06/03/2016

« THE X-FILES 2016 » : un retour vraiment nécessaire ?

X-FIles 2016© 20th Century Fox – Ten Thrirteen Productions

Série policière et fantastique (USA, 2015) de Chris Carter. Avec David Duchovny (Fox Mulder), Gillian Anderson (Dana Scully), Mitch Pileggi (Walter Skinner).

6 épisodes de 40’, diffusés sur Canal + France et Be TV Belgique. Sortie en dvd/Blu-Ray annoncée pour le 15 juin 2016.

VOIR UN TRAILER DE « THE X-FILES (2016) »

Ces derniers temps, plusieurs producteurs hollywoodiens ont la curieuse idée de « ressusciter » des séries en tous genres et pas nécessairement anciennes (24 heures chrono, Heroes, Prison Break). A l’annonce du retour de « X-Files », cela n’a pas provoqué d’enthousiasme particulier. Tout au plus une indifférence polie, avec une pointe de curiosité. Fan de la série originale (mais pas acharné), je me souviens surtout d’une série excellente dans ses 5 premiers années puis qui, comme tant d’autres, s’est essoufflée et n’a pas su s’arrêter à temps. Après 9 saisons, « X-Files » tira sa révérence en 2002. L’interprète de Mulder, David Duchovny, quitta le navire en 2000, après 7 saisons, lassé par son personnage. Il y eut 2 films cinéma aussi, pas vraiment réussis et plutôt oubliables.

Dès lors, pourquoi reprendre une série qui avait été au bout de son concept ? Pour des raisons bassement mercantiles, hypocritement déguisées derrière le mot « nostalgie ». Face au danger financier que représente une nouvelle série si elle ne rencontre pas son public, les cadres des grandes chaînes de diffusion préfèrent miser sur des « valeurs sûres », quitte à proposer de l’approximatif, voire du franchement décevant. En attendant, ils se remplissent les poches rapidement et nous, on se retrouve bernés.

Mais bon, n’ayons pas d’a priori et commençons la vision. Premier constat : on a la désagréable impression que ces nouveaux épisodes sont restés figés dans les années 90. Comme si les 14 années qui se sont écoulées depuis la fin de la série n’avaient pas existé. Tout renvoie à la série telle qu’elle était tournée à l’époque (style visuel, musique, acteurs, scénario). Curieux et étrangement anachronique, comme si cela avait été filmé il y a 20 ans.

Ensuite, les scénarios (malgré le retour de la fine équipe d’origine avec Glen Morgan et son frère Darin, James Wong et le créateur Chris Carter) ne valent pas tripette : enlèvements extra-terrestres et retour de l’homme à la cigarette (pourtant mort dans la série originale), un monstre vaguement marrant et surtout trop bavard, une histoire de terroristes au royaume des morts avec prêchi-prêcha pro-américain, un homme poubelle tueur, etc. Rien de vraiment original, ni d’ébouriffant. Il faut dire qu’on n’est ni surpris, ni amusés. Tout au plus indifférents.

Enfin, David Duchovny et Gillian Anderson font ce qu’ils peuvent pour égayer le tout mais ils ont l’air de se demander ce qu’ils font là, tout comme nous. Leur directeur Skinner se contente de quelques apparitions, son rôle n’ayant aucune consistance. On regarde souvent sa montre en se disant que tout cela n’était pas vraiment nécessaire. Heureusement, il n’y a que 6 épisodes. Mais le dernier laisse supposer une suite avec un virus sorti de nulle part et qui menace évidemment la santé mondiale.

Bref, comme ses prédécesseurs ressuscités qui n’ont pas convaincu, on préfère se dire que « X-Files » aurait mieux fait de rester en sommeil dans son cimetière des bons souvenirs. Ces nouveaux épisodes n’apportent rien et pire, font quasiment oublier le meilleur de la série à sa grande époque. Autant passer votre chemin et revoir l’ancienne série si vous voulez vraiment vous replonger dans la nostalgie. Là, au moins, vous ne serez pas déçus. Mais sans doute ne fallait-il rien en attendre ?

13:11 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/02/2016

JESSE STONE : « LOST IN PARADISE » – Un 9ème cru tout à fait recommandable

JESSE STONE - LOST IN PARADISE

© SONY PICTURES TELEVISION

Téléfilm policier (USA, 2015) réalisé par Robert Harmon. Scénario : Tom Selleck & Michael Brandman. Producteurs exécutifs : Tom Selleck et Michael Brandman. Durée : 90 minutes. Disponible à la vente en dvd zone 1 (USA) chez Sony Pictures Home avec des sous-titres français (sortie le 26/01/2016).

Avec Tom Selleck (Jesse Stone), Kohl Sudduth (Luther “Suitcase” Simpson), William Sadler (Gino Fish), Gloria Reuben (Thelma Gleffey), William Devane (Dr. Dix), Leslie Hope (Lt. Sydney Greenstreet), Luke Perry (Richard Steele), …

VOIR LE TRAILER DE JESSE STONE : “LOST IN PARADISE” (sous-titres français - You Tube)

RETROUVEZ AUSSI TOUT LE DOSSIER "JESSE STONE" ICI

C’est bien calme à Paradise, le crime a disparu. Jesse Stone, le chef de la police de Paradise, retrouve Sydney Greenstreet, policière à Boston. Il accepte de l’aider comme consultant sur un crime non résolu. Trois femmes ont été tuées par « L’éventreur de Boston », un tueur en série à présent derrière les barreaux. Mais celui-ci ne revendique pas le quatrième meurtre d’une nouvelle victime. Le nouveau meurtre a pourtant eu lieu sur le même mode opératoire. Durant son enquête, Jesse découvre des indices surprenants qui le mettent en danger…

AVIS : Ce qu’il y a de bien avec les téléfilms « Jesse Stone » qui ont démarré en 2005 avec « Stone Cold », c’est qu’ils sont comme un feu ouvert un soir d’hiver. Chaleureux, rassurant et beau à regarder. Pas forcément  étonnants mais toujours très agréables à retrouver.

Quatre ans après « Benefit of the Doubt » (8ème téléfilm de la série), le réalisateur Robert Harmon revient aux commandes avec la même équipe de production et un Tom Selleck un peu plus épais qu’auparavant (depuis 2010, l’acteur joue le chef de la police de New York dans la série policière « Blue Bloods » où il affiche un certain surpoids).

Pour cette 9ème aventure, le scénario ose sortir des sentiers battus en délaissant la bourgade de Paradise pour s’aventurer dans une grande ville, Boston. Si celle-ci ne sert que de cadre à l’histoire (l’essentiel des scènes se passe en intérieurs), nous sommes quelque peu désarçonnés par les nouveaux éléments présentés dans cette nouvelle enquête (sans tout révéler, Jesse a perdu son chien, cette histoire ne continue pas celle du précédent téléfilm, plusieurs personnages – et non des moindres – ont disparu).

Pourtant, malgré l’absence de ces personnages secondaires attachants, nous sommes happés par l’enquête, menée calmement par un Jesse plus mélancolique que jamais. Amoureux frustré, il travaille avec une ancienne maîtresse tout en tentant de se reconstruire une relation amoureuse avec une chanteuse connue autrefois.

Déterminé et particulièrement attentif aux indices, Jesse sent bien que la vérité se cache quelque part. Récoltant les éléments comme le petit poucet ses pierres, le policier fait preuve d’une perspicacité hors pair, n’ayant rien à envier au « Mentaliste ».

Jesse fait plutôt penser à Columbo avec lequel il partage d’ailleurs certaines similitudes : pas toujours propre sur lui, questionnant sans cesse les propos et les indices, propriétaire d’un chien et d’une voiture qui doit être remplacée. De même, l’ambiance assez sombre dans laquelle baigne cette histoire renvoit par moments à celle des films noirs (la flic de Boston s’appelle Sydney Greenstree, le nom d’un des acteurs du « Faucon maltais » avec Bogart, chef-d’œuvre du genre).

Comme dans les téléfilms précédents, on retrouve avec bonheur ce qui fait toute la saveur des aventures de Jesse Stone, à savoir des dialogues bien écrits et souvent « silencieux » (non-dits, regards évocateurs, langage des corps), émaillés de jeux de mots et de répliques finement subtiles, par exemple lors du badinage amoureux avec Amanda, la secrétaire du bookmaker Gino Fish.

Les échanges verbaux avec le tueur en série aussi froid qu’un frigidaire (un excellent Luke Perry à mille lieues de « Beverly Hills ») sont particulièrement intéressants même si on sent poindre une certaine défense de la peine de mort (dans la vie, Tom Selleck est un ardent défenseur des armes à feu et un Républicain convaincu qui a soutenu Reagan et les Bush).

Enfin, le scénario joue la carte de l’impévisible en parvenant à nous surprendre quasiment jusqu’au bout. L’identité du véritable assassin sera révélée dans les derniers instants du téléfilm.

Certes, l’ensemble n’a rien de révolutionnaire, préférant l’enquête « old school » aux nouvelles technologies mais ce  nouveau cru nous fait passer un très bon moment. Vivement le prochain téléfilm.

13:16 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/01/2016

PERSON OF INTEREST (Saison 4) : la machine étonne toujours

Person of Interest 4

Série d’action et d’espionnage créée par Jonathan Nolan. Avec Michael Emerson (Harold Finch), Jim Caviezel (John Finch), Kevin Chapman (Lionel Fusco), Sarah Shahi (Sameen Shaw), Amy Acker (Root), …

Diffusée sur la RTBF1 (chaîne publique belge francophone) d’octobre à décembre 2015 et sur TF1 depuis début 2016.

Saison 3 disponible à la vente en dvd. Saison 4 : sortie prochainement. Saison 5 en cours de diffusion aux USA. Photo : © CBS Television - Bad Robot Productions

VOIR UNE BANDE-ANNONCE DE LA SAISON 4

! Pas de spoiler, lisez la suite sans crainte.

La 3ème saison laissait notre équipe (Finch, Reese, Shaw et Root) en fâcheuse posture. Comme chaque saison, « Person of Interest » s’arrange pour faire monter la tension et maintenir le spectateur en haleine jusqu’au cliffhanger final. A ce niveau, Jonathan Nolan, le créateur de la série, n’a rien à apprendre de son frère Christopher, réalisateur de la trilogie « Dark Knight » mais aussi des étonnants « Memento », « Inception », Interstellar », … Il sait comment nous scotcher.

« Plus réussi sera le méchant, meilleur sera le film » disait Alfred Hitchcock. Phrase devenue culte et surtout leçon numéro un pour les scénaristes qui opposent notre groupe à leur double maléfique, personnifié par « Samaritan », une organisation secrète et trouble menée par l’inquiétant Greer (qui partage une curieuse ressemblance avec John Hurt). Ses sbires se lancent à leur poursuite en vue de mettre la main sur la machine et contrôler le monde, rien de moins. Pour corser le tout, cette nouvelle fournée voit le retour du mafieux Elias et d’un nouveau « bad guy » appelé Dominic. Celui-ci veut prendre la tête des familles criminelles de New York (le public afro-américain pourra grincer des dents en voyant que les Noirs sont dépeints comme des chefs de gang ou des dealers assassins).

Ce qu’il y a d’interpellant dans « POI », c’est qu’elle arrive à se renouveler sans jamais être totalement prévisible. Au lieu d’enfiler les épisodes « la victime de la semaine à sauver », elle nous questionne sur l’usage des technologies, sur le danger de l’intelligence artificielle, sur ses conséquences sur notre quotidien. Evidemment, elle alimente la parano d’un public geek et friand de conspirations. Mais pas seulement : un peu à l’image de Frankenstein et sa créature, elle nous interroge sur la vie propre que mènent des entités électroniques censées améliorer notre confort de vie. Jusqu’à échapper à tout contrôle ? Par ce biais, elle arrive à créer sa propre mythologie et évite de tomber dans la redite et lasser le spectateur.

La question éthique, personnifiée par Harold Finch, parcourt toute cette nouvelle saison, globalement de bonne facture. Si Reese et Root pratiquent la torturent, Finch recherche toujours la différence entre le bien et le mal et se questionne sans cesse à ce sujet. Le caractère psychopathe de Root est régulièrement évoqué au travers d’allusions humoristiques, également applicables à Sameen Shaw, qualifiée de sociopathe. Un aspect original à souligner : les femmes sont égales aux hommes et peuvent retourner leur veste comme leurs homologues, tout en servant leurs intérêts au gré des circonstances.

Au niveau des personnages, l’évolution la plus nette concerne Fusco qui passe du flic semi-pourri à l’homme de loi intègre et loyal, maintenant que Reese fait officiellement équipe avec lui sous la couverture de l’Inspecteur Riley du NYPD (cet élément démarre la saison en nous expliquant que cet alias lui sert à échapper aux hommes de Samaritan).

Evidemment, on regrettera les gunfights invraisemblables et le côté « dingue de la gâchette » qui perdure depuis le lancement de la série. Comme s’il fallait absolument vider un quota de chargeurs d’armes à chaque épisode, allant de l’arme de poing à la mitrailleuse, pour finir au fusil perce-blindages !

Sur les 22 épisodes, 3 ou 4 sont quelconques mais l’ensemble vaut le détour, notamment pour la suite souvent imprévisible. Cela donne même lieu à des moments étonnants comme cet épisode où la machine simule une sortie pour nos héros, coincés dans un piège. Au travers de divers scénarios plausibles qui peuvent tourner à la catastrophe. Avec cette question métaphysique qui sert de fil rouge à l’ensemble de la série : la machine est-elle Dieu ? Root la considère comme Dieu et voit Finch comme le père de Dieu. A méditer...

13:55 Écrit par Manu | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |