24/01/2010

PRISON BREAK - Chronique d'une mort annoncée - A ne PAS voir…

prison_break_RTL-TVI.beUSA – 2005-2009 (4 saisons – 81 épisodes). Série d’action et de suspense créée par Paul T. Scheuring. Avec Wentworth Miller (Michael Scofield), Dominic Purcell (Lincoln Burrows), Amaury Nolasco (Sucre), Sarah Wayne Callies (Dr. Sara Tancredi), Robert Knepper (T-Bag), Wade Williams (Brad Bellick), William Fichtner (Alexander Mahone), Paul Adelstein (Paul Kellerman), Jodi Lyn O’Keefe (Gretchen Morgan), Rockmond Dunbar (C-Note), Stacy Keach (Henry Pope), Anthony John Denison (Aldo Burrows). Intégrale disponible en dvd + en vente à l’unité. Photo : copyright : www.serieevenement.be (RTL-TVI.be). Saison 4 visible dès janvier 2010 sur RTL-TVI (2 épisodes chaque mercredi soir).

SCENARIO : Lincoln Burrows, frère aîné de Michael Scofield, a été injustement condamné à mort. Afin de le faire libérer, Michael se fait arrêter. Au sein de la prison, il découvre un univers sans pitié où tous les coups sont permis. Commence une course contre la montre pour s’évader et prouver l’innocence de son frère…

COMMENTAIRE : Voilà l’exemple type de la série qui n’a pas su s’arrêter à temps. Lors de sa diffusion sur FOX TV aux USA, « Prison Break » connut un succès suffisant pour que la chaîne fasse pression sur les producteurs et leur demande d’allonger la durée de vie de la série, initialement prévue sur deux années.

Si la 1ère saison était vraiment palpitante, bien menée tant sur le plan du suspense que du récit, cela commençait à sentir le réchauffé lors de la 2ème, plutôt bonne dans son ensemble mais où certains personnages passaient à la trappe de façon plutôt mal amenée. Pas mal d’éléments rappelaient « Le Fugitif » : course-poursuite haletante, T-Bag qui n’a qu’un bras, clin d’œil au manchot que recherche le Dr. Kimble, justice aveugle, policier obsédé par la capture de ceux qu’il pourchasse, … Regrettons cependant les scènes de torture de Paul Kellerman sur le Dr. Tancredi. A croire que la torture est la marque de fabrique des séries FOX quand on regarde « 24 heures chrono », autre fleuron du network.

Dès sa 3ème saison, la qualité n’était plus vraiment au rendez-vous. Complots et espionnage sur fond de prison au Panama faisaient plus penser à un film de série b où toute vraisemblance est abandonnée au profit de l’action et du spectaculaire pour le spectaculaire.

Lors de la 4ème année, il faut reconnaître qu’on assiste à un véritable fiasco ! Rebondissements absurdes, scénario guère inspiré et qui part dans tous les sens, méchants très très méchants, personnages incohérents dans leurs comportements (Bellick et T-Bag sont à cet égard des exemples frappants) et un Michael Scofield plus trop dans le coup (l’acteur Wentworth Miller, visiblement fatigué par son rôle, a pris au moins 10 kilos et souffle comme un phoque dans les scènes un peu physiques. Pathétique).

Si « Prison Break » demeure un agréable divertissement sans prétention, cette série a malheureusement le défaut, sur la fin, de prendre son public pour des crétins. Il n’y a qu’à voir le final de la saison 4 pour s’en convaincre. Si vous avez du temps à perdre... Les amateurs de qualité passeront leur chemin ou s’arrêteront à la fin de la saison 2, histoire de garder un bon souvenir de ce qui aurait pu être une série mémorable. Ou mieux, riront en voyant la parodie de la série dans un épisode, mémorable lui, des « Simpson ».

Tous ces éléments font penser que « Prison Break » aurait pu garder un niveau de qualité si ses créateurs s’étaient arrêtés à temps, sans céder à la loi de l’audimat et de l’argent facile.

Voir ici une interview des acteurs Wentworth Miller et Sarah Wayne Callies, issue du "Morning Show" de FOX 11 (! Version originale, parlé en américain et sans sous-titres) , provenant de "you tube" :

COVER UP (ESPION MODELE) – Ces séries télé qui n’ont pas fait long feu…

JEH - FlickrUSA – 1984/85 (1 saison de 20 épisodes). Avec Jennifer O’Neill (Danielle « Dany » Reynolds), Jon-Erik Hexum (Mac Harper), Richard Anderson (Henry Towler), Anthony Hamilton (Jack Striker), Mykelti Williamson (Rick), Ingrid Anderson (Gretchen), Irena Ferris (Billie), Dana Sparks (Ashley). Diffusée en 1985 et 1987 sur RTL-TVI, ainsi que sur M6. N’existe pas en dvd et pas de rediffusion télé connue depuis les années 80. Photo de Jon-Erik Hexum : © flickr.com

SCENARIO : Quelque part dans le monde, un citoyen américain est en difficultés. La photographe de mode, Danielle Reynolds, reçoit pour mission du gouvernement d’aller libérer ces compatriotes en difficulté, en étant aidée par Mac Harper, ancien vétéran du Vietnam et mannequin pour la façade. Ensemble, ils partent aux quatre coins du monde pour porter secours mais aussi arrêter des criminels ou encore stopper des ennemis des Etats-Unis.

COMMENTAIRE : la série que beaucoup ont qualifié de maudite. Le vendredi 12 octobre 1984, après seulement 6 épisodes et à l’âge de 26 ans, Jon-Erik Hexum (Mac Harper), le rôle principal, se tue sur le plateau de tournage en jouant à la roulette russe avec un revolver chargé à blanc.

La cartouche contenait suffisamment de poudre pour qu’à bout portant, la décharge de feu lui fracasse le crâne. Après 5 heures de chirurgie, les médecins ne purent le sauver et le proclamèrent mort cérébralement (« brain dead ») le 18 octobre 1984, soit à peine six jours après l’accident. A sa mort, sa mère décida de donner ses organes afin de sauver plusieurs vies, l’acteur ayant une carte de donneur d’organes et un brevet de secouriste. Bref, un chic type dans la vie. Accident ? Suicide ? Fatigue due aux rythmes infernaux de tournage ? Le mystère ne sera jamais vraiment levé.

D’origine norvégienne, Jon-Erik Hexum possédait un naturel et un charisme formidables, le genre de magnétisme original, le charme viking sans doute, plus profond que l’image de bellâtre que d’aucuns voyaient uniquement en lui, pratiquant un humour un peu décalé et parfois triste. Un acteur prometteur qui n’avait pas encore une grande carrière derrière lui (une série de science-fiction, « Voyagers ! », inédite en Europe). Ce stupide accident ne lui laissera pas l’occasion de la poursuivre.

Les chroniquers d’Hollywood qualifièrent sa mort de « malédiction à la James Dean » (belle gueule, carrière prometteuse, mort brutale avant 30 ans - Dean en avait 24 - et qui ne connut pas la gloire de son vivant). Peu après le décès de l’acteur, les producteurs le remplacèrent par Anthony Hamilton, cependant loin de réunir les mêmes qualités. Pour la petite histoire, Hamilton joua encore dans la série « Mission impossible 20 ans après » en 1988 et mourut quelques années après du sida. Quand on disait série maudite…

Après seulement 20 épisodes, le show ne survécut pas à la mort de son acteur principal malgré la présence de vedettes confirmées comme Jennifer O’Neill (vue dans le film « Un été 42 ») et Richard Anderson (Oscar Goldman, le patron de Steve Austin, « L’homme qui valait 3 milliards »). Quoiqu’il en soit, c’est bien dommage car c’était une série tout à fait divertissante, bien rythmée et parfois proche de l’esprit de James Bond (casino, beaux costumes, humour décalé et gadgets annonçant « MacGyver », d’ailleurs le nom « Mac Harper » évoque le gentil bricoleur blondinet). Selon ses propres dires, Hexum décrivait son personnage comme "une sorte de mélange entre James Bond, Indiana Jones et Superman avec un humour à la Mister Magoo ».

On regrettera cependant le côté « reaganien » de « Cover Up » (l’Amérique sauve le monde, en particulier ses propres compatriotes). Pour la petite histoire, ses scénarios étaient ceux non retenus pour des séries comme « Magnum » et « Simon & Simon », "Espion modèle", via l'intermédiaire de son producteur Glen A. Larson (aussi co-créateur de "Magnum"), recyclait des scénarios « bof » de ses grands frères télévisuels. Soit. Ne boudons pas notre plaisir, c'est une série d'action bien faite, à la musique entraînante et qui garde un parfum typique des années 80. Période pour laquelle je n'ai pas de nostalgie particulière, cela dit.

Aux commandes de la production, on retrouvait un pro en la personne de Glen A. Larson, créateur et producteur d’innombrables séries à succès comme « Galactica », « K2000 », « L’homme qui tombe à pic », « L’Homme qui valait 3 milliards », ... "Espion modèle" fut malheureusement pour lui une série où il dût, une fois encore, voir disparaître un jeune acteur prometteur : en effet, 13 avant auparavant, en 1971, Pete Duel, la star d'une autre de ses séries, « Alias Smith and Jones », se suicida chez lui, victime d'une grave dépression mêlée à un alcoolisme chronique. Brrr ! Pas drôle tout ça.

AUTRES INFORMATIONS INTERESSANTES :

1) Visitez le site officiel des fans de Jon-Erik Hexum sur : http://pdhexum.tripod.com /

2) Voir aussi le guide des épisodes, très complet et réalisé par Christophe Dordain, rédacteur en chef du site "Le Magazine des Séries" sur http://www.lemagazinedesseries.com/index.php?option=com_c...

3) Voir ici le générique de la série provenant d'un fan sur "you tube"

N.B. : désolé pour la qualité, la série n'a pas été éditée en dvd :

15/01/2010

LIE TO ME ou les menteurs en série

USA - 2008 à 2011 (3 saisons). Série créée par Samuel Baum.

Avec Tim Roth (Dr. Cal Lightman), Kelli Williams (Dr. Gillian Foster), Brendan Hines (Eli Loker), Monica Raymand (Ria Torres), Hayley Mc Farland (Emily Lightman), Mekhi Phifer (Agent Ben Reynolds).

Diffusion sur BE TV de juillet à août 2009, sur RTL-TVI de janvier à février 2010 (Belgique), sur M6, Paris Première et W9 (France). Intégrale disponible en dvd.

VOIR UN TRAILER DE "LIE TO ME"

Lie to me - IMDB © Fox - www.imdb.com

SCENARIO : Le Dr. Cal Lightman possède un don effrayant, celui de détecter les personnes qui mentent. Une expression, un sourire, un geste ; tout est détecté et il est quasiment impossible de lui mentir. Patron de sa propre entreprise, il travaille régulièrement pour la police et pour des particuliers afin de faire toute la lumière sur des affaires de chantage, de meurtre, d’incendies, de catastrophes, … Avec son équipe, les affaires les plus complexes révèlent leur pires secrets.

AVIS : Inspiré de Paul Ekman, véritable et éminent psychologue spécialisé dans l’étude comportementale, par ailleurs consultant sur la série, « Lie to me » nous offre un divertissement agréable et original dans son pitch de départ, à défaut d’être novateur sur le fond. L’attrait de la série, c’est avant tout les trucs et astuces du héros dans sa quête de la vérité. Sorte de détecteur de mensonges sur pattes, le Dr. Lightman n’hésite pas à déstabiliser les potentiels suspects pour en extraire l'"horrible vérité". D’autres séries actuelles comme « The Mentalist » et « Psych » (« Enquêteur malgré lui ») traitent, elles aussi, de la quête de la vérité et de la science du mensonge mais avec plus d’humour et surtout avec des scénarios mieux charpentés.

En effet, les histoires et leur résolution sont plutôt convenus ; on sent aussi que les tournages ont dû s’enchaîner à une cadence infernale, preuve en sont le peu de soin apporté à la lumière (direction de la photographie) et au montage, pas vraiment entraînant. Les acteurs ne sont pas non plus particulièrement sympathiques et leurs personnages guère plus attachants.

Quel est l’intérêt de regarder alors ? « Lie to me » s’améliore au fil des épisodes et réussit au bout de sa première saison à se renouveler de façon assez surprenante, notamment via l’intervention d’un nouveau personnage, l’Agent Ben Reynolds, incarné par Mekhi Phifer (vu en Docteur Pratt dans l’excellente « Urgences »). La relation entre le Dr. Lightman et sa fille constitue aussi l’autre intérêt de la série, montrant qu’il n’est pas facile d’éduquer un enfant quand on possède ce genre de don que d’autres considèrent plutôt comme une malédiction.

Bref, c’est une série qui se laisse regarder, à défaut d’être vraiment captivante. BE TV a diffusé la première saison durant l’été 2009, RTL-TVI a commencé la diffusion à la mi-janvier 2010. Dans les seconds rôles, on retrouve Kelli Williams (avocate dans « The Practice ») et Jennifer Beals (star du film « Flashdance » en 1983).

19:40 Écrit par Manu dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |