11/01/2015

« HOUDINI » : abracadaplouf !


Houdini - Copyright History Channel Canada - 584525.jpg© Houdini – History Channel Canada

Mini-série biographique (Canada, 2014) de 2 x 85’ réalisée par Uli Edel.

Avec Adrien Brody (Harry Houdini), Kristen Connolly (Bess Houdini), Evan Jones (Jim Collins), …

Disponible en dvd et Blu-Ray (zone 1 aux USA), pas de date de sortie annoncée en Europe.

Diffusé à la fin décembre 2014 en France sur OCS Max et sur BE TV (Belgique).

VOIR UN TRAILER DE LA MINI-SERIE « HOUDINI »

Harry Houdini a fasciné des millions de personnes par son habileté à se libérer et à s’échapper de toutes sortes d’entraves. De façon souvent spectaculaire, toujours surprenante. L’homme avait le sens du spectacle et surtout du marketing : il savait se vendre et quand sa carrière prenait un peu de plomb dans l’aile, il trouvait le moyen de se remettre au devant de la scène.

Un tel personnage ne pouvait qu’attirer Hollywood qui lui proposa, dès 1923, de réaliser et de jouer dans des films. Après sa mort en 1926, le cinéma et la télévision américaine continuèrent d’exploiter le mythe avec Tony Curtis (« Houdini » en 1953), un téléfilm avec Paul « Starsky » Michael Glaser en 1976 (« The Great Houdini »), un autre encore avec Jonathon Schaech en 1998 et un film en 2007 (« Au-delà de l’illusion ») avec Guy Pearce et Catherine Zeta-Jones. Globalement, toutes ces productions étaient de bonne facture ; pas franchement mémorables mais divertissantes.

Fort de ses derniers succès en séries (Vikings) et mini-séries (le western « Hatfields & McCoys » avec Kevin Costner), la chaîne canadienne History Channel a voulu ajouter sa pierre à l’édifice. Bonne idée, d’autant plus que la participation de l’excellent Adrien Brody (Le Pianiste) a rapidement été confirmée pour un tournage qui s’est, en grande partie, déroulé à Budapest (mention spéciale aux techniciens hongrois qui ont réalisé un travail remarquable).

Dès les premières images, force est de constater que tout semble y être : des acteurs habités par leur rôle, des décors somptueux, des costumes magnifiques et une mise en scène dynamique confiée à l’Allemand Uli Edel (qui avait fait scandale en 1982 avec le film « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » ; ensuite il a réalisé des épisodes des séries « Twin Peaks », « Homicide » et « Oz »).

Semble car c’est au niveau du scénario que ça coince. S’inspirant du livre « Houdini : A Mind in Chains : a Psychoanalytic Portrait », les scénaristes Nicholas Meyer et Bernard C. Meyer ont visiblement perdu en route ce qui faisait l’essence du personnage. Au lieu d’offrir au spectateur un portrait nuancé, ils essayent d’éviter la structure classique de la biographie en proposant des ellipses. Une fois, on se trouve en 1894 puis en 1923 et ainsi de suite. Au bout du compte, on est face à un puzzle confus et on n’a plus vraiment une vision claire de qui est Houdini et où il va. Est-ce pour montrer les doutes qui habitent l’illusionniste ? Si oui, pourquoi paumer le spectateur en route ?

Pire, on attend que les personnages s’étoffent, deviennent attachants, évoluent. Malheureusement, cela n’arrive jamais. Tout reste à la surface. Certes, Adrien Brody nous raconte, avec force détails, son parcours (l’usage de la voix-off nous soûle à la longue…) et ce qu’il ressent. Mais le jeu nuancé de l’acteur est déforcé par la réalisation d’Edel qui enfile les scènes tape-à-l’œil, occupé à masquer les lacunes du scénario. Le réalisateur enfile les scènes, dans un montage rapide et efficace, copiant à la limite l’hystérique Michael Bay (Transformers) et nous proposant même de la musique à tendance house couplée à des violons !

A plusieurs reprises, on voit Houdini hurler quand il rêve de son père qui lui tire dessus. Une fois ça va, cinq fois, on commence à se dire qu’on nous prend pour des cons, du genre « vous avez compris, le complexe du roi des mystères par rapport à son papa qui n’était pas gentil avec lui ». Oui, merci, on avait capté.

Si la première partie se révèle assez intéressante, la seconde est en contrepartie ratée, se focalisant sur l’aspect obsessionnel d’Houdini pour le spiritisme. La déchéance de l’illusionniste est assez vite occultée pour proposer une fin sinistre et déprimante. On assiste à un long vidéoclip, une magnifique mise en images mais fort creuse.

A l’image du roi des mystères qui plonge dans l’eau glacée ; la mini-série « Houdini » fait plouf et coule à pic. Au contraire de son affiche qui présente le roi des illusions plongé la tête à l’envers dans de l’eau, ici, il n’y a rien de renversant. Une déception à l’arrivée même si on retient Adrien Brody, extraordinaire comme souvent.

A Johnny Depp d’éventuellement faire mieux puisque l’acteur de « Pirate des Caraïbes » serait occupé sur un projet de film en développé actuellement inititulé « La vie secrète d’Houdini ». Si le film voit le jour, espérons que cela ne se transforme pas en pantalonnade façon Jack Sparrow.

18:07 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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