06/04/2014

ARROW – Saison 1 : gros bras et vengeance à gogo

ArrowCopyright THE CW - www.amazon.fr

Diffusée fin 2013 sur RTBF2 La Deux (2ème chaine publique francophone belge). Disponible à la vente en dvd prochainement et déjà disponible à la vente en Belgique depuis décembre 2013.

VOIR LE TRAILER DE LA SAISON 1 d'"ARROW"

Parmi le catalogue des super-héros issus de DC Comics, « Green Arrow » (l’archer vert) est nettement moins connu que ses illustres collègues Superman, Batman et Wonder Woman. La télévision s’était déjà intéressée au personnage dans la série « Smallville » (2001-2011), centrée sur la jeunesse de l’homme de Krypton où le sympathique Justin Hartley incarnait Oliver Queen, playboy milliardaire le jour et justifier à arc et flèches la nuit.

On se demande bien pourquoi il fallait relancer une nouvelle série autour de ce personnage avec aux commandes de la production, Greg Berlanti, responsable de la très oubliable « No ordinary family » avec Michael Shiklis à la tête d’une famille dotée de super-pouvoirs.

Le principal intérêt de la série, c’est le côté sombre de son personnage. Ici, ce n’est ni un héros, ni un justicier : il cherche à se venger et tue froidement les responsables de la mort de son père ainsi que d’autres truands, vilains le temps d’un ou plusieurs épisodes.

Bénéficiant d’une photographie très soignée, jouant sur le vert sombre et le bleu nuit ; « Arrow » aligne également les scènes d’action de manière efficace, grâce aux performances physiques de l’athlétique Stephen Amell dans le rôle principal.

Plutôt basique dans son jeu, Amell parvient tout de même à attirer notre sympathie. Le comédien se révèle même attachant quand on se rend compte de ce qu’il a traversé durant cinq ans sur une île dangereuse, maintes fois en danger de mort et victime d’événements traumatisants comme la mort de son père, aussi soudaine que brutale.

A ce niveau, les flashbacks, évoquant son passé sur l’île et comment il est devenu « Arrow », maintiennent l’attention tout au long de cette première saison de 23 épisodes ;  mais parfois au détriment de l’intrigue principale. Au passage, les fans de « Spartacus » auront reconnu l’acteur néo-zélandais Manu Bennett, le terrible Crixus de la série à glaives et sandales, en mentor d’Oliver Queen qui lui apprend à survivre sur l’île.

Parmi les défauts d’ « Arrow », on regrettera les méchants assez fades dans l’ensemble, tout comme le flic lancé à la poursuite du justicier vert. Les actrices féminines ont le mérite de ne pas trop ressembler à des pom pom girls crispantes à voix de souris et occupent une place à l’égal de leurs homologues masculins, quoique parfois reléguées au rang de faire-valoir.

Enfin, les responsables des costumes ont eu la bonne idée de ne pas affubler Queen d’un collant vert comme son modèle bd qui lorgnait furieusement vers Errol Flynn dans le « Robin des Bois » de 1938. Non, ici, une capuche, du maquillage, des flèches gadgets (micro, bombes, flash éclairant, …) et des combats bien réglés mais souvent filmés dans l’obscurité.

Bref, une série d’action divertissante, attractive par son propos sombre, et qui ne tombe pas trop dans le déjà vu. Succès outre-Atlantique, la saison 3 est en cours de production. On sera au rendez-vous de la 2ème saison, prochainement diffusée à la télévision.

ARROW 2 (action - 23 épisodes) : peut mieux faire Déçu

Arrow saison 2

Photo : © Arrow -The CW - www.amazon.fr - 51Osn10tAKL._AA160_

Disponible en dvd et Blu-Ray depuis décembre 2014 (en Belgique)

Alors que la saison 1 dévoilait au compte-gouttes les clés de plusieurs mystères, la saison 2 déroule platement un gigantesque écran de fumée pour masquer la pauvreté de scénarios qui tournent en rond. Tout le côté obscur et criminel du justicier disparaît pour donner lieu à un personnage en voie de rédemption. Pourquoi pas ? Stephen Amell fait ce qu’il peut pour avoir l’air torturé mais il ressemble plus à un bovin avant l’abattoir. Agaçant à la longue.

 

Mais quand vient l’épauler un jeune justicier qui désire bien faire, on se dit vraiment qu’ « Arrow » tombe dans la série pour ados. Les amourettes qui parsèment le récit renforcent ce côté « show pour gamins de 12 ans ». Lassant. Reste un méchant inattendu et dont on ne vous dévoilera pas l’identité, au cas où vous auriez quand même envie de regarder « Arrow 2 ». Du reste, il n’y pas grand-chose à en dire.

15:48 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/03/2014

THE AMERICANS – Saison 1 : l’espionnage n’a pas dit son dernier mot

The Americans

Copyright : The Americans - Copyright FX Television - AM_Google

Série d’espionnage diffusée fin 2013 sur BE TV (ex-Canal + Belgique). Disponible à la vente en dvd depuis le 5 février 2014. 

Saison 1 : 13 épisodes de 50’, 2ème saison en cours aux USA.

VOIR LE TRAILER DE "THE AMERICANS" : SAISON 1

On pensait que la série d’espionnage avait atteint son apogée avec des perles comme la britannique « MI-5 » et, de façon plus trash, « 24 heures chrono » et « Alias », sans oublier les divertissantes « Burn Notice »  et « Covert Affairs ». Et pourtant…

Créée par Joe Weisberg, ancien agent de la CIA et diffusée aux USA sur la chaîne FX (The Shield, Nip/Tuck, Justified, Sons of Anarchy, …) ; « The Americans » fascine dès ses premières images. Des espions russes ont été formés et vivent, sous couverture, depuis plus de 20 ans aux USA comme de parfaits américains.

Le récit se déroule en 1981, période encore placée sous le signe de la guerre froide, au moment où Ronald Reagan devient Président des USA. Ces espions russes remplissent des missions, souvent peu glorieuses et surtout cruelles. A cet égard, la série reproduit à la perfection l’ambiance de cette époque tant dans les costumes que les décors, coiffures et voitures.

Ensuite, « The Americans » propose, très subtilement, une vision anti-manichéenne du monde de l’espionnage, nul n’est tout blanc ni tout noir ici. Outre un climat paranoïaque particulièrement bien rendu, son autre atout est l’ambiguïté qui traverse toute la série et caractérise le couple de « héros », Elizabeth et Philip Jennings (Keri Russell et Matthew Rice, impeccables).

 Tiraillés entre leur devoir et leur vie de famille de façade qui ne répond pas à leurs attentes, ils sont face à leurs doutes : s’aiment-ils vraiment ? Comptent-ils trahir leur pays et profiter de la liberté des USA ? Du côté des « bons », Stan Beeman (Noah Emmerich), le flic du FBI lancé à leur recherche, est tout aussi ambivalent.

De par les enjeux qu’elle développe dans ses intrigues et par sa remarquable qualité d’écriture et de mise en scène (on retrouve Graham Yost, producteur de « Justified » et scénariste du film « Speed ») ; « The Americans » est sans conteste LA série d’espionnage des années 2010 car elle renouvelle très finement et intelligemment le genre. Soulignons encore dont des combats physiques particulièrement impressionnants et dignes des meilleurs films d’action et de kung fu.

Bref, un must à voir absolument (et à revoir). Bienvenue dans le monde infâme de l’espionnage. Vite la saison 2, en cours de diffusion aux USA en ce moment.

19:42 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/03/2014

HOUSE OF CARDS : manipulateur sachant bien manipuler…

House of cards

 

 

 

 

 

 Photo : © NETFLIX

Série télévisée américaine créée et écrite par Beau Willimon et produite par David Fincher, Kevin Spacey, Eric Roth, Andrew Davies et Michael Dobbs. 

3 saisons à ce jour (3 X 13 épisodes de 50'). Saison 1 diffusée en 2013 sur la chaîne cryptée BE TV (ex-Canal + Belgique) et saison 2 diffusée début 2014 sur la même chaîne + saison 3 diffusée en février 2015 sur BE TV et Canal + France. 

Saison 1 disponible en dvd et Blu-Ray depuis le 28 octobre 2013 et saison 2 depuis le 16 juin 2014.

Saison 3 : 29 juin 2015.

VOIR LA BANDE-ANNONCE DE "HOUSE OF CARDS 2" (sur "YouTube")

Remake US de la série de la BBC de 1991 qui porte le même titre, « House of Cards » a créé l’événement en 2013. D’une part, car c’était la première fois que le cinéaste David Fincher (Seven, Social Network, Zodiac, …)  se lançait dans la conception d’une série télévise. Pour le formidable Kevin Spacey (Usual suspects, American Beauty, …), c’était un retour aux sources puisqu’il avait démarré sa carrière dans la très bonne série policière « Un flic dans la Mafia » (1987/90) dans le rôle de l’infâme Mel Profit, marchand d’armes parano et incestueux. D’autre part, c’était la première série proposée en vision sur une plateforme de streaming sur Internet : le géant Netflix.

Une série qui ne passe donc pas à la télévision américaine, comme le soulignait Kevin Spacey lors du lancement de la première saison et où l’internaute pouvait télécharger les 13 épisodes d’un coup. Dès les premières images, on reconnaissait la « patte Fincher » avec ses images blanches et froides qui alternent avec des ambiances jaunes donnant presque la nausée (cf. son dernier film « Millennium », remake US du film suédois). A cet égard, la direction de la photographie est remarquable, créant une atmosphère étouffante et clinique, proche de la maladie.

Si vous aviez aimé « A la Maison blanche » (The West Wing, 1999/2006), alors « House of Cards » n’est pas pour vous. Ici, pas de Président des USA idéaliste à la Frank Capra, ni de staff bienveillant. Non. Dans « House of Cards », tout se joue autour de l’évolution de Frank Underwood, sénateur manipulateur et sans scrupules en route vers la Présidence des Etats-Unis, coûte que coûte. La fin justifie les moyens, tel pourrait être son credo.

Dès le premier épisode de la 1ère saison, le ton est donné : Underwood étouffe, sans états d’âme, un chien à l’agonie après avoir été écrasé par une voiture. Pour rappel, la première salve d’épisodes le montrait en train de fricoter avec Zoé Barnes, jeune et jolie journaliste ; illustrant l’étroit lien, souvent malsain, qui unit presse et monde politique.

En parallèle, il courtisait Frank Tusk (étonnant Gerald McRaney, à des lieues de son personnage de « Simon & Simon »), un puissant homme d’affaires proche du Président des Etats-Unis et qui recommande Frank à la vice-présidence. Claire Underwood, la femme de Frank, n’a rien à envier à son puissant mari : froide et calculatrice, la belle blonde (étonnante Robin Wright) n’hésite pas à faire des chantages odieux et à détruire des vies sur son passage, traits qui sont accentués dans la seconde saison.

Si la première saison balbutiait par moments, peinant parfois à trouver ses marques dans sa narration ; hésitant entre une chronique cynique du pouvoir et le thriller politico-journalistique. On sent que dès la saison 2, ces défauts sont gommés puisqu’elle se révèle totalement addictive.

Ayant trouvé son rythme de croisière, « House of cards II » vous scotche littéralement dès le début. Placée sous le signe de la manipulation, cette deuxième fournée d’épisodes montre avec délectation toutes les manigances que Frank Underwood utilise pour aller encore plus haut, encore plus vite. Les confidences qu’il nous fait à nous, spectateurs, nous mettent mal à l’aise. C’est le but recherché.

Brisant le « 4ème mur » (le personnage regarde la caméra) comme le fit « Magnum » en son temps, ici nous assistons, impuissants, aux pensées les plus intimes d’un requin sans pitié et fin manipulateur. Délicieux et vomitif. Du grand art dû à la gouaille de Kevin Spacey, absolument génial.

Dénouant les fils d’une intrigue complexe où sont largement impliqués les hommes d’affaires Tusk et Feng, auxquels viennent s’ajouter un hacker esclave du FBI, un journaliste en prison et une call girl gardienne de lourds secrets ; « House of Cards » nous montre à l’envi combien le monde politique est cruel, fait de faux semblants et d’intrigues de bas étage ; un univers empreint d’un cynisme sans limites et pour tout dire inhumain.

Et pourtant, on aurait envie d’adorer haïr Frank mais on n’y arrive pas. Il lui arrive d’être sympa et bienveillant, surtout avec Freddy, tenancier d’une gargotte (spécialiste en travers de porc) où l’homme politique adore se restaurer. Freddy illustre aussi, à sa manière, l’espoir d’une vie meilleure et du rêve américain quand on est un noir issu du ghetto et un ex-taulard. Mais souvent, les choses ne se passent pas du tout comme on l’espère et la chance tourne…

Formidable de bout en bout, ne connaissant ni temps morts, ni baisse de régime ; « House of Cards II » livre un portrait fascinant d’une Amérique avide de pouvoir et de puissance, où politique et business s’entremêlent de façon très glauque. Même si on préfère « Boss » (lire aussi la critique sur ce blog) pour sa vision désespérée et sans concessions de la mairie de Chicago ; « House of Cards » se pose en digne successeur de son aînée.

Que ce soit Underwood, Tusk ou le hacker ; on sent que le plus fort sera celui qui manipulera le mieux. Et à ce jeu là, Frank Underwood est le plus malin. Une saison 3 est annoncée. Espérons qu’elle se maintiendra à ce haut niveau de qualité.

HOUSE OF CARDS - SAISON 3 : retour en demi-teinte

House of cards III

USA - 2015 (toujours en production).

Série dramatique de Beau Willimon et David Fincher.

Avec Kevin Spacey (Francis Underwood), Robin Wright (Claire Underwood), Michael Kelly (Doug Stamper), Mahershala Ali (Remy Danton), …

Saisons 1 & 2 : 2 x 13 épisodes.
Saison 3 : 13 épisodes de 45 à 53’. Diffusé sur Netflix (plateforme de téléchargement légal) , Canal + France et Be TV (Belgique) en février et mars 2015.

Photo : © Netflix – www.imdb.com

VOIR LE TRAILER OFFICIEL DE « HOUSE OF CARDS 3 »

Un an qu’on attendait le retour de Frank Underwood, le « JR » de la Maison blanche. Après avoir réussi à prendre le poste suprême, le voilà en butte à son parti qui ne souhaite pas qu’il se représente dans la course à la Présidence. Comment Frank va-t-il faire pour garder le pouvoir ? Dans un premier temps, l’infâme ne voit pas et se retrouve à court d’idées…tout comme les scénaristes.

Pour sortir de l’impasse scénaristique, ceux-ci décident de se détourner de Frank. Focus sur Claire, sa femme, qui brigue un poste d’ambassadrice à l’ONU et tente de se faire un nom en politique (avec l’appui évidemment de son mari). Focus aussi sur Doug Stamper, le fidèle bras droit, fort esquinté en fin de 2ème saison, dont nous suivons au plus près la rééducation physique et mentale.

Pour meubler le manque d’idées, les scénaristes se sont dit (on imagine bien la scène) : « Tiens, on va s’inspirer de ce qui se passe dans la réalité ! » Et hop, on a droit à un clone du président russe, un certain Petrov, croisement improbable entre Vladimir Poutine et le comte Dracula. Joué par un acteur danois (sic) et avec un accent russe comme dans les vieilles séries de la guerre froide, genre « Mission : impossible » (resic). Caricatural.

Poursuite de la conversation entre scénaristes : « Quoi d’autre ? Ah oui, le conflit israélo-palestinien ! Oui, super, les Américains ne comprennent pas, on va leur expliquer ! » Et vlan ! Frank Underwood part dans la vallée du Jourdain jouer les grands sauveurs. Cette donnée est rapidement escamotée au profit d’une séance de diplomatie entre les USA et deux forces en présence : une représentante de l’état juif et un de l’état palestinien. Avec tous les clichés d’usages : accent juif, psychorigidité, tenue de cheik arabe et tout et tout. Ridicule.

« Et quoi encore ? Ah oui, les opposants gays. Ah oui, super ! On va même le faire arrêter par les Russes ! » Et voilà Claire qui se rend dans une prison russe pour nouer le dialogue avec le compatriote américain et tenter de le faire sortir des griffes des méchants russes. Au passage, la série évoque vaguement l’affaire Snowden mais du bout des doigts, tout comme l’opposition des « Pussy Riot », qui font une apparition dans leur propre rôle, lors d’un moment plutôt grotesque chez le Président des Etats-Unis.

Tout cela est amené sans nuances, à la grosse louche pour dire au spectateur américain : « Vous avez pigé ? Vous voyez, c’est pas compliqué. Y a des bons et puis des (très) méchants. Et nous, on défend la démocratie. » Les prêches de Spacey, durant ses déplacements dans plusieurs états dans la course à la réélection, illustrent fort à propos ce qui précède, tout en ne manquant de nous rappeler le « rêve américain » au travers du projet-phare de Frank : « L’Amérique au travail ! » (une utopie du travail pour tous, assez naïvement mise en œuvre par Frank et par les scénaristes).

On aurait aimé la qualité d’écriture d’un Aaron Sorkin (scénariste et créateur d’ « A la maison blanche » et « The Newsroom ») pour ces scènes à caractère politique. Le bonhomme sait y faire pour donner de la verve et donne envie de s’intéresser à une matière rébarbative comme la politique. Evidemment, l’idéalisme à la Frank Capra de Sorkin aurait mal convenu à cette série cynique et aux accents sombres. Si Sorkin ne faisait pas l’affaire, les scénaristes auraient pu demander l’avis de ceux qui nous avaient livré l’excellente « Boss » (2011 - 2012), autre série politique noirâtre avec Kelsey Grammer. Mais non.

Au niveau des personnages-phares, Frank et Claire nous font penser à un couple de pythons dans un vivarium. Prisonniers de leur couple, très distants l’un envers l’autre et en bagarre quand l’un tente de se rapprocher de l’autre, de façon sexuelle plutôt malsaine d’ailleurs. Leur relation évolue peu et ils le savent. Et ce n’est pas un environnement ultra-sécurisé et aseptisé qui parviendra à faire jaillir l’étincelle d’un amour désormais lointain.

Quant à Doug, voilà un autre lascar totalement antipathique dont on suit l’obsession pour celle qui l’a amoché. OK, il veut se venger et par moments, on prend un plaisir coupable à être d’accord avec lui mais quand il retrouve sa proie, là non. Vraiment nauséabond.

Si un psychologue voulait mettre en forme la noirceur de l’âme humaine, « House of cards » serait un bon exemple pour l’illustrer. A ce niveau-là, la série réussit son pari. Quasiment aucun personnage ne suscite l’adhésion ou presque.

En coulisses, on a aussi l’impression que Kevin Spacey a rencontré des problèmes de santé. Bouffi et très fatigué, il semble plutôt absent dans plusieurs scènes, surtout en milieu de saison. Par moments, il cabotine et se regarde déclamer. Dérangeant malgré l’immense acteur qu’il reste. Un petit coup de mou sans doute. Cela est perceptible dans quelques épisodes où on le voit au début et à la fin ; le reste étant meublé par sa femme, par Doug ou une autre intrigue avec le conseiller Remy, beau black sous-employé dans son rôle.

Autre déception, les scènes ou Kevin Spacey s’adresse intimement à nous (un peu comme « Magnum » qui nous regardait face caméra mais sans parler) n’ont plus la saveur d’avant en raison de dialogues plats et sans surprise.

Evidemment et ça, les scénaristes l’ont bien compris, un méchant charismatique appelle un ennemi du même calibre. Cet ennemi prend les traits de Heather Dunbar (Elisabeth Marvel, vue dans « Person of Interest »), une femme de loi qui combat la corruption et la politique des arrangements.

Sorte de chevalier blanc à la conquête de Washington, elle est déterminée à déboulonner Underwood et sa clique. On retiendra surtout le 11ème épisode qui met notre affreux aux prises avec son opposante ainsi qu’une tierce protagoniste aux intentions moins nobles. Le duel se révèle bien mené et prouve que « House of Cards » n’a pas encore abattu toutes ses cartes, si vous me pardonnez le jeu de mots.

Pour le reste, on sourit souvent face à la maladresse des scénaristes qui n’ont pas réussi à donner une unité de ton et de crescendo dans cette troisième saison plutôt décevante. Pêchant par manque de rythme, cette troisième salve n’arrive pas tout à fait à nous accrocher malgré quelques moments réussis. Dommage. Une 4ème saison devrait suivre en 2016. Pas trop vite quand même tout en espérant que la qualité se rehaussera…

09:42 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |