06/02/2010

DEXTER - Le tueur en série qui tue…des tueurs en série et autres affreux

USA / 2006 - 2013 (terminée) : 13 épisodes (saison 1) – 12 épisodes (saison 2) – 12 épisodes (saison 3) - Saison 4 (13 épisodes) - Saison 5 (12 épisodes) - Saison 6 (12 épisodes) - Saison 7 (12 épisodes) - Saison 8 (12 épisodes)

Série développé pour la télévision par James Manos, Jr. et basée sur le roman "Darkly Dreaming Dexter" de Jeff Lindsay. Producteurs exécutifs : Clyde Phillips, John Goldwyn et Sarah Colleton.

Photo : copyright : SHOWTIME entertainment / CBS DVD - Intégrale des saisons 1 à 8 disponibles en dvd.

Avec Michael C. Hall (Dexter Morgan), Julie Benz (Rita Bennett), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), Davi Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), Lauren Vélez (Lt. Maria Laguerta), C.S. Lee (Vince Masuka), Erik King (Sgt. James Doakes – Saisons 1 et 2), Keith Carradine (Special Agent Frank Lundy – saison 2).

Dexter - paperblog.fr

SCENARIO : Dexter Morgan, la trentaine dynamique et introvertie, travaille comme expert en tâches de sang sur les scènes de crime pour la police de Miami. S’il se révèle un enquêteur méticuleux et consciencieux le jour, dès la tombée de la nuit, il change de visage : c’est un redoutable tueur en séries qui a la particularité de…ne tuer que des criminels et tueurs en série. Il ne fait pas de mal aux innocents. D’enquête en enquête, Dexter se retrouve confronté à ses problèmes quotidiens : sa sœur, sa petite amie, son boulot, ses collègues et l’irrésistible besoin de tuer, tout en respectant le « code de Harry », sorte de serment qu’il a appris de son père adoptif, qui lui sert à faire la différence entre le bien et le mal, à assouvir ses pulsions meurtrières tout en faisant en sorte de ne jamais se faire arrêter…

COMMENTAIRE : Inspirée des romans « Dexter » de Jeff Lindsay, cette série possède quelque chose d’à la fois fascinant et dérangeant. Fascinant car c’est la première fois qu’une fiction télévisée nous propose de plonger au cœur des pensées d’un tueur en série. Dérangeant parce que nous nous surprenons, en tant que spectateurs, à éprouver de la compassion et de l’attachement, voire même à approuver les actes, pourtant répréhensibles que commet Dexter.

En cela, la série a été fort bien conçue, comme une sorte de toile à tisser psychologique qui nous emprisonne lentement mais sûrement. La manière de construire le récit, particulièrement subtile, nous amène à comprendre les motivations, les doutes, les aspirations de Dexter. Comme beaucoup de tueurs en série, il a connu une enfance traumatisante mais à la différence de ceux qui tuent des innocents, Dexter a appris à ne faire que le bien, enfin si l’on peut dire. Il se cache sous une série d’émotions factices, se trouvant complètement coupé de ses émotions et se considérant comme inhumain. Mais bien malgré lui, il devient, au fil de ses aventures, de plus en plus humain et voit sa carapace souvent mise à rude épreuve. Nous suivons ce cheminement avec étonnement et fascination.

Sous la plume notamment de Clyde Philips et de James Manos, Jr. (plusieurs scénarios ont été aussi supervisés par Jeff Lindsay, l’auteur des livres), les personnages de « Dexter » prennent vie sous nos yeux d’une façon particulièrement subtile et surtout imprévisible, impossible de dire ce qu’il va leur arriver à la fin et vers quoi va se conclure l’histoire. A cet égard, les mots qui me viennent à l’esprit pour résumer « Dexter » sont : « art consommé de la manipulation ». Il faut voir comment, en plongeant au tréfond de son mental, on se laisse porter par ses armes psychologiques redoutables : avec son sens inné de l’observation et son détachement, il parvient à orienter les autres pour les amener à faire ce qu’il désire tout en arrivant à tirer son épingle du jeu.

A plusieurs reprises, les scénaristes mettent Dexter en danger, à un point tel que cela en devient palpitant et on en ressort complètement accro : vite la suite et alors là, chapeau ! On s’est fait manipuler mais avec quel délice ! Lorsqu’il revoit en pensées Harry, son père qui a fait de lui ce qu’il est devenu, Dexter se retrouve à la fois tiraillé entre le désir de respecter ce code (tu contrôles tes pulsions meurtrières et tu ne les diriges que vers ceux qui les méritent) et son attirance vers le mal. Dans le rôle de Harry, James Remar, routier des séries (« Jericho », « Miami Vice », …) distille un mélange de perversité et de bienveillance, oscillant sans cesse entre le désir de faire le bien et la nécessité de faire justice soi-même, au-dessus de la justice des hommes. Quelle curieuse alchimie.

Plus troublant encore, au fil des épisodes, on se sent proche de ce « héros » très particulier, ni vraiment bon, ni foncièrement mauvais. Il faut voir le sens paternel avec lequel il s’occupe des enfants de Rita, sa petite amie. En cela, on nous le montre sous un tout autre visage, totalement inattendu. Et il y a aussi beaucoup d’humour, souvent décalé mais toujours bien amené. Sans doute pour compenser la gravité du sujet. Comme quoi, les gens ne sont jamais faits d’une pièce, c’est là sans doute une des leçons à tirer de cette série qui figure parmi les meilleures de ces dernières années, tant sur le plan de la narration que de l’interprétation (Michael C. Hall, déjà vu et déjà prodigieux dans la sublime série dramatique « Six Feet Under », a été récompensé début 2010 par un « Golden Globe » de meilleur acteur dans une série dramatique et il l’a bien mérité).

Tous les personnages secondaires sont aussi bien écrits, à la fois drôle, touchants, énervants, irritants, … ; à l’image de la vraie vie quoi. Derrière la caméra, on retrouve notamment, parmi les réalisateurs, le nom de John Dahl, maître du film noir qui nous avait livré quelques perles dans les années 90 avec des films comme « The last seduction » et « Red Rock West ». Côté musique, Rolfe Kent (qui a récemment fait la musique du film "Up in the air" avec George CLooney) livre des partitions magistrales, notamment dans la saison 2 avec ses accords de guitare acoustique qui appuyent avec subtilité les émotions ressenties par les personnages, voire leurs états d'âme.

Bref, je ne saurais que trop vous recommander cette série que j’ai eu le privilège, pour la saison 3, de voir en avant-première. Celle-ci réussit le tour de force de faire encore mieux que la 2, c’est vous dire le niveau de qualité. A se demander comment les producteurs vont faire pour la saison 4, attendue avec impatience.

Voir le générique de la série sur "you tube" (un générique particulièrement savoureux, utilisant de belles métaphores alimentaires en remplacement des actes « gore » que commet Dexter) :

DEXTER - Saisons 3 et 4 : à la fois inégal et de qualité 

 DEXTER - Saison 3 (2008 - 2009)

 

Dexter 3 - ebay.jpg

Photo : © www.ebay.com

Sortie fin juin 2010 en dvd à la vente, c’est un bon cru même si globalement, la surprise et l’inventivité des scénarios sont plus faibles que dans les deux premières saisons. La bonne idée de cette saison 3 : confronter Dexter à Miguel Prado, procureur de Miami qui découvre les secrets du tueur en série et se révèle un double plus qu’inquiétant. Le formidable Jimmy Smits (« NYPD Blue », « L.A. Law », « West Wing ») incarne à la perfection ce personnage extrêmement manipulateur.

A nouveau, Dexter excelle dans le jeu du chat et de la souris, plus manipulateur encore que ceux qui croient le manipuler. Par contre, sa confrontation avec l’écorcheur, le tueur de cette saison 3, semble avoir peu inspiré les scénaristes qui le relèguent au second plan et le font intervenir en bouche-trou pour clôturer la saison.

Les autres personnages secondaires souffrent aussi d’un manque d’attention et évoluent peu : Angel, La Guerta, Masuka jouent les utilités au profit de Debra, la sœur de Dexter, qui profite d’un traitement plus fouillé. Rita, la chère et tendre de notre tueur en série, n’évolue pas des masses non plus, coincée dans son rôle de gentille femme au foyer, limite pleurnicharde.

Heureusement, la fin de saison révèle une surprise de taille quant à l’avenir de Dexter avec Rita. Bref, c’est sans doute la saison la plus faible des quatre mais elle se laisse toujours regarder avec un certain plaisir. Une baisse de régime.

DEXTER - Saison 4 (2009 - 2010)

Cette fois-ci, les scénaristes se sont un peu plus foulés en inventant le « Trinity killer », personnage particulièrement sordide et pervers qui tue toujours ses victimes par trois. Bravo à John Lithgow qui incarne à la perfection ce nouveau vilain, un grand acteur spécialisé dans ce type de rôles (« Blow out » avec Travolta et « Cliffhanger » avec Stallone) mais aussi, plus étonnant, dans le registre comique (la sitcom « Third rock from the sun » où il joue un père de famille extraterrestre assez pété).

Dans cette 4ème saison, face à ce nouvel adversaire, Dexter aura fort à faire. La bonne idée du scénario, c’est de placer d’emblée Dexter dans une relation père – fils avec le « Trinity killer ». Le fait qu’il soit attiré par ce père de famille visiblement bien sous tous rapports, qui va à la messe et travaille sur des chantiers de construction pour SDF, nous étonne, nous inquiète et surtout nous questionne sur les apparences. Les gens ne sont jamais ce qu’ils laissent croire, ils cachent de vilains petits secrets… Voilà sans doute la principale « leçon » à tirer de cette saison.

Lentement mais sûrement, ils nous distillent les informations sur ce nouveau tueur et nous découvrons progressivement la vraie nature de ce tueur actif depuis plus de 30 ans et jamais arrêté par la police. C’est l’occasion de retrouver le détective Lundy, spécialiste des tueurs en série découvert lors de la saison 2 et incarné par l’excellent Keith Carradine (dans la vie, c’est aussi le frère de David « Kung Fu » Carradine).

Fait étonnant de cette 4ème saison, Dexter nous accompagne et découvre la vérité peu après nous. A ce niveau, c’est du grand art de la part des scénaristes puisque nous avons toujours une longueur d’avance sur Dexter quant à savoir qui est réellement le « Trinity killer ». Ce dernier manipule Dexter qui a sans doute sous-estimé son ennemi. Contrairement aux saisons précédentes, Dexter est en retard sur nous au fil de la progression du récit. Alors qu’avant, nous étions manipulés. Machiavélique !

Et la fin de saison, particulièrement haletante, nous balade complètement : impossible de prévoir ce qui va arriver. A la vision du tout dernier épisode, c’est l’angoisse qui pointe avec un « cliffhanger » insoutenable. A l’annonce du cancer de Michael C. Hall, interprète de Dexter, la crainte était grande de ne jamais avoir de conclusion. Heureusement, l’acteur va mieux et a repris le chemin des studios de tournage.

DEXTER - Saison 5 (2010 - 2011)

Sans doute une des plus faibles saisons même si le personnage de Lumen, jeune femme traumatisée par un viol collectif, peut se révéler attachant. Grosso modo, on s'ennuie plutôt ferme et la qualité est nettement en-dessous de la phénoménale saison 4 avec le "Trinity killer", magistralement joué par John Lithgow.

Heureusement qu'il reste le personnage d'Angel et les quelques apparitions du papa de Dexter, Harry Morgan, pour sauver l'ensemble qui est plutôt terne. Reste une image assez léchée, oscillant toujours entre le côté chaud des scènes de jour et une ambiance des plus sombres lors des scènes de nuit. Un très beau travail de direction de la photographie. Si la fin est émouvante, notamment les réactions de Dexter face à Lumen, le reste n'est pas inoubliable, loin de là. Dommage.

DEXTER - Saison 6 (2010  - 2011)

Ici aussi, bof. On a du mal à se passionner pour ce "Doomsday killer" parfois limite ridicule, même si l'interprétation de Colin Hanks (le film de Tom Hanks, déjà vu dans "Mad Men") est convenable. A ses côtés, on retrouve avec plaisir le formidable Edward James Olmos (Commander Adama dans "Galactica" et surtout, le Lieutenant Castillo dans "Miami Vice" dans les années 80). Et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire.

Les relations entre Dexter et sa soeur évoluent peu, de même qu'entre les autres personnages de la police (Angel, Masuka and co). Bref, rien de vraiment décoiffant, ni d'extraordinaire. Blasé ? Non, on demande un scénario un peu plus abouti, messieurs les scénaristes. Heureusement, il reste un final (cliffhanger) assez soufflant qui, à lui seul, donne envie de voir la suite. Mais chuuuut !

DEXTER – Saison 7 (2012) : mieux que 5 et 6 mais à quand le chant du cygne...

Dexter season 7 - Dexter saison 7

Photo : © Showtime - www.imdb.com

Avec Michael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), Davi Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), Lauren Vélez (Lt. Maria Laguerta), C.S. Lee (Vince Masuka), Erik King (Sgt. James Doakes – Saisons 1 et 2 et 7), Yvonne Strahovski (Hannah McKay), Ray Stevenson (Isaak Sirko), ...

Voir un trailer, en vo sous-titres-français, de la saison 7 sur « YOU TUBE »

AVIS : Après les saisons 5 et 6 plutôt mitigées, pas franchement médiocres mais pas ébouriffantes non plus, on se dit : « Allez zou ! Voyons ce que nous réserve la saison 7 ». Il faut dire que le final de la saison 6 était plutôt scotchant, quand un personnage-clé de la série découvre le secret de notre tueur en série préféré.

La réponse à ce final trouve sa continuité logique et inattendue même s’il nous faut un peu de temps pour s’y habituer. Mais la grande qualité de cette 7ème fournée de 12 épisodes, c’est l’introduction de deux nouveaux et sombres personnages : Hannah McKay (campé par Yvonne Strahovsky, la super espionne de « Chuck ») et du mafieux Isaak Sirko (incarné par Ray Stevenson, l’excellent Titus Pullo de « Rome »).

Comme d’habitude, on retrouve les flics de l’unité qui gravitent autour de Dexter : la chef Maria LaGuerta, Angel Batista, Masuka, Joey Quinn, Debra Morgan, la frangine et bien sûr le fantôme du papa flic qui apparaît dans les pensées de Dexter : Harry Morgan.

Côté scénario, on est – dans un premier temps – agréablement surpris par un rebond créatif des scénaristes durant les 8 premiers épisodes qui nous offrent un intéressant jeu du chat et de la souris entre Dexter et Sirko, avec certains épisodes où la tension est palpable et le suspense assez haletant. Enfin un méchant d’envergure, presque digne d’Arthur Mitchell, le « Tritinity killer de la saison 4.

Malheureusement, ce passionnant face à face entre Sirko et Dexter s’effiloche et dès le 9ème épisode, le scénario part en sucette. On se dit : « Bah, les scénaristes veulent éviter de tirer sur la ficelle et ne pas nous révéler l’issue de l’affrontement dans le dernier épisode puisqu’ils l’ont déjà fait dans des saisons précédentes avec d’autres méchants. Cela pourrait devenir lassant et surtout, prévisible. »

Oui mais non. On a vraiment l’impression que quelqu’un d’autre a repris l’écriture des histoires tant la rupture de ton est brutale et surtout mal amenée. Je ne vais pas vous en dire trop pour vous laisser la surprise si vous n’avez pas encore vu cette 7ème saison mais c’est plutôt grotesque et même carrément ridicule. Comme me le disait ma femme, cela devient « Desperate Housewives chez les serial killers ». En tant que spectateur – et pardon d’être grossier – on se dit qu’on se fout de notre gueule. Pire, on nous prend pour des quiches ! Surtout avec ce final crétin avec une suite dont on se demande ce qu’elle amènera et dont pour ma part, je me fous carrément. Mais que se passe-t-il ?

Heureusement, tout n’est pas négatif puisque dans ses deux premiers tiers ; le récit développe aussi, en parallèle de l’arc narratif « Sirko », un autre arc autour du personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombe éperdument amoureux. Une jolie blonde, finaude, intelligente, sexy et…machiavélique. La série distille avec parcimonie des infos sur son passé obscur et on se rend compte qu’elle partage pas mal de points communs avec « Dex », une sorte de double du serial killer quoique ses motivations soient nettement moins claires. A deux, ils illustrent bien le côté amoureux « j’ai trouvé ma tendre moitié » bien que la façon assez perverse dont est amenée l’issue en rebutera sans doute plus d’un. Hannah, un personnage charmant et surtout, vénéneux et inquiétant. Surprise surprise.

Ensuite, si Michael C. Hall joue toujours aussi bien son rôle de « gentil » serial killer, on regrettera que les personnages secondaires, en particulier Angel et Masuka, ne servent plus que de faire-valoir, n’ont pas un rôle vraiment intéressant à jouer et apparaissent comme ça en bouche-trou pour combler les lacunes du scénario. A cet égard, l’histoire du flic Quinn qui sauve une prostituée face aux vilains mafieux n’apporte pas grand-chose à l’image de ce personnage froid et antipathique dont on se demande ce qu’il fait dans cette série.

Enfin et ce n’est pas négligeable, la série souffre d’un vilain défaut, palpable depuis ses débuts : on aurait grandement apprécié que les producteurs nous épargnent les crises émotionnelles de Debra, la sœur de Dexter. Ses excès de « pleurnichette hystéro-agressive » étaient déjà pénibles dans les saisons précédentes ; ici, ils deviennent carrément insupportables.

Chaque épisode nous livre sa scène avec Debra qui fait son cinéma pendant au moins 5 minutes. Pénible au risque de passer pour un sans cœur. Et puis bon voilà, j’avoue : je n’aime pas ce personnage et encore moins l’actrice qui l’incarne. Pas crédible et pour tout dire, pas mature. Voilà, c’est dit et écrit.

Bref, si les 8 premiers épisodes méritent un 7/10, en dehors des prestations pénibles de la frangine ; les 3 derniers ne valent pas plus que 3/10 en raison du foirage du scénario. Bilan mitigé donc même si cette saison 7 se révèle globalement de meilleure facture que les saisons 5 et 6.

Aux USA, la saison 8, annoncée comme l’ultime saison, verra apparaître Charlotte Rampling et Sean Patrick Flanery (Le jeune Indiana Jones et Greg Stillson dans « Dead zone »). Le chant du cygne pour Dexter ? Ou plutôt le chant du corbeau (clin d’œil au générique de « Six Feet under » dans laquelle jouait déjà Michael C. Hall).  Il serait très sérieusement temps de l’envisager car la qualité n’y est plus trop, ça ronronne trop. Dommage. Vraiment dommage.

On aurait aimé que « Dexter » soit comme « The Shield », une série maîtrisée de bout en bout. On devra se résigner à se dire que cela décline inexorablement même s’il faut laisser sa chance à la saison 8 qui, espérons-le, saura encore nous surprendre.

DEXTER – Saison 8 : le "gentil" tueur en série nous manquera... 

Dexter season 8© Showtime Television

N.B. : La note qui suit ne contient pas de spoilers susceptibles de vous gâcher la vision de la dernière saison de « DEXTER » au cas où vous ne l’auriez pas encore vue

Saison 8 et dernière (12 épisodes) disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 11/06/2014.

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 8 DE « DEXTER » SUR « YOU TUBE »

Le final de la 8ème et dernière saison de « Dexter » avait déçu les fans aux USA.  Voici déjà 16 mois que la série s’est terminée outre-Atlantique (septembre 2013). La fin de la 7ème saison nous laissait en plein cliffhanger insoutenable et on avait hâte de connaître la suite. Malheureusement, les éditeurs de dvd auront mis près d’un an à sortir cette ultime salve d’épisodes.

Contrairement à « Breaking Bad », « Dexter » a connu des saisons inégales (3, 5, 6 et un peu la 7) et a perdu, au fil du temps, son noyau dur d’admirateurs. La faute à des scénaristes pas toujours inspirés, qui ont parfois cédé à la facilité tout en étant capable du meilleur : la saison 4 avec le « Trinity Killer » (glaçant John Lithgow) reste la meilleure à ce jour.

C’est dire si l’on abordait cette ultime saison avec une certaine méfiance. Après avoir soigneusement évité les spoilers, on remarque d’emblée que les scénaristes reprennent les choses en main. La première bonne idée a été d’introduire le personnage d’une psychiatre spécialiste en serial killers, campé par une Charlotte Rampling totalement crédible dans le rôle. De fait, on pensait que la saison allait tourner à l’affrontement entre celle-ci et Dexter, ce dernier essayant de cacher sa sombre nature. Eh bien, pas du tout.

L’autre bonne idée fut d’introduire un nouveau méchant, particulièrement sournois et malin. Et qui partage un lien avec un des personnages principaux mais nous n’en dirons pas plus. Disons que les scénaristes ont amené cela sans laisser deviner trop vite de qui il s’agissait.

Enfin et c’est vraiment une bonne nouvelle, le personnage de Debra Morgan, la sœur de Dexter, gagne en profondeur psychologique. Elle essaye de se rapprocher de son frère depuis qu’elle connaît son secret, ce qui est tout sauf facile. Le scénario la fait évoluer intelligemment, laissant derrière elle ses oripeaux de gamine par moments hystérique pour la révéler enfin en femme douce et sensible.

Par contre, on se demande bien pourquoi les scénaristes ont largué le personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombait éperdument amoureux dans la saison 7. Manipulatrice et machiavélique, cette jolie blonde refait surface d’une manière assez maladroite. Pire, elle lui pardonne tout et se transforme en parfaite petite femme au foyer, s’occupant de son gamin Harrison. On se surprend même à se dire : ils vont pas nous faire « Desperate Housewives » chez les serial killers quand même ? Ce lissage du personnage est d’autant plus incompréhensible que rien ne le laissait présupposer. En somme, c’est « Ah c’est beau l’amour, ils sont complémentaires et c’est bon quoi. » Mouais…

Evidemment, la belle se retrouve avec un détective privé aux trousses, bien décidé à la capturer et à empocher la prime (Sean Patrick Flanery qui fut le jeune Indiana Jones voici déjà 20 ans). Faut bien un peu pimenter l’intrigue. Dommage aussi que les personnages secondaires comme Angel Batista, Masuka et bien sûr le fantôme Harry Morgan soient relégués au rang d’apparitions et de simples faire-valoir. Mais cela faisait déjà un moment que les scénaristes n’avaient plus grand-chose à leur faire vivre. Un peu plus développé, le personnage de Joey Quinn, amoureux de Debra Morgan, connaît une nette amélioration et devient finalement plus attachant.

Mais comme dans la vie, rien ne se passe comme prévu et notre tueur en série verra les événements échapper à son contrôle. A cet égard, cette dernière saison se révèle bien rythmée tant les épisodes deviennent vite addictifs. On se surprend à s’enfiler les 12 épisodes assez rapidement. Jusqu’au final, angoissant, qui révèle de beaux moments poétiques avec ces images de lui filant au large à la barre de son bateau « Slice of Life » (tranche de vie). La fin aurait pu laisser supposer qu’il allait partir vers une petite vie rangée. On vous laisse la surprise.

Sans débattre sur le bien-fondé de cette fin, pour ma part, je l’ai trouvée crédible et totalement en phase avec l’essence même de ce qu’est Dexter. N’en déplaise aux fans de  « La Petite Maison dans la Prairie » et autres séries familiales. Ceux qui ont rejeté la fin se sont trompés de genre. Ce n’est pas parce que Dexter a une sœur et un père qu’on est dans une série familiale, les amis. Grincheux, passez votre chemin.

Bref, cette ultime saison reste un bon cru à défaut d’être excellente. Si « Dexter » n’a pas été une série totalement maîtrisée, elle a su encore nous surprendre et nous réserver de belles surprises. Tout en évitant le piège du prévisible. Ah, il nous manquera ce tueur en série « gentil » car il avait quelque chose de profondément humain malgré son « dark passenger ». Dex cherchait à s’ouvrir aux émotions qu’il ressentait et y parvenait parfois. En cela, l’interprétation de Michael C. Hall était bouleversante.

19:26 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/01/2010

MAD MEN – Les sixties et la pub à la loupe humaine…

MAD MEN_imdb

USA / 2007 à 2015 (7 saisons : 92 épisodes en 2012, à raison de 13 épisodes chacune – Fin en mai 2015). Série dramatique créée et écrite par Matthew Weiner.

Avec Jon Hamm (Don Draper), Elisabeth Moss (Peggy Olson), Vincent Kartheiser (Pete Campbell), Christina Hendricks (Joan Holloway), Bryan Batt (Salvatore Romano), January Jones (Betty Draper), Michael Gladys (Paul Kinsey), John Slattery (Roger Sterling), Aaron Statton (Ken Cosgrove), …

Intégrale disponible en dvd et Blu-Ray.

Photo : © AMC Television - LIONSGATE - www.imdb.com

Voir ici le superbe générique de "MAD MEN" (sur YouTube) :

SCENARIO : A New York en 1960, Don Draper, mystérieux et très talentueux agent publicitaire, travaille pour Sterling & Cooper, une grande agence de pub située sur Madison Avenue. Responsable d’une équipe de créatifs, il mène une vie trépidante ponctuée par le tabac, le sexe, l’alcool, … Ses collègues, parmi lesquels Peggy Olson et Pete Campbell, se révèlent très ambitieux. Il faut aussi composer avec les exigences de Roger Sterling, l’un des patrons. L’agence travaille pour faire la publicité de compagnies aériennes, d’articles de beauté mais aussi sur la campagne présidentielle de Richard Nixon, l’occasion de se frotter à la « Kennedy mania », …

COMMENTAIRE : Due à l’imagination du scénariste Matthew Weiner (qui a déjà montré l’étendue de son talent en écrivant pour « The Sopranos »), « Mad Men » nous plonge au coeur des années 60, les « Golden sixties » comme on les appelait, symbolisées par les costards stylés, les coiffures choucroute, les grosses cylindrées, les grosses moquettes, l’alcool, le tabac, …

Subtile critique de la société de consommation, « Mad Men » (double jeu de mots, à la fois pour signifier « les dingues » mais aussi les hommes de Madison avenue, là où se trouvent les grandes agences de pub à New York) décortique à la loupe - au plus près des émotions - comment on vivait et travaillait dans les milieux publicitaires de 1960. Plusieurs épisodes montrent bien comment créer des publicités pour pousser les gens à consommer des produits dont ils n’ont pas spécialement besoin…

A cet égard, Don Draper, le personnage principal, est en tous points fascinant. Tiraillé entre son ambition, ses obligations professionnelles et sa vie de père de famille, c’est un homme complexe et qui joue sur les apparences (on apprendra, au terme de la saison 1, qu’il cache un lourd secret). L’acteur Jon Hamm, vu dans la série d’action « The Unit », apporte une grande densité et humanité à cet homme a priori peu sympathique et guère plus attachant. Pourtant, ses regards et ses attitudes corporelles, mêlées de doutes et d’intenses silences, sont extrêmement…éloquents. Du grand art, voilà un acteur qui n’en fait pas des tonnes et n’a pas besoin d’artifices pour montrer qu’il sait jouer (a contrario, par exemple, David Caruso et ses lunettes noires dans « Les experts : Miami » qui, désolé, je vais faire hurler les fans, ne mérite pas son succès. Mais bon, c’est vrai quoi, comment prendre au sérieux une série où la morgue ressemble à une boîte de nuit flashy ? Et puis, la plupart des acteurs ont le charisme d’une carpette, sauf peut-être Eric Delko, relativement attachant. Enfin, je m’égare, revenons à notre sujet).

« Mad Men », c’est aussi une superbe critique sociale de l’époque, montrant bien que les femmes d’alors sont peu considérées : le machisme règne en maître, tant dans les foyers que dans les relations professionnelles. Le personnage de Peggy Olson en sait quelque chose. Pourtant, elle prend de plus en plus d’assurance au cours de la saison 2, gagnant progressivement l’estime de ses collègues masculins.La société patriarcale en prend aussi pour son grade au travers de la vie privée de Don Draper, mari adultère, peu présent pour ses enfants, peu aimable et peu aimant envers son épouse pourtant très dévouée. Là aussi, sa femme ne va pas accepter les extravagances répétées de son mari et dès la saison 2, la vie de Don va basculer vers des chemins qu’il ne soupçonnait pas.

Le générique de la série illustre parfaitement les états intérieurs de cet étrange « héros », montrant un homme en costume cravate qui tombe d’un immeuble, croisant dans sa chute les symboles de la société de consommation : les publicités. Si vous avez des problèmes d’alcool et de tabac, passez votre chemin, ce ne sera pas une série qui vous fera arrêter, au contraire : elle baigne dans une atmosphère presque tout le temps enfumée et imbibée d’alcool, insistant sur la manière dont les contrats publicitaires se réglaient à cette époque, autour d’un – pour ne pas dire de nombreux ! – verres de whisky.

Pour toutes ces raisons, « Mad Men » est une des séries les plus passionnantes et intelligentes de ces dernières années, brillamment interprétée et écrite. Le rythme lent de certains épisodes ne doit pas vous dérouter, il faut se laisser happer avec bonheur car la richesse et la densité des personnages, la reconstitution de l’époque, les costumes, … tout cela constitue un must.

Côté coulisses : au départ de sa diffusion aux USA, en juillet 2007, la série ne fut pas fort regardée (moins de 2 millions de téléspectateurs sur la chaîne câblée AMC qui diffuse aussi les excellentes "Breaking Bad" et "The Beast"). Mais elle trouva ensuite peu à peu son public, grâce aux excellentes critiques et aux nombreux prix remportés (dont 4 Golden Globes, sorte de prix de la presse étrangère, 34 autres prix et 63 nominations sans oublier plusieurs  Emmy Awards, les oscars de la télé dont un pour Jon Hamm comme meilleur acteur). Aujourd'hui, la saison 3, encore inédite en Europe (février 2010) est une des plus téléchargées sur internet.

Saison 1 disponible à la vente en dvd à partir du 9 février 2010. Si vous êtes équipés, préférez le blu-ray pour profiter pleinement des splendides couleurs et des décors, afin de rendre hommage au génial travail du directeur de la photographie.

MAD MEN – Saison 3 : un grand cru !

 

Mad Men 3.jpgPhoto : © www.imdb.com

 

Trop lent, trop contemplatif, trop froid, trop daté, … Vous n’aimez pas « Mad men » ? Eh bien, dommage pour vous car c’est vraiment une série de grande qualité. Probablement ce qui s’est fait de mieux à la télé ces dernières années avec « The shield », « Oz », « Six feet under » et « Les Soprano ». C’est d’ailleurs un ancien scénariste de cette dernière série, Matthew Weiner, qui a créé « Mad Men ». La reconstitution du quotidien de créatifs dans une agence de pub new yorkaise  au début des années 60 y est vraiment remarquable (lire aussi la critique des saisons 1 & 2 ci-dessus).

 

Lors de cette 3ème saison, tout s’accélère pour Don Draper (formidable Jon Hamm), le responsable du secteur créatif de l’agence de pub Sterling & Cooper. Celle-ci a été rachetée par une agence britannique qui décide de faire des économies en licenciant du personnel, mondialisation oblige. Cela vous rappelle quelque chose ?  Le mérite de cette série réside justement dans une brillante analyse du passé qui nous permet de mieux comprendre le présent. Malheureusement, l’histoire a souvent la fâcheuse manie de se répéter.

 

Ne sachant plus trop où il en est suite à cette ambiance détestable sur son lieu de travail, Don décide de travailler en parallèle comme indépendant et rencontre Conrad Hilton, le célèbre magnat de la chaîne d’hôtels. Tout se passe à la fin de 1963 et la série met également en avant l’assassinat du Président John « JFK » Kennedy. Quand on parlait des échos dans la réalité…

 

Pour ceux qui reprochent à « Mad Men » d’être trop lente, la critique a visiblement été entendue par les scénaristes et producteurs. En effet, on observe une accélération du rythme, à tel point que les événements vont crescendo jusqu’au final, époustouflant. Don a du mal à continuer sa vie de couple, la trouvant morne et ennuyeuse. Même s’il aime sa femme, il ne peut s’empêcher de jeter son dévolu sur une institutrice et retombe dans l’adultère.

 

Côté boulot, lors d’une fête un peu trop arrosée, un employé se voit sectionner les bouts de pied par un mini-tracteur tondeuse à gazon dont une secrétaire perd le contrôle. Atroce. Un moment qui nous fait comprendre toute la cruauté que peut réserver la vie. Les big boss se comportent comme des enfants gâtés qui considèrent leurs employés comme des choses uniquement destinées à servir leurs fins.

 

Ce qu’il y a de très bien aussi dans « Mad Men », c’est que les femmes n’y sont pas dépeintes comme des potiches idiotes et serviles mais comme des femmes fortes, indépendantes, sûres de leur émancipation et dans les mains desquelles les hommes ne sont finalement que des jouets. Toutes se battent et ne s’en laissent pas compter : que ce soit Betty, la femme de Don ; Peggy Olson, la jeune publicitaire qui, depuis la saison 1, a pris du galon et dirige à présent une équipe d’hommes ou encore Joan Harris, flamboyante rousse, à la fois tendre et cruelle.

 

Au final, Don essaye de recoller les morceaux de son couple qui part à la dérive tout comme son boulot. Que va-t-il devenir ? On pourrait juger le personnage antipathique et complètement coupé de ses émotions mais son passé mystérieux le rend particulièrement intéressant, voire attachant. Une belle prouesse de la part des scénaristes car a priori, le bonhomme n’a rien d’aimable. Que du contraire. Difficile de le juger quand on découvre, lors de brefs flashbacks, les événements particulièrement traumatisants qu’il a vécu enfant. La série s’achève sur un homme au croisement de sa vie dans une très belle scène de clôture. Du grand art.

 

UN TRAILER DE LA SAISON 3 de "MAD MEN" (sur You Tube)

 

MAD MEN - Saison 4 : une belle enveloppe dans une coquille vide

Mad Men 4

Photo : © www.amazon.fr / AMC

USA – 2011 (Saison 4 comprenant 13 épisodes d’environ 46’ chacun)

Après une 3ème saison assez remarquable, la saison 4 de « Mad Men » marque des premiers signes d’essoufflement. Qui est Don Draper ? C’est autour de cette question que se déploie cette nouvelle fournée d’épisodes, plutôt ternes dans l’ensemble.

Suite à un divorce douloureux et des relations tendues avec son ex-femme Betty, Don Draper tente de se reconstruire : il diminue sa consommation d’alcool, fait de la natation et se découvre une conscience en écrivant un mémo contre le lobby du tabac (cela nous rappelle un certain Tom Cruise dans « Jerry Maguire » en 1996 qui, là, se fendait d’une critique acerbe du milieu des agents sportifs). A cet égard, le meilleur épisode est sans doute le 8ème : Eté 65  (The Summer man) où le spectateur se retrouve quasiment dans la tête et les émotions que ressent Don Draper. Là, chapeau.

Autre changement notable chez le Directeur créatif de l’agence Sterling Copper Draper Pryce, Don entame aussi une nouvelle relation amoureuse avec le Dr. Faye, une jolie blonde, à la fois sensible et intelligente. Jusqu’à ce que les événements bifurquent vers autre chose… En parallèle, la protégée de Don, Peggy Olson, gagne en indépendance et en profondeur. Quant au reste des personnages, ils vont et viennent ; ne suscitant qu’indifférence polie. Sauf peut-être Sally, la gamine de Don, qui offre un portrait triste et désenchanté de l’enfance ballotée entre des parents qui se déchirent.

Cette 4ème saison esquisse également les soubresauts financiers et économiques qui peuvent menacer l’existence même d’une agence publicitaire, aussi prestigieuse soit-elle, quand Sterling Cooper Draper Pryce perd coup sur coup plusieurs clients importants dont l’historique Lucky Strike. La réflexion ne va pas bien loin, se contentant de nous montrer des patrons en train de pleurnicher et qui n’y croient plus. Des gamins qui ont vu leur jouet se casser à force d’avoir trop tiré sur la ficelle…

Difficile d’éprouver la moindre sympathie pour Roger Sterling, le patron de l’agence, personnage antipathique et particulièrement lâche qui rappelle certains hommes de pouvoir actuels qui ne prennent pas leurs responsabilités. Mais bon, on ne va pas faire comme si on découvrait le bonhomme qui avait déjà démontré toute l’étendue de sa veulerie et de sa méchanceté dans les saisons précédentes. Au pire, un sale type qui n’a que ce qu’il mérite. Au mieux, un pauvre gars qui mérite à peine notre compassion.

Ce qui dérange dans cette saison, c’est l’impression de profonde vacuité. Les choses se passent – ou pour être plus précis ne se passent pas – et autour de là, les scénaristes brodent une série de cartes postales où les personnages posent (mais ça aussi, on le savait déjà) et restent figés, froids, vides. L’absence d’humour - hormis un peu d’humour noir (la mort de la vieille secrétaire de Don… sur son lieu de travail : symbolique !) - ne plaide pas en faveur de cette saison 4, également marquée par un certain ennui.

La fin de saison se révèle uniformément décevante, certainement dans la tournure que prennent les relations amoureuses de Don Draper. Bof bof bof. Comme toujours, la reconstitution est impeccable (costumes, accessoires, voitures, décors) et les images sont magnifiques (à voir en Blu-Ray). Mais « Mad Men » est devenue maître à sauver les apparences : du beau pour cacher du creux. Une belle coquille vide en somme. Triste évolution. Espérons que la 5ème saison sera d’un meilleur niveau.

MAD MEN – Saison 5 : l’âge de la maturité

Diffusée début 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique). Disponible à la vente en dvd depuis le 21 octobre 2013.

Mad Men season 5

Photo : © Lionsgate - AMC Television - Matthew Weiner - lesaccrosauxseries1.wordpress.com

 

VOIR LE TRAILER DE LA SAISON 5 DE "MAD MEN"

 

 

Après une fin de 4ème saison plutôt décevante, « Mad Men » revient avec plus d’inspiration et nous plonge au cœur de la nouvelle relation qui unit Don Draper (Jon Hamm) et sa nouvelle femme Megan (Jessica Paré). Le fil rouge de cette saison se centre sur les joies mais surtout les déceptions, les aléas et les interrogations au sein de leur couple.

En parallèle, les personnages de Peggy (Elisabeth Moss) et Pete (Vincent Kartheiser) évoluent vers de nouveaux horizons : l’une déçue par sa carrière chez Sterling Cooper et l’autre au centre d’une intrigue de cœur plutôt inhabituelle pour un personnage qu’on trouvait odieux jusqu’alors. Lane Pryce, le british assez coincé, va connaître un revirement de situation assez étonnant. Quant à Roger Sterling, il reste le goujat qu’il était même s’il tend à s’humaniser quelque peu.

Portrait désenchanté de l’Amérique des créatifs publicitaires des années 60, « Mad Men » reste brillamment écrite, interprétée et filmée, arrivant à maintenir l'intérêt autour de ses personnages et des péripéties qu'ils traversent. Un seul regret, les paysages en panneaux des bureaux de l’agence Sterling/Cooper/Draper/Pryce font assez "cheap" malgré qu’ils soient le reflet de cette époque.

Aux dernières nouvelles, « Mad Men » se terminera au terme de sa 7ème saison. On attend de voir si le niveau de la qualité se maintiendra.

SAISON 6 : en route vers la modernité

Mad men season 6

© AMC Television - Lionsgate

VOIR UN TRAILER DE LA SAISON 6 (Sur You Tube)

Lors de cette 6ème et avant-dernière saison, les personnages évoluent vers la modernité, ils traversent les années "Vietnam" et Nixon (dont l'agence de pub a fait la campagne en 1960 face à Kennedy). Nous sommes en 1968. Le monde d'espoir promis par Kennedy semble perdu, nous dit en substance cette 6ème salve d'épisodes, marquée par un ton désabusé. 

A nouveau, on suit les tourments de Don Draper qui va de plus en plus mal. Comme pour renouer avec la 1ère saison, le rythme se veut lent, parfois trop lent. Quitte à donner l'impression de tourner en rond. 

D'intéressants flashbacks nous le montrent jeune ado, évoluant dans un bordel durant les années de la Grande Dépression. On en apprend encore un peu plus sur sa jeunesse tourmentée et sa fuite éperdue de la misère. Malgré son opulence (voitures, costumes, maison, compte en banque bien garni), ses relations avec sa nouvelle femme s'effondrent. Et évidemment, Don renoue avec ses vieux démons : alcool et adultère.

Les autres personnages n'ont pas une évolution plus glorieuse et tous portent leur croix, allant de frustrations en désillusions. Les enfants de Don Draper évoluent eux aussi et grandissent. Malgré son apparent désintérêt pour sa progéniture et sa sévérité à leur égard, Don montre pourtant une tendresse évidente, surtout pour sa fille. C'est sur ce beau et dernier sentiment que se termine cette 6ème fournée honorable, sans doute moins forte dramatiquement que les précédentes mais non dépourvue de moments intéressants.

La saison 7 sera la dernière, divisée en 2 parties et diffusée à quelques mois d'intervalle aux USA.

19:20 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/01/2010

NOWHERE MAN – L’HOMME DE NULLE PART – Ces séries télé qui n’ont pas fait long feu…

USA – 1995-96 (1 saison – 25 épisodes). Série d’aventures de Lawrence Hertzog et Art Monterastelli.

Avec Bruce Greenwood (Thomas Veil), Megan Gallagher (Alyson Veil), Ted Levine (Dave 'Eddie' Powers), Jamie Rose (Claire Hillard), Maria Bello (Emily Noonan).

Existe en dvd (zone 1, USA), diffusé sur Canal + Belgique en 1997/98 et sur RTL-TVI dans les années 2000. Photo : © www.imdb.com/nowhere man

Nowhere man - imdb

VOIR LE GENERIQUE DE "NOWHERE MAN' (en vo sans sous-titres sur You Tube)

SCENARIO : Thomas Veil travaillait comme photographe de presse et tout se passait bien pour lui. Mais un jour sa vie bascule : sa femme ne le reconnaît plus, ses cartes de crédit sont annulées, jusqu’à son identité. Tout cela parce qu’il a fait une photo de militaires, montrant une exécution dans un pays du Tiers-Monde. Un puissant groupe secret veut les négatifs. Thomas doit fuir tout en essayant de faire la vérité sur les événements troublants qui viennent bouleverser sa vie…

COMMENTAIRE : Curieuse série que « Nowhere man ». Baignant dans une atmosphère de paranoïa extrêmement bien rendue, elle n’aura duré qu’une courte année, sans doute trop déconcertante pour un public américain habitué à des produits plus formatés. Basée sur la même trame que « Le Fugitif » (un homme injustement accusé n’a de cesse de prouver son innocence), « L’homme de nulle part » prend pourtant ses distances face à son illustre prédécesseur. Plutôt que de nous refaire le coup du brave gars qui aide son prochain (comme l’avait d’ailleurs repris à l’envi « L’incroyable Hulk »), la série prend un tout autre virage, axé sur la conspiration et où, à chaque épisode, Thomas en découvre un peu plus sur les commanditaires qui veulent sa perte.

Ensuite et surtout, la série illustre à merveille la question du réel : est-ce que les événements qui arrivent à Thomas sont bien tels qu’il s’en souvenait ? Peut-il faire confiance à ceux qui lui proposent de l’aider ou vont-ils le trahir ? Dérangeant et interpellant, « Nowhere man » distille avec un sens consommé du suspense les pièces du puzzle, épisode après épisode. Jusqu’au final, totalement imprévisible, où toutes les clés du mystère, sont dévoilées.

Une série exemplaire à ce niveau, tant la narration, le jeu des acteurs et la mise en scène se révèlent de grande qualité (derrière la caméra, on retrouve Tobe Hooper, réalisateur de « Massacre à la tronçonneuse »). Chapeau à la direction de la photographie qui arrive à merveille à reconstituer les émotions de Thomas en jouant sur les zones d’ombre et de lumière. Pour coller au mieux à la paranoïa ressentie par le personnage principal, Mark Snow (auteur du générique de « X-Files » et « Millennium ») a composé une musique particulièrement mémorable et aux accents stressants.

Dans le rôle principal, Bruce Greenwood est impeccable, il poursuivra sa carrière dans plusieurs films comme « Treize jours » où il campait le Président John Fitzgerald Kennedy durant la crise des missiles de Cuba, aux côtés de Kevin Costner. On a pu le revoir récemment, dans le rôle de Christopher Pike, dans « Star Trek » (dernier film de J.J Abrams, créateur/producteur de « Lost »). Au fil des épisodes, on croise aussi plusieurs visages connus du petit écran comme Dwight Schultz (Looping dans « Agence tous risques »), Dean Stockwell (Al, l’hologramme de Code Quantum »), Bryan Cranston (Walt White de « Breaking Bad ») ou encore la délicieuse Maria Bello (« Urgences », « Assaut sur le commissariat 13 », « History of violence » de David Cronenberg).

Du côté des scénaristes, Lawrence Hertzog, décédé en avril 2008 d’un cancer, avait déjà une belle carrière derrière lui en ayant écrit pour de nombreuses séries comme « Rick Hunter, « Nikita », « Le juge et le pilote », « 24 heures chrono », « Raven » ou plus récemment, « Painkiller Jane ». Espérons que la série sortira un jour en dvd en VO et en français, elle le mérite, c’est un must qui prouve que qualité n'est pas égale à quantité.

Rendons enfin justice à la version française où Emmanuel Jacomy a réalisé un travail remarquable en prêtant sa voix à Bruce Greenwood. C’est aussi lui qui est la voix française de Pierce Brosnan dans les James Bond.