08/02/2015

BLACK SAILS – Saison 1 : du bon pirate d’aventures !

Black Sails

© Starz Originals - 20th Century Fox

Série d’aventures et de pirates (USA, 2014) créée par Jon Steinberg et Robert Levine. 
Saison 1 (8 épisodes de 55’ chacun). Diffusé en France sur OCS Max.

Sortie en dvd et Blu-Ray le 6 décembre 2014.

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 1 DE « BLACK SAILS »

Après l’échec monumental de « L’île aux pirates » (Cutthroat island) en 1995 (137 millions de $ de coûts pour… 10 millions de $ de recettes), le genre « film de pirates » disparut dans les eaux profondes… jusqu’à ce que le prolifique Jerry Bruckheimer osa « Pirates des Caraïbes », d’après une attraction des studios Disney.

La suite, on la connaît : une franchise lucrative et des suites inégales, voire dispensables mais qui firent de Johnny Depp l’acteur le mieux payé de tous les temps lorsqu’il se vit offrir une somme astronomique pour le 5ème épisode (certains parlent de 75 millions de dollars !).

En 2013, alléché comme les pirates par la perspective de devenir riche (voire encore plus riche dans son cas) ; le réalisateur Michael Bay lança la production d’une série télévisée centrée sur les aventures du Capitaine Flint et son équipage.

Savoir que le metteur en scène tâcheron des « Transformers » était derrière « Black Sails » avait de quoi inquiéter. On avait toutes les raisons de craindre un montage hystérique avec des images qui durent une seconde, un scénario inexistant et une obsession pour la destruction totale. C’est dire si on abordait avec une certaine méfiance cette nouvelle série de pirates créée par Jon Steinberg et Robert Levine.

Fort heureusement, dès les premiers épisodes, on accroche assez vite à ces « voiles noires » (traduction littérale). Non seulement, Bay lui apporte une authenticité (costumes, navires, armes, …) mais également un savoir-faire cinématographique puisque les épisodes peuvent se regarder comme un mini-film. Si vous êtes équipés, préférez la vision en Blu-Ray qui fait ressortir toute la beauté des paysages d’Afrique du Sud où se tourne la série.

Par contre, on pourra reprocher à l’intrigue d’évoluer parfois lentement, surtout au début, au risque d’en rebuter certains. « Black Sails » trouve sa vitesse de croisière, si l’on ose dire, dans la richesse de ses personnages : chaque protagoniste révèle une densité plutôt inhabituelle pour une série qui aurait pu verser dans le caricatural à la Jack Sparrow.

Nous suivons les aventures du Capitaine Flint et ses pirates qui règnent en maître sur New Providence, une colonie abandonnée. Les événements se passent une vingtaine d’années avant ceux relatés dans le roman « L’île aux trésors » de Robert Louis Stevenson. Quand la flotte anglaise cherche à reconquérir cette colonie, une lutte féroce s’engage. Flint élabore un plan pour repousser les attaques britanniques tout en se lançant dans une périlleuse chasse au trésor.

Lors d’un abordage, il capture un certain John Silver qui sera ensuite cuistot dans son équipage. Dans le même temps, le Capitaine doit contrecarrer son rival, le sournois et brutal Charles Vane. Flint côtoie donc plusieurs personnages légendaires de la piraterie qui ont réellement existé comme Silver et Vane mais encore Anne Bonny et Jack Rackham. Ces références à des figures historiques, célèbres pour leurs méfaits, parsèment la série et sont amenées de façon assez ludique, dans un humour volontiers taquin, incarné par l’amusant John Silver.

On retiendra encore une peinture intéressante des femmes, y compris pirates. Particulièrement fortes et impitoyables, elles n’hésitent pas utiliser leurs charmes pour prendre ce qui leur est dû. Là aussi, « Black Sails » assume sa filiation et rend hommage au genre en évoquant, en clin d’œil, « La Flibustière des Antilles » (1951) de Jacques Tourneur qui présentait une femme pirate en vedette. Une révolution pour l’époque ! Dans ce film, Jean Peters incarnait le Capitaine Anne Providence. Dans la série, les pirates résident à New Providence. La boucle est bouclée.

Au-delà de la figure sanguinaire, chaque pirate possède son côté pile et face, jamais entièrement mauvais ou bon. L’ambiguïté règne en maître et habite chacun(e), plus motivé(e par le profit et ce qu’un tel ou untel pourra lui apporter. Une sorte de jeu d’échecs géant où les apparences servent à mieux vaincre l’ennemi. Manipulations, intrigues, trahisons et coups bas figurent évidemment au menu de chaque épisode dans une tonalité très réaliste du style « pas de quartier ! »

D’aucuns lui reprocheront sa lenteur dans la mise en place des intrigues, « Black Sails » montre son savoir-faire quand elle passe à l’action avec ses flibustes, canonnages et autres explosions. Accrochez-vous car vous en recevrez plein la figure tant la cruauté des combats assure son quota de mutilations et d’hémoglobine (aux USA, la série passe sur la chaîne Starz qui diffusa en son temps la nauséabonde « Spartacus ». Ici, pas complaisance dans la violence, aussi crue soit-elle).

Dans le rôle principal du Capitaine Flint, l’acteur Toby Stephens fait souvent penser à Bryan Cranston (Breaking Bad) en plus jeune, avec une voix rugueuse et virile. Zach McGowan, vu en bellâtre idiot dans la comédie « Shameless » (version US), impressionne aussi par son charisme et sa brutalité.

Au final, une série sans pirates à l’eau de rose, ni romantique, ni tragique ; plutôt placée sous le signe de l’aventure et de la manipulation. Certes, elle semble encore un peu chercher son identité mais elle ressemble plus à ce qu’on aurait voulu voir au cinéma, au lieu de pantalonnades, lourdingues à la longue.  

Actuellement en cours de diffusion aux Etats-Unis, une saison 2 de 10 épisodes est en boîte. La série a déjà été renouvelée pour une 3ème saison de 10 épisodes, visible en 2016.

Moussaillons, prenez le large pour débarquer dans l’univers cruel et violent des vrais Pirates des Caraïbes et vivez de sanglantes flibustes !

20:40 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/02/2015

DEXTER - SAISON 8 : le « gentil » tueur en série nous manquera…

Dexter season 8© Showtime Television

N.B. : La note qui suit ne contient pas de spoilers susceptibles de vous gâcher la vision de la dernière saison de « DEXTER » au cas où vous ne l’auriez pas encore vue

Saison 8 et dernière (12 épisodes) disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 11/06/2014.

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE LA SAISON 8 DE « DEXTER » SUR « YOU TUBE »

Le final de la 8ème et dernière saison de « Dexter » avait déçu les fans aux USA.  Voici déjà 16 mois que la série s’est terminée outre-Atlantique (septembre 2013). La fin de la 7ème saison nous laissait en plein cliffhanger insoutenable et on avait hâte de connaître la suite. Malheureusement, les éditeurs de dvd auront mis près d’un an à sortir cette ultime salve d’épisodes.

Contrairement à « Breaking Bad », « Dexter » a connu des saisons inégales (3, 5, 6 et un peu la 7) et a perdu, au fil du temps, son noyau dur d’admirateurs. La faute à des scénaristes pas toujours inspirés, qui ont parfois cédé à la facilité tout en étant capable du meilleur : la saison 4 avec le « Trinity Killer » (glaçant John Lithgow) reste la meilleure à ce jour.

C’est dire si l’on abordait cette ultime saison avec une certaine méfiance. Après avoir soigneusement évité les spoilers, on remarque d’emblée que les scénaristes reprennent les choses en main. La première bonne idée a été d’introduire le personnage d’une psychiatre spécialiste en serial killers, campé par une Charlotte Rampling totalement crédible dans le rôle. De fait, on pensait que la saison allait tourner à l’affrontement entre celle-ci et Dexter, ce dernier essayant de cacher sa sombre nature. Eh bien, pas du tout.

L’autre bonne idée fut d’introduire un nouveau méchant, particulièrement sournois et malin. Et qui partage un lien avec un des personnages principaux mais nous n’en dirons pas plus. Disons que les scénaristes ont amené cela sans laisser deviner trop vite de qui il s’agissait.

Enfin et c’est vraiment une bonne nouvelle, le personnage de Debra Morgan, la sœur de Dexter, gagne en profondeur psychologique. Elle essaye de se rapprocher de son frère depuis qu’elle connaît son secret, ce qui est tout sauf facile. Le scénario la fait évoluer intelligemment, laissant derrière elle ses oripeaux de gamine par moments hystérique pour la révéler enfin en femme douce et sensible.

Par contre, on se demande bien pourquoi les scénaristes ont largué le personnage d’Hannah McKay dont Dexter tombait éperdument amoureux dans la saison 7. Manipulatrice et machiavélique, cette jolie blonde refait surface d’une manière assez maladroite. Pire, elle lui pardonne tout et se transforme en parfaite petite femme au foyer, s’occupant de son gamin Harrison. On se surprend même à se dire : ils vont pas nous faire « Desperate Housewives » chez les serial killers quand même ? Ce lissage du personnage est d’autant plus incompréhensible que rien ne le laissait présupposer. En somme, c’est « Ah c’est beau l’amour, ils sont complémentaires et c’est bon quoi. » Mouais…

Evidemment, la belle se retrouve avec un détective privé aux trousses, bien décidé à la capturer et à empocher la prime (Sean Patrick Flanery qui fut le jeune Indiana Jones voici déjà 20 ans). Faut bien un peu pimenter l’intrigue. Dommage aussi que les personnages secondaires comme Angel Batista, Masuka et bien sûr le fantôme Harry Morgan soient relégués au rang d’apparitions et de simples faire-valoir. Mais cela faisait déjà un moment que les scénaristes n’avaient plus grand-chose à leur faire vivre. Un peu plus développé, le personnage de Joey Quinn, amoureux de Debra Morgan, connaît une nette amélioration et devient finalement plus attachant.

Mais comme dans la vie, rien ne se passe comme prévu et notre tueur en série verra les événements échapper à son contrôle. A cet égard, cette dernière saison se révèle bien rythmée tant les épisodes deviennent vite addictifs. On se surprend à s’enfiler les 12 épisodes assez rapidement. Jusqu’au final, angoissant, qui révèle de beaux moments poétiques avec ces images de lui filant au large à la barre de son bateau « Slice of Life » (tranche de vie). La fin aurait pu laisser supposer qu’il allait partir vers une petite vie rangée. On vous laisse la surprise.

Sans débattre sur le bien-fondé de cette fin, pour ma part, je l’ai trouvée crédible et totalement en phase avec l’essence même de ce qu’est Dexter. N’en déplaise aux fans de  « La Petite Maison dans la Prairie » et autres séries familiales. Ceux qui ont rejeté la fin se sont trompés de genre. Ce n’est pas parce que Dexter a une sœur et un père qu’on est dans une série familiale, les amis. Grincheux, passez votre chemin.

Bref, cette ultime saison reste un bon cru à défaut d’être excellente. Si « Dexter » n’a pas été une série totalement maîtrisée, elle a su encore nous surprendre et nous réserver de belles surprises. Tout en évitant le piège du prévisible. Ah, il nous manquera ce tueur en série « gentil » car il avait quelque chose de profondément humain malgré son « dark passenger ». Dex cherchait à s’ouvrir aux émotions qu’il ressentait et y parvenait parfois. En cela, l’interprétation de Michael C. Hall était bouleversante.

21:34 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/01/2015

BURN NOTICE : un final décevant...

BURN NOTICE 7 : Michael Westen sort par la petite porte

BURN NOTICE 7

Photo : ©  USA Network 20th Century Fox

Action (13 épisodes de 40’) disponible en dvd depuis novembre 2014

C’était avec une certaine fébrilité qu’on attendait cette ultime saison en se disant : « Chouette, on va enfin savoir pourquoi Michael a été grillé par la CIA voici déjà 6 ans ». Et cela démarre plutôt bien : pour échapper à la prison à vie, l’espion reprend du service pour le compte de la CIA et doit rendre des comptes à Strong, un crétin congénital (Jack Coleman, le papa à lunettes de la cheerleeder dans « Heroes »).

Voilà donc Michael lancé dans une dangereuse mission d’infiltration au sein du groupe de soldats du mystérieux James que Strong veut coffrer coûte que coûte. Ex-espion lui aussi, le barbu teste Michael jusque dans ses derniers retranchements et finit par en faire son homme de confiance. Jusque là, c’est plutôt bien amené et le show reste sympa à regarder.

Par contre, on sent que l’humour a disparu au profit d’une intrigue très « black & white » (bon contre méchant). Finis les sous-titres à l’image pour définir les méchants et le côté décalé. Tout prend un air très, trop sérieux. Surtout Michael. Plus « burn-outé » que « burn noticé », le personnage se retrouve complètement coupé de ses émotions. Normal après tout ce qu’il a vécu. Mais l’espion a perdu son humanité et n’a plus ce côté attachant. On se retrouve face à un robot froid et quasi antipathique.

Là où ça commence à coincer, c’est quand on suit ses relations avec James : non seulement, on ne sait pas grand-chose de ce méchant, ni de ses intentions et encore moins du pourquoi il doit être arrêté. A la place, les coups de feu et explosions masquent, tel un écran de fumée, un scénario qui a atteint ses limites.

De fait, les 3 derniers épisodes (pour une saison écourtée de 13 au lieu des 18 habituels) font dans le grand n’importe quoi et pire ( ! SPOILER) ne révèlent pas le pourquoi du « burn notice » dont a été victime l’espion. Comme si Matt Nix, son créateur, n’avait pas su comment conclure. A la place, il bâcle son récit et l’ultime épisode, dans son final, est totalement grotesque. Cela dit, il laisse croire à un possible retour de Michael Westen et ses compères.

Alors, c’est vrai que « Burn notice » n’a jamais été une grande série, tout au plus un honnête divertissement avec quelques personnages attachants. Dans ses bons côtés, elle rappelait « MacGyver » et ses astuces pour se sortir de toutes les situations. Dans ses pires, elle soûlait avec son obsession de la gâchette (trigger happy comme Fiona) et ses mitraillades insensées rappelant la stupide « Agence tous risques ».

Mais là, franchement, quelle déception ! La série n’avait plus rien à dire sur son personnage et la fin le faisait clairement sentir. Michael Westen méritait mieux. Dommage.

Lire aussi un avis sur « BURN NOTICE » en général

18:24 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |