19/02/2010

"ESPRITS CRIMINELS » (CRIMINAL MINDS) : Quand les experts de l’âme traquent les tueurs en série

Série créée par Jeff Davis.USA - 2005 à nos jours (toujours en cours de tournage : 9 saisons).

Avec Thomas Gibson (Aaron « Hotch » Hotchner), Joe Mantegna (David Rossi), Matthew Gray Gubler (Dr. Spencer Reid), Shemar Moore (Derek Morgan), Kirsten Vangsness (Penelope Garcia), A.J. Cook (Jennifer « JJ » Jareau), Paget Brewster (Emily Prentiss), Mandy Patinkin (Jason Gideon : saisons 1 et 2), Lola Glaudini (Elle Greenaway, saisons 1 et 2).

Saisons 1 à 8 disponibles en dvd à la vente, diffusées sur RTL-TVI (Belgique) et TF1 depuis 2006.

Esprits criminels_IMDB

Photo : copyright : imdb.com 

SCENARIO : Des tueurs en série sévissent sur l’ensemble du territoire américain. Pour les retrouver, le FBI dispose, à Quantico (Virgnie), du Département des Sciences du Comportement (en anglais, le BAU ou Behavorial Analysis Unit : unité spécialisée en analyse du comportement). Cette équipe de « profilers » se compose de plusieurs personnalités complémentaires :

- Aaron Hotchner, responsable de l’unité spéciale du BAU, un agent taciturne et qui ne fait pas dans l’émotionnel ;

- Jason Gideon, profiler très efficace et instructeur au centre de formation du FBI à Quantico (ensuite remplacé, à la fin de la saison 2, par David Rossi, professeur et auteur de plusieurs livres à succès sur les tueurs en série) ;

- Elle Greenaway, experte en crimes sexuels (ensuite remplacée, durant la saison 2, par Emily Prentiss) ;

- Derek Morgan, homme d’action et tireur hors pair ;

- le Dr. Spencer Reid, jeune prodige capable de lire et de mettre en perspective une masse importante d’informations en un temps record ;

- Penelope Garcia, génie de l’informatique ;

- « JJ » Jareau, agent de liaison du Département (à mon avis, un personnage assez fade, la blonde de service, on se demande un peu ce qu’elle fait là. On préférera de loin Garcia, pas très jolie mais exubérante et nettement plus intelligente).

A chaque signalement de meurtres en série, l’équipe se lance aux trousses des tueurs en ayant pris le soin d’établir un profil et un mode opératoire de ces criminels très particuliers. Leurs enquêtes les mènent aux quatre coins des Etats-Unis. 

COMMENTAIRE : « Esprits criminels » fait partie des rares séries du moment qui, avec « Dexter », osent aborder de front la question des tueurs en série, phénomène qui fait souvent la une des medias ces dernières années. A ce jour, hormis la très glauque « Millennium » (1996-99) et la plus récente « Dexter » (lire aussi le commentaire sur ce blog), peu de séries ont abordé ce genre avec autant de franchise. Ancrée dans la réalité, « Esprits criminels » passionne autant qu’elle dérange puisqu’elle se base sur une véritable unité de profilers du FBI dont elle reprenait, à ses débuts, plusieurs données statistiques (par exemple, il y a autant de tueurs en série sur le territoire américain, etc.).

Dérangeante, elle l’est aussi en ce sens où les crimes montrés sont à la fois sordides et fascinants. Nous assistons à l’horreur et pourtant, nous voulons comprendre ce qui se passe dans la tête de ces tueurs en série. Sans aller jusqu’à se mettre dans leur peau (comme le fait si bien « Dexter », plus axé sur la manipulation), l’équipe de profilers arrive pourtant à établir une cartographie de la psychologie de chaque tueur et à retrouver sa trace, persuadée qu’il commettra la faute de trop qui l’amènera à se faire arrêter ou dans les cas les plus extrêmes, à se faire tuer.

Les deux premières saisons bénéficiaient de la présence du très charismatique et énigmatique Gideon (campé par l’excellent Mandy Patinkin, vu dans les séries « Dead like me » et « Chicago Hope »). En raison de désaccords liés à l’évolution de la série et de son personnage, l’acteur a claqué la porte au terme de la 2ème saison et a rapidement été remplacé par Joe Mantegna, acteur intéressant quoique plus passe-partout.

Hélas, « Esprits criminels » boit la tasse durant sa 3ème année, notamment en raison de la crise des scénaristes qui éclata à Hollywood en 2007 et dura plusieurs mois. Cela eut pour effet de ralentir considérablement l’écriture des scénarios et les tournages. On constate alors que le feuilleton peine à se renouveler, la plupart des épisodes se révélant médiocres, tant dans leurs intrigues que dans leur déroulement. Il fallait parer au plus pressé. Comme quoi, ce qui se passe en coulisses a parfois des répercussions néfastes à l’écran. Le départ de Mandy Patinkin n’arrange rien à l’affaire puisque la série marchait surtout grâce à sa présence.

Les producteurs se retrouvent face à un défi : va-t-on encore pouvoir attirer le public si l’acteur principal n’est plus là ? Peut-on encore faire de l’audience grâce à notre concept ? Et là, bingo, le miracle opère : de par son sujet attractif, « Esprits criminels » arrive à se ressaisir et se voit renouvelée pour une 4ème saison qui repart sur les chapeaux de roues. L’intelligence des producteurs et des scénaristes aura été de plus axer les scénarios sur l’unité de l’équipe, chacun agissant comme dans une véritable famille, veillant à tour de rôle sur leurs collègues, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Autre bonne idée et nouveau point fort dès la saison 4 : le développement plus marqué de la personnalité et du passé de chaque personnage. Ils auraient pu rester figés dans leur spécialité (Hotch le référent, Morgan le musclé, Reid le génie, Rossi le professeur, etc.) mais heureusement, ces personnages évoluent par petites touches. Au fil des épisodes, la psychologie de chaque membre de l’équipe se dévoile peu à peu, en particulier les personnages de Hotch, Morgan, Reid et Garcia. Il y avait déjà quelques éléments révélateurs durant les saisons 2 et 3 mais assez superficiels, la priorité étant axée sur l’enquête et sa résolution.

Désormais, on sent que chaque personnage « vit » son job et que cela mine à la fois sa santé mentale et son bien-être dans sa vie de tous les jours : à la fin de la saison 4, le pourtant costaud Morgan révèle qu’il n’en peut plus de voir autant d’atrocités (durant la saison 2, on découvrait déjà qu’il avait grandi dans des quartiers pauvres de Chicago) ; Hotch se consacre corps et âme à son métier mais sa vie familiale en pâtit, il lui devient de plus en plus difficile de cacher ses émotions ; Garcia cherche l’amour et subit une brutale agression qui l’amène à remettre en cause tout son système de valeurs ; en mission, le jeune Spencer Reid est victime d’un kidnapping qui l’amène à revivre des moments douloureux de son enfance. Dans sa vie privée, sa mère est placée dans un sanatorium et il éprouve des difficultés à s’en occuper.

Gideon lui-même n’en peut plus de vivre cette vie de traque de tueurs malades et pervers, ce qui l’amène à fuir sans donner plus d’explications à ses collègues (fin de la saison 2 et début de la saison 3). A côté de cela, les personnages des femmes sont bien campés : Elle, Emily, JJ et Garcia sont fortes, capables de rivaliser d’intelligence et d’ingéniosité avec leurs collègues masculins, ce ne sont pas des potiches reléguées au rayon de faire-valoir pour machos.

Afin d’éviter le côté répétitif dans la structure de chaque épisode qui pourrait l’amener au schéma « le tueur de la semaine », la production a, dès le départ, varié les profils même si la plupart des scénarios se centrent sur de violents tueurs en série. Parmi les « affreux » des épisodes suivants, l’équipe doit aussi affronter des pyromanes, des snipers, des kidnappeurs, des terroristes et même des espions de la CIA, ... Point commun avec les tueurs en série : ils font un grand nombre de victimes.

Sans excuser leurs gestes, les scénaristes nous montrent aussi que certains tueurs le sont pour diverses raisons : psychanalytiques, traumatiques, familiales, ... S’ils ne sont pas forcément mauvais ni sadiques, ces criminels malgré eux se retrouvent embarqués dans ce rôle car ils cherchent à résoudre leurs problèmes mais ne trouvent pas nécessairement l’aide dont ils ont besoin. Ce qui les pousse à commettre l’irréparable. Exemples : de bons pères de famille peuvent devenir de violents tueurs de la route (Mitch Pileggi, connu comme l’ancien chef Skinner des agents Mulder et Scully de « X-Files », dans l’épisode 11 de la saison 4) ou des enfants ayant vécu un traumatisme violent, une fois devenus adultes, tuent sans le vouloir ceux qui croisent leur route (Sean Patrick Flanery, autrefois le jeune « Indiana Jones » de la série de 1993, vu ici dans le 2ème épisode de la saison 5).

Malgré ces qualités, constatons que dans le déroulement de chaque histoire, hormis quelques rares épisodes, la structure est assez identique d’une semaine à l’autre (c’est un « formula show », une série qui fonctionne sur le même canevas, semaine après semaine) : le tueur commet un crime, l’équipe établit son profil, elle se lance à sa poursuite et enfin l’arrête. Merci, au revoir et à la semaine prochaine.

A y regarder de plus près, « Esprits criminels » est tout autre chose qu’une banale lutte du bien contre le mal. Episode après épisode, nous découvrons les personnalités complexes et en demi-teintes des « bons » comme des « mauvais ». En cela, cette série mérite d’être vue et revue, car elle se révèle plus riche qu’une première vision pourrait le laisser croire.

A ceux qui trouvent qu’elle est racoleuse, de mauvais goût et flatte le goût du sang des masses, il faut y voir, comme chez « Les experts », un moment privilégié où le téléspectateur se rassure puisque les méchants sont presque toujours arrêtés. Nous avons besoin, dans nos vies presque tranquilles, de sentir que le crime sera puni et en même temps, nous sommes effrayés à l’idée que, nous aussi, pourrions franchir la ligne. Tout peut basculer d’un jour à l’autre. Seul bémol, « Esprits criminels » distille aussi un discours parfois trop orienté sur la sécurité, mettant de côté le travail mené par les psychothérapeutes, médecins et autres assistants sociaux. Les flics sont le dernier recours, le dernier rempart.

Mais bon, ne gâchons pas notre plaisir. Espérons qu’elle pourra continuer à se renouveler et ne sombrera pas dans la répétition comme « Les Experts », ce qui est malheureusement souvent le destin de ce genre de séries. Les premiers épisodes de la saison 5 laissent présager d’excellentes histoires à venir.

Enfin, on observe une tendance ces derniers mois dans les séries qui rencontrent un succès inattendu auprès du public international : celui-ci semble se lasser des releveurs d’empreintes et d’ADN, aspirant à un retour à l’humain. En ce sens, cela explique le succès de séries comme « Esprits criminels » qui sont en quelque sorte des « experts de l’âme » mais aussi d’autres comme « The Mentalist » et « Lie to me » où les réactions humaines sont observées et analysées pour faire toute la lumière sur les affaires criminelles en cours (lire aussi les autres articles consacrés à ces séries sur le même blog). Une nouvelle tendance ? L’avenir nous le dira.

Site internet officiel de la chaîne CBS qui diffuse la série aux USA (chaîne qui diffuse aussi "Les Experts" et les stoppées "Cold Case", "FBI : portés disparus", "Numbers", ...) :

http://www.cbs.com/primetime/criminal_minds/

19:18 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/02/2010

"THE UNIT" (COMMANDO D’ELITE) – Quand les opérations secrètes sauvent l’Amérique et le monde

USA - 2006 à 2009 : 69 épisodes (4 saisons : saison 1 : 13 épisodes / Saison 2 : 23 / Saison 3 : 11 / Saison 4 : 22).

Avec Dennis Haysbert (Jonas Blane), Regina Taylor (Molly Blane), Scott Foley (Bob Brown), Audrey Marie Anderson (Kim Brown), Robert Patrick (Colonel Tom Ryan), Max Martini (Mack Gerhardt), Abby Brammell (Tiffy Gerhardt), Michael Irby (Charles Grey), Demore Barnes (Hector Williams).

Série créée par David Mamet, d’après le livre « Inside Delta Force » de Eric L. Haney. Ecrit et produit par David Mamet et Shawn Ryan. Photo : copyright : imdb.com

Diffusé en 2008 sur la deux (RTBF2), saison 4 actuellement en cours de diffusion le dimanche soir de 20 h 10 à 22 h (février 2010). Saisons 1 à 3, disponibles à la vente en DVD. Saison 4 disponible fin avril 2010.

 

THE UNIT - IMDB_1

SCENARIO : « The unit » (l’unité) ou la vie au quotidien de super agents secrets des Forces spéciales de l’armée des Etats-Unis d’Amérique, chargés de réussir les missions les plus périlleuses. En parallèle, nous suivons la vie des femmes de ces héros particuliers. Tout en restant soudées, elles veillent à respecter à la lettre toutes les consignes de sécurité afin de préserver les activités secrètes de leurs maris et leur identité, le danger rôdant toujours à proximité.

COMMENTAIRE : créé par le brillant dramaturge David Mamet (auteur notamment du scénario des « Incorruptibles » en 1987 avec Kevin Costner et Robert De Niro), « The Unit » aurait de quoi rebuter les Européens que nous sommes. A première vue, on dirait une série où, une fois encore, l’Amérique sauve le monde et surtout, ses propres compatriotes. Eh bien, on a tout faux. S’il est vrai que la première saison nous montre une équipe de super agents, rompus aux missions les plus délicates et qui ne font quasiment jamais d’erreurs, le ton change dès la saison 2, surtout à la fin lorsque l’unité est trahie par le gouvernement américain qui l’accuse de comportement illicite sur le terrain. Dès lors, l’équipe, traquée comme de vulgaires fugitifs, devra tout mettre en œuvre pour rétablir la vérité. Première faille.

Ensuite, dès la première saison, plusieurs épisodes nous montrent bien le stress ressenti par ces hommes pour « raison d’état ». Deuxième faille. Dès les entraînements, la peur de faire la gaffe ou de se planter, surtout lors des opérations de commando qui requièrent une précision infaillible (toucher la cible sans hésiter), hantent les personnages, notamment le jeune Bob Brown, dernière recrue et qui doit faire ses preuves.

A plusieurs reprises, l’équipe se demande pourquoi il faut assassiner telle ou telle cible alors que ce ne sont pas toujours des dictateurs ou des hommes nuisibles pour les Etats-Unis. Enfin, lorsqu’eux-mêmes se retrouvent pris pour cible par leur propre gouvernement, le doute s’installe quant au sens de leurs missions et pour certains, c’est une remise en question de leur propre existence. Troisième faille.

Côté privé, hormis le couple formé par le leader Jonas et sa femme Molly, la vie de ces super agents n’est pas des plus reluisantes : Tiffy, la femme de Mack le trompe avec le Colonel Ryan, supérieur de l’unité secrète ; Grey n’a personne à aimer, seuls comptent les succès des missions ; Hector hésite avant de s’engager ; le Colonel Ryan rate son mariage, trahi dans une sombre affaire par sa propre femme ; Bob et Kim Brown s’aiment mais Kim a dû mal à vivre sa nouvelle situation. Elle éprouve des grandes difficultés à garder le secret indispensable à la survie de l’unité. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de Molly Blane, femme de tête et au bon sens désarmant.

Sous des dehors a priori héroïques, « The Unit » se révèle plus subtile que cette simple étiquette. Les personnages de Mack et de Bob sont à cet égard emblématiques, des hommes animés d’un grand patriotisme mais qui se posent des questions et trimballent avec eux un mal-être et des doutes. En coulisses, à la tête de la production et auteur de plusieurs scénarios, on retrouve Shawn Ryan, créateur et producteur de « The Shield », probablement la meilleure série policière de ces vingt dernières années. Une référence.

Même si « The Unit » n’atteint pas le même degré de densité au niveau de sa narration et de ses personnages que « The Shield », elle n’en reste pas moins un bon moment de télévision, très détendant et pas mal ficelé. Cela dit, d’une saison à l’autre, la qualité est assez inégale. Comme la saison 3 qui se révèle plus faible avec ses 11 petits épisodes (soit une demi-saison), en raison de la grève des scénaristes qui a secoué Hollywood en 2007 : on sent le côté « tourner à la va-vite » et l’ensemble finit de manière un peu faiblarde. La 4 devrait redonner un coup de fouet, 22 épisodes étant annoncés.

Pour l’anecdote, David Mamet avait déjà fait un galop d’essai avec le film « Spartan », en 2004, où Val Kilmer jouait un agent secret des USA, chargé de retrouver une fille kidnappée d’un haut membre du gouvernement et se retrouvait au cœur d’un complot. Notons aussi que « The Unit » se base sur le livre « Inside Delta Force » d’Eric L. Haney, qui y a travaillé comme consultant. Un livre qui donne à la série une base solide en ce sens où les missions montrées à l’écran se révèlent visiblement assez proches de la réalité. 

Enfin, parmi les acteurs, on retiendra le formidable Dennis Haysbert (Jonas), déjà épatant en Président des Etats-Unis dans « 24 heures chrono » et Robert Patrick (Colonel Ryan), le robot-tueur qui courait après Schwarzie dans « Terminator 2 ». Deux acteurs qui portent cette série sur leurs épaules avec un charisme certain. Les seconds rôles sont, eux aussi, bien campés, notamment Molly, Mack et Bob Brown.

Après 4 saisons, « The Unit » a malheureusement été annulée aux USA en raison de la crise alors que d’autres séries médiocres comme « Numbers » et « Les Experts : Miami » se poursuivent. Allez comprendre. Peut-être est-ce dû au changement d’attitude des USA quant à ses interventions armées dans le monde, l’arrivée au pouvoir de Barack Obama atténuant quelque peu le côté « va-t-en guerre » de son prédécesseur George Bush. N’oublions pas que les séries américaines restent aussi un révélateur des changements et des mutations profondes des USA. Et parfois, certaines sont sacrifiées sur l’autel du changement, comme « The Unit ». Pour se consoler, on regardera avec plaisir cette dernière fournée d’épisodes.

Voir le générique de la saison 1 sur « you tube » :

 

13:09 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/02/2010

"SONS OF ANARCHY" ou Shakespeare chez les bikers

USA - 2008 à 2014 : 7 saisons de 13 épisodes chacune pour 95 épisodes au total.

Série créée par Kurt Sutter. Produit par Kurt Sutter, Art et John Linson.

Saisons 1 à 6, disponibles à la vente en dvd et Blu-Ray.

Musique du générique : "This Life" de Curtis Stigers, Bob Thiele Jr. & Dave Kushner.

Avec Charlie Hunnam (Jackson "Jax" Teller), Katey Sagal (Gemma Teller Morrow), Ron Perlman (Clarence "Clay" Morrow), Kim Coates (Alex "Tig" Trager), Mark Boone Junior (Robert "Bobby" Munson), Ryan Hurst (Harry "Opie" Winston), William Lucking (Piermont « Piney » Winston), Tommy Flanagan (Filip "Chibs" Telford), Johnny Lewis (Kip "Half Sack" Epps), Maggie Siff (Tara Knowles), Theo Rossi (Jean Carlos "Juice" Ortiz), Dayton Callie (Chef Wayne Unser).

SOA - IMDB

Photo : copyright : www.imdb.com

SCENARIO : Californie du Nord, de nos jours, ville de Charming (nom imaginaire). Le club de bikers « Sons of Anarchy » s’adonne à toutes sortes d’activités illégales parmi lesquelles le trafic d’armes, le chantage, l’arnaque, ... Avec la complicité de certains policiers, le gang de motards contrôle et protège la petite ville des dealers de drogue, des promoteurs immobiliers et d’autres gangs locaux parmi lesquels les latinos et les nazis. Une façon pour eux de rester dans les années 70 et de refuser le progrès, en vrais rebelles qu’ils sont. Le club SAMCRO (Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original) se retrouve dans une salle de réunion, proche du garage de leur chef, Clay Morrow. Celui-ci s’est marié avec Gemma, l’ex-femme du fondateur des « Sons of Anarchy ». Gemma a eu un fils avec ce dernier, Jackson, surnommé « Jax », beau blond bagarreur aux amours incertaines et qui vient d’avoir un fils avec une toxicomane invétérée. A la mort mystérieuse du père de Jax, Clay est devenu le nouveau président et mène le club d’une main de fer, soutenu en coulisses par Gemma, redoutable manipulatrice et femme d’affaires. S’il entretient de bonnes relations avec sa mère, Jax est plus réservé concernant Clay, qui est désormais son beau-père. Il le soupçonne d’avoir été impliqué dans la mort de son paternel. Jax se pose d’autant plus de questions qu’il a retrouvé les écrits de son père et se rend compte que l’esprit de départ des « Sons of Anarchy » n’est plus respecté. Le conflit couve…

COMMENTAIRE : Voici une série particulièrement originale et risquée puisqu’elle nous propose de plonger au cœur du quotidien de bikers, pas très éloignés des « Hell’s Angels » et autres clubs aux activités illicites qui sévissent un peu partout aux USA. Originale car peu de séries ont traité de ce thème, souvent superficiellement au travers de personnages secondaires, jouant les « faire-valoir » du héros. Et risquée parce qu’elle fait le pari de coller au plus près de la réalité. Elle est en effet très bien documentée sur les vrais motards et leurs pratiques. Curieusement, ces derniers ont assez apprécié la série malgré une image pas toujours positive qui est donnée de leur style de vie et de leurs trafics. Sans doute aussi car l’humour y est amené par petites touches pour compenser la gravité du propos.

Créateur et producteur de la série, Kurt Sutter s’y connaît en violences et en écriture de scénarios béton puisqu’il a travaillé sur « The Shield », sans doute la meilleure série policière de ces dernières années. Ici aussi, on retrouve quelques éléments propres à « The Shield » : la loyauté au groupe, des personnages troubles mais pas foncièrement mauvais, des dilemmes face au bien et au mal (que choisir ?), la manipulation, le groupe comme élément fédérateur face aux dangers, les coups fourrés, l’acteur Jay Karnes (qui joue Dutch dans « The Sield » et qui se révèle infâme ici), …

Largement inspiré d’Hamlet, la tragédie de William Shakespeare, c’est pourtant à une nouvelle transposition de la pièce du grand dramaturge que nous propose d’assister « Sons of Anarchy ». En effet, si Clay se rapproche fort de Claudius, roi à la place du roi, il n'en reste pas moins humain et attachant par certains côtés, notamment quant à son sens de la justice. Pour sa part, Jax incarne une sorte d’Hamlet des temps modernes, cavalier vêtu de cuir et qui roule en moto au lieu de monter à cheval, beaucoup plus violent et imprévisible que son modèle. En coulisses, la mère perfide, est incarnée à la perfection par Katey Sagal.

Pour l’anecdote, dans la vraie vie, c’est la propre femme de Sutter qui joue ici Gemma. Dans sa première version du scénario présentée aux dirigeants de la chaîne FX, Sutter n’avait pas vraiment mis en évidence son épouse mais enthousiasmés par l'idée d'une femme "qui a des couilles", les patrons de FX ont demandé au créateur de donner à Gemma une place encore plus forte au cœur du récit. Pour info, la chaîne câblée FX, qui diffuse la série aux USA et fait partie du groupe FOX de Rupert Murdoch, nous a gratifiés ces dernières années de quelques perles télé comme « The Shield », « Nip / Tuck », « Rescue Me » ou encore « Damages ».

Très riche et dense, « Sons of Anarchy » mérite le détour : cette série nous parle de famille (les relations de Jax avec sa mère, ses relations avec son fils, bébé prématuré, les relations d’Opie avec son père, …), d’amour (Jax avec les femmes, les membres du club entre eux qui se considèrent comme des frères), de corruption (les flics ne sont particulièrement glorieux), de luttes de pouvoir (Jax et Clay mais aussi les luttes avec les latinos et les nazis), de trahison (Clay qui couche avec la jeune petite amie d’un aspirant membre du club de bikers), … ; tout cela rend la série riche et réaliste, souvent sans concessions (âmes sensibles s’abstenir : on y voit notamment un homme se faire castrer au couteau, un autre se faire opérer à vif, un autre encore se faire tuer brutalement d’une balle en pleine tête, un ancien membre du gang se fait brûler le dos au chalumeau parce qu'il n'a pas enlevé les tatouages depuis qu'il a été banni du gang, …).

Dans les rôles principaux, vous y reconnaîtrez sans doute Ron Perlman (Clay, le "bad guy" et chef des SOA) avec sa gueule pas possible à larges mâchoires démesurées. Dans les années 80, il a joué Vincent, l’homme lion, dans la série « La belle et la bête », on l’a aussi vu en homme préhistorique dans « La guerre du feu » (1981) de Jean-Jacques Annaud. Quant à Katey Sagal (Gemma), elle est surtout connue pour son rôle de mère déjantée dans la sitcom "Married with children" (Mariés, deux enfants). On l'a vue plus récemment dans la série "Lost" où, le temps de quelques épisodes des premières saisons, elle jouait le grand amour de l'énigmatique John Locke (Terry O'Quinn).

Enfin, « Sons of Anarchy » nous montre comment Jax s'interroge sur la mort de son père et sur le sens de sa propre existence. Personnage lumineux en son for intérieur mais obligé de cacher cette face de sa personnalité en se montrant impitoyable dans le règlement de certaines affaires, Jax n’en reste pas moins attachant (c’est l’acteur britannique Charlie Hunnam qui lui prête, avec beaucoup de conviction, ses traits). Le final de la saison 1 nous montre ce personnage en quête d’autre chose, n’hésitant pas à risquer de tout remettre en question pour aboutir à la quête de la vérité et de l’amour. La saison 2 est attendue avec une certaine fébrilité. A l’heure d’écrire ces lignes, une saison 3 est en chantier. Chouette ! Après la fin de « The shield », FX n’a pas à rougir de cette nouvelle série, honorable successeur de celle de Shawn Ryan.

Site internet intéressant (réalisé par des fans américains) : http://www.sons-of-anarchy.net/

VOIR ICI UN TRAILER DE "SONS OF ANARCHY" SUR "YOU TUBE"

 

SAISON 2  (2009 - 2010 : 13 épisodes)

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Photo : copyright : FX / www.imdb.com

Après des débuts hésitants et quelques difficultés à trouver son rythme lors de la 1ère saison, cette deuxième fournée d’épisodes de « Sons of Anarchy » se révèle excellente de bout en bout. Tous les personnages sont mis à rude épreuve, à commencer par Gemma, la matriarche, qui subit une expérience des plus horribles tandis que les Sons doivent faire face à un groupe de néonazis emmenés par l’inquiétant Zobelle (excellent Adam Arkin, déjà vu dans « Life » et « Chicago Hope »).

A cet égard, on retiendra la fameuse tirade de Clay (Ron Perlman) qui dit à Zobelle : « Nobody tells SAMCRO what to do : black, brown or white. Get back to nazi town ! » Puissant et hilarant en même temps.

De son côté, Jax Teller en apprend plus sur le passé de son père John, fondateur des « Sons » et disparu de manière étrange. Avec la conséquence que ses relations avec Clay deviennent de plus en plus tendues, jusqu’à l’affrontement physique. A la faveur de circonstances exceptionnelles, le gang de motards se retrouve dans de sales draps et tous finissent en taule.

Bref, une saison tout bonnement épatante, par moments très drôle, parfaitement écrite et maîtrisée, sans temps morts, avec des personnages qui gagnent en profondeur et en humanité. Et un cliffhanger insoutenable ! Un must qu’on ne peut que vous recommander d’urgence, pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore vu. Et ce n’est rien en comparaison de ce que vous réserve la saison 3, c’est dire…

VOIR ICI LE TRAILER DE LA SAISON 2 SUR « YOU TUBE »

 

SAISON 3 (2010 - 2011 : 13 épisodes)

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Photo : copyright : FX / www.imdb.com

Sans doute la meilleure saison à ce jour, tout en n’ayant pas encore totalement vu la dernière (la 5 dont la diffusion vient de s’achever aux USA en cette fin d’année 2012). Après le cliffhanger haletant qui clôturait la saison 2, Jax et les « Sons » se voient contraints de retourner à Belfast, en Irlande du Nord, lieu de naissance du club de bikers. Là, ils vont retrouver leurs homologues irlandais et entamer une traque afin de retrouver ce qu’ils ont perdu (je ne dis volontairement rien pour ne pas vous gâcher la surprise. Pas de révélation de « spoilers » dans la suite que vous pouvez lire tranquillement).

Action, suspense, coups bas, retournements de situation imprévisibles ; la mécanique scénaristique est parfaitement huilée et va crescendo jusqu’à un dénouement libérateur. Seul bémol : le côté mamans qui veillent sur leur progéniture, les liens du sang si forts et gouzi gouzi  arheu arheu quelque peu pénible. Visiblement, la production a voulu attirer un public féminin et sans être mauvais, ces moments déforcent la tonalité d’ensemble de cette 3ème fournée d’épisodes qui se révèle plupart du temps passionnante.

Avec cette saison, Kurt Sutter, créateur et scénariste de « Sons of Anarchy », retrouve la patte des meilleurs scénarios qu’il avait écrit pour la plus mémorable série policière de tous les temps : « The Shield ». Et cela tombe bien, dans ma dvdthèque, les coffrets des « Sons » suivent justement ceux de « The Shield ». Que du bonheur !

VOIR ICI LE TRAILER DE LA SAISON 3 SUR « YOU TUBE »

 

 SAISON 4 (2011 - 2012 : 13 épisodes)

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Photo : copyright : FX / www.imdb.com

De retour en Californie, les « Sons of Anarchy » reviennent à leur trafic d’armes et se fritent avec les gangs rivaux, les Mayans portoricains et les « Niners » blacks. Poursuites, coups de feu, cascades ; tout cela sert à masquer le manque d’inspiration des scénaristes qui, malheureusement, accusent une baisse de régime au niveau de la qualité des histoires. Indéniablement, cette 4ème saison chute en qualité et se révèle la plus faible à ce jour (je visionne en ce moment la saison 5 qui jusqu’à présent est excellente, ouf).

C’est comme si l’équipe de scénaristes avaient tout donné dans les 3 saisons précédentes et peinaient à retrouver un second souffle. L’ensemble manque de cohérence et se laisse suivre agréablement mais sans réel intérêt non plus.

Seul véritable atout de cette saison, le personnage de Jax – qui, au passage, a perdu sa longue chevelure blonde - gagne en intensité et en profondeur psychologique : on vit avec lui les difficiles responsabilités qu’un chef de bande a à prendre quand il se retrouve au centre d’une guerre de gangs avec en plus les flics sur le dos. A ce niveau, l’ensemble est plutôt bien ficelé. Mais le nombre de fusillades et de poursuites déforce cette 4ème saison, passablement fade et qui ne fait pas des masses évoluer l’intrigue. Une saison qui semble avoir été faite pour plaire aux fans d’action pure et dure mais quand le scénario se traîne, on n’en voit pas l’utilité. Dommage. Reste à espérer que la saison 5 sera d’une meilleure tenue.

VOIR ICI LE TRAILER DE LA SAISON 4 SUR « YOU TUBE »

 

SAISON 5 (2012) : toujours plus "trash"

Sons of anarchy season 5

Photo : copyright www.imdb.com - FX Television

VOIR ICI UN TRAILER DE LA SAISON 5 SUR « YOU TUBE »

 

Visitez aussi le site officiel de FX, la chaîne câblée du network américain, fort bien fait et qui fourmille d’infos intéressantes sur la série « Sons of Anarchy » : http://www.fxnetworks.com/soa/

Série américaine (USA, 2008 à nos jours, toujours en production) : 13 épisodes.

 

AVIS : Autant dire que je n’étais pas plus enthousiaste que cela à l’idée de retrouver les violents « Fils de l’Anarchie » après une saison 4 qui m’avait globalement déçu : encore une série qui ne sait pas s’arrêter à temps et va nous faire le coup de la saison de trop. Heureusement, mes craintes se sont vite dissipées après avoir visionné cette saison 5, excellente de bout en bout.

Tout en restant dans la continuité, Kurt Sutter, créateur et scénariste des « Sons of Anarchy », arrive à faire rebondir son récit dans une nouvelle direction et ce, pour notre plus grand bonheur de spectateur. Tout d’abord, il développe de manière très fouillée la thématique du conflit de loyauté : Jax est de plus en plus tiraillé entre ses responsabilités de leader du club et sa famille pour qui il ne veut plus de cette vie. Son personnage prend une dimension tour à tour tragique et même sadique. Seule la fin justifie les moyens…

De son côté, la marâtre Gemma se retrouve prise entre son passé avec Clay et son amour naissant pour Nero Padilla, un maquereau latino (et nouveau personnage, incarné avec beaucoup de tendresse par Jimmy Smits, le méchant Miguel Prado de la saison 3 de « Dexter », vu aussi dans « West Wing », « New York Police Blues »). 

Cerise sur le gâteau, après le passage de « Lem » dans plusieurs épisodes des saisons précédentes, Kurt Sutter garde des liens avec ses potes de « The Shield » et nous en fait profiter. On voit ainsi apparaître brièvement l’ex-Shane (Walton Goggins)… dans le rôle d’un transsexuel déjanté nommé Venus, doté d’une poitrine plus que généreuse. Oserait-on dire savoureux ? En tous cas, il nous offre quelques moments hilarants, bienvenus pour alléger la tonalité extrêmement sombre de cette 5ème saison.

Autres personnages tiraillés par le conflit de loyauté : ceux qu’on pourrait qualifier de « traîtres » avec Otto Delaney, un ancien des « Sons » en taule et vu à plusieurs reprises depuis le début de la série. Ce personnage, résolument diabolique et inquiétant, est interprété par Kurt Sutter himself ! Rappelons que durant la saison 4, Otto a créé de graves problèmes aux « Sons » puisque les Fédéraux veulent leur perte au travers du programme RICO.

Sous couvert d’une apparente détresse, Otto se révèle un redoutable prédateur. Il commet des atrocités en prison qui auront des conséquences désastreuses. Au début de cette saison 5, les motards à cheveux longs sont sur le point de disparaître complètement à cause de lui et un personnage emblématique va d’ailleurs y laisser la vie (je vous laisse la surprise… mais c’est le choc).

Quant à Juan Carlos Ortiz dit « Juice » (le latino à la coiffure iroquois avec des tatouages sur le crâne), il vit aussi très mal son manque de loyauté à son club puisqu’il a servi d’indic aux services secrets durant la saison 4. La culpabilité le ronge. Quand plusieurs membres du club l’apprennent, l’exclusion n’est plus loin et avec elle, la perte de sens puisqu’il n’y a plus de valeurs quand toute sa vie était centrée autour de son club. Un personnage attachant et triste car il se fait manipuler facilement, que ce soit par Jax, par Clay et par le Shérif Roosevelt.

Ensuite, Sutter développe encore plus en avant la psychologie de Jax pour qui la vie devient un véritable enfer : être chef de gang, gérer les conflits externes mais aussi les luttes de pouvoir internes, assumer les vengeances jusqu’au bout, ne pas passer pour un dégonflé, … Tout cela nous montre que la vie d’un chef de bande criminelle, spécialisée dans le trafic d’armes, de drogue et la pornographie, relève d’une complexité inimaginable. Pas facile la vie de truand.

Cette 5ème fournée d’épisodes nous montre aussi le côté pathétique d’anciens chefs tombés en disgrâce lorsqu’ils perdent tout pouvoir, au travers de Clay, toujours  aussi machiavélique et manipulateur. Un Clay qui a clairement un agenda caché et dont Jax aimerait bien se débarrasser définitivement. Clay, c’est un peu le « JR » du XXIème siècle, le gars qu’on adore haïr, qui porte les santiags comme Larry Hagman mais pas le stetson (on est en Californie, pas au Texas).

Enfin, « Sons of Anarchy » illustre aussi avec beaucoup de réalisme le fait que plusieurs gangs arrivent toujours à trouver à s’entendre quand l’ennemi à abattre est commun et que les intérêts convergent. A ce niveau là, on est bien servi avec les Niners, emmenés par le sinistre Damon Pope (brillamment joué par Harold Perrineau, le narrateur Augustus Hill dans « Oz » et  Michael dans « Lost »). Les conflits avec les Latinos et les Irlandais, sur fond de manipulation par la CIA (rien de moins) atteignent cette fois leur apogée. Tout est permis : coups bas, retournements de situation et assassinats sur commande. Brrr.

A cet égard, chers parents, ne mettez pas « Sons of Anarchy » sous toutes les rétines. En effet, la série montre des scènes à la violence souvent insoutenable (personne brûlée vivante, crâne défoncé à maintes reprises par une boule à neige, personne égorgée…avec un crucifix où le sang gicle à flots et autres « joyeusetés »). Spectateurs sensibles et impressionnables, vous voilà prévenus.Criant

Par sa mécanique scénaristique bien huilée (ben oui, c’est une série de motos aussi ;-)), les scénaristes poussent les divers personnages dans leurs derniers retranchements, jusqu’au paroxysme et les mettent face à des responsabilités qu’ils n’ont pas envie d’assumer.

Qu’importe puisque la vie les fracassera, d’une manière ou d’une autre, qu’ils le veuillent ou non. Un destin inéluctable, semble nous dire en substance le « message » de cette saison 5 qui retrouve le niveau de la 3ème en Irlande - selon moi la meilleure à ce jour - suivie par la 5 et puis la 2. Bref, encore étonnant !

 

SONS OF ANARCHY 6 : toujours plus fort, plus dur, plus trash...

Sons of anarchy 6© FX Television – Sutter/Ink Productions

SAISON 6 (2013 - 2014) : 13 épisodes de 45' à 65'

Sortie en dvd et Blu-Ray en Belgique depuis début septembre 2014.

Sortie prévue en France pour le 29 octobre 2014.

AVIS SUR LES SAISONS 1 à 5 : ICI

VOIR ICI LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 6

MON AVIS : Après une excellente 5ème saison, on se disait que la suite ne pouvait que décevoir. Détrompez-vous ! Ce qu’il y a d’épatant avec Kurt Sutter, son scénariste et producteur, c’est qu’il arrive toujours à relancer son récit vers quelque chose d’imprévisible.

Au début de cette 6ème fournée d’épisodes, les « Sons » ont maille à partir avec un US Marshal (inquiétant Donal Logue) et on se dit « ouais, bon, toute la saison va tourner autour de l’affrontement avec ce salaud… ». Et bien non.

A nouveau, le scénariste/producteur et acteur (il incarne le très flippant Otto) poursuit avec brio la thématique du conflit de loyauté : devenu chef, Jax doit composer avec la gestion quotidienne du club, la relance des trafics (armes, porno, …) qui font vivre le club et composer avec des membres qui ont trahi.

A ceux qui se disent « Trop cool la vie de truand, le fric, le pouvoir ! Je fais ce que je veux quand je veux », on conseille vivement de voir « Sons of Anarchy ». C’est tout sauf tranquille. Le niveau de stress y est particulièrement épouvantable et la paranoïa atteint des sommets. Comme dans la vie des politiciens ? A méditer. En ce sens, sa chronique du quotidien de ces bikers hors-la-loi prend de plus des allures de tragédie shakespearienne. Pour rappel, Kurt Sutter ne s’en est jamais caché puisque dès le début, sa source d’inspiration était « Hamlet » du grand William.

Certes, on reprochera à la série un certain essoufflement en milieu de saison et certains personnages caricaturaux (le trafiquant chinois, les flics, certains membres des « Sons »). Mais on lui pardonnera puisque cette saga reste passionnante à suivre et se permet même quelques moments drôles et inattendus (on retrouve à nouveau Walton Goggins (Boyd Crowder dans « Justified ») dans la peau de Vénus, transsexuel déjanté à l’opulente poitrine).  

Au niveau de la représentation de la violence, la route des « Sons » est jonchée de cadavres, tués de toutes les manières ou presque. Attention âmes sensibles et impressionnables : les scènes de violence et de meurtre sont particulièrement dures et sans doute pas très éloignées de ce qui se passe dans la réalité. Une violence que certains pourraient qualifier de crapuleuse, à l’image de ces motards sans foi ni loi. Pas faux mais évitons les jugements. A situation extrême, réaction extrême, nous dit en substance « Sons of Anarchy ».

Enfin, la série ose – et le mot est faible – tuer 3 personnages emblématiques et de manière totalement inattendue. Surprise, vous voilà prévenus. Le récit s’accélère vers un climax final qui nous laisse totalement K.O et je vous mets au défi de prédire la suite.

Aux dernières nouvelles, la saison 7 sera la dernière et nous fixera sur le destin des « Fils de l’Anarchie ». On a hâte et en même temps, on se prépare à quitter bientôt ces salauds magnifiques qui ont quand même quelque chose d’attachant. Dernièrement, Kurt Sutter envisagerait un spin-off qui remonterait aux origines de la création du club SAMCRO des « Sons » avec John Teller, le père de Jax, confronté à un jeune Clay et une Gemma toujours aussi perfide. Wait and see.

UN PREVIEW DE LA SAISON 7

La page FACEBOOK de « SONS OF ANARCHY » 

 

 « SONS OF ANARCHY » (Saison 7 et dernière) : adieux salopards magnifiques !

 

sons of anarchy 7

USA - 2015. Série créée par Kurt Sutter.

Saison 7 et dernière (13 épisodes), disponible à la vente en dvd et Blu-Ray depuis avril 2015.

Photo : © FX Television – Sony Entertainment

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 7 DE « SONS OF ANARCHY »

! Pas de spoiler, lisez sans crainte

Et voici la fin de la saga des motards voyous de Californie. Cette ultime saison pourrait se résumer par secrets et mensonges. Avec conséquences (souvent fatales). Un qualificatif qui pouvait aussi s’appliquer à de précédentes saisons mais ici, tout s’enchaîne jusqu’à un climax hallucinant.

Accrochez-vous, ça commence fort : dès les premières images, Jax Teller se retrouve dans une spirale infernale de violence, souvent insoutenable. Cette transformation n’a rien d’étonnant au regard de son évolution dans les précédentes saisons. Toutes les limites sont dépassées (œil arraché, doigts coupés au couteau de chasse, balles tirées à bout portant en plein visage, …). Bref, cœurs sensibles, passez une fois encore votre chemin.

Était-ce bien nécessaire ? Pour qui connaît un peu le pédigrée de Kurt Sutter, le créateur, producteur et scénariste de la série, cela entre dans la logique des choses. Pour rappel, Sutter a incarné un des rôles les plus monstrueux et les plus violents de la série, celui d’Otto Delaney, un des membres fondateurs du club des « Sons » (lire les notes précédentes). Cela n’enlève rien à la qualité de sa série, sacrément originale et inclassable.

Comme par le passé, la série propose des scènes d’action au rythme trépidant (dont une palpitante poursuite en camion). Les fans de mitraillages seront comblés avec l’âpre lutte qui oppose les « Sons » aux gangs chinois et black. Et ça décoiffe !

Plus intéressant, nous assistons au basculement des principaux protagonistes. Sans illusions, chaque personnage accepte son destin et s’y prépare. Bien sûr avec Jax tout d’abord mais aussi avec « Juice » Ortiz, le « Son » renégat qui se demande comment continuer à vivre sans son club. Jusqu’ici bien caché, le secret de Gemma sera révélé dans cette dernière fournée d’épisodes. A un moment étonnant.

Pour illustrer cette évolution, la série nous offre de longs moments contemplatifs, sans dialogues avec de longs plans-séquences quasiment hypnotiques, ponctués par des reprises (parfois bizarres) d’anciens tubes d’UB 40 ou de chansons originales comme « Adam Raises a Caïn » de Bruce Springsteen (illustrant fort à propos le basculement de Jax).

Comme dans les saisons précédentes, la musique joue ici un rôle fondamental, en totale osmose avec les pensées, les émotions et les états d’âme des personnages. Scotchant.

Si les épisodes ne sont pas tous entièrement réussis, parfois trop longs (jusqu’à 80’) ; ils font la part belle aux personnages, particulièrement denses et bien écrits.  Bien sûr, on a parfois l’impression que certains ont été oubliés ou que Sutter ne sait pas trop quoi en faire (Tig Trager et Chibs Telford). Cela dit, Wayne Unser et Bobby Munson bénéficient d’un traitement particulièrement soigné qui nous les rend encore plus attachants. C’est cela qui fait toute la richesse de cette série.

Par contre, on regrettera le peu d’explications données quant à la mort de John Teller, père de Jax et fondateur du Club de motards SAMCRO. Son fantôme plane sur la série depuis le début, hantant son fils Jax, amené un peu malgré lui à reprendre le club en main. Sans doute est-ce mieux comme cela. Comme dans la vie, les choses n’ont pas toujours besoin d’être dites ou expliquées de A à Z.

Pour horribles que soient les actes de Jax, Kurt Sutter se garde bien de le juger ou de nous le rendre détestable. A ceux qui lui disent qu’il est un homme bien, Jax a une vision parfaitement lucide de sa condition : il leur rétorque qu’il est un criminel et un tueur. Impuissants, nous assistons à cette longue et sombre plongée dans l’abîme ponctuée de tristesse, de violence et et d’espoir (un peu).

Le point fort de cette dernière saison reste la rédemption du leader des « Sons of Anarchy » : Jax cherche à ce que les choses se passent bien, que ses proches soient protégés coûte que coûte. Tout s’effondre autour de lui. Mais il y va et à fond. On pourra reprocher à Charlie Hunnam de manquer de subtilités dans son jeu, alternant une voix douce quand il est bouleversé et des airs de chien battu quand ça dérape. Mais il reste crédible dans le rôle.

Au fil des épisodes, on tente de deviner la fin, sans succès. Kurt Sutter parvient encore à nous surprendre par un final bouleversant. On vous laisse la surprise.

Dans des seconds rôles, il y a du beau monde au générique : outre le retour de l’amusant Walton Goggins (le transexuel Vénus Van Dam déjà vu dans les saisons 5 et 6), Courtney Love en institutrice d’école (bof, elle fait un peu pièce rapportée genre « dis Kurt, t’as pas un rôle pour moi ? »), Marilyn Manson en nazi taulard (excellent) et même Michael Chiklis, le Vic Mackey de « The Shield » en camionneur un peu beauf.

Chiklis jouera un rôle déterminant dans le final de la série, marquant la fin de deux cycles pour Kurt Sutter : celui de « The Shield » et celui de ses « Sons of Anarchy ». Avec une citation de Shakespeare en toute fin d’épisode, en écho aux débuts de la série. La boucle est bouclée. Adieu salopards magnifiques, vous nous manquerez !

20:50 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |