14/12/2014

PERSON OF INTEREST (Saison 3) : la parano à son paroxysme…

Person of Interest season 3Photo : © Person of Interest season 3  - CBS Television

Série d’action et d’espionnage créée par Jonathan Nolan. Avec Michael Emerson (Harold Finch), Jim Caviezel (John Finch), Taraji P. Henson (Joss Carter), Kevin Chapman (Lionel Fusco), Sarah Shahi (Sameen Shaw), Amy Acker (Root), Boris McGiver (Hersh), Robert John Burke (Officier Patrick Simmons), …

Diffusé sur la RTBF1 (chaîne publique belge francophone) d’octobre à décembre 2014 et sur TF1 dès 2015. Saison 3 disponible à la vente en dvd. 4ème saison en cours de diffusion aux USA.

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 3 DE "PERSON OF INTEREST"

! Pas de spoiler, lisez ce qui suit sans crainte.

La fin de la 2ème saison se terminait sur une interrogation : comment Finch et Reese vont-ils continuer à sauver des vies si la « machine » a des ratés ? La question subsiste à une époque où, malgré une technologie hyper développée, les médias nous assomment avec le black-out énergétique, les crises des centrales nucléaires, les pénuries d’électricité, …  

Plutôt que de se focaliser sur un schéma répétitif du type bons contre méchants / tension / résolution, Jonathan Nolan, créateur de la série et frère de Christopher (réalisateur des « Dark Knight »), nous propose de nouvelles directions, déjà perceptibles en milieu de saison 2.  Quant à l’intrigue qui mettait nos héros aux prises avec le RH et ses flics corrompus, elle commençait sérieusement à lasser. Et pourtant, elle trouve assez vite une conclusion même si le conflit est loin d’être totalement résolu.

Non seulement les héros sont mis à mal par leur création qui n’est plus aussi fiable (on retrouve l’éternel mythe de la créature qui se retourne contre son géniteur, cher à Mary Shelley et son « Frankenstein ») mais en plus, ils doivent affronter de nouveaux ennemis, insaisissables et invisibles. Heureusement, parmi ces ennemis, il en existe qui vont se révéler d’une nature plutôt inattendue.

A cet égard, le personnage de Root (Amy Acker), jeune femme plutôt cinglée parce que « branchée » sur la machine, surprend autant qu’elle désarçonne. Premier étonné, Finch doit se résoudre à ne plus contrôler grand-chose. Il subit plus qu’il n’agit. A plusieurs reprises, le trio Finch / Reese / Shaw est séparé et doit se résoudre à se débrouiller tout seul. Une figure-clé de la série va disparaître, ce qui se pressentait déjà durant la saison 2. Si vous l’avez regardé attentivement, vous aurez rapidement trouvé qui. Nous n’en dirons volontairement pas plus ici afin de ne pas gâcher l’intrigue, originale et souvent imprévisible.

Ensuite et cela mérite d’être souligné, la série nous en apprend plus sur le passé de chaque personnage. Ce qu’on pouvait lui reprocher par le passé (privilégier l’action au détriment de la psychologie des protagonistes) n’a plus cours dans la saison 3. On découvre l’enfance de Finch, surdoué qui effraye quelque peu son père ainsi que celui de Shaw, traumatisée par un événement dramatique survenu dès son plus jeune âge.

Un autre épisode nous montre encore Finch en compagnie d’un précurseur de Reese, en l’occurrence un blondinet antipathique plus motivé par l’argent que par le désir de sauver son prochain. Dans cet épisode, son prédécesseur rencontre même Reese, agent toujours actif à la CIA. La boucle est bouclée avec les rencontres évoquées dans la saison 1 (Finch en béquilles qui croise Reese en fauteuil roulant). Subtilement amenés, ces moments nous rendent les personnages plus attachants et se révèlent même touchants.

Enfin, on retrouve toujours ce climat de paranoïa qui enveloppe chaque histoire et cette ambiance très sombre, marque de fabrique de la série depuis ses débuts. Avec une froideur glaçante, « Person of Interest » nous montre à quoi ressemble le monde de l’Amérique post-11 septembre (déjà perceptible dans le thriller « Ennemi d’état » en 1998 avec Will Smith) : caméras qui montrent tout et n’importe quoi, se trompent de cible en faisant accuser des innocents, font courir des dangers aux plus faibles, peuvent être détournées par des hackers, … La légitimité de la surveillance en continu a toute sa raison d’être pour certains. Mais qui prend la responsabilité quand des dommages collatéraux surviennent ? La série interroge notre rapport à notre société de surveillance et elle le fait plutôt intelligemment.

Evidemment, cette 3ème salve comporte son lot d’épisodes plus faibles, voire dispensables mais qui ne représentent qu’une petite part des 23 histoires proposées. Alors, on lui pardonnera. Car pour une série de « network » (diffusée sur CBS outre-Atlantique), « Person of Interest » continue à nous surprendre, dans le bon sens du terme. Depuis ses débuts, elle reste très suivie (16 millions de téléspectateurs par semaine aux USA). Un succès mérité puisqu’elle arrive à ne pas tomber dans la répétition. Du coup, on aime continuer à la suivre.

19:32 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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