26/03/2017

STRANGER THINGS : retour réussi au fantastique des années 80

Stranger thingsSérie fantastique et de science-fiction (USA, 2016) disponible sur Netflix depuis le 16 juillet 2016 : saison 1 (8 épisodes de 50 à 60’). Avec Winona Ryder.

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Nouveaux venus dans le monde des séries, les frères Matt et Ross Duffer ont visiblement été très marqués par les romans de Stephen King et les films de Spielberg et Carpenter. Chaque image « transpire » l’hommage au cinéma fantastique à tendance horrifique des années 80. De fait, l’histoire démarre sur la disparition d’un enfant, événement traumatisant pour la petite communauté de Montauk, en particulier pour sa mère qui perd rapidement les pédales (Winona Ryder, son grand comeback). Trois jeunes préados se demandent où a bien pu disparaître leur pote et se lancent à sa recherche, épaulés par le shérif du coin, pas si arriéré qu’il en a l’air. Très rapidement, ils découvrent des phénomènes surnaturels auxquels ne sont pas étrangers les scientifiques d’un laboratoire dirigé par un sombre individu au cheveux blancs (Matthew Modine en infâme de service).

Plus qu’une ode à la jeunesse, « Stranger things » nous propose un conte horrifique (mais pas trop) rempli de mystère et de nostalgie. Un retour à une époque où les récits étaient moins compliqués et prise de tête. Joué au synthétiseur électronique par le groupe Survive, le générique de la série renvoie, lui aussi, aux thèmes musicaux des films de John Carpenter et à la musique électronique de Tangerine Dream. Malgré son intrigue assez simpliste mais s’adressant au plus grand nombre, la série impressionne par la reconstitution d’une époque et par les jeunes acteurs incarnant Mike, Dustin et Lucas, le trio de pré-geeks férus de technologie. Leur complicité à l’écran est totale. Ils incarnent leur rôle avec authenticité et deviennent vite attachants. Par contre, ceux qui campent les ados sont passablement plus irritants mais leur rôle a été écrit en ce sens. A ce propos, on s’étonnera de l’étonnante ressemblance entre Natalia Dyer (Nancy Wheeler) et Dominique Dunne, jeune actrice de « Poltergeist » (1982), décédée brutalement après le film (étranglée par un petit ami psychotique). Impossible d’y voir une coïncidence puisque le film est cité en référence à de nombreuses reprises dans la série.

A leurs côtés, la gamine qui incarne « Onze », objet des expérimentations du labo, offre une belle présence même si son personnage rappelle furieusement la série « Dark Angel » (2001) avec Jessica Alba, où des enfants étaient programmés pour devenir les armes du futur grâce à leurs pouvoirs hors du commun. Ses dons télékinésiques renvoient également à la série oubliée « Matthew Star » (1982) où un jeune prince de l’espace débarquait sur Terre pour fuir des ennemis extraterrestres; là aussi, le film fantastique « I am number four » (2010) reprenait la même trame.

Si l’hommage au cinéma des années 80 est parfois trop appuyé pour qui connaît ses classiques (les lampes de poche dans la forêt faisant penser aux scientifiques traquant le gentil E.T. et l’extrait à la télé de « La chose » de Carpenter, sans oublier le film et le poster d’un jeune acteur peu connu alors : Tom Cruise), « Stranger Things » reste une bonne surprise, mélange réussi d’action/romance/frisson/fantastique à la sauce SF.

Si vous n’êtes pas amateur du genre, vous avez tort. Malgré un manque évident de moyens dans le budget alloué aux effets spéciaux et sans être ébouriffante, elle reste bien faite et a déjà gagné son ticket pour une deuxième saison. Succès mérité.

12:49 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |