13/03/2016

« HOUSE OF CARDS » (Saison 4) : le goût du pouvoir toujours plus fort…

House of cards IV© Netflix  

USA - 2012 (toujours en production). Saisons 1 à 4 (4 x 13 épisodes).

Saison 4 : 13 épisodes de 40 à 55’. Diffusé sur Netflix, Canal + France et Be TV (Belgique) en mars 2016. Pas de date de sortie annoncée en dvd et Blu-Ray (mars 2016).

Avec Kevin Spacey (Francis Underwood), Robin Wright (Claire Underwood), Michael Kelly (Doug Stamper), Mahershala Ali (Remy Danton), Boris McGiver (Tom Hammerschmidt), …

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! PAS DE SPOILER ! LISEZ LA SUITE SANS CRAINTE

Un après la fin de la saison 3, l’enthousiasme n’était pas plus grand que cela à l’idée de retrouver l’infâme Frank Underwood, Président fictif des Etats-Unis, qui affiche à présent des cheveux blancs (eh oui, le temps passe). De fait, les trois premiers épisodes laissent de marbre et on se dit « bof, pas terrible. » Plusieurs éléments contribuent à cette impression : le retour du Président russe, sorte de clone poussif de Vladimir Poutine, un manque de peps dans l’entrée en matière et un étrange sentiment de tourner en rond. De fait, la saison précédente avait particulièrement déçu par ses références au monde réel (conflit israélo-palestinien, relations tendues avec les Russes), réduisant les difficultés de notre bas monde à un simple « bons contre méchants » très basique.

Heureusement, l’intérêt renaît avec la présence du journaliste Lucas Goodwin, emprisonné puis libéré. Nous nous demandons comment il va arriver à prouver son innocence, suite au piège injuste que le tout puissant POTUS (President of the United States) avait refermé sur lui. Très vite, le scénario ne prend pas le chemin attendu (comprenez tension, recherche et résolution) pour nous amener vers une destination pas totalement imprévisible mais étonnante et surtout choquante (on vous laisse la surprise).

Autre bonne idée de scénario : opposer le machiavélique Frank à Will Conway, un gouverneur prétendant à occuper son poste aux prochaines élections présidentielles de 2016 (étonnant Joel Kinnaman, le flic de la version US de « THE KILLING » et du reboot de « Robocop »). Certes, ce ressort scénaristique n’a rien de neuf mais l’opposant a suffisamment de charisme et de dents longues pour donner lieu à un combat intéressant et souvent à fleurets mouchetés.

Ensuite, que diriez-vous d’avoir Claire Underwood comme candidate à la vice-présidence ? Le couple présidentiel doit affronter les prochaines élections et semble au bord de la rupture. Malgré le fait qu’ils ne couchent, ni ne dorment plus ensemble ; l’attrait du pouvoir reste le plus fort. Tel un couple de serpents froids et calculateurs avant de bondir sur leur proie, Frank et Claire font à nouveau montre d’une inhumanité absolue, se cachant seulement derrière un masque d’apparente sympathie lors de relations sociales obligées. Glacial et révélateur d’âmes noires et tourmentées.

Evidemment, là où la série montre ses faiblesses, c’est à nouveau dans les références à notre monde. Au lieu de DAECH ou l’état islamique, on a droit à l’O.C.I. (Organisation du califat islamiste) emmené par deux américains pur jus, lobotomisés par la radicalisation. Au début, cette référence prête assez à sourire car on dirait on pastiche de la réalité, une sorte de décalque maladroit du monde réel. Heureusement, consciente de ses limites en la matière (on n’est pas dans du Aaron Sorkin de « A la maison blanche », autrement plus fin) ; « HOC 4 » évite de trop tirer sur cette ficelle.

A la place, elle développe un fil rouge qui parcourt l’ensemble de la saison autour d’un autre journaliste, Tom Hammerschmidt (excellent Boris McGiver). Ce dernier cherche la vérité sur les exactions de Frank Underwood, quitte à se faire casser la gueule par ses connaissances lorsqu’ils tentent de leur arracher des infos. Le principal intérêt de cette 4ème saison réside là, rappelant un peu l’époque du Watergate et du film « Les hommes du Président » (même si le contexte est ici totalement différent quoique le Vice-Président Blythe, d’une mollesse et d’une maladresse gluantes, rappelle un certain Gerald Ford à la suite de Nixon).

Enfin et c’est tant mieux, les scénaristes font monter la pression crescendo dans une scène magistrale de tension où Kevin Spacey montre tout son savoir-faire en matière de négociation avec les terroristes (même si l’adage américain dans la vraie vie prétend le contraire). La fin de la saison ménage suffisamment de suspense pour nous donner envie de revenir lors de la prochaine saison. Lentement mais sûrement, « House of Cards » explore la soif du pouvoir et des manipulations pour le garder à tout prix. En cela, elle excelle et retient toute notre attention malgré des saisons inégales en qualité et des pistes de scénario pas toujours exploitées à fond.

A défaut d’être totalement maîtrisée (le démarrage peine à convaincre), « House of Cards » se reprend en main et repart de plus belle à partir du 4ème épisode pour nous scotcher jusqu’au bout. Ce qui n’est pas si mal en soi et laisse augurer une 5ème saison à la hauteur de nos espérances. Bref, un bon cru.

LIRE AUSSI LES AVIS SUR LES PRECEDENTES SAISONS DE « HOUSE OF CARDS » (saisons 1 à 3)

18:46 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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