01/02/2015

DEXTER - SAISON 8 : le « gentil » tueur en série nous manquera…

Dexter season 8© Showtime Television

N.B. : La note qui suit ne contient pas de spoilers susceptibles de vous gâcher la vision de la dernière saison de « DEXTER » au cas où vous ne l’auriez pas encore vue

Saison 8 et dernière (12 épisodes) disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 11/06/2014.

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 8 DE « DEXTER » SUR « YOU TUBE »

Le final de la 8ème et dernière saison de « Dexter » avait déçu les fans aux USA.  Voici déjà 16 mois que la série s’est terminée outre-Atlantique (septembre 2013). La fin de la 7ème saison nous laissait en plein cliffhanger insoutenable et on avait hâte de connaître la suite. Malheureusement, les éditeurs de dvd auront mis près d’un an à sortir cette ultime salve d’épisodes.

Contrairement à « Breaking Bad », « Dexter » a connu des saisons inégales (3, 5, 6 et un peu la 7) et a perdu, au fil du temps, son noyau dur d’admirateurs. La faute à des scénaristes pas toujours inspirés, qui ont parfois cédé à la facilité tout en étant capable du meilleur : la saison 4 avec le « Trinity Killer » (glaçant John Lithgow) reste la meilleure à ce jour.

C’est dire si l’on abordait cette ultime saison avec une certaine méfiance. Après avoir soigneusement évité les spoilers, on remarque d’emblée que les scénaristes reprennent les choses en main. La première bonne idée a été d’introduire le personnage d’une psychiatre spécialiste en serial killers, campé par une Charlotte Rampling totalement crédible dans le rôle. De fait, on pensait que la saison allait tourner à l’affrontement entre celle-ci et Dexter, ce dernier essayant de cacher sa sombre nature. Eh bien, pas du tout.

L’autre bonne idée fut d’introduire un nouveau méchant, particulièrement sournois et malin. Et qui partage un lien avec un des personnages principaux mais nous n’en dirons pas plus. Disons que les scénaristes ont amené cela sans laisser deviner trop vite de qui il s’agissait.

Enfin et c’est vraiment une bonne nouvelle, le personnage de Debra Morgan, la sœur de Dexter, gagne en profondeur psychologique. Elle essaye de se rapprocher de son frère depuis qu’elle connaît son secret, ce qui est tout sauf facile. Le scénario la fait évoluer intelligemment, laissant derrière elle ses oripeaux de gamine par moments hystérique pour la révéler enfin en femme douce et sensible.

Par contre, on se demande bien pourquoi les scénaristes ont largué le personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombait éperdument amoureux dans la saison 7. Manipulatrice et machiavélique, cette jolie blonde refait surface d’une manière assez maladroite. Pire, elle lui pardonne tout et se transforme en parfaite petite femme au foyer, s’occupant de son gamin Harrison. On se surprend même à se dire : ils vont pas nous faire « Desperate Housewives » chez les serial killers quand même ? Ce lissage du personnage est d’autant plus incompréhensible que rien ne le laissait présupposer. En somme, c’est « Ah c’est beau l’amour, ils sont complémentaires et c’est bon quoi. » Mouais…

Evidemment, la belle se retrouve avec un détective privé aux trousses, bien décidé à la capturer et à empocher la prime (Sean Patrick Flanery qui fut le jeune Indiana Jones voici déjà 20 ans). Faut bien un peu pimenter l’intrigue. Dommage aussi que les personnages secondaires comme Angel Batista, Masuka et bien sûr le fantôme Harry Morgan soient relégués au rang d’apparitions et de simples faire-valoir. Mais cela faisait déjà un moment que les scénaristes n’avaient plus grand-chose à leur faire vivre. Un peu plus développé, le personnage de Joey Quinn, amoureux de Debra Morgan, connaît une nette amélioration et devient finalement plus attachant.

Mais comme dans la vie, rien ne se passe comme prévu et notre tueur en série verra les événements échapper à son contrôle. A cet égard, cette dernière saison se révèle bien rythmée tant les épisodes deviennent vite addictifs. On se surprend à s’enfiler les 12 épisodes assez rapidement. Jusqu’au final, angoissant, qui révèle de beaux moments poétiques avec ces images de lui filant au large à la barre de son bateau « Slice of Life » (tranche de vie). La fin aurait pu laisser supposer qu’il allait partir vers une petite vie rangée. On vous laisse la surprise.

Sans débattre sur le bien-fondé de cette fin, pour ma part, je l’ai trouvée crédible et totalement en phase avec l’essence même de ce qu’est Dexter. N’en déplaise aux fans de  « La Petite Maison dans la Prairie » et autres séries familiales. Ceux qui ont rejeté la fin se sont trompés de genre. Ce n’est pas parce que Dexter a une sœur et un père qu’on est dans une série familiale, les amis. Grincheux, passez votre chemin.

Bref, cette ultime saison reste un bon cru à défaut d’être excellente. Si « Dexter » n’a pas été une série totalement maîtrisée, elle a su encore nous surprendre et nous réserver de belles surprises. Tout en évitant le piège du prévisible. Ah, il nous manquera ce tueur en série « gentil » car il avait quelque chose de profondément humain malgré son « dark passenger ». Dex cherchait à s’ouvrir aux émotions qu’il ressentait et y parvenait parfois. En cela, l’interprétation de Michael C. Hall était bouleversante.

21:34 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/01/2015

BURN NOTICE : un final décevant...

BURN NOTICE 7 : Michael Westen sort par la petite porte

BURN NOTICE 7

Photo : ©  USA Network 20th Century Fox

Action (13 épisodes de 40’) disponible en dvd depuis novembre 2014

C’était avec une certaine fébrilité qu’on attendait cette ultime saison en se disant : « Chouette, on va enfin savoir pourquoi Michael a été grillé par la CIA voici déjà 6 ans ». Et cela démarre plutôt bien : pour échapper à la prison à vie, l’espion reprend du service pour le compte de la CIA et doit rendre des comptes à Strong, un crétin congénital (Jack Coleman, le papa à lunettes de la cheerleeder dans « Heroes »).

Voilà donc Michael lancé dans une dangereuse mission d’infiltration au sein du groupe de soldats du mystérieux James que Strong veut coffrer coûte que coûte. Ex-espion lui aussi, le barbu teste Michael jusque dans ses derniers retranchements et finit par en faire son homme de confiance. Jusque là, c’est plutôt bien amené et le show reste sympa à regarder.

Par contre, on sent que l’humour a disparu au profit d’une intrigue très « black & white » (bon contre méchant). Finis les sous-titres à l’image pour définir les méchants et le côté décalé. Tout prend un air très, trop sérieux. Surtout Michael. Plus « burn-outé » que « burn noticé », le personnage se retrouve complètement coupé de ses émotions. Normal après tout ce qu’il a vécu. Mais l’espion a perdu son humanité et n’a plus ce côté attachant. On se retrouve face à un robot froid et quasi antipathique.

Là où ça commence à coincer, c’est quand on suit ses relations avec James : non seulement, on ne sait pas grand-chose de ce méchant, ni de ses intentions et encore moins du pourquoi il doit être arrêté. A la place, les coups de feu et explosions masquent, tel un écran de fumée, un scénario qui a atteint ses limites.

De fait, les 3 derniers épisodes (pour une saison écourtée de 13 au lieu des 18 habituels) font dans le grand n’importe quoi et pire ( ! SPOILER) ne révèlent pas le pourquoi du « burn notice » dont a été victime l’espion. Comme si Matt Nix, son créateur, n’avait pas su comment conclure. A la place, il bâcle son récit et l’ultime épisode, dans son final, est totalement grotesque. Cela dit, il laisse croire à un possible retour de Michael Westen et ses compères.

Alors, c’est vrai que « Burn notice » n’a jamais été une grande série, tout au plus un honnête divertissement avec quelques personnages attachants. Dans ses bons côtés, elle rappelait « MacGyver » et ses astuces pour se sortir de toutes les situations. Dans ses pires, elle soûlait avec son obsession de la gâchette (trigger happy comme Fiona) et ses mitraillades insensées rappelant la stupide « Agence tous risques ».

Mais là, franchement, quelle déception ! La série n’avait plus rien à dire sur son personnage et la fin le faisait clairement sentir. Michael Westen méritait mieux. Dommage.

Lire aussi un avis sur « BURN NOTICE » en général

18:24 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/01/2015

« HOUDINI » : abracadaplouf !


Houdini - Copyright History Channel Canada - 584525.jpg© Houdini – History Channel Canada

Mini-série biographique (Canada, 2014) de 2 x 85’ réalisée par Uli Edel.

Avec Adrien Brody (Harry Houdini), Kristen Connolly (Bess Houdini), Evan Jones (Jim Collins), …

Disponible en dvd et Blu-Ray (zone 1 aux USA), pas de date de sortie annoncée en Europe.

Diffusé à la fin décembre 2014 en France sur OCS Max et sur BE TV (Belgique).

VOIR UN TRAILER DE LA MINI-SERIE « HOUDINI »

Harry Houdini a fasciné des millions de personnes par son habileté à se libérer et à s’échapper de toutes sortes d’entraves. De façon souvent spectaculaire, toujours surprenante. L’homme avait le sens du spectacle et surtout du marketing : il savait se vendre et quand sa carrière prenait un peu de plomb dans l’aile, il trouvait le moyen de se remettre au devant de la scène.

Un tel personnage ne pouvait qu’attirer Hollywood qui lui proposa, dès 1923, de réaliser et de jouer dans des films. Après sa mort en 1926, le cinéma et la télévision américaine continuèrent d’exploiter le mythe avec Tony Curtis (« Houdini » en 1953), un téléfilm avec Paul « Starsky » Michael Glaser en 1976 (« The Great Houdini »), un autre encore avec Jonathon Schaech en 1998 et un film en 2007 (« Au-delà de l’illusion ») avec Guy Pearce et Catherine Zeta-Jones. Globalement, toutes ces productions étaient de bonne facture ; pas franchement mémorables mais divertissantes.

Fort de ses derniers succès en séries (Vikings) et mini-séries (le western « Hatfields & McCoys » avec Kevin Costner), la chaîne canadienne History Channel a voulu ajouter sa pierre à l’édifice. Bonne idée, d’autant plus que la participation de l’excellent Adrien Brody (Le Pianiste) a rapidement été confirmée pour un tournage qui s’est, en grande partie, déroulé à Budapest (mention spéciale aux techniciens hongrois qui ont réalisé un travail remarquable).

Dès les premières images, force est de constater que tout semble y être : des acteurs habités par leur rôle, des décors somptueux, des costumes magnifiques et une mise en scène dynamique confiée à l’Allemand Uli Edel (qui avait fait scandale en 1982 avec le film « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » ; ensuite il a réalisé des épisodes des séries « Twin Peaks », « Homicide » et « Oz »).

Semble car c’est au niveau du scénario que ça coince. S’inspirant du livre « Houdini : A Mind in Chains : a Psychoanalytic Portrait », les scénaristes Nicholas Meyer et Bernard C. Meyer ont visiblement perdu en route ce qui faisait l’essence du personnage. Au lieu d’offrir au spectateur un portrait nuancé, ils essayent d’éviter la structure classique de la biographie en proposant des ellipses. Une fois, on se trouve en 1894 puis en 1923 et ainsi de suite. Au bout du compte, on est face à un puzzle confus et on n’a plus vraiment une vision claire de qui est Houdini et où il va. Est-ce pour montrer les doutes qui habitent l’illusionniste ? Si oui, pourquoi paumer le spectateur en route ?

Pire, on attend que les personnages s’étoffent, deviennent attachants, évoluent. Malheureusement, cela n’arrive jamais. Tout reste à la surface. Certes, Adrien Brody nous raconte, avec force détails, son parcours (l’usage de la voix-off nous soûle à la longue…) et ce qu’il ressent. Mais le jeu nuancé de l’acteur est déforcé par la réalisation d’Edel qui enfile les scènes tape-à-l’œil, occupé à masquer les lacunes du scénario. Le réalisateur enfile les scènes, dans un montage rapide et efficace, copiant à la limite l’hystérique Michael Bay (Transformers) et nous proposant même de la musique à tendance house couplée à des violons !

A plusieurs reprises, on voit Houdini hurler quand il rêve de son père qui lui tire dessus. Une fois ça va, cinq fois, on commence à se dire qu’on nous prend pour des cons, du genre « vous avez compris, le complexe du roi des mystères par rapport à son papa qui n’était pas gentil avec lui ». Oui, merci, on avait capté.

Si la première partie se révèle assez intéressante, la seconde est en contrepartie ratée, se focalisant sur l’aspect obsessionnel d’Houdini pour le spiritisme. La déchéance de l’illusionniste est assez vite occultée pour proposer une fin sinistre et déprimante. On assiste à un long vidéoclip, une magnifique mise en images mais fort creuse.

A l’image du roi des mystères qui plonge dans l’eau glacée ; la mini-série « Houdini » fait plouf et coule à pic. Au contraire de son affiche qui présente le roi des illusions plongé la tête à l’envers dans de l’eau, ici, il n’y a rien de renversant. Une déception à l’arrivée même si on retient Adrien Brody, extraordinaire comme souvent.

A Johnny Depp d’éventuellement faire mieux puisque l’acteur de « Pirate des Caraïbes » serait occupé sur un projet de film en développé actuellement inititulé « La vie secrète d’Houdini ». Si le film voit le jour, espérons que cela ne se transforme pas en pantalonnade façon Jack Sparrow.

18:07 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |