01/06/2014

SHERLOCK & ELEMENTARY : le retour du roi de la déduction à la télé

SHERLOCK (BBC) :

Sherlock

3 saisons de 9 téléfilms de 90’. Avec Benedict Cumberbatch (Sherlock Holmes) et Martin Freeman (Dr. John Watson). Diffusé sur ARTE et disponible à la vente depuis 2013.

Saison 3 sortie à la vente en dvd et Blu-Ray depuis la fin avril 2014. 4ème saison prévue pour 2016. Photo : © BBC - www.networkknowledge.tv

Regarder le trailer de la saison 3 de « SHERLOCK »

Les fans de Sir Conan Doyle, le génie qui créa le détective le plus astucieux, devraient être aux anges avec cette double déclinaison des aventures de Sherlock Holmes. J’écris au conditionnel car évidemment, les puristes vont encore devenir grincheux. Dans la version britannique, on apprécie le respect des œuvres littéraires mais ce qui peut déconcerter, ce sont les aventures placées dans un contexte contemporain avec sms, réseaux sociaux, … Et pourtant, ça fonctionne !

Extrêmement bien réalisée (les trouvailles visuelles et l’éclairage sont exceptionnels) et interprétée par Benedict Cumberbatch et Martin Freeman qui forment un duo épatant, "Sherlock" nous offre des aventures pleines d’ironies, de sous-entendus et d’humour "so british".

S’il n’y a rien à redire concernant les deux premières saisons, on sent hélas déjà un certain essoufflement dans la saison 3 qui préfère le ton nettement loufoque aux intrigues policières. Mais la série reste fort plaisante et on applaudit le fait que Cumberbatch et Freeman continuent à tourner « Sherlock » alors que leur carrière cinéma a bien décollé et qu’ils auraient pu abandonner la télévision : Benedict Cumberbatch a marqué les esprits dans le dernier film « Star Trek into darkness » mais nettement moins dans « Le 5ème pouvoir » où il incarnait Julian Assange, le gourou de Wikileaks qui a fait un flop ; quant à Martin Freeman, il s’amuse beaucoup dans la trilogie « Le Hobbit » dont le 2ème opus) vient de sortir. Bref, une série « must have » à se procurer de toute urgence et à revoir encore et encore.

ELEMENTARY (CBS) :

Elementary

1 saison de 24 épisodes de 40’. Saison 2 terminée aux USA. Saison 3 en cours de production.

Avec Jonny Lee Miller (Sherlock Holmes) et Lucy Liu (Dr. Joan Watson).

Diffusée début 2014 sur RTL-TVI (chaîne belgo-luxembourgeoise) et disponible à la vente en dvd depuis le 2 avril 2014. Photo : © CBS Television - www.tvqc.com

Regarder le trailer de la saison 1 de « ELEMENTARY »

Impensable ! Blasphème ! Ici aussi, les puristes hurleront à la vue de cette adaptation américaine du célèbre limier anglais. Transposée à New York, cette nouvelle série policière propose en plus – et il fallait oser – de donner le rôle du Dr. Watson à…. une femme ! C’est à Lucy Liu, l’ex-vedette de la série « Ally McBeal » et des films « Drôles de dames », que revient le défi. Au début, on se dit qu’elle est plutôt inexpressive et que cette série ne vaut pas le coup.

Hep hep hep, pas trop vite. « Elementary » lorgne plutôt du côté des « Mentaliste » et autres « Castle » où un consultant aux dons d’observation exceptionnels aide la police à résoudre des meurtres. La série américaine n’a d’ailleurs pas d’autre vocation que de divertir et elle le fait fort bien : Jonny Lee Miller, acteur anglais vu dans « Eli Stone », incarne à la perfection le côté capricieux et excentrique de Holmes, un individu égoïste et particulièrement volubile qui devient tout à coup taciturne. Le Dr. Watson est chargée  de son suivi psychosocial puisqu’Holmes souffre d’une addiction et ne doit pas retomber dans ses anciens travers. Le duo fonctionne bien, une alchimie certaine a lieu entre Miller et Liu et on en redemande.

Elégamment filmée, bénéficiant de décors soignés et d’une direction de la photographie léchée ; « Elementary » aurait gagné à proposer moins d’épisodes car plusieurs d’entre eux sont assez plats. Globalement, sur les 24 épisodes de la première saison, environ 16 sont valables ; ce qui n’est déjà pas si mal. Et n’en déplaise aux puristes des livres de Sir Conan Doyle, Lucy Liu est très bien dans le rôle : place aux femmes !

Reste à espérer que la suite sera à la hauteur et ne se diluera pas dans des intrigues secondaires poussives et sans relief, comme d’autres séries proposées sur les grandes chaînes américaines en ce moment (Hawaï Five-0, NCIS : Los Angeles, Les Experts, …). Trop de séries donnent tout dans leur première année pour ne plus offrir grand intérêt par la suite. Dans le cas d’ « Elementary », l’avenir nous le dira.

13:53 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/05/2014

« TUNNEL » : la traque au serial killer se renouvelle habilement

TUNNEL

© Canal + - www.allocine.fr

Diffusée fin 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique).

Disponible à la vente en dvd depuis le 20 décembre 2013.

VOIR UN TRAILER DE « TUNNEL »

MON AVIS :

Y en a marre des séries formatées de grand papa comme « Navarro », « Julie Lescaut » et autres « Joséphine ange gardien » qui squattent nos écrans depuis bien trop longtemps, même si plusieurs sont terminées. Heureusement, un autre style de narration et de langage cinématographique s’imposent depuis quelques années avec quelques bonnes surprises comme la très sombre série policière « Braquo » ou « Les revenants » à la réputation quelque peu surfaite cependant. En coulisses et c’est une bonne nouvelle : « Tunnel » réunit à nouveau les auteurs de « Broadchurch », très bonne série policière britannique (également disponible en dvd et diffusée voici quelques mois sur France 2).

Remake franco-anglais de la série suédoise « Bron » (The Bridge, 2011-2013 : 2 saisons pour 20 épisodes au total), « Tunnel » est une création originale de la chaîne cryptée Canal +, capable du meilleur (Les Borgia) comme du pire (XIII, Maison close). Le cadre : le tunnel sous la Manche. Une nuit, un technicien découvre un cadavre de femme placé à la frontière entre la France et l’Angleterre. Aussitôt un policier britannique est amené à collaborer avec une flic française. Objectif : stopper le tueur.

La bonne idée de base est d’avoir inversé les rôles : plutôt que de proposer le sempiternel enquêteur british et glacial et la flic française sympa ; le schéma s’inverse. Stephen Dillane campe un policier et père de famille dépassé, infidèle à ses heures mais profondément attachant. Clémence Poesy est parfaite dans le rôle de la jeune policière glaciale, parfaitement antipathique (cela pourra vous rebuter) mais à la sexualité pourtant débridée.

Autre atout : le tueur, énigmatique et inquiétant. Impossible de prévoir ce qu’il va advenir par la suite. Personne n’est épargné, que ce soient les anciens combattants, les enfants, les passants innocents, … Etonnant et révoltant. Ecrite avec justesse, baignant dans une ambiance réaliste et bénéficiant de scènes d’action très réussies ; « Tunnel » se révèle vite addictive.

Au travers d’un suspense souvent insoutenable, la série policière ne ménage pas nos nerfs tout en multipliant les fausses pistes. Dès que l’identité du tueur est révélée, la série s’essouffle quelque peu mais propose une fin en dehors des clichés inhérents au genre. Une vraie bonne surprise pour 10 épisodes à découvrir absolument.

13:37 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/05/2014

BATES MOTEL – Saison 1 : une bonne surprise en hommage à Hitchcock

BATES MOTEL

© A&E - Universal Television

1 saison de 10 épisodes (8 épisodes de 40’ et 2 de 46’).

Saison 2 en cours de diffusion aux USA. Diffusée fin 2013 sur 13ème Rue.

Disponible à la vente en dvd depuis le 4 février 2014.

REGARDER LE TRAILER DE LA SAISON 1 DE "BATES MOTEL"

 

MON AVIS :

Cela fait un moment que la télé recycle ses vieilles séries et films : policier (« Hawaï Five-0 »), conte (« Once Upon a Time ») ou encore littéraire avec « Psychose », roman de Robert Bloch dont le grand cinéaste Alfred Hitchcock s’était inspiré pour réaliser une très angoissante adaptation cinéma en 1960. Un classique et un chef d’œuvre, précurseur des films de tueurs en série qui hantent nos écrans depuis plus de 20 ans (Seven, Le silence des agneaux, Le collectionneur, …).

Dans le film de « Hitch », pour rappel, Norman Bates (Anthony Perkins) était un jeune homme coincé qui tenait un motel miteux dans un bled de campagne, le long d’une route déserte. Taxidermiste à ses heures, il matait ses clientes à travers un trou discrètement creusé dans un mur, avant de les tuer au couteau quand elles prenaient leur douche. Il se débarrassait ensuite de leurs corps, en les noyant dans un marais tout proche.

Durant les meurtres, Norman commettait ses crimes en étant déguisé en vieille femme. A la fin du film, un psychologue nous expliquait cette dualité qui hantait le jeune homme : il souffrait de dédoublement de la personnalité et incarnait en fait sa mère, morte depuis un moment et conservée dans une cave de la maison familiale, sous forme de cadavre momifié, que le spectateur découvrait avec horreur à la fin du film.

Pour les puristes d’Hitchcock, on pourrait crier au scandale avec ce « Bates Motel » qui propose de remonter aux origines du serial killer (tout comme « Hannibal » avec Madds Mikkelsen). Mais la bonne idée du producteur et scénariste Carlton Cuse (Lost, aïe, pas une référence en soi) est d’avoir rajeuni et modernisé le concept.

Dès les premières images, on retrouve le fameux motel et la veille maison des Bates mais Norman possède un smartphone et surfe sur son portable. Plutôt que de placer le contexte dans les années 50, la série se passe de nos jours et utilise intelligemment les codes actuels pour dérouler son propos, centré autour de la relation malsaine entre une mère et son fils.

Ce dernier, interprété avec classe par Freddie Highmore (la ressemblance avec Anthony Perkins est frappante), connaît ses premières amours, découvre son frère aîné et développe une personnalité de plus en plus inquiétante. La série nous plonge très bien dans la tête de celui qui deviendra un monstre, en multipliant les références au film du maître du suspense (frustration amoureuse, voyeurisme, taxidermie, environnement isolé, goût pour les armes blanches, …).

L’autre bonne idée, c’est d’avoir imaginé ce qu’aurait pu être plus jeune la mère de Norman Bates. A cet égard, Vera Farmiga est parfaite dans le rôle de Norma, mère abusive et ultra-protectrice. Flippante et crispante à souhait, l’actrice incarne une femme frustrée, hystérique et névrosée, rongée par ses angoisses. Malade dans sa tête. Une interprétation impeccable qui lui a valu un prix aux USA.

Ensuite, « Bates Motel » sort du carcan mère / fils, donnée déjà largement exploitée dans le film pour préférer – et c’est original – développer, autour de Norma et Norman, un monde fait d’intrigues et de trafics (cannabis, flics corrompus, dealers inquiétants et menaçants, …) qui renforcent l’atmosphère inquiétante et mystérieuse, digne d’un vrai suspense à la Hitchcock. Sir Alfred, reposez en paix. Votre univers a été respecté.

 

BATES MOTEL 2 : mystères en série

BATES MOTEL 2

Photo : ©  A&E - Universal Television - www.allocine.fr_072302

Thriller (10 épisodes de 40’) diffusé sur 13ème Rue entre octobre et décembre 2014.

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 15 décembre 2014.

La saison 1 de « Bates Motel » était vraiment étonnante. Prequel du film « Psychose » d’Alfred Hitchcock, la série a su rapidement se démarquer de son illustre modèle tout en respectant son univers. Plutôt que de se focaliser sur le seul Norman Bates, ce thriller ose imaginer ce qu’aurait été Norma, sa mère, si elle avait été vivante (dans le film, c’était un cadavre momifié découvert tout à la fin).

La saison 2 poursuit donc les mystères de la 1ère saison et en développe d’autres, notamment autour du shérif Romero, pas si net que ça. Les luttes de pouvoir autour du trafic d’herbe servent de toile de fond pour introduire de nouveaux personnages, le plus souvent inquiétants : le gangster Nick Ford, l’infâme Zane Carpenter (très caricatural) et sa sœur Jodi Wilson (Kathleen Robertson, vue dans « Boss »).

Au lieu de se concentrer sur Norman et sa mère, cette deuxième fournée d’épisodes suit les déboires de Dylan, le frère aîné de Norman. Homme de main du patron qui règne sur le trafic, le frangin échappe de peu à la mort et se retrouve pris dans une spirale de violence qui le dépasse (dans le rôle, Max Thieriot, est impeccable tout comme Vera Farmiga en Norma).

En parallèle, l’évolution du jeune Norman prend un tour effrayant : sa psyché déraille de plus en plus et sa paranoïa atteint des sommets. Un effet de mise en scène le surligne par l’abus, parfois lourd, de flashes mentaux. Il faut dire que sa mère ne l’aide pas vraiment, toujours prête à le culpabiliser. Sans compter les divers traumatismes qu’il subit à cause des relations dangereuses de son frère.

Par contre, on s’étonne de l’évolution de Norma. Par rapport à la 1ère saison, le personnage donne l’impression d’avoir été édulcoré : rares sont les crises d’hystérie et de rage. On sent que l’écriture du personnage a été délaissée au profit de ses deux fils. Au contraire, elle se révèle même douce. Inquiétant. Si toute relation amoureuse stable semble lui être interdite, notamment avec George (Michael Vartan d’ « Alias », sous-employé) ; Norma multiplie les intrigues et les manipulations, notamment pour sauver son motel.

En outre, le doute quant à la culpabilité de Norman dans le meurtre de sa prof de lycée - s’il n’est pas entièrement levé - offre de nouvelles perspectives de développement dans la saison 3.Au final, cette 2ème salve laisse un goût de trop peu et se révèle dans l’ensemble inférieure à la précédente. Mais « Bates Motel » se regarde avec intérêt parce que c’est d’abord un bon thriller d’atmosphère et parce qu’elle n’a pas encore livré toutes les clés des mystères. A suivre.

10:54 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |