11/01/2015

« HOUDINI » : abracadaplouf !


Houdini - Copyright History Channel Canada - 584525.jpg© Houdini – History Channel Canada

Mini-série biographique (Canada, 2014) de 2 x 85’ réalisée par Uli Edel.

Avec Adrien Brody (Harry Houdini), Kristen Connolly (Bess Houdini), Evan Jones (Jim Collins), …

Disponible en dvd et Blu-Ray (zone 1 aux USA), pas de date de sortie annoncée en Europe.

Diffusé à la fin décembre 2014 en France sur OCS Max et sur BE TV (Belgique).

VOIR UN TRAILER DE LA MINI-SERIE « HOUDINI »

Harry Houdini a fasciné des millions de personnes par son habileté à se libérer et à s’échapper de toutes sortes d’entraves. De façon souvent spectaculaire, toujours surprenante. L’homme avait le sens du spectacle et surtout du marketing : il savait se vendre et quand sa carrière prenait un peu de plomb dans l’aile, il trouvait le moyen de se remettre au devant de la scène.

Un tel personnage ne pouvait qu’attirer Hollywood qui lui proposa, dès 1923, de réaliser et de jouer dans des films. Après sa mort en 1926, le cinéma et la télévision américaine continuèrent d’exploiter le mythe avec Tony Curtis (« Houdini » en 1953), un téléfilm avec Paul « Starsky » Michael Glaser en 1976 (« The Great Houdini »), un autre encore avec Jonathon Schaech en 1998 et un film en 2007 (« Au-delà de l’illusion ») avec Guy Pearce et Catherine Zeta-Jones. Globalement, toutes ces productions étaient de bonne facture ; pas franchement mémorables mais divertissantes.

Fort de ses derniers succès en séries (Vikings) et mini-séries (le western « Hatfields & McCoys » avec Kevin Costner), la chaîne canadienne History Channel a voulu ajouter sa pierre à l’édifice. Bonne idée, d’autant plus que la participation de l’excellent Adrien Brody (Le Pianiste) a rapidement été confirmée pour un tournage qui s’est, en grande partie, déroulé à Budapest (mention spéciale aux techniciens hongrois qui ont réalisé un travail remarquable).

Dès les premières images, force est de constater que tout semble y être : des acteurs habités par leur rôle, des décors somptueux, des costumes magnifiques et une mise en scène dynamique confiée à l’Allemand Uli Edel (qui avait fait scandale en 1982 avec le film « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » ; ensuite il a réalisé des épisodes des séries « Twin Peaks », « Homicide » et « Oz »).

Semble car c’est au niveau du scénario que ça coince. S’inspirant du livre « Houdini : A Mind in Chains : a Psychoanalytic Portrait », les scénaristes Nicholas Meyer et Bernard C. Meyer ont visiblement perdu en route ce qui faisait l’essence du personnage. Au lieu d’offrir au spectateur un portrait nuancé, ils essayent d’éviter la structure classique de la biographie en proposant des ellipses. Une fois, on se trouve en 1894 puis en 1923 et ainsi de suite. Au bout du compte, on est face à un puzzle confus et on n’a plus vraiment une vision claire de qui est Houdini et où il va. Est-ce pour montrer les doutes qui habitent l’illusionniste ? Si oui, pourquoi paumer le spectateur en route ?

Pire, on attend que les personnages s’étoffent, deviennent attachants, évoluent. Malheureusement, cela n’arrive jamais. Tout reste à la surface. Certes, Adrien Brody nous raconte, avec force détails, son parcours (l’usage de la voix-off nous soûle à la longue…) et ce qu’il ressent. Mais le jeu nuancé de l’acteur est déforcé par la réalisation d’Edel qui enfile les scènes tape-à-l’œil, occupé à masquer les lacunes du scénario. Le réalisateur enfile les scènes, dans un montage rapide et efficace, copiant à la limite l’hystérique Michael Bay (Transformers) et nous proposant même de la musique à tendance house couplée à des violons !

A plusieurs reprises, on voit Houdini hurler quand il rêve de son père qui lui tire dessus. Une fois ça va, cinq fois, on commence à se dire qu’on nous prend pour des cons, du genre « vous avez compris, le complexe du roi des mystères par rapport à son papa qui n’était pas gentil avec lui ». Oui, merci, on avait capté.

Si la première partie se révèle assez intéressante, la seconde est en contrepartie ratée, se focalisant sur l’aspect obsessionnel d’Houdini pour le spiritisme. La déchéance de l’illusionniste est assez vite occultée pour proposer une fin sinistre et déprimante. On assiste à un long vidéoclip, une magnifique mise en images mais fort creuse.

A l’image du roi des mystères qui plonge dans l’eau glacée ; la mini-série « Houdini » fait plouf et coule à pic. Au contraire de son affiche qui présente le roi des illusions plongé la tête à l’envers dans de l’eau, ici, il n’y a rien de renversant. Une déception à l’arrivée même si on retient Adrien Brody, extraordinaire comme souvent.

A Johnny Depp d’éventuellement faire mieux puisque l’acteur de « Pirate des Caraïbes » serait occupé sur un projet de film en développé actuellement inititulé « La vie secrète d’Houdini ». Si le film voit le jour, espérons que cela ne se transforme pas en pantalonnade façon Jack Sparrow.

18:07 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/01/2015

SAISONS 2 : du meilleur au dispensable

Fin 2014, plusieurs secondes saisons de séries ont été diffusées sur nos chaînes. A la clé, de bonnes surprises et de franches déceptions. Tour d’horizon de ces saisons 2, allant du drame à l’action, du fantastique à l’horreur. Pas de fil conducteur entre ces séries, juste un avis au passage - que vous partagerez ou non Sourire

CHICAGO FIRE 2 (drame - 22 épisodes) : subtilement attachant Cool

Chicago Fire

Photo : © www.nbc.com - www.rentcafe.com

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis novembre 2014

Après une honorable 1ère saison qui rappelait par moments les débuts d’ « Urgences », cette seconde salve fait encore mieux en développant les personnages et leur vie privée. Evidemment, il y a les inévitables séquences de sauvetage, par ailleurs très réalistes, mais elles n’occupent pas l’avant-plan pour masquer un manque d’épaisseur des personnages.

Au contraire, chaque protagoniste, du plus important au plus secondaire, a droit à son histoire. Les scénaristes réussissent le tour de force de faire mieux que la saison 1 tout en greffant intelligemment des menaces que chacun connaît dans la vie quotidienne (fermeture d’entreprise pour raisons économiques, échec de relations amoureuses, morts injustes, …). Plusieurs crossovers avec la série dérivée « Chicago Police » parsèment la saison mais sans occulter ce qui se passe dans « Chicago Fire ».

Les scénaristes aiment leurs personnages et parviennent à les rendre réellement attachants, le Chef Boden en tête (magnifique Eamonn Walker, déjà vu dans la série carcérale « Oz »). Attention au dernier épisode qui comporte un cliffhanger frustrant. Qu’importe, on sera aux premières loges pour la 3ème saison (lire aussi la critique de la saison 1).

ARROW 2 (action - 23 épisodes) : peut mieux faire Déçu

Arrow saison 2

Photo : © Arrow -The CW - www.amazon.fr - 51Osn10tAKL._AA160_

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis décembre 2014 (en Belgique)

Alors que la saison 1 dévoilait au compte-gouttes les clés de plusieurs mystères, la saison 2 déroule platement un gigantesque écran de fumée pour masquer la pauvreté de scénarios qui tournent en rond. Tout le côté obscur et criminel du justicier disparaît pour donner lieu à un personnage en voie de rédemption. Pourquoi pas ? Stephen Amell fait ce qu’il peut pour avoir l’air torturé mais il ressemble plus à un bovin avant l’abattoir. Agaçant à la longue.

Mais quand vient l’épauler un jeune justicier qui désire bien faire, on se dit vraiment qu’ « Arrow » tombe dans la série pour ados. Les amourettes qui parsèment le récit renforcent ce côté « show pour gamins de 12 ans ». Lassant. Reste un méchant inattendu et dont on ne vous dévoilera pas l’identité, au cas où vous auriez quand même envie de regarder « Arrow 2 ». Du reste, il n’y pas grand-chose à en dire (lire aussi la critique de la saison 1).

UNDER THE DOME 2 (fantastique - 13 épisodes) : le syndrome « Prison break » ? Incertain

Under the dome saison 2

Photo : © Under the dome - CBS Television - www.allocine.fr - 21015162_20130625155252014

Disponible en dvd et Blu-Ray dès le 4 mars 2015 (vu sur BE TV Belgique)

Adapté du roman de Stephen King (ce dernier signe d’ailleurs le scénario du premier épisode), « UTD II » n’a pas retenu les leçons de « Prison Break » et de « Lost ». A force de tirer sur la corde des mystères, elle finit par casser. Non seulement, on voit débarquer des personnages « out of the blue » (le beau-frère de Big Jim, un prof de science) mais on a droit à un nouveau mystère toutes les cinq minutes. Alors, un peu, ça va mais ensuite, ça dépasse les bornes.

Au point qu’on commence vraiment à se foutre de ce qui arrive aux personnages. Les scénaristes auraient mieux fait d’en faire une minisérie de 6 épisodes de 90’. Cela aurait évité les temps morts et les crises d’adolescents. Ici, l’essoufflement se fait nettement sentir. Preuve en sont les audiences en chute libre aux USA. Et pourtant il y aura une saison 3 ! Sans moi… (lire aussi la critique de la saison 1).

HANNIBAL 2 (horreur - 13 épisodes) : nettement tranchant Bouche cousue

Hannibal saison 2

Photo : © Hannibal season 2 - NBC Television - www.youtube.com - maxresdefault

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 2 octobre 2014

Si la 1ère saison mettait vraiment mal à l’aise, on ne peut pas dire qu’on est plus épargnés durant cette saison 2, clairement meilleure. En effet, les scénaristes ont la bonne idée de commencer le début par la fin. On remonte ainsi le fil du temps et on assiste même au spectacle d’un Hannibal en bien fâcheuse posture. Chaque épisode se mêle au suivant pour former un tout cohérent, clair et implacable jusqu’au final quasiment mystique et déroutant.

Evidemment, on retrouve les allusions à la cuisine et aux mets raffinés que sert le psychiatre fin gourmet. Toujours aussi froid, Madds Mikkelsen parvient même à faire oublier Anthony Hopkins. Un petit bijou d’horreur à ne pas mettre devant toutes les rétines mais chaudement recommandé aux fans du genre (lire aussi la critique de la saison 1).

THE FOLLOWING 2 (horreur - 15 épisodes) : le vaudeville grotesque Criant

THE FOLLOWING saison 2

Photo : © the-following-season-2-blu-ray-cover-50 - FOX Television - www.dvdsreleasedates.com

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis novembre 2014

La première saison avait déjà montré toutes ses faiblesses par des rebondissements invraisemblables. Heureusement, un insoutenable cliffhanger venait relancer l’intérêt. De fait, au début, cette idée d’un Kevin Bacon, revigoré  et toujours aussi obsédé par Joe Carroll, le serial killer qu’il croyait mort, renforce l’impression d’une saison meilleure à venir.

Evidemment, il découvre la vérité et va traquer l’infâme, croisant au passage une femme riche et très dérangée ainsi que ses jumeaux diaboliques et bien glauques. L’autre bonne idée était de relancer le côté « gourou » du serial killer en le faisant rencontrer un autre gourou frappadingue (Jake Weber, le papa de « Medium » dans un rôle déjanté).

Malheureusement, à mi-parcours, « The Following » retombe dans ses travers avec ses courses-poursuites invraisemblables, ses personnages qui surgissent de derrière les portes (on se croirait dans un mauvais vaudeville) et ses meurtres crapuleux totalement gratuits. Comme le disait un fan de séries que je respecte beaucoup, c’est une série « à grosses ficelles ». Et ce n’est pas la fin qui nous donnera envie de voir la suite. Beurk ! (lire aussi la critique de la saison 1).

19:41 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2014

Paul Michael Glaser : un grand monsieur qui n'est pas que Starsky...

Paul Michael Glaser© www.ibtimes.com

Comme c’est bientôt Noël, j’avais envie de me faire plaisir et de vous faire plaisir, en retraçant la vie d’un grand monsieur du petit écran que vous connaissez mieux sous le nom de « Starsky » : Paul Michael Glaser

Fils de Samuel et Dorothy Glaser, respectivement architecte et mère au foyer, Paul Manfred Glaser (de son vrai nom) naît à Cambridge (Massachusetts) le 25 mars 1943. Dernier d’une famille de trois enfants (il a deux grandes sœurs, Phyllis et Priscilla), il grandit à l’écart de ses parents et de ses sœurs, en raison de la santé fragile de sa mère. Dès son plus jeune âge, pour pallier à cette solitude, il rêve dans son monde imaginaire de rôles à la Errol Flynn et de chevauchées fantastiques.

A 22 ans, en 1966, il s’inscrit dans la section art dramatique à l’Université de Tulane (Nouvelle-Orléans) où il obtient une maîtrise en anglais et en théâtre. Durant cette période, il a pour compagnons de chambrée le futur producteur Bruce Paltrow (père de Gwyneth) et Andy Summers, futur guitariste du groupe « The Police » (avec Sting et Stewart Copeland). Après une expérience à la Royal Academy of Dramatic Arts de Londres qui lui ouvre les portes de l’Université de Boston, l’apprenti comédien y décroche un Master d’acteur et de réalisation.

Il décide alors de partir pour New York où il se lance dans une carrière au théâtre dans des productions off-Broadway. Il apparaît notamment dans « The Man In The Glass Booth », une pièce de Robert Shaw, aux côtés de Donald Pleasence. Après plusieurs rôles dans diverses pièces, le réalisateur Norman Jewison (L’affaire Thomas Crown, Rollerball, …) le remarque et lui propose, en 1971, le rôle de Perchik dans l’adaptation au cinéma de la célèbre pièce de théâtre « Un violon sur le toit » (Fiddler on the Roof).

Le film rencontre le succès et lui permet, entre 1972 et 1975, de participer à plusieurs séries télévisées très populaires comme « Kojak », « Cannon », « Les Rues de San Francisco », « Deux cents dollars plus les frais », … En 1975, Paul Michael Glaser tente sa chance au casting d’une nouvelle série policière produite par le très prolifique producteur Aaron Spelling. Son titre : « Starsky & Hutch ». Lors des auditions, il n’y croyait pas trop et pourtant, il est retenu pour incarner le sympathique détective David Starsky. La série connaît un grand succès aux USA et en Europe, en raison de la réelle alchimie qu’il partage avec son partenaire à l’écran, David « Hutch » Soul.

1975 est une grande année dans la vie de l’acteur. Outre ce rôle qui lui apporte un certain succès et un confort financier appréciables, il rencontre Elisabeth Meyer qui deviendra sa femme. Plutôt que de s’afficher dans de futiles soirées à paillettes hollywoodiennes, le comédien préfère passer son temps libre avec elle, protégeant sa vie privée autant que possible des excès de la gloire.

C’est également à cette époque qu’il noue une grande amitié avec un jeune scénariste engagé pour écrire 4 épisodes de « Starsky & Hutch » : Michael Mann. En 1976, profitant de la pause estivale de sa série policière, Glaser incarne le rôle d’Houdini, le célèbre illusionniste dans le téléfilm « The Great Houdini », aux côtés de Bill Bixby (L’Incroyable Hulk).

Au terme de la seconde saison de « Starsky & Hutch », Paul se lasse de son personnage et tente, sans succès, de faire annuler son contrat le liant à Spelling. En compensation, son salaire hebdomadaire passe de 10.000 $ par épisode à 40.000 $. Il est vrai qu’à partir de la 3ème saison, la série policière perd son côté polar urbain, rappelant par moments « L’Inspecteur Harry ». A la place, le spectateur a droit à des intrigues farfelues où il voit nos deux flics partir sur une île paradisiaque sous la coupe d’un prêtre vaudou ou encore exercer des missions d’infiltration…déguisés en coiffeurs ! Quand ce n’est pas en mime ou en Charlot…

Egalement attiré par les sirènes du cinéma, David Soul, attrape la grosse tête et déclare à la presse qu’il « ne va pas continuer à jouer dans une série alimentaire ». Bref, l’ambiance se dégrade et la qualité de la série s’en ressent. Au terme de sa quatrième saison, après 89 épisodes tournés dont 5 mis en scène par Paul Michael Glaser, « Starsky & Hutch » est annulée, notamment en raison des baisses d’audience et surtout des prétentions salariales des deux vedettes. Spelling jette l’éponge pour se consacrer à ses autres séries (Drôles de dames, La croisière s’amuse, Pour l’amour du risque, …).

Suite à l’annulation de « Starsky & Hutch », Paul Michael Glaser se lance, dès 1980, dans une carrière cinéma en incarnant le Dr. Peter Ross dans « Phobia », un thriller réalisé par le légendaire John Huston (Le Faucon maltais, L’honneur des Prizzi, …). Le film est un échec, l’acteur ayant visiblement été trop marqué dans l’esprit du public par le personnage de Starsky. Sans se décourager, il se tourne alors vers une carrière de réalisateur, tout en continuant de jouer dans diverses séries, téléfilms et films.

En 1980 toujours, un drame terrible frappe sa famille : lors de l’accouchement difficile de leur premier enfant, une petite fille prénommée Ariel ; Elisabeth est contaminée par le virus VIH lors d’une transfusion sanguine. Atteinte du SIDA, elle crée la fondation Elizabeth Glaser Pediatric AIDS Foundation en vue de sensibiliser le grand public à cette maladie peu connue qui, à la même époque, emporta l’acteur de cinéma Rock Hudson. Le couple a encore un second enfant, Jake, né en 1984. Miraculeusement, le comédien n’est pas atteint par la maladie.

En 1985, sa carrière de réalisateur décolle quand son ami Michael Mann fait appel à ses services pour réaliser plusieurs épisodes d’une nouvelle série policière qu’il produit et qui rencontre un succès fracassant sur NBC : « Deux flics à Miami » (Miami Vice). Paul Michael Glaser réalise 3 épisodes, parmi les plus mémorables : 2 sur la saison 1 (« Le Retour de Calderone 2ème partie » - Calderone’s Demise, épisode 5 et « Y a pas de sot métier » - Smuggler’s blues, épisode 15) et surtout, le double épisode qui ouvre la saison 2 : « Le retour du fils prodigue » (Prodigal Son, épisode 23) où Crockett et Tubbs affrontent de grands dangers, de Bogota à New York. Le réalisateur montre son savoir-faire dans les scènes d’action et de fusillades, particulièrement efficaces pour l’époque.

Après ce dernier épisode, Paul Michael Glaser n’en tourna plus d’autre. Sans doute en raison de ses relations avec Don Johnson qui mirent plusieurs fois ses nerfs à rude épreuve. Auréolé du récent succès de « Miami Vice », Johnson n’hésitait pas à jouer les divas et à se faire attendre sur le plateau de tournage, arrivant fréquemment en retard tout comme son partenaire à l’écran, Philip Michael Thomas (Tubbs). Paul et son assistant réalisateur durent se fâcher à plusieurs reprises avant que les vedettes ne daignent se présenter. Dans une vidéo sur « You Tube », consacrée aux coulisses de « Deux flics à Miami », il évoque la situation.

En 1986, l’ex-Starsky passe du petit écran vers celui du cinéma en tournant « Le mal par le mal «  (Band of the Hand, produit par Michael Mann), un film d’action où une bande de jeunes affronte des trafiquants de drogue à Miami, réutilisant certains décors et acteurs de « Deux flics à Miami ». Le film ne rencontra pas le succès escompté, malgré quelques moments intéressants.

En 1987, il a plus de chance avec « The Running Man » où Arnold Schwarzenegger incarne un homme traqué par des chasseurs dans un monde futuriste cruel. Les relations avec la star autrichienne sont tendues puisque le colosse du cinéma lui préférait le réalisateur Andy Davis (Le Fugitif, Piège en haute mer), initialement prévu. « Schwarzy » n’hésite d’ailleurs pas à écorner Glaser dans sa biographie, « Total recall », le qualifiant de réalisateur de télévision. Qu’importe, le film remporta un grand succès commercial.

Malheureusement, la santé de ses proches décline et la nouvelle horrible tombe : sa fille Ariel décède en 1988, à 8 ans. L’acteur-réalisateur préfère mettre sa carrière entre parenthèses pour se consacrer à sa famille. A son tour, Elisabeth sera emportée par la maladie en 1994. Une épreuve terrible qui le marqua à jamais.

Après le décès d’Elisabeth, Paul Michael Glaser préside la Fondation Elisabeth Glaser où il témoigne en faveur des victimes du VIH devant le Congrès des Etats-Unis, rencontre d’importants chefs d’état dont le Président Ronald Reagan et organise des levées de fonds pour la Fondation jusqu’en 2002. 

Entre 1994 et 1998, le réalisateur se console en retrouvant les plateaux de cinéma pour mettre en scène deux sympathiques comédies sportives : « Un joueur à la hauteur »  (The Air Up There) avec Kevin Bacon et « Kazaam » avec la star des Los Angeles Lakers, Shaquille O’Neal.

En 1996, il épouse Tracy Barone, une productrice, avec qui il aura une fille, Zoe Anne, née en 1997. Le couple divorce en 2007, à la demande du comédien.

A partir de 2002, Paul Michael Glaser revient à ses premières amours et retourne derrière la caméra pour y réaliser plusieurs épisodes de séries :

« Espions d’état » (The Agency, 3 épisodes, 2002) ;

« Mister Sterling » (2003) ;

« Amy » (Judging Amy, 2 épisodes, 2001 - 2003) ;

« Robbery Homicide Division », série policière de Michael Mann (3 épisodes, 2003) ;

« The Lion’s Den » (2003) ;

« New York 911 » (Third Watch, 2004, 1 épisode dans lequel il joue également) ;

« E-Ring » (2006, 1 épisode) ;

« Las Vegas » (2005 - 2007, 4 épisodes dont un hilarant avec Sylvester Stallone et plusieurs avec Tom Selleck) ;

« Raines » (2007, 1 épisode) et enfin,

« Esprits criminels » (Criminal Minds, 2008, 1 épisode dans lequel il joue également et brièvement un policier). 

Parallèlement, on peut encore l’apercevoir dans des seconds rôles au cinéma : « Tout peut arriver » (Something’s Gotta Give), une comédie de 2004 avec Jack Nicholson et Diane Keaton. En 2005, il accepte de figurer, avec son vieux copain David Soul, dans l’adaptation cinéma ratée de « Starsky & Hutch ». A la fin du film, on y aperçoit les deux compères dans les rôles de deux vendeurs de la nouvelle Gran Torino, passant le flambeau à leurs doubles cinématographiques, Ben Stiller et Owen Wilson. En 2007, il apparaît encore dans « Live ! » où il incarne un directeur de chaîne de télévision.

Depuis, Paul Michael Glaser continue d’apparaître dans plusieurs séries policières et dramatiques très populaires : « The Closer » et « Numbers » en 2008, « Le Mentaliste » en 2009 et « Ray Donovan », en 2013, aux côtés de Jon Voight et Liev Schreiber. Le comédien prête également sa voix à des personnages de film d’animation puisqu’en 2010, il interpréta Kjeld Playwell dans « Lego : les aventures de Clutch Powers ».

En avril 2011, de passage en Belgique où il fut invité comme Président du Festival du Film policier de Liège, Paul Michael Glaser accepta de dédicacer une réplique de la Ford Torino, retapée par un fan belge. De l’aveu de ce dernier ainsi que de Ben Stiller qui l’incarna sur grand écran, c’est un homme d’une grande gentillesse, disponible et d’une discrétion exemplaire.

Acteur généreux et téléaste de talent, ayant affronté de terribles événements privés comme les egos démesurés de stars capricieuses, Paul Michael Glaser prouve que, malgré les épreuves de la vie, celle-ci mérite d’être vécue et qu’il reste de belles choses à vivre. Une belle leçon d’humanité venant d’un acteur qu’on a toujours énormément de plaisir à revoir à la télévision et au cinéma.

ACTEUR TELEVISION

 2013

Alan dans « Ray Donovan » (série TV)

2009

Walter Crew dans « Mentaliste » (The Mentalist) (série TV)

2008

Brett Hanson dans « Numbers » (série TV)

Inspecteur Garrity dans « Esprits criminels » (Criminal Minds) (série TV)

Davis Mayhan dans « L.A. Enquêtes prioritaires » (The Closer) (série TV)

2006

Bailey Hugues dans « Faceless » (téléfilm)

2005

Art Kirkland dans « Séduction criminelle » (Ladies Night) (téléfilm)

2004

Capitaine Jack Steeper dans « New York 911 » (Third Watch) (série)

2001

Frank Gugliatta dans « Attirance fatale - Qui a tué Anne-Marie F. ? » (And Never Let Her Go) (téléfilm)

1984

Dave Mitchell dans « Scandale au pénitencier » (Attack on Fear) (téléfilm)

Daniel dans « Jalousies » (Jealousy) (téléfilm)

Gabe dans « Single Bars, Single Women » (téléfilm)

1983

North dans « Princesse Daisy » (Princess Daisy) (téléfilm)

Bob Peters dans « Attendez que maman revienne » (Wait till’ Your Mother Gets Home !) (téléfilm)

1980

Dr. Peter Ross dans « Phobia » (film)

1976

Harry Houdini dans « The Great Houdini » (téléfilm)

1975 - 79

Gordon Lampert dans « The Wide World of Mystery » (série 1975)

Détective Dave Starsky dans « Starsky & Hutch » (série, 89 épisodes)

1974

Lou Giordino dans « Kojak » (série)

Son dans « Aces Up » (téléfilm)

Jimmy Bellow dans « Toma » (série)

 Jack Beech dans « Trappedbeneath the see » (téléfilm)

Ralph Correll dans « 200 $ plus les frais » (The Rockford Files, série)

1973

Todd Cooper dans « La famille des collines » (The Waltons, série)

1972

Ralph dans « Butterflies are free » (film)

David Hall dans « Le 6ème sens » (série)

Jason Logan dans « Cannon » (série)

Jason Kampacalas dans « Les rues de San Francisco » (série)

1971

Perchik dans « Un violon sur le toit » (film)

1969 - 1970

Dr. Peter Chernak dans « Love is a Many Splendored Thing » (série 1967) 

1968

Noel dans « The Doctors » (série)

1967

Dr. Joe Corelli dans « Love of Life » (série 1951)

 

REALISATEUR

 2008

« Esprits criminels » (Criminal Minds, 1 épisode)

2007

« Raines » (série, 1 épisode)

2006

« E-Ring » (série, 1 épisode)

2004 - 2005

« New York 911 » (Third Watch, série, 2 épisodes)

« Las Vegas » (série, 5 épisodes)

2003

-        « Mister Sterling » (série, 1 épisode)

-        « Robbery Homicide Division » (série, 3 épisodes)

-        « The Lion’s Den » » série, 1 épisode)

-        « Amy » (Judging Amy, série, 2 épisodes)

2002

« Espions d’état » (The Agency, série 3 épisodes)

1996

« Kazaam » (film)

1994

« Un joueur à la hauteur » (The Air Up there) (film)

1992

« Le Feu sur la glace » (The Cutting Edge) (film)

1987

« Histoires fantastiques » (Amazing stories) (série, 1 épisode)

« Running Man » (The Running Man) (film)

1986

« Deux flics à Miami » (Deux flics à Miami) (série, 3 épisodes)

« Le Mal par le mal » (Band of the Hand) (film)

1985

« Otherworld » (minisérie, 1 épisode)

1984

« Amazons » (téléfilm)

1975

« Starsky & Hutch » (série, 5 épisodes)

21:45 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |