26/04/2015

« SONS OF ANARCHY » (Saison 7 et dernière) : adieux salopards magnifiques !

sons of anarchy 7

USA - 2015. Série créée par Kurt Sutter.

Saison 7 et dernière (13 épisodes), disponible à la vente en dvd et Blu-Ray depuis avril 2015. Photo : © FX Television – Sony Entertainment

 

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! Pas de spoiler, lisez sans crainte

Et voici la fin de la saga des motards voyous de Californie. Cette ultime saison pourrait se résumer par secrets et mensonges. Avec conséquences (souvent fatales). Un qualificatif qui pouvait aussi s’appliquer à de précédentes saisons mais ici, tout s’enchaîne jusqu’à un climax hallucinant.

Accrochez-vous, ça commence fort : dès les premières images, Jax Teller se retrouve dans une spirale infernale de violence, souvent insoutenable. Cette transformation n’a rien d’étonnant au regard de son évolution dans les précédentes saisons. Toutes les limites sont dépassées (œil arraché, doigts coupés au couteau de chasse, balles tirées à bout portant en plein visage, …). Bref, cœurs sensibles, passez une fois encore votre chemin.

Était-ce bien nécessaire ? Pour qui connaît un peu le pédigrée de Kurt Sutter, le créateur, producteur et scénariste de la série, cela entre dans la logique des choses. Pour rappel, Sutter a incarné un des rôles les plus monstrueux et les plus violents de la série, celui d’Otto Delaney, un des membres fondateurs du club des « Sons » (lire les notes précédentes). Cela n’enlève rien à la qualité de sa série, sacrément originale et inclassable.

Comme par le passé, la série propose des scènes d’action au rythme trépidant (dont une palpitante poursuite en camion). Les fans de mitraillages seront comblés avec l’âpre lutte qui oppose les « Sons » aux gangs chinois et black. Et ça décoiffe !

Plus intéressant, nous assistons au basculement des principaux protagonistes. Sans illusions, chaque personnage accepte son destin et s’y prépare. Bien sûr avec Jax tout d’abord mais aussi avec « Juice » Ortiz, le « Son » renégat qui se demande comment continuer à vivre sans son club. Jusqu’ici bien caché, le secret de Gemma sera révélé dans cette dernière fournée d’épisodes. A un moment étonnant.

Pour illustrer cette évolution, la série nous offre de longs moments contemplatifs, sans dialogues avec de longs plans-séquences quasiment hypnotiques, ponctués par des reprises (parfois bizarres) d’anciens tubes d’UB 40 ou de chansons originales comme « Adam Raises a Caïn » de Bruce Springsteen (illustrant fort à propos le basculement de Jax).

Comme dans les saisons précédentes, la musique joue ici un rôle fondamental, en totale osmose avec les pensées, les émotions et les états d’âme des personnages. Scotchant.

Si les épisodes ne sont pas tous entièrement réussis, parfois trop longs (jusqu’à 80’) ; ils font la part belle aux personnages, particulièrement denses et bien écrits.  Bien sûr, on a parfois l’impression que certains ont été oubliés ou que Sutter ne sait pas trop quoi en faire (Tig Trager et Chibs Telford). Cela dit, Wayne Unser et Bobby Munson bénéficient d’un traitement particulièrement soigné qui nous les rend encore plus attachants. C’est cela qui fait toute la richesse de cette série.

Par contre, on regrettera le peu d’explications données quant à la mort de John Teller, père de Jax et fondateur du Club de motards SAMCRO. Son fantôme plane sur la série depuis le début, hantant son fils Jax, amené un peu malgré lui à reprendre le club en main. Sans doute est-ce mieux comme cela. Comme dans la vie, les choses n’ont pas toujours besoin d’être dites ou expliquées de A à Z.

Pour horribles que soient les actes de Jax, Kurt Sutter se garde bien de le juger ou de nous le rendre détestable. A ceux qui lui disent qu’il est un homme bien, Jax a une vision parfaitement lucide de sa condition : il leur rétorque qu’il est un criminel et un tueur. Impuissants, nous assistons à cette longue et sombre plongée dans l’abîme ponctuée de tristesse, de violence et et d’espoir (un peu).

Le point fort de cette dernière saison reste la rédemption du leader des « Sons of Anarchy » : Jax cherche à ce que les choses se passent bien, que ses proches soient protégés coûte que coûte. Tout s’effondre autour de lui. Mais il y va et à fond. On pourra reprocher à Charlie Hunnam de manquer de subtilités dans son jeu, alternant une voix douce quand il est bouleversé et des airs de chien battu quand ça dérape. Mais il reste crédible dans le rôle.

Au fil des épisodes, on tente de deviner la fin, sans succès. Kurt Sutter parvient encore à nous surprendre par un final bouleversant. On vous laisse la surprise.

Dans des seconds rôles, il y a du beau monde au générique : outre le retour de l’amusant Walton Goggins (le transexuel Vénus Van Dam déjà vu dans les saisons 5 et 6), Courtney Love en institutrice d’école (bof, elle fait un peu pièce rapportée genre « dis Kurt, t’as pas un rôle pour moi ? »), Marilyn Manson en nazi taulard (excellent) et même Michael Chiklis, le Vic Mackey de « The Shield » en camionneur un peu beauf.

Chiklis jouera un rôle déterminant dans le final de la série, marquant la fin de deux cycles pour Kurt Sutter : celui de « The Shield » et celui de ses « Sons of Anarchy ». Avec une citation de Shakespeare en toute fin d’épisode, en écho aux débuts de la série. La boucle est bouclée. Adieu salopards magnifiques, vous nous manquerez !

13:30 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |