « Mission Impossible », la série paraît un peu datée, voire ringarde. En témoignent les méchants, arabes évidemment et particulièrement caricaturaux (ce qu’on pouvait déjà reprocher aux 8 saisons précédentes).

De plus, le choix d’Yvonne Strahovski (jolie blonde vue dans les saisons 7 et 8 de « Dexter » où elle était sa petite amie) laisse parfois perplexe. L’actrice incarne avec panache l’espionne Kate Morgan mais il est difficile de la voir avec sérieux quand on repense à son rôle dans « Chuck », son autre série d’espionnage sur fond de comédie. A se demander si elle ne va pas sortir une vanne. Ou un coup de vache comme dans « Dexter » où elle était flippante à souhait. Cela dit, elle s’en sort honorablement et son personnage peut se voir comme l’équivalent féminin de Jack Bauer. Une nana qui « en a ».

A nouveau, il y a des scènes de torture (hélas…) mais ce n’est pas Jack Bauer qui s’y colle et c’est la jolie blonde qui en fait les frais. Pour faire le lien avec les précédentes séries, les scénaristes ont eu la bonne idée de faire revenir les personnages du Sénateur James Heller, désormais Président (William Devane, convaincant) et Audrey Raines, sa fille (Kim Raver, un peu effacée).

Comme elle était l’ex-petite amie de Jack, des sentiments resurgissent et Jack nous est présenté sous un aspect plus sensible qu’à l’accoutumée. Pourquoi pas ? Heureusement, on n’a pas droit au retour de l’insupportable Kim Bauer (Elisha Cuthbert), la gamine de Jack, qui avait le chic pour se fourrer dans des situations invraisemblables.

Au final, qu’en penser ? C’est efficace et se regarde sans ennui. Mais c’est aussi vite vu et vite oublié. La fin de saison laisse penser à une suite probable quoique rien n’ait été confirmé par l’équipe de production. Bref, le retour de Jack Bauer illustre l’absence de prise de risque et d’idées originales qui prévaut dans les séries des chaînes nationales CBS, ABC, NBC, Fox, … Autant reprendre des héros et des concepts qui ont fait leurs preuves, quitte à paraître dépassé. Un retour pas vraiment indispensable. N’en déplaise aux fans purs et durs de Jack Bauer.

« TOUCH » (Saison 2) : la magie a disparu aussi…

TOUCH season 2

© Touch-Season-2-Promotional-Cast-Photo-Beach-Symbol. - Copyright Fox Television - www.24spoilers.comjpg

2ème saison de 14 épisodes et fin de la série.

Diffusée début 2014 sur BE TV (ex-Canal + Belgique).

Pas de date annoncée pour la sortie à la vente en dvd.

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 2 DE « TOUCH »

Pauvre Tim Kring ! Le créateur et papa de « Touch » semble condamné à revivre l’expérience malheureuse de « Heroes », sa série de super-héros qui était rapidement partie en sucette. Après une première saison magique et réellement attachante (lire aussi la critique sur ce blog), nous voilà partis dans une autre direction qui lorgne méchamment vers « 24 heures chrono » (normal, il y a Kiefer Sutherland) et ses conspirations.

En gros, le papa et son gamin doivent échapper aux griffes d’Aster Corps, une vilaine multinationale avide de fric et soucieuse de capturer le petit génie pour éviter la faillite. Capable de prédire les événements à venir par une suite de chiffres, le petit Jake n’en a que plus de valeur aux yeux des affreux requins parmi lesquels une rousse glaciale incarnée par Frances Fisher (ex-Mme Clint Eastwood, vue dans le western « Impitoyable » et la série « Urgences »).

Curieusement et c’est son principal défaut, cette 2ème saison devrait être palpitante. Que du contraire. L’ensemble est uniformément plat, mal ficelé, parsemé d’invraisemblances et on se fout assez bien de ce qui va arriver tant les rebondissements sont grotesques. Pis, Kiefer Sutherland répète déjà pour le rôle de Jack Bauer (qu’il vient de reprendre dans une minisérie) en menaçant de son revolver, sans compter les scènes de torture qui n’ont rien à faire dans une série qui se voulait familiale. Cela vous rappelle quelqu’un ?

Au final, au vu des faibles audiences de la 1ère saison (pourtant sympathique), Tim Kring s’est vu obligé de remodeler le concept de « Touch » (notamment son générique) sur injonction de la FOX qui diffuse la série aux USA. On a la méchante impression de ne plus du tout voir la même série, d’ailleurs annulée depuis lors. Triste. Adieu Martin et Jake, on se souviendra de la saison 1 en oubliant vite cette suite calamiteuse et parfaitement dispensable. 

19:25 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/11/2014

« BANSHEE » : et si on était quelqu’un d’autre ?

BANSHEEPhoto : © CINEMAX

Série dramatique (USA, 2013 - 2013) créée par Jonathan Tropper et David Schickler, produite par Alan Ball, Greg Yaitanes et Peter Macdissi.

2 saisons de 10 épisodes chacune. Diffusée sur Canal + France et Canal + Séries, inédite en Belgique. 3ème saison en cours de production (en 2014-2015). Saison 1 disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 9 juillet 2014

LE SITE OFFICIEL DE « BANSHEE »

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 1 DE « BANSHEE »

Lassé après 5 ans de « True Blood », Alan Ball jette l’éponge. Bonne idée car la saga de vampires commençait à sentir le faisandé (lire ici le dossier « True Blood »). Visiblement en panne d’inspiration, le scénariste oscarisé d’ « American Beauty » et créateur-producteur de la formidable série « Six Feet Under » a voulu se faire plaisir. Quitte à nous malmener.

« Banshee », c’est le nom d’une petite ville (fictive), un bled de Pennsylvanie occupé par une importante communauté d’Amish a priori sans histoires. A priori puisque le maire a engagé un shérif venu d’ailleurs. Sa mission : nettoyer la ville de l’infâme Proctor, criminel notoire et propriétaire de plusieurs affaires louches dont un abattoir (à vous de deviner ce qui s’y passe…).

Dans le même temps, un étranger sort de taule et part pour Banshee retrouver sa petite amie qu’il a perdue de vue depuis 15 ans. On ne sait pas son nom. Il a un passé obscur et survit en montant des arnaques. Mais des gangsters veulent sa peau. Et ça commence fort avec des scènes d’action dignes d’une grosse production hollywoodienne.

Pas de bol pour le shérif, il croise la route de deux sales types dans un bar où l’ex-taulard est de passage. Si ce dernier s’en sort grâce à sa maîtrise des arts martiaux, c’est loin d’être le cas pour l’homme de loi. Ni une, ni deux et l’ancien criminel prend son identité. Voilà ce qu’on peut dire sans trop révéler la suite.

Enfin, si vos nerfs et votre sensibilité le supportent… A nouveau, Alan Ball donne libre cours à ses fantasmes, en nous offrant un spectacle souvent gothique et parsemé de personnages « too much ».

Sorte de western post-moderne (en clin d’œil au « Train sifflera trois fois » où Gary Cooper se retrouve seul contre tous), « Banshee » nous interroge sur ce que nous aurions aimé être. A commencer par le shérif qui le devient à la suite de circonstances inattendues. La loi, ce n’est pas trop son truc mais quand il voit que la petite ville est aux mains d’un autocrate, il passe à l’action. Et ça va saigner !

L’acteur néo-zélandais Anthony Starr (le shérif Lucas Hood) n’était sans doute pas le meilleur choix de casting. Assez fade, il peine à convaincre dans un premier temps vu son manque évident de charisme à l’écran. Il s’en sort mieux dans les scènes de castagne et de poursuites, tout en incarnant assez bien l’ambiguïté.

La bonne idée de scénario est d’avoir créé une tension qui parcourt tous les épisodes et qui repose sur la simple question suivante : et si quelqu’un découvrait qui il était vraiment ? Cela rappelle le Dr. Kimble dans la mythique série « Le Fugitif » qui donna lieu au film avec Harrison Ford.

Seules quelques personnes connaissent son secret : son ex-petite amie Carrie Hopewell ; Sugar Bates (Frankie Faison), un ancien boxeur noir qui tient un bar et enfin Job (Hoon Lee), homosexuel raffiné et spécialiste du hacking.

A nouveau, on retrouve le goût d’Alan Ball (homo revendiqué et militant à la ville) pour les gays fantasques et au caractère bien trempé, à l’image du Lafayette de « True Blood ». Arborant des tenues et des coiffures disco et post-punk, Job a ceci de succulent qu’il sait se battre mais aussi manier le flingue comme le clavier d’ordinateur et les traits d’esprit ! Ce qui donne lieu à des réparties savoureuses entre Hood et Job, sur un ton humoristique plutôt bienvenu au regard de la tonalité de la série, souvent glauque, sombre et même carrément poisseuse.

Le choix de casting d’Ivana Milicevic (Carrie Hopewell) est également curieux. La belle relève plus de la gravure de mode que de l’actrice expérimentée. Carrie est mariée au procureur Gordon Hopewell et a eu des enfants. Elle a refait sa vie et Hood n’y a pas sa place. Malgré tous ses efforts, le passé va la rattraper. Même si elle veut à tout prix être quelqu’un qu’elle n’est pas, les circonstances en décideront autrement. Ici aussi, le personnage est terrorisé à l’idée que quelqu’un découvre sa nouvelle identité (son vrai nom est Anastasia). Elle craint en particulier le très flippant Mr. Rabbit (Ben Cross). Vous découvrirez pourquoi…

Alan Ball connaît ses classiques et a retenu la leçon d’Hitchcock qui disait : « Plus réussi est le méchant, meilleur sera le film ». On n’est pas déçu avec Kai Proctor, gangster très propre sur lui qui, en un instant, passe de la douceur raffinée à la violence la plus rageuse. Chapeau à Ulrich Thomsen qui campe un gangster glacial et terriblement inquiétant. Inoubliable.

Mieux écrit que le personnage de Hood, Proctor est un ancien membre de la communauté Amish qui a tout quitté pour créer son propre business. Il veut quelque chose, il le prend. Malheur à celui qui se trouve sur son chemin. A la différence de Hood et Carrie, il est devenu ce quelqu’un d’autre et ne s’en cache pas, assumant parfaitement sa toute-puissance et assouvissant ses pulsions jusqu’au bout.

Au passage, on retiendra encore le personnage de l’albinos, une montagne de muscles effrayante croisée par Hood en prison. A l’heure où chacun devra régler ses comptes, cela donnera lieu à un combat épique et particulièrement cruel qui éclairera les motivations de Hood et nous en dira plus sur son passé trouble.

N’oublions pas le personnage de Rebecca Bowman (Lili Simmons). Rejetée par la communauté Amish, la jeune femme n’a d’autre choix que de se réfugier chez son oncle Proctor. Tiraillée entre ses origines religieuses et l’ouverture vers une nouvelle vie qu’elle ne soupçonnait pas, l’actrice incarne avec classe le malaise post-adolescent et s’en sort également très bien dans les scènes d’amour.

Car oui, « Banshee » parle aussi d’amour ! Même si c’est plus souvent de manière trash et limite voyeuriste : ça fornique à chaque épisode, quasiment dans tous les coins et Hood multiplie les aventures avec la gent féminine qui raffole de ses « talents ». Là où cela devient plus malsain, c’est quand Proctor reluque sa nièce en maillot de bain et envoie un de ses sbires régler des comptes alors que Rebecca est en pleine partie de jambes en l’air…

Enfin, Alan Ball nous gratifie à nouveau de son goût prononcé pour l’hémoglobine, déjà débordante à souhait dans « True Blood » : du sang, du sang et encore du sang. Hood se fait passer à tabac : ça saigne ; Proctor liquide ses adversaires : ça saigne ; Carrie se défend des attaques d’un sbire de Mr. Rabbitt : ça gicle. Bref, cela en devient par moments carrément grotesque, voire drôle vu le côté « trop ».

Au final, « Banshee » fait penser à un western détourné de ses codes et présenté sous forme de bande dessinée remplie de fureur, de sexe et de sang (l’affiche de la série ressemble à une bd avec le sang qui coule en flaque, vous voilà prévenus).

Souvent gratuitement violente et irréaliste, parfois brouillonne et caricaturale ; elle ne laissera personne indifférent. Sur le plan visuel, elle chamboule le spectateur et ne lui laisse que peu de répit. Regardez bien son générique dont les photos changent à chaque fois avec, en fond sonore, la musique envoûtante de Methodic Doubt. Une découverte en soi.

La saison 2 est déjà en boîte, on espère qu’elle gommera les quelques défauts de cette saison 1 qui ne ressemble vraiment à rien de ce qu’on a pu voir à la télé auparavant. En effet, c’est assez déroutant.

Certains trouveront cela fou, débile, sadique, pervers ou que sais-je encore ; d’autres trouveront cela génial, trop drôle, fou ou fun. Pour notre part, on hésite entre la répulsion et l’attraction. C’est suffisamment intrigant pour donner envie de voir la suite. Une sorte de charme vénéneux en somme. Ce qui explique sans doute pourquoi « Banshee » n’a pas été diffusée en Belgique. C’est du polar, de l’action, du porno, du film de gansters, de la comédie, de la romance, …. Inclassable et dès lors, difficile de la diffuser en prime-time devant un public familial.

Bref, c’est à voir selon votre degré de sensibilité, vous rejetterez ou…vous prendrez votre pied !

19:03 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |