17/01/2016

PERSON OF INTEREST (Saison 4) : la machine étonne toujours

Person of Interest 4

Série d’action et d’espionnage créée par Jonathan Nolan. Avec Michael Emerson (Harold Finch), Jim Caviezel (John Finch), Kevin Chapman (Lionel Fusco), Sarah Shahi (Sameen Shaw), Amy Acker (Root), …

Diffusée sur la RTBF1 (chaîne publique belge francophone) d’octobre à décembre 2015 et sur TF1 depuis début 2016.

Saison 3 disponible à la vente en dvd. Saison 4 : sortie prochainement. Saison 5 en cours de diffusion aux USA. Photo : © CBS Television - Bad Robot Productions

VOIR UNE BANDE-ANNONCE DE LA SAISON 4

! Pas de spoiler, lisez la suite sans crainte.

La 3ème saison laissait notre équipe (Finch, Reese, Shaw et Root) en fâcheuse posture. Comme chaque saison, « Person of Interest » s’arrange pour faire monter la tension et maintenir le spectateur en haleine jusqu’au cliffhanger final. A ce niveau, Jonathan Nolan, le créateur de la série, n’a rien à apprendre de son frère Christopher, réalisateur de la trilogie « Dark Knight » mais aussi des étonnants « Memento », « Inception », Interstellar », … Il sait comment nous scotcher.

« Plus réussi sera le méchant, meilleur sera le film » disait Alfred Hitchcock. Phrase devenue culte et surtout leçon numéro un pour les scénaristes qui opposent notre groupe à leur double maléfique, personnifié par « Samaritan », une organisation secrète et trouble menée par l’inquiétant Greer (qui partage une curieuse ressemblance avec John Hurt). Ses sbires se lancent à leur poursuite en vue de mettre la main sur la machine et contrôler le monde, rien de moins. Pour corser le tout, cette nouvelle fournée voit le retour du mafieux Elias et d’un nouveau « bad guy » appelé Dominic. Celui-ci veut prendre la tête des familles criminelles de New York (le public afro-américain pourra grincer des dents en voyant que les Noirs sont dépeints comme des chefs de gang ou des dealers assassins).

Ce qu’il y a d’interpellant dans « POI », c’est qu’elle arrive à se renouveler sans jamais être totalement prévisible. Au lieu d’enfiler les épisodes « la victime de la semaine à sauver », elle nous questionne sur l’usage des technologies, sur le danger de l’intelligence artificielle, sur ses conséquences sur notre quotidien. Evidemment, elle alimente la parano d’un public geek et friand de conspirations. Mais pas seulement : un peu à l’image de Frankenstein et sa créature, elle nous interroge sur la vie propre que mènent des entités électroniques censées améliorer notre confort de vie. Jusqu’à échapper à tout contrôle ? Par ce biais, elle arrive à créer sa propre mythologie et évite de tomber dans la redite et lasser le spectateur.

La question éthique, personnifiée par Harold Finch, parcourt toute cette nouvelle saison, globalement de bonne facture. Si Reese et Root pratiquent la torturent, Finch recherche toujours la différence entre le bien et le mal et se questionne sans cesse à ce sujet. Le caractère psychopathe de Root est régulièrement évoqué au travers d’allusions humoristiques, également applicables à Sameen Shaw, qualifiée de sociopathe. Un aspect original à souligner : les femmes sont égales aux hommes et peuvent retourner leur veste comme leurs homologues, tout en servant leurs intérêts au gré des circonstances.

Au niveau des personnages, l’évolution la plus nette concerne Fusco qui passe du flic semi-pourri à l’homme de loi intègre et loyal, maintenant que Reese fait officiellement équipe avec lui sous la couverture de l’Inspecteur Riley du NYPD (cet élément démarre la saison en nous expliquant que cet alias lui sert à échapper aux hommes de Samaritan).

Evidemment, on regrettera les gunfights invraisemblables et le côté « dingue de la gâchette » qui perdure depuis le lancement de la série. Comme s’il fallait absolument vider un quota de chargeurs d’armes à chaque épisode, allant de l’arme de poing à la mitrailleuse, pour finir au fusil perce-blindages !

Sur les 22 épisodes, 3 ou 4 sont quelconques mais l’ensemble vaut le détour, notamment pour la suite souvent imprévisible. Cela donne même lieu à des moments étonnants comme cet épisode où la machine simule une sortie pour nos héros, coincés dans un piège. Au travers de divers scénarios plausibles qui peuvent tourner à la catastrophe. Avec cette question métaphysique qui sert de fil rouge à l’ensemble de la série : la machine est-elle Dieu ? Root la considère comme Dieu et voit Finch comme le père de Dieu. A méditer...

13:55 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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